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Hamas

L’immaturité politique du Hamas, Haidar Eid
13/08/2009

Comme je l’ai fait pour d’autres textes délétères, je mets en ligne, ci-après, un article extrêmement hostile à Israël (en l’occurrence, il est même à l’extrême droite de la droite du Hamas !), pour contribuer au dessillement des yeux de ce qui reste de gens honnêtes dans ce monde, sur les véritables desseins des ennemis d’Israël. Il y a pléthore d’articles assassins de cette nature, m’objectera-t-on peut-être, alors, pourquoi reproduire celui-ci ? – Parce qu’il est écrit dans un langage policé et exempt d’insultes, qui lui confère un caractère fallacieux d’analyse technique, détachée et objective. En réalité, il exprime, avec une froideur effrayante, que rien de ce que feront Israël, les Etats-Unis et tous les bons conseilleurs du monde ne parviendra à infléchir la certitude intérieure de ces gens, qui est que cette terre appartient aux Palestiniens et à eux seuls, et qu’elle leur reviendra intégralement, de gré ou de force. C’est une position jusqu’auboutiste et anhistorique - ou, si l’on préfère, fanatiquement irréaliste - qui croit et veut faire croire au monde qu’il suffit de dire non et de taper du pied pour infléchir le cours de l’histoire. On ne discute pas avec ces gens-là, mais il est inutile de faire comme si ils n’existaient pas et de ne tenir aucun compte de leur propos, en arguant de ce que leur excès même les disqualifie. Ce serait commettre un contresens mortel. Ce qui s’écrit ici (et ailleurs) ne s’adresse si aux hommes politiques éclairés, ni aux spécialistes des relations internationales et/ou du Moyen-Orient, mais au peuple. Ce sont des propos de tribun intellectuel. Or, l’histoire a montré, particulièrement dans le cas de la Révolution française, l’impact meurtrier que peut avoir sur les foules, une rhétorique extrémiste et manichéenne, apparemment sans faille, dont les sophismes, voire les mensonges historiques patents sont indétectables pour les non-spécialistes, mais qui, le moment venu, permettra à des hommes d’action, empoisonnés par ces idées et prêts à tout pour les mettre en pratique, de déclencher, pour peu qu’ils en aient les moyens, le feu d’une guerre d’extermination, dont nous avons du mal à nous imaginer l’ampleur et les contours, ou dont notre subconscient ne veut pas prendre acte, tant il a peur de ce à quoi il lui faut s’attendre. – J’ai dû corriger de nombreuses impropriétés stylistiques et des erreurs patentes de traduction. Il en reste certainement. On voudra bien me le pardonner. Le texte anglais suit la traduction française et permettra des vérifications éventuelles. (Menahem Macina).

13/08/09


The Electronic Intifada, 12 août 2009.


Texte original anglais : "
Hamas’ political immaturity". 

Traduction française, par Protection-Palestine, amplement corrigée par M. Macina pour upjf.org

 

Des dirigeants du Hamas, tel Ismail Haniyeh, que l’on voit ici avec l’ancien président américain Jimmy Carter, à Gaza, ont admis la solution à deux Etats, à l’encontre des intérêts des électeurs du parti de la résistance. (Muhammad Al-Ostaz/MaanImages)


Quand, de manière inattendue, le Hamas a remporté les élections parlementaires de 2006 en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, le message de plus du tiers de la population palestinienne vivant dans ces territoires fut clair : plus de mascarade de « processus de paix »- avec son slogan récurrent d’une « solution à deux Etats » qui ne s’est jamais matérialisée, et plus de miettes offertes aux classes dirigeantes "ongisées" et "osloïsées". (Dans les années suivant les accords d’Oslo de 1993, le financement des ONG – Organisations Non Gouvernementales – a été un des principaux moyens utilisés par des gouvernements étrangers pour influencer, coopter et neutraliser la politique palestinienne. Ce processus d’osloïsation a rendu certaines organisations palestiniennes plus loyales envers leurs financeurs qu’envers leurs principes).

Beaucoup de ceux qui ont porté le Hamas au pouvoir n’étaient pas vraiment des supporters de l’organisation, mais plutôt des Palestiniens mécontents qui aspiraient à un changement et à une réforme après que 13 ans de négociations futiles aient causé un dommage considérable à la cause palestinienne et aient transformé une lutte de libération, soutenue par des millions de gens dans le monde, en une dispute entre « deux parties égales », deux pays luttant pour des arrangements frontaliers.

