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Politique

Processus de paix ou processus de guerre ? Daniel Pipes
30/09/2009

30/09/09Middle East Quarterly, Automne 2009

Version originale anglaise: Peace Process or War Process?

Adaptation française : Anne-Marie Delcambre de Champvert

Quand, en juin 2009, Barack Obama a annoncé, à propos de la diplomatie israélo-palestinienne, « Je suis sûr que, si l’on s’y tient, en ayant commencé tôt, nous pouvons faire faire de sérieux progrès cette année », il a fait preuve d’un optimisme touchant, pour ne pas dire naïf.

En effet sa ferme intention s’inscrit dans un schéma bien établi d’engagement pris par les politiciens de « résoudre » le conflit israélo-arabe ; il y a eu quatorze initiatives du gouvernement des Etats-Unis pour la seule période des deux gouvernements de George W. Bush. Pourrait-ce, cette fois,- être différent ? En tentant de mettre fin au conflit en faisant plus fort ou en étant plus intelligent ?

Non, il n’y a aucune chance, quel que soit l’effort entrepris.

Sans regarder les détails de l’approche d’Obama - qui sont en eux-mêmes problématiques - je ferai trois remarques : que les dernières négociations israélo-arabes ont échoué ; que leur échec a résulté d’une illusion d’Israël, pensant éviter la guerre ; et que Washington devrait pousser Jérusalem à renoncer aux négociations et à retourner plutôt à sa politique d’avant, davantage couronnée de succès, de lutte pour la victoire.

I. Vue d’ensemble du « processus de paix »

Les deux mains de septembre 1993, alors que Yitzhaq Rabin et Yasser Arafat se sont serré la main , sous le regard du Président Clinton.

Il est embarrassant de rappeler l’allégresse et les attentes qui ont accompagné la signature des accords d’Oslo en septembre 1993, lorsque, sur la pelouse de la Maison Blanche, le Premier ministre d’Israël, Yitzhaq Rabin, a serré la main de Yasser Arafat, le dirigeant palestinien. Quelques années après, la « poignée de mains » (comme cela fut ensuite exploité) a servi de symbole d’une diplomatie brillante, par quoi chaque partie avait obtenu ce qu’elle voulait le plus : la dignité et l’autonomie pour les Palestiniens, la reconnaissance et la sécurité pour les Israéliens.

Le président Bill Clinton accueillait la cérémonie et il a fait l’éloge de l’accord comme étant « une grande occasion historique ». Le Secrétaire d’Etat, Warren Christopher, a conclu que « l’impossible était à notre portée ». Yasser Arafat a appelé à signer un « événement historique inaugurant une ère nouvelle ». Le ministre des Affaires étrangères d’Israël, Shimon Pérès, a déclaré que l’on pouvait y voir « l’ébauche de la paix au Moyen-Orient ».

La presse a montré des attentes similaires. Anthony Lewis, un chroniqueur du New York Times, a jugé l’accord « formidable» et « astucieusement construit ». Le magazine Time a fait d’Arafat et de Rabin ses deux « hommes de l’année », pour 1993. Pour couronner le tout, Arafat, Rabin et Pérès ont partagé le Prix Nobel de la Paix pour 1994.

Comme les accords ont conduit à une détérioration des conditions pour les Palestiniens et les Israéliens, plutôt qu’à l’amélioration attendue, ces anticipations grisantes se sont rapidement dissipées.

Lorsque les Palestiniens vivaient encore sous contrôle israélien, avant les accords d’Oslo, ils bénéficiaient de la réglementation et d’une économie en expansion, indépendamment de l’assistance internationale. Ils ont profité du fonctionnement d’écoles et d’hôpitaux ; ils ont voyagé sans postes de contrôle (check-points) et ont eu libre accès au territoire israélien. Ils ont même créé plusieurs universités. Le terrorisme a baissé puisque l’acceptation d’Israël augmentait. Oslo a alors apporté aux Palestiniens non pas la paix et la prospérité, mais la tyrannie, les institutions en faillite, la pauvreté, la corruption ; le culte de la mort, les « usines » à suicide et la radicalisation islamiste. Yasser Arafat avait promis de construire son nouvel empire dans un Singapour du Moyen-Orient, mais, en réalité, ce qu’il a établi est devenu un cauchemar de dépendance, d’inhumanité et de dégoût, plus apparenté au Liberia ou au Congo.

