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Antisémitisme

Antisémitisme suédois : témoignage, Ftouh Souhail
27/08/2009

L’affaire du journal suédois "Aftonbladet" a mis au jour l’antisémitisme latent de la Suède, déjà apparent au temps des nazis. Ftouh Souhail, notre ami arabe tunisien pro-israélien, avocat à Tunis, dénonce la complicité de la Suède avec le nazisme. (Actu.co.il).

27/08/09


Texte repris du  site Actu.co.il


Alors que la Suède refuse de présenter ses excuses, Israël insiste pour demander la condamnation des déclarations d’un journal suédois qui présentait Israël, Tsahal et ses soldats comme des meurtriers et des trafiquants d’organes [1]. Avigdor Lieberman a déclaré, quant à lui, qu’une nation qui veut vraiment défendre les valeurs démocratiques se doit de condamner des déclarations mensongères qui ont un parfum d’antisémitisme.

L’affaire du journal Aftonbladet (qui rappelle l’accusation de viols contre Tsahal, publiée il y a quelques années par le Nouvel Observateur, sous la plume de Sarah Daniel) [2], montre que ces accusations donnent du grain à moudre aux pires ennemis d’Israël et du peuple juif. S’il ne faut pas accuser tous les Suédois d’antisémitisme primaire, on a le devoir de se demander pourquoi, dans cette triste affaire, le gouvernement suédois ne s’est pas empressé de prendre ses distances par rapport à ces accusations ?

Avec ce pamphlet viscéralement antisémite, encore utilisé par des forces occultes, la diabolisation et la criminalisation du peuple juif est de retour, ainsi que l’antisémitisme radical qui frappe ce pays complice de l’islamisme. Hésitant à assumer leur histoire et capitulant devant les islamistes, les responsables suédois ne prennent pas des vessies pour des lanternes, ils sont déjà ENVAHIS, et contraints de « collaborer ». Cela n’excuse nullement leur laxisme, ni leur antisémitisme primaire, qui est bien vite remonté à la surface, mais c’est la triste réalité, à ce jour, dans ce pays qui se dit neutre !

Le cas de la neutralité de la Suède est déjà révélateur. Les responsables de ce pays tendent la main à ceux qui prêchent ouvertement la destruction de l’Etat d’Israël. Plus grave encore, ce pays n’a jamais assumé sa responsabilité historique, ni le comportement « honteux » de ses dirigeants qui ont pactisé avec les responsables de la Shoah.

D’ailleurs ce qui est jusqu’ici un sujet tabou en Suède, ce sont les transactions entre Stockholm et l’Allemagne nazie, pendant la Seconde Guerre mondiale. La Suède, affirment deux chercheurs suédois (l’un, Sven Fredrik Hedin, est un ancien diplomate, l’autre, Göran Elgemyr, est journaliste), a vendu, entre 1939 et 1944, quelque 35 millions de tonnes de minerai de fer à l’Allemagne, et ces exportations ont été payées, pour partie, avec de l’or volé par les nazis. Or, révèlent-ils, comme les autres pays neutres, « la Suède avait été avertie, en janvier 1943, par les Alliés», de l’origine frauduleuse de cet or.

Cette mise en garde avait été transmise par le gouverneur de la banque centrale suédoise de l’époque, Ivar Rooth, aux autorités politiques, lesquelles lui avaient répondu qu’il n’avait pas à en tenir compte. La conversation est rapportée dans un mémorandum rédigé par Ivar Rooth et retrouvé par Hedin et Elgemyr. Les autorités suédoises sont confrontées à ce problème depuis le temps lointain où, déjà, elles acceptaient de recevoir l’or du régime nazi, tout en sachant qu’il avait été volé à des Juifs envoyés en camps de concentration.

La dernière transaction d’or entre l’Allemagne et la Suède intervient au tout début de 1944. Au printemps de cette même année, la banque centrale suédoise procède à un décompte interne, d’où il résulte qu’une vingtaine de tonnes d’or, sur les 34,5 en provenance d’Allemagne, avaient été [volées par les nazis à leurs victimes] !

En 1949 et 1955, 13 tonnes seront restituées à la Belgique et aux Pays-Bas. Les deux chercheurs suédois, Hedin et Elgemyr, ont cherché à savoir ce qu’il était advenu des 7 autres. A ce jour, ils n’y sont pas parvenus, et ils pensent qu’elles ont sans doute été fondues avec l’ensemble des réserves de la banque centrale suédoise, en 1980 – une opération destinée à "rendre l’or plus pur".