Indiscutablement, la victoire électorale du Hamas a complètement inversé l’équation et a été considérée comme un coup porté à la doctrine Bush au Moyen-Orient. Le prix payé par les Palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza fut extrêmement élevé. Non pas à cause de leur soutien du Hamas, mais plutôt en raison de leur choix de mettre fin à la mascarade du « processus de paix ». S’il y avait eu une autre force politique palestinienne à laquelle il était possible de faire confiance pour lutter contre le résultat des accords d’Oslo de manière conséquente, elle aurait pu avoir une chance. Mais, en 2006, la gauche était déjà passée par le processus d’"ongéïsation" et d’"osloïsation" qui, en s’accordant avec l’aile droite qui contrôlait déjà l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), la met à la droite du Hamas.

Par conséquent, le Hamas a remporté les élections parce qu’on attendait de lui, à tort ou à raison, qu’il rectifie les erreurs historiques commises par la direction officielle – avant tout de défendre le droit au retour des réfugiés, et de mettre fin à la solution non réalisée des deux Etats. Un siège mortel, hermétique, fut imposé aux Palestiniens de Gaza dès que fut connu le résultat des élections, suivi de nombreuses initiatives visant à déstabiliser la situation par une tentative de coup d’état soutenu par les Etats-Unis, dont le point culminant fut la guerre génocidaire de 22 jours d’Israël sur Gaza.

La dernière guerre a constitué un tsunami politique destiné à créer un sentiment de défaite parmi les Palestiniens, et le sentiment qu’ils sont confrontés à un pouvoir métaphysique [lire : transcendantal] qui ne pourra jamais être vaincu. Le message était que leur choix d’un pouvoir politique anti-Oslo n’était pas seulement une erreur politique, mais aussi une erreur existentielle, une erreur qui changerait aussi leur avenir ; d’où le ciblage calculé des enfants et des familles. D’après les grandes organisations de droits humains, plus de 90 % des victimes du massacre furent des civils. Toutefois, aucun des objectifs déclarés de ces massacres ne fut atteint : le Hamas est toujours au pouvoir et la capacité de résistance des Palestiniens de Gaza est plus forte que jamais. Israël a échoué à faire d’eux un peuple vaincu.

Le Hamas a rassemblé des dizaines de milliers de ses supporters dans des célébrations de la « victoire historique sur l’entité sioniste ». Ses porte-parole ont répété, à satiété, que sur la base de cette victoire historique, il n’y aurait pas de retour au siège précédant le massacre, et que la réalité sur le terrain « nécessitait » maintenant de nouvelles étapes. Le peuple palestinien, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, l’exil et la Palestine de 1948 (la partie de la Palestine sur laquelle la souveraineté d’Israël a été proclamée en 1948), avait aussi de grandes espérances. À juste titre, on attendait de Gaza 2009 qu’il soit le Sharpeville [1] de la Palestine, un virage dans l’histoire de la lutte palestinienne contre la politique israélienne d’occupation, de colonisation et d’apartheid.