Les deux mains d’octobre 2000, quand un jeune Palestinien a exhibé ses mains sanglantes après le lynchage de deux réservistes israéliens.

Quant aux Israéliens, ils regardaient la rage palestinienne s’enflammer, leur infligeant une violence sans précédent; le ministre israélien des affaires étrangères affirme que davantage d’Israéliens ont été tués par des terroristes palestiniens dans les cinq ans après les accord d’Oslo que dans les quinze années précédentes. Si les deux mains de la poignée de mains Rabin-Arafat symbolisaient les premiers espoirs d’Oslo, les deux mains pleines de sang du jeune palestinien qui venait de lyncher des réservistes israéliens, à Ramallah en octobre 2000, représentait sa triste fin. En outre, Oslo a causé de grands dommages à la position d’Israël sur le plan international, faisant ressurgir les questions sur l’existence même d’un Etat juif souverain, en particulier à gauche, et faisant naître des perversions morales telles que la Conférence Mondiale des Nations Unies contre le racisme, à Durban. Du point de vue d’Israël, les sept années de la diplomatie d’Oslo, 1993-2000, ont défait en grande partie quarante-cinq ans de succès dans la guerre.

Palestiniens et Israéliens ne sont d’accord sur presque rien mais, avec une quasi-unanimité, ils s’accordent à dire que les accords d’Oslo ont échoué. Ce qu’on appelle « le processus de paix » devrait plutôt être appelé le « processus de guerre ».

II. Le faux espoir que la guerre peut être évitée

Pourquoi les choses vont-elles tellement mal ? Où se trouvaient les failles dans un accord si prometteur?

La façon de comprendre les choses de Yitzhak Rabin que « On ne fait pas la paix avec ses amis. On fait la paix avec ses ennemis » a conduit à une diplomatie israélo-arabe fondamentalement déviée.

Parmi une multiplicité d’erreurs, le nec plus ultra réside dans la mauvaise compréhension par Yitzhak Rabin de la manière dont la guerre se termine - comme le révèle son slogan « On ne fait pas la paix avec ses amis. On fait la paix avec son ennemi ». Le Premier ministre israélien s’attendait à ce que la guerre se termine par la bonne volonté, la conciliation, la médiation, la souplesse, la retenue, la générosité et le compromis, [le tout] couronné par des signatures sur des documents officiels. Dans cet esprit, son gouvernement et ceux de ses trois successeurs - Shimon Peres, Binyamin Netanyahou, Ehud Barak - ont inauguré une série de concessions, dans l’espoir et l’attente qu’ils obtiendraient des Palestiniens la réciprocité.

Il n’en fut rien. En fait, les concessions israéliennes ont attisé l’hostilité palestinienne. Les Palestiniens ont interprété les efforts israéliens pour « faire la paix » comme des signes de démoralisation et de faiblesse. « Les concessions douloureuses » ont réduit le respect palestinien (mêlé de crainte) à l’égard d’Israël, fait apparaître l’Etat juif comme vulnérable, et incité à des rêves irrédentistes d’anéantissement. Chaque geste d’Oslo négocié par Israël a plutôt rendu euphorique, radicalisé, et mobilisé le camp palestinien pour la guerre. L’espoir discret de 1993, d’une élimination d’Israël, a connu un regain, devenant une demande assourdissante à partir de l’an 2000. Discours venimeux et actions violentes sont remontés en flèche. Les sondages et les votes au cours des dernières années suggèrent que seuls 20 pour cent des Palestiniens acceptent l’existence d’un Etat juif.

L’erreur de Rabin était simple et profonde. On ne peut pas « faire la paix avec son ennemi », comme il l’imaginait. Par contre, on fait la paix avec son ancien ennemi. La paix exige presque toujours que, dans un conflit, un camp soit vaincu et renonce alors à ses objectifs.