La réponse pourrait venir de la banque centrale elle-même, dont l’actuel gouverneur n’a pas diligenté une enquête sur le sujet, ni sur celui des avoirs juifs, qui restent en suspens. Les autorités suédoises paraissent en effet décidées à ne pas faire toute la lumière sur le sort de l’or nazi et des avoirs juifs spoliés.

Le passé de ce pays, durant la Deuxième Guerre mondiale, n’est pas seulement entaché par l’achat d’or nazi, mais aussi par des témoignages qui montrent l’attitude antisémite de ce pays envers les juifs. Mathias Rapps raconte l’histoire de ses parents, d’origine allemande, réfugiés en Suède en 1935 [3]. Sa mère était «aryenne», son père, Juif. Ils voulaient se marier. Mais les autorités suédoises s’y opposèrent et refusèrent même de reconnaître leur mariage, célébré plus tard au Royaume-Uni. Et ce, jusqu’à la capitulation de l’Allemagne nazie.


«Embarrassantes»

A l’époque, la Suède arguait qu’elle s’était engagée à respecter le droit marital des pays tiers, en signant la convention internationale de La Haye, en 1902.

La Suède a, en quelque sorte, anticipé la législation allemande qui a été instaurée plus tard. Depuis 1935, la loi sur «la protection du sang et de l’honneur allemand» interdisait les mariages entre Juifs et citoyens «de sang allemand ou assimilé», en Allemagne.

L’histoire du couple Rapps est loin d’être unique en Suède. Mais elle était méconnue, jusqu’à ce qu’un chercheur du centre de théologie et d’étude des religions de l’Université de Lund s’y intéresse. Ces dernières années, le professeur Anders Jarlert a analysé l’application des lois raciales en Suède, de 1937 à 1947. Ses découvertes sont embarrassantes.

Le tableau dressé par un autre l’historien, Klas Amark, professeur à l’université de Stockholm est sévère. Il a illustré «le dilemme moral engendré par la politique de neutralité». Il précise : «La majorité des Suédois, ainsi que le gouvernement, ne désiraient rien d’autre que la paix. Ils étaient donc prêts à céder aux exigences de l’Allemagne nazie, si cela pouvait permettre d’éviter la guerre.».

Durant la Seconde guerre mondiale la Suède refusait d’intervenir contre le génocide nazi. Les banquiers suisses, suédois (neutres donc), ont subventionné le nazisme dans ses oeuvres dans l’espoir d’y trouver un pécule [4]. Il est vrai qu’il y aurait beaucoup à dire sur les liens unissant les grands industriels et financiers suédois à leurs homologues allemands durant la guerre. Et nous savons tous que, sans aide financière extérieure, Hitler n’aurait jamais pu prolonger ses exactions au delà de 18 mois.

A quand un tribunal bancaire [5] international et des accusations de complicité de crimes de guerre contre la Suède ? [6].

 

Ftou Souhail

 

© Actu.co.il

 

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Notes de Menahem Macina

 

[1] Notre site a largement traité de cette sinistre affaire. Voir, entre autres : Donald Boström "« On vole nos fils pour prendre leurs organes »" ; "Israël hausse le ton contre la Suède" ; M. Macina, "L’«aftonbladette» comme Boström, recette pour criminaliser, à l’ancienne, les Israéliens" ; "Vol d’organes : les Palestiniens ne confirment pas".

[2] Voir, sur notre site, "Tsahal, une armée de violeurs?", et surtout, M. Macina, "Des guillemets qui tombent... mal".

[3] L’auteur ne cite pas sa source : s’agit principalement d’un article publié par Libération, le 6 avril 2006, sous le titre "Les Suédois brisent la loi du silence sur leur passé nazi" ; c’est d’autant plus étonnant que M. Souhail cite largement des passages de cet article, à moins qu’il ait puisé son information à une autre source, dont il ne donne de toute façon pas la référence.

[4] Les termes et expressions, « subventionné », « œuvres », et « pécule », ont une connotation étrange dans ce contexte. Je pense que l’auteur veut dire que les banquiers ont collaboré avec les nazis et appliqué leurs mesures racistes pour ne pas se priver des avantages financiers que leur procuraient les échanges commerciaux entre leurs pays respectifs et l’Allemagne nazie.

[5] Autre expression bizarre. Il n’existe pas de « tribunal bancaire », mais seulement des tribunaux habilités à juger des délits financiers.

[6] Ici encore, pour ne pas déformer la pensée de l’auteur – que je n’ai peut-être pas bien comprise -, j’ai laissé l’expression en l’état. Mais il est bien évident que les « crimes de guerre », qu’évoque M. Souhail, n’ont pas été perpétrés à l’encontre de la "Suède", mais au détriment de ressortissants suédois juifs ou fiancés/mariés à un Juif.

 

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Mis en ligne le 27 août 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org