Cette victoire historique contre l’agression d’Israël demandait une direction visionnaire, avec une stratégie de libération claire divorçant complètement des accords d’Oslo et de la solution trompeuse des deux prisons. Au lieu de construire sur cette victoire et sur le soutien international répandu dans les rues d’Istanbul, de Londres, d’Amman, de Caracas, de Johannesburg et même de Mascate – pour ne citer que quelques villes –, la direction du mouvement de résistance palestinien, y compris le Hamas, accourut au Caire pour ce qui s’est avéré des cycles interminables et futiles de dialogue pour l’unité nationale. Bien sûr, personne n’est contre des efforts sérieux en vue de l’unité nationale, mais chacun sait, à l’évidence, que l’abc [du comportement] d’une direction, particulièrement d’une direction élue, est d’être avec les [lire : d’avoir le soutien des] masses. Le siège, qui jusqu’à présent a conduit à la mort de plus de 400 personnes très malades (par manque de médicaments ou de possibilité de sortir suivre un traitement), aurait dû être montré comme l’obstacle qui empêche les dirigeants de la résistance d’avoir un dialogue national, parce que eux, les dirigeants, ne peuvent pas et ne devraient pas quitter leur peuple assiégé et traumatisé et se déplacer librement hors de Gaza. Ceci aurait dû être une condition. Si un quelconque dignitaire arabe avait voulu avoir une discussion avec les dirigeants victorieux, il - ou elle - aurait dû être invité à Gaza. On aurait espéré que la direction de Gaza agisse de manière victorieuse ; qu’elle attende dans Gaza pendant au moins un mois après la fin du massacre, et qu’elle indique clairement qu’elle soutiendrait tout signe d’assistance et de solidarité réelles, tout en restant avec son peuple à Gaza. Ceci, hélas, ne s’est pas produit. Ce fut une étape dans ce que j’appelle « l’avortement de la victoire ». Au lieu de venir avec un programme [qui constitue une alternative à celui de l’Autorité Palestinienne, et de toutes les organisations qui lui appartiennent, et au lieu de construire sur la solidarité montante, sans précédent, avec les Palestiniens de Gaza, la direction du Hamas, dans des déclarations faites par ses dirigeants – et encore plus dans des lettres envoyées au président des Etats-Unis -, a commencé à réinventer la roue ! Je me limiterai à deux exemples importants : le flirt du Hamas avec l’administration de Barack Obama, et son approbation de la solution des deux prisons [2].

Après le discours, très commenté, prononcé, au Caire, par le président américain Barack à l’adresse au monde musulman, et dans lequel rien de substantiel n’a été dit des droits fondamentaux du peuple palestinien, le Dr. Ahmed Yousef, proche conseiller du Premier ministre palestinien, Ismaïl Haniyeh, dans une interview à Al-Jazeera international, s’est montré très enthousiaste de ce discours qui fut, d’après lui, semblable au discours de Martin Luther King « I Have a Dream » ! Deux nuits plus tard, et à la télévision du Hamas, Al-Aqsa, l’ex-porte-parole du premier gouvernement du Hamas affirma, avec conviction, je crois, que le discours d’Obama était une indication claire du changement qui avait lieu dans l’administration américain et que « nous » devions profiter de la « diversité » au sein de l’establishment américain ! Ceci eut lieu, bien sûr, après que le Hamas ait adressé à Obama une lettre que le sénateur John Kerry, qui a visité Gaza il y a quelques mois, a refusé de transmettre.

Le moins que l’on puisse dire du fait de ne pas réussir à comprendre que l’élection d’Obama ne représente pas un changement radical dans la politique moyen-orientale étasunienne, c’est qu’il s’agit d’un signe d’immaturité politique. La « diversité » dans l’establishment américain, c’est comme la différence entre le Likoud et le parti travailliste en Israël. Obama représente toujours le parti démocrate, qui est une partie de l’establishment américain. Par conséquent, la victoire d’Obama aux élections présidentielles n’a pas produit de changement dans la nature de l’impérialisme américain. À l’évidence, le Hamas s’est laissé convaincre par la fiction créée par l’élection d’Obama et son « sérieux » dans la résolution du conflit israélo-palestinien. Le Hamas ne parvient pas à voir que, sur le fond, ce qu’offre Obama n’est pas différent de ce que proposaient George W. Bush et, avant lui, Bill Clinton. Dans son discours, Obama a dit très clairement que les liens Etats-Unis-Israël étaient « infrangibles », avant cela, il avait été plus que clair en annonçant que « Jérusalem resterait la capitale de l’État juif ». Pour l’administration Obama, la sécurité d’Israël reste la question, qui finalement marginalise tout le problème de la Palestine. Le siège israélo-américain imposé à Gaza serait levé immédiatement si Obama en décidait ainsi. En fait, les Etats-Unis ne sont pas seulement complices des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis contre les Palestiniens de Gaza, mais ils y participent aussi. Tout étudiant débutant en sciences politiques, sans même parler de tout enfant dans les rues de Gaza, vous le diront.

Le second exemple, plus important, d’immaturité politique du Hamas, c’est son acceptation de la solution, déjà morte, de deux Etats. Dans une conférence de presse conjointe avec l’ancien président américain, Jimmy Carter, le Premier ministre palestinien, Ismaïl Haniyeh, a dit que le Hamas accepte un Etat limité seulement à la Cisjordanie et à la bande de Gaza, les zones occupées par Israël en 1967, avec Jérusalem pour capitale. C’est ironique, pour ne pas dire bizarre, car tous les politiciens palestiniens savent que la solution à deux Etats a été rendue impossible par la colonisation israélienne de la Cisjordanie, par le pillage de Gaza, par la construction du mur d’apartheid, et par l’expansion de ce qu’ils appellent « la grande Jérusalem ». Depuis 1967, les Etats-Unis ont soutenu et soutiennent toujours Israël dans la création de conditions qui ont rendu la solution à deux Etats impossible, irréalisable et injuste.