Les guerres ne se terminent pas en raison de la bonne volonté mais grâce à la victoire. « Que votre grand objectif [dans la guerre] soit la victoire » a observé Sun Tzu, le stratège chinois antique. « La guerre est un acte de violence pour contraindre l’ennemi à accomplir votre volonté » a écrit au dix-neuvième siècle, le successeur prussien de Sun Tzu, Karl Von Clausewitz, en 1832. Douglas MacArthur a observé en 1951 que, dans « la guerre, il n’y a pas de substitut à la victoire. »

Le progrès technologique n’a pas modifié cette vision des choses. Le combat soit se poursuit, soit peut potentiellement reprendre aussi longtemps que les deux camps espèrent réaliser leurs objectifs de guerre. La victoire consiste à imposer sa volonté à l’ennemi, l’obligeant à renoncer à ses ambitions guerrières. Les guerres se terminent généralement lorsqu’un camp perd l’espoir, lorsque la volonté de se battre a été écrasée.

La défaite, pourrait-on penser, fait généralement suite à des pertes considérables sur les champs de bataille, comme ce fut le cas des Puissances de l’Axe en 1945 . Mais cela a été rarement observé au cours des soixante dernières années. Les pertes sur les champs de bataille subies par les Etats arabes en Israël en 1948-1982, par la Corée du Nord en 1953, par Saddam Hussein en 1991, et par les sunnites irakiens en 2003, ne se sont pas traduites par le désespoir et la reddition. Le moral et la volonté comptent plus actuellement. Bien qu’ils aient été supérieurs à leurs adversaires en nombre et en armes, les Français ont abandonné la partie en Algérie, les Américains, au Vietnam et les Soviétiques, en Afghanistan. La Guerre Froide a pris fin pratiquement sans coup férir. Anéantir la volonté de l’ennemi à se battre, cela ne signifie pas nécessairement écraser l’ennemi.

Depuis 1948, es Arabes et les Israéliens ont poursuivi des objectifs inchangés et opposés : les Arabes se sont battus pour éliminer Israël ; les Israéliens se sont battus pour être acceptés par leurs voisins. Des détails ont varié au cours des décennies avec des idéologies, des stratégies et des acteurs de premier plan multiples, mais les deux objectifs sont restés en place et inamovibles. Pour que le conflit se termine, un camp doit perdre et l’autre doit gagner. Soit il n’y aura plus d’Etat sioniste, soit il sera accepté par ses voisins. Tels sont les deux seuls scénarios pour mettre fin au conflit. Tout le reste est instable et une prémisse de la poursuite de la guerre.

Les Arabes ont poursuivi leurs oblectifs de guerre avec patience, détermination et résolution. Les exceptions à cette règle (par exemple, les traités de paix égyptien et jordanien) ont été opérationnellement insignifiants parce qu’ils n’ont pas réussi à désamorcer l’hostilité à l’existence d’Israël. En réponse, les Israéliens ont maintenu une liste impressionnante de visions stratégiques et de talent tactiques dans la période 1948-1993. Au fil du temps, toutefois, comme Israël s’est mué en pays prospère, sa population s’impatiente devant la tâche lente, ennuyeuse, amère et coûteuse, de convaincre les Arabes d’accepter leur existence politique. A l’heure actuelle, rares en Israël sont ceux qui voient encore la victoire comme un objectif, presque aucun acteur politique majeur sur la scène d’aujourd’hui ne réclame la victoire dans la guerre. Uzi Landau, actuellement ministre des infrastructures nationales, qui soutient que « lorsque vous êtes en guerre, vous voulez gagner la guerre » est une exception rare.

