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Christianisme

Pour le Conseil Oecuménique des Eglises: «l’occupation israélienne est un péché contre Dieu»
28/08/2009

L’«occupation israélienne» doit être considérée comme un «péché contre Dieu», a déclaré le pasteur Samuel Kobia, secrétaire général du Conseil œcuménique des Eglises (COE). On connaissait l’hostilité larvée de cette organisation oecuménique protestante majeure, à l’égard d’Israël. Elle fait désormais preuve d’une hostilité déclarée, accompagnée de propos qui sonnent comme autant de graves diffamations. Je cite, en vrac : «crime économique et politique, purification ethnique, la plus importante migration forcée de l’histoire moderne, cvils massacrés, villages palestiniens délibérément détruits, mosquées et églises profanées, couvents et écoles vandalisés, système complet d’apartheid, avec son propre système de bantoustans». Ces chrétiens feraient bien de méditer l’avertissement rapporté dans leurs propres Ecritures : "Ne risquez pas de vous trouver en guerre contre Dieu" (Ac 5, 39) (Menahem Macina).
28/08/09

 

Source : Coordination Intercommunautaire Contre l’Antisémitisme et la Diffamation (CICAD), Communiqué n° 994 du 28 août 2009.

Dans son rapport [1], présenté le 26 août au Comité central du COE, principal organe directeur de l’organisation, le secrétaire général sortant a affirmé que [2]

«l’occupation, associée à l’humiliation de tout un peuple pendant plus de six décennies, n’est pas simplement un crime économique et politique: tout comme l’antisémitisme, c’est un péché contre Dieu!».

Le pasteur Samuel Kobia, dont le successeur a été désigné ce jeudi à Genève, a rappelé qu’à sa première Assemblée, à Amsterdam en 1948, le COE avait déclaré que l’antisémitisme était un «péché contre Dieu». Le pasteur Kobia a ajouté:

«Sommes-nous prêts à dire que l’occupation est également un péché contre Dieu ?»

Le rapport du pasteur Kobia précise encore:

«Pour bien comprendre la gravité de la construction actuelle de colonies israéliennes dans les Territoires palestiniens occupés (TPO), il faut considérer cette situation dans le contexte historique plus large des soulèvements ethniques en Palestine qui ont précédé la création de l’Etat moderne d’Israël. Les Israéliens appellent cela "la guerre d’indépendance" mais, pour les Palestiniens, cette période sera, à tout jamais, la nakba – la "catastrophe" – dont beaucoup se souviennent comme [d’]une forme de "purification ethnique" au cours de laquelle a eu lieu la plus importante migration forcée de l’histoire moderne. On estime à pas moins d’un million le nombre de personnes qui ont été expulsées de chez elles à la pointe du fusil – des civils ont été massacrés, des centaines de villages palestiniens ont été délibérément détruits, des mosquées et des églises profanées, et des couvents et des écoles vandalisés. Ce que des dirigeants palestiniens appelaient en 1948 "le racisme et la ghettoïsation des Palestiniens à Haïfa" est devenu, en ce début du 21e siècle en Cisjordanie à Jérusalem-Est et à Gaza, un système complet d’apartheid avec son propre système de "bantoustans"».


Samuel Kobia présentait son dernier rapport au Comité central du COE en tant que secrétaire général, avant de céder sa place à la fin de 2009.

C’est le pasteur Olav Fykse Tveit, de l’Eglise de Norvège, qui a été élu jeudi à sa succession [3].

 

© CICAD

Sources: Rapport du Secrétaire général du COE - mercredi 26 août 2009, APIC - jeudi 27 et vendredi 28 août 2009


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Notes de Menahem Macina


[1] « Le courage d’espérer et l’avenir du mouvement œcuménique » : Rapport du secrétaire général - Conseil oecuménique des Eglises - Comité central - 26 août au 2 septembre 2009 - Genève ; Document n° GEN 02 (français).

 

[2] Voici les deux paragraphes qui exposent la perception de l’organisation en termes plus diplomatiques :


"30. L’occupation, associée à l’humiliation de tout un peuple pendant plus de six décennies, n’est pas simplement un crime économique et politique : tout comme l’antisémitisme, c’est un péché contre Dieu.
Nous avons dit depuis 1984 que l’antisémitisme était un péché contre Dieu. Sommes-nous prêts à dire que l’occupation est également un péché contre Dieu? Depuis 1967, 200 colonies, comptant quelque 400 000 habitants, ont été créées dans les Territoires palestiniens occupés, y compris à Jérusalem-Est. Je demande instamment à ce Comité central d’adopter la déclaration de politique générale qui traite expressément de cette question, parce que les colonies ont été et restent incompatibles avec une juste paix qui doit être au service tant des Palestiniens que des Israéliens et qui doit assurer, pour ces deux peuples, la création d’Etats viables et mutuellement reconnus.

31. Lors de sa réunion en Crète, peu après la guerre de 1967 qui a marqué le début de l’occupation, le Comité central du COE a condamné tout pays – y compris Israël – qui conserverait ou annexerait le territoire d’un autre. Lors de l’Assemblée de Harare, en 1998, et à bien d’autres reprises, le COE a cité ce problème des colonies. Nous ne cessons d’appeler les gouvernements intéressés à appliquer l’interdiction énoncée par les Conventions de Genève contre les transferts de population et le principe des territoires occupés. Si elle est n’est pas nouvelle, notre volonté que soit mis fin à cette occupation a un caractère d’urgence."

 

[3] Du peu que le nouveau Secrétaire général a dit de son programme, on peut au moins déduire que les relations avec le peuple juif seront le cadet de ses soucis. En effet, selon l’Agence de Presse catholique APIC, en « présentant ses priorités, le pasteur Olav Fykse Tveit a dit vouloir intensifier les relations avec les catholiques romains et les musulmans. Sans entrer dans des détails et des plans concrets […] le théologien norvégien a souligné que les relations avec l’Eglise catholique romaine et avec l’islam sont deux questions centrales pour l’organisation.

 

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[Merci à R. Lewin de m’avoir informé des propos du pasteur Kobia, à partir desquels j’ai pu remonter au Communiqué de la CICAD, cité ci-dessus.]

 

Mis en ligne le 28 août 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org