Avec un haut dirigeant du Hamas réitérant ce qui a déjà été dit par le chef de son bureau politique, Khaled Meshal, on peut conclure que c’est le commencement d’un processus de détérioration – et même d’osloïsation – pas seulement rhétorique, mais aussi factuel. Le peuple palestinien, ce n’est pas seulement ceux qui vivent en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Il y a 6 millions de réfugiés qui, dans leur immense majorité attendent le retour dans leurs villes et villages en accord avec la résolution 194 de l’ONU, et 1, 4 million de Palestiniens citoyens d’Israël qui ont un statut de troisième classe [3]. La lutte palestinienne n’a pas pour objectif d’obtenir pun État indépendant dans les frontières de 1967, mais la libération, pour tous les habitants de la terre historique de Palestine. Accepter l’illusion qu’on appelle un État indépendant dans les frontières de 1967, c’est, en réalité, accepter une solution raciste par excellence. En lançant sa guerre génocidaire contre Gaza, Israël a visé à la tête la solution à deux prisons [4], il y a, par conséquent, un besoin pressant d’un programme alternatif qui traite de la question palestinienne comme d’un problème de démocratie, d’égalité, de droits humains, et au final, de libération de l’occupation, de la colonisation et de l’apartheid. Malheureusement, le Hamas est tombé dans le piège d’Oslo et de sa fétichisation d’un statut étatique, au détriment des droits palestiniens fondamentaux. Évidemment, on peut penser que la crise sérieuse en Palestine provient de la nature du système politique déformé créé par les accords d’Oslo et par leurs prétentions à poser la solution à deux Etats, comme LA solution du problème. En participant aux élections de janvier 2006, la plupart des organisations politiques de Palestine, y compris le Hamas, ont témoigné d’une acceptation implicite de la nouvelle réalité politique créée par les accords d’Oslo et, par conséquent, de la solution à deux Etats. Pourtant, ironiquement, le Hamas prétendait, au contraire, que son objectif était de mettre fin à Oslo. À la fin des années 1980, le mouvement national palestinien a accepté la solution à deux Etats, puis reconnu Israël. C’est le même mouvement de résistance qui, dans les années 1960, avait émergé pour libérer la Palestine, du Jourdain à la Méditerranée. Des négociations en coulisses ont finalement conduit aux fameux accords d’Oslo, qui ont ouvert la voie à la transformation de la cause palestinienne en une opération caritative. A présent, le Hamas réinvente la roue. Pas étonnant qu’on ait un sentiment de déjà-vu.

Mohamed Hasanein Heikal et Azmi Bishara, deux intellectuels influents du monde arabe, ont critiqué de nombreuses fois le Hamas pour sa fermeture au monde extérieur. Ce monde ne comprend pas seulement les Etats-Unis, l’Iran et les régimes officiels arabes. Il inclut aussi les mêmes organisations de la société civile qui ont fait pression sur leur gouvernement dans les années 1980 pour boycotter le régime d’apartheid en Afrique du Sud ; en font partie les étudiants qui ont occupé leurs campus dans une tentative de faire pression sur leurs administrateurs pour qu’ils cessent d’investir dans des sociétés qui ont des liens avec l’apartheid israélien ; en font partie les étudiants du Hampshire College, le syndicat University and College de Grande Bretagne, le Scottish Trade Union Council, la fédération sud-africaine Cosatu, et d’autres, au Venezuela, en Bolivie et au-delà. En fait partie le comité national palestinien du BDS (boycott, désinvestissement et sanctions) [5]. La lutte n’est pas seulement une lutte armée, elle inclut aussi d’autres piliers, qui mettent l’accent sur l’importance de la solidarité internationale et de la mobilisation de masse, plutôt que les espoirs et la foi en Barak Obama et son administration.

Gaza 2009 : la persévérance politique dont la population a fait preuve, en réaction à la guerre génocidaire d’Israël, a prouvé que le peuple palestinien est bien en avance sur ses dirigeants !