Le dur labeur de gagner

A la place de la victoire, les Israéliens ont développé une gamme inventive d’approches pour gérer le conflit :

  • Compromis territorial : Yitzhak Rabin (et le processus d’Oslo).
  • Développer l’économie palestinienne : Shimon Peres (et le processus d’Oslo).
  • Unilatéralisme (construction d’un mur, retrait de Gaza) : Ariel Sharon, Ehud Olmert et le parti Kadima.
  • Louer le terrain des villes israéliennes en Cisjordanie pour 99 ans : Amir Peretz et le parti travailliste.
  • Encourager les Palestiniens à développer un bon gouvernement : Natan Sharansky (et George W. Bush).
  • Retrait territorial : la gauche d’Israël.
  • Priver les Palestiniens déloyaux de la nationalité israélienne : Avigdor Lieberman.
  • Offrir la Jordanie comme Palestine : éléments de la droite d’Israël.
  • Expulser les Palestiniens des territoires contrôlés par Israël : Meir Kahane.

Contradictoires en ce qui concerne leur esprit et s’excluant mutuellement, ces approches visent toutes à éviter la guerre plutôt qu’à la gagner. Aucune d’elles ne répond à la nécessité de briser la volonté palestinienne de combattre. De même que les négociations ont échoué, je prédis qu’il en ira de tout plan israélien qui évite le dur labeur de gagner.

Ehud Olmert s’exprimant dans le cadre du « Policy Forum », en Israël, en juin 2005, où il a dit « Nous sommes fatigués de combattre, nous sommes fatigués d’être courageux, nous sommes fatigués de gagner, nous sommes fatigués de vaincre nos ennemis. »

Depuis 1993, en bref, les Arabes ont cherché la victoire alors que les Israéliens cherchaient le compromis. Dans cet esprit, les Israéliens ont ouvertement fait état de leur lassitude face à la guerre. Peu de temps avant de devenir Premier ministre, Ehud Olmert avait dit, au nom de ses compatriotes : « Nous sommes fatigués de combattre, nous sommes fatigués d’être courageux, nous sommes fatigués de gagner, nous sommes fatigués de vaincre nos ennemis ». Après être devenu Premier ministre, Olmert a proclamé : « La paix passe par des concessions. Nous savons tous cela. » De telles déclarations défaitistes ont incité Yoram Hazony du « Shalem Center » à définir les Israéliens comme un peuple épuisé, désorienté et sans direction. »

Mais qui ne gagne pas, perd. Pour survivre, les Israéliens ont finalement dû retourner à leur politique d’avant 1993, qui était de prouver qu’Israël est fort, dur et permanent. Cela a été réalisé par la dissuasion - la fastidieuse tâche de convaincre les Palestiniens et les autres que l’Etat juif allait perdurer et que les rêves d’élimination échoueraient.certainement.

Cela ne sera pas facile, pas plus que ce ne sera rapide. En raison de faux pas au cours des années Oslo et après (en particulier le retrait unilatéral de Gaza de 2005 et la guerre du Liban de 2006), les Palestiniens voient Israël comme économiquement et militairement fort, mais moralement et politiquement faible. Selon les termes mordants du leader du Hezbollah, Hassan Nasrallah « Israël est plus fragile (faible) qu’une toile d’araignée ». Un tel mépris exigera probablement des années de travail acharné pour que la tendance s’inverse. Ce ne sera pas joli non plus : la défaite dans la guerre implique généralement que le perdant fasse l’expérience de la privation, de l’échec et du désespoir.

Israël bénéficie d’une chance : il lui suffit de dissuader les Palestiniens, sans avoir besoin de dissuader l’ensemble des Arabes et des populations musulmanes. Marocains, Iraniens, Malaisiens, et d’autres emboîtent le pas aux Palestiniens, et, avec le temps, suivront leur exemple. L’ennemi juré d’Israël, celui qu’il faut écraser, a rigoureusement la même taille démographique que lui.

Ce processus peut être vu au travers d’un prisme simple. Tout développement qui encourage les Palestiniens à penser qu’ils peuvent éliminer Israël est négatif, tout ce qui les incite à renoncer à cet objectif est positif.

La défaite des Palestiniens sera reconnaissable quand, pendant une période prolongée et avec une parfaite cohérence, ils prouveront qu’ils ont accepté Israël. Cela ne signifie pas qu’il leur faut aimer Sion mais cela signifie qu’ils doivent définitivement l’accepter - par la refonte du système éducatif afin de sortir de la diabolisation des Juifs et d’Israël, en disant la vérité sur ce qui lie les Juifs à Jérusalem et en acceptant des relations commerciales, culturelles et humaines normales avec les Israéliens.