 

Haidar Eid *


© The Electronic Intifada

 

* Haidar est un commentateur politique indépendant.


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Notes d’upjf.org

 

[1] Selon Wikipedia, article Sharpeville, « cette township fut fondée durant la Seconde Guerre mondiale sur des plans dessinés en 1935 prévoyant la construction de 3 165 maisons rapidement portées à 5 466. Elle était destinée à héberger exclusivement les sud-Africains de race non blanche et était administrée et financée par la municipalité de Vereeniging. En 1942, elle fut inaugurée par John Sharpe, le maire de Vereeniging, sous le nom de Sharpe Native Township. Elle était alors l’une des mieux équipées d’Afrique du Sud… et allait rapidement compter pas moins de 40 000 personnes. Cet accroissement de population fut encore plus important avec la mise en place de l’apartheid à partir de 1948. Sharpeville fut définie comme banlieue noire, obligeant les Indiens à s’installer à Roshnee et les métis à Rustervaal. Les résidents noirs de la région de Vereeniging, notamment de Top Location, furent concentrés à Sharpeville. Le 21 mars 1960, Sharpeville fut le théâtre d’un massacre qui provoqua une onde de choc internationale ainsi que des émeutes dans tout le pays… ». On remarque, au passage, la propension des Palestiniens et de leurs partisans dans le monde entier, à utiliser, ad nauseam, l’assimilation idéologique – devenue un lieu commun, que nul ne remet plus en cause – de la souveraineté israélienne sur le sol de son ancienne-nouvelle patrie, à l’apartheid, ou ségrégation raciale, imposée à la population autochtone d’Afrique du Sud. C’est devenu le paradigme de la diabolisation d’Israël.

[2] Métaphore méprisante de la solution à deux Etats.

[3] On se demande qui constitue la deuxième classe.

[4] Même remarque qu’en note [2], ci-dessus.

[5] Voir : « Des ONG subventionnées par l’UE et le New Israel Fund, prennent la tête de la dénonciation d’Israël » ; G.M. Steinberg, « Les ONG sont en guerre avec Israël », etc.

 

 

Hamas’ political immaturity 

Haidar Eid, The Electronic Intifada, 25 June 2009 

http://electronicintifada.net/v2/article10620.shtml

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When Hamas, unexpectedly, won the 2006 parliamentary elections in the West Bank and Gaza Strip, the message from the one-third of the Palestinian people living in those territories was clear: no more of the "peace process" facade -- with its untiring "two-state solution" slogan that never materialized, and no more of the bread crumbs offered to the new inauthentic NGOized, Osloized leadership classes. (In the years since the 1993 Oslo accords, funding NGOs -- nongovernmental organizations -- has been a major means for foreign governments to influence, co-opt and neutralize Palestinian politics. This process of "Osloization" made some Palestinian organizations more loyal to their funders than to their principles.)

Many of those who voted Hamas into power were not, in fact, supporters of the organization, but rather disgruntled Palestinians looking for change and reform after 13 years of futile, meaningless negotiations that did huge damage to the Palestinian cause and transformed it from a liberation struggle supported by millions all over the world into a dispute between "two equal parties," two countries fighting for border arrangements.

Undoubtedly, Hamas’ electoral victory turned the whole equation upside down and was considered a blow to the Bush doctrine in the Middle East. The price paid by the Palestinians of the West Bank and Gaza Strip has been extremely heavy. Not because of their support for Hamas, but rather because of their choice to put an end to the "peace process" charade. Had there been another Palestinian political force that could be trusted to fight the outcome of the Oslo accords in a principled manner, it might have had a chance. But by 2006, the left had already gone through a process of NGOization and Osloization that put it to the right of Hamas, dovetailing with the right wing that was already in control of the Palestine Liberation Organization (PLO).

Hamas, then, won the elections because it was expected, whether rightly or wrongly, to rectify historic mistakes made by the official leadership -- most importantly defending the right of return of refugees, and putting an end to the unattained two-state solution. A deadly, hermetic siege was imposed on the Palestinians of Gaza as soon as the election results came out, followed by numerous attempts to destabilize the situation through a américain-backed coup attempt, culminating in Israel’s 22-day genocidal war on Gaza.

The latest war was a political tsunami aimed at creating a sense of defeat amongst the Palestinians, and a sense that they are confronted with a metaphysical power that can never be defeated. The message was that their choice of an anti-Oslo political power was not only a political mistake, but an existential one as well, a mistake that would change their future altogether; hence, the calculated targeting of children and families. More than 90 percent of the victims of the massacre were civilians, according to leading human rights organizations. None of the declared objectives of the massacre, however, were achieved: Hamas is still in power and the resilience of the Palestinians of Gaza is stronger than ever. Israel has failed to make them feel that they are a defeated people.

Hamas rallied tens of thousands of its supporters in celebrations of the "historic victory over the Zionist entity." Its spokespersons reiterated again and again that based on this historic victory, there would be no return to the pre-massacre siege and that reality on the ground now "necessitated" new steps. The Palestinian people, in the West Bank and Gaza Strip, the Diaspora and in 1948 Palestine (the part of Palestine on which Israel was declared in 1948), also had high expectations. Gaza 2009 was, rightly, expected to be the Sharpeville of Palestine, a turning point in the history of the Palestinian struggle against Israel’s policy of occupation, colonization and apartheid.

This historic victory against Israel’s aggression required a visionary leadership, one with a clear-cut strategy of liberation that divorces itself completely from the Oslo accords and the deceptive two-prison solution. Instead of building on this victory and on the outpouring of international support in the streets of Istanbul, London, Amman, Caracas, Johannesburg and even Muscat -- to mention but a few cities -- the leadership of the Palestinian resistance movement, including Hamas, rushed to Cairo for what turned out to be endless, futile rounds of national unity dialogue. One is not, of course, against any serious attempt for national unity, but one also takes it for granted that the ABC of leadership, especially elected ones, is to be with the masses. The siege, which so far has led to the death of more than 400 seriously ill persons (from lack of medicine or ability to travel abroad for treatment), should have been exposed as the obstacle that prevents the leaders of the resistance from having national dialogue because they, as leaders, cannot and should not leave their besieged, traumatized people and move freely outside Gaza. This should have become a condition. If any Arab dignitary wanted to have a discussion with the victorious leadership, he or she should have been invited to Gaza. One would have expected the Gaza leadership to act as a victorious one; to wait in Gaza for at least one month after the end of the massacre and make it clear that they would welcome any sign of real support and solidarity while they were staying with their people in Gaza. That, alas, did not happen.

This was a step in what I call the "abortion of victory." Instead of coming up with an alternative program to that of the Palestinian Authority, and all the organizations belonging to it, and instead of building on the unprecedented, growing solidarity with the Palestinians of Gaza, the leadership of Hamas, in statements made by its leaders and -- more importantly -- letters sent to the américain president, have started reinventing the wheel! I will limit myself to a couple of important examples: Hamas’ flirtation with the Barack Obama administration and their endorsement of the two-prison solution.

After American President Barack Obama’s much-talked-about speech to the Muslim world from Cairo, in which he had nothing of substance to say about the fundamental rights of the Palestinian people, Dr. Ahmed Yousef, a senior advisor to Palestinian Prime Minister Ismail Haniyeh, in an interview on Al-Jazeera International, was extremely happy with the speech which was, according to him, like Martin Luther King Jr.’s "I Have a Dream" speech! Two nights later, and on Hamas’ Al-Aqsa television, the ex-spokesperson of the first Hamas government argued, and I would say with conviction, that Obama’s (in)famous speech was a clear indication of the change taking place in the American administration and that "we" need to make use of the "diversity" within the American establishment! This, of course, came after Hamas sent a letter to Obama which Senator John Kerry, who visited Gaza a few months ago, refused to carry.

Failing to understand that Obama’s election does not represent a radical change in American Middle East policy is a sign of, to say the least, political immaturity. The "diversity" within the American establishment is like the difference between the Likud and Labor parties in Israel. Obama still represents the Democratic Party, which is a part of the mainstream American establishment. Obama’s victory in the presidential elections, therefore, has not produced a change in the nature of American imperialism. Obviously, Hamas has bought the fiction brought about by the election of Obama and his "seriousness" in resolving the Israeli-Palestinian conflict. Hamas fails to see that in essence, what Obama is offering is not different from what George W. Bush and, before him, Bill Clinton offered. In his speech, Obama made it crystal clear that the American-Israel ties are "unbreakable;" prior to that he was more than clear in announcing that "Jerusalem will remain the capital of the Jewish state." For the Obama administration, Israel’s security remains the issue, which, ultimately, marginalizes the whole issue of Palestine.