Les démarches palestiniennes et les lettres à l’éditeur sont acceptables mais la violence ne l’est pas. Le calme qui suivra devra être constant et durable. Symboliquement, on peut conclure que les Palestiniens auront accepté Israël et que la guerre sera finie lorsque les Juifs vivant à Hébron ( en Cisjordanie) n’auront pas besoin de plus pour leur sécurité que les Arabes vivant à Nazareth (en Israël).

III. La politique américaine

Comme toutes les personnes extérieures au conflit, les Américains sont confrontés à un choix difficile : approuver l’objectif palestinien qui est d’éliminer Israël ou approuver l’objectif d’Israël de [vouloir] gagner son acceptation par ses voisins.

Poser ce choix rend clair qu’il n’y a pas de choix – le premier est barbare, le second civilisé. Aucune personne convenable ne peut souscrire à l’objectif génocidaire des Palestiniens consistant à éliminer leur voisin. A la suite de chaque président depuis Harry S. Truman et chaque résolution du Congrès, le gouvernement américain doit soutenir Israël dans ses efforts pour arriver à être accepté.

Non seulement ce choix est un choix moral évident, mais l’ironie de la chose c’est que la victoire d’Israël serait la meilleure chose qui pourrait un jour arriver aux Palestiniens. Les forcer finalement à renoncer à leur rêve irrédentiste les libèreraient pour se concentrer sur leurs propres affaires politiques, économiques, sociales et culturelles. Les Palestiniens ont besoin de subir l’épreuve de la défaite pour devenir un peuple normal- celui dont les parents cessent de célébrer leurs enfants qui deviennent terroristes suicidaires, dont l’obsession de refus sioniste s’effondre. Il n’y a pas de raccourci.

Cette analyse implique, pour le gouvernement américain, une approche radicalement différente de celle adoptée actuellement.

Du côté négatif, il avertit que les bénéfices rentreront pour eux, seulement après avoir prouvé leur acceptation d’Israël. Jusque là, pas de diplomatie, aucune discussion sur le statut final, aucune reconnaissance en tant qu’Etat et certainement aucune aide financière ou d’armes.

Le côté positif, c’est que l’administration américaine devrait travailler avec Israël, les Etats arabes et d’autres pour amener les Palestiniens à accepter l’existence d’Israël en [arrivant à ]les convaincre qu’ils ont perdu. Cela signifie convaincre le gouvernement israélien de la nécessité non seulement de se défendre mais de prendre des mesures pour montrer aux Palestiniens le caractère désespéré de leur cause. Cela exige une démonstration de force non pas épisodique (comme la guerre 2008-2009 contre le Hamas à Gaza), mais un effort soutenu et systématique pour dégonfler une mentalité belliqueuse.

La victoire d’Israël aussi aide directement son allié américain ; puisque certains de ses ennemis – le Hamas, le Hezbollah, la Syrie et l’Iran - sont également ceux de l’Amérique. La tactique israélienne plus dure aiderait Washington à une échelle moindre aussi. Washington devrait encourager Jérusalem à ne pas s’engager dans des échanges de prisonniers avec des groupes terroristes, à ne pas permettre au Hezbollah de se réarmer dans le sud du Liban, à ne pas se retirer unilatéralement de la Cisjordanie (qui aurait pour effet de remettre la région au Hamas terroriste et de menacer le trône hachémite de Jordanie).

La diplomatie visant à mettre fin au conflit arabo-israélien est prématurée tant que les Palestiniens ne renonceront pas à leur anti-sionisme. Lorsque cet heureux moment arrivera, les négociations pourront reprendre et à nouveau affronter les questions d’Oslo – les frontières, les ressources, les armements, les lieux saints, les droits d’habitation. Mais cela est à des années, à des décennies d’ici. En attendant un allié doit gagner.

Daniel Pipes

© Middle East Quarterly

Mis en ligne le 30 septembre 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org