The Israeli-American siege imposed on Gaza would be lifted immediately, if Obama decided it should be so. In fact, the American is not merely complicit, but rather a participant in the war crimes and crimes against humanity committed against the Palestinians of Gaza. Any freshman student of political science, not to say a child on the streets of Gaza, would tell you this.

The second, more important example, of Hamas’ political immaturity, is its acceptance of the already dead two-state solution. In a joint a press conference with former American President Jimmy Carter, Palestinian Prime Minister Haniyeh said that Hamas accepts a state limited only to the West Bank and Gaza Strip, the areas occupied by Israel in 1967 with Jerusalem as its capital. This is ironic, not to say bizarre, since every politician in Palestine knows that a two-state solution has been rendered impossible by Israeli colonization of the West Bank, by the looting and pillaging of Gaza, by the construction of the apartheid wall, and by the expansion of so-called "Greater Jerusalem." Since 1967, the US has supported and is still supporting Israel in creating conditions that have made the two-state solution impossible, impractical and unjust.

For a senior Hamas leader to reiterate what has already been said by the head of its political bureau, Khaled Meshal, one can conclude that this is the beginning of a process of deterioration -- even Osloization -- not only in rhetoric, but also in action. The Palestinian people are not only those living in the West Bank and the Gaza Strip. There are six million refugees, the overwhelming majority of whom are waiting to return to their villages and towns in accordance with UN Resolution 194, and 1.4 million Palestinian citizens of Israel, who have third-class status. The Palestinian struggle is not for an independent state on the 1967 borders, but rather for liberation -- liberation for all the inhabitants of the historic land of Palestine. Accepting the illusion called an independent state on the 1967 borders is, in actual fact, an acceptance of a racist solution par excellence.

By launching its genocidal war against Gaza, Israel has shot the two-state-prison solution in the head, which consequently means a dire need for an alternative program that addresses the Palestinian question as one of democracy, equality, human rights and, ultimately, liberation from occupation, colonization and apartheid. Hamas, alas, has fallen within the trap of Oslo and its fetishization of statehood at the expense of Palestinian fundamental rights. Of course, one tends to agree that the current serious crisis in Palestine emanates from the nature of the deformed political system created by the Oslo accords and their claim of laying the foundation for a two-state solution. By participating in the January 2006 elections, most political organizations in Palestine, including Hamas, showed an implicit acceptance of the new political reality created by the Oslo accords and hence the two-state solution. But, ironically, Hamas claimed otherwise, that its objective was to bring Oslo to an end.

In the late 1980s, the Palestinian national movement accepted the two-state solution and at a later stage, recognized Israel. This is the same resistance movement that in the 1960s emerged to liberate Palestine from the Jordan River to the Mediterranean Sea. Behind-the-scenes negotiations, ultimately, led to the signing of the notorious Oslo accords, which paved the way for the transformation of the Palestinian cause into one of charity. Now, Hamas is reinventing the wheel. No wonder, one has a sense of déjà vu.

Mohamed Hasanein Heikal and Azmi Bishara, two leading intellectuals in the Arab world, have repeatedly criticized Hamas for its lack of exposure to the external world. This world does not only include the US, Iran and the official Arab regimes. It is a world that also includes the same civil society organizations that pressured their governments in the late 1980s to boycott the apartheid regime of South Africa; it has the university students who have occupied their campuses in an attempt to pressure their administrators to divest from companies having ties with apartheid Israel; it has the students of Hampshire College, the University and College Union of the UK, the Scottish Trade Union Council, the South African trade union federation Cosatu, and others in Venezuela, Bolivia and further afield. It has the Palestinian BDS (boycott, divestment and sanctions) National Committee. The struggle is not only an armed one, but it includes other pillars as well, pillars that emphasize the importance of international solidarity and mass mobilization, rather than placing all hope and faith in Barack Obama and his administration.

 

Gaza 2009 -- the political steadfastness the people have shown in reaction to Israel’s genocidal war -- has proven that the Palestinian people are way ahead of their leaderships!

 

Haidar Eid *


© Electronic Intifada

 

* Haidar Eid is an independent political commentator.

 

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Mis en ligne le 13 août 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org