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Iran

La "pique" française à propos du traitement de l’Iran nucléaire par l’administration Obama
30/09/2009

«Il est rare de voir un quotidien américain influent louer le réalisme et la détermination d’un président français dans une situation internationale de crise aiguë comme celle provoquée sous nos yeux par l’accès de l’Iran à l’arme nucléaire. Il est encore plus rare de voir un tel quotidien déplorer en même temps la pusillanimité de la présidence américaine. Voilà qui traduit le cours, devenu cauchemardesque, de la présidence Obama et l’état d’esprit des Américains devant les décisions de politique intérieure et internationale erratiques de l’ex-candidat prometteur. Nous avons donc traduit cet article très original qui figure dans la rubrique «Review & Outlook» du "Wall Street Journal". Les intérêts américains n’ont pas été aussi gravement menacés depuis des décennies, et jamais, depuis la fondation des États-Unis, l’instance dirigeante n’a pareillement sombré dans la passivité et l’idéologie.» Rédaction d’Objectif-info).

30/09/09
Review & Outlook, The Wall Street Journal, 29 septembre 2009

Titre original : French Atomic Pique

Traduction française Objectif-info


Sarkozy s’en prend à la réalité « virtuelle » du désarmement d’Obama.


Le président Obama veut un front unifié contre l’Iran, et, à cette fin, il s’est rapproché de Nicolas Sarkozy et de Gordon Brown à Pittsburgh, vendredi matin, pour révéler des informations sur une usine secrète de Téhéran, destinée à produire du combustible enrichi nécessaire à la fabrication de la bombe. Mais nous observons à présent que les dirigeants français et britanniques sont en train de se ronger silencieusement les sangs, irrités par les manœuvres américaines autour de cette annonce.

Les deux pays ont voulu dénoncer l’Iran un jour plus tôt aux Nations Unies. Après tout, M. Obama présidait une session du Conseil de sécurité consacrée à la non-prolifération. La dernière preuve des tentatives illégales de l’Iran en vue d’acquérir une arme nucléaire était disponible. Les dirigeants du monde entier étant rassemblés à New York, l’ordre du jour et le lieu fournissaient une occasion spectaculaire de rassembler l’opinion internationale.

Le Président Sarkozy en particulier a poussé fermement. Il avait été "choqué" pendant des mois par la réticence de M. Obama à affronter l’Iran. Une personnalité officielle du gouvernement français nous en a fait part. Il voyait là une occasion précieuse de passer à la vitesse supérieure. Mais, selon le quotidien parisien Le Monde, l’administration a expliqué aux Français qu’elle ne voulait pas "ternir l’image d’un succès" pour les débuts de M. Obama à l’ONU, ni son discours appelant à un monde sans armes nucléaires. C’est ainsi que la bombe iranienne a été repoussée d’un jour, à la réunion de Pittsburgh où le G-20 tenait une session pour débattre de la politique économique.

La correspondante diplomatique du Monde, Natalie Nougayrède, rapporte qu’une première version du discours de M. Sarkozy au Conseil de sécurité de jeudi comportait un paragraphe consacré à la dernière escroquerie de l’Iran. Forcé de rayer ce passage, le président français a laissé paraître sa déception avec une verve peu diplomatique dans son allocution officielle, s’étendant sur ce qu’il a appelé « l’illusion » du désarmement. Cette déclaration prend une signification supplémentaire maintenant que nous avons connaissance des discussions qui ont eu lieu en coulisses.

« Nous avons raison de parler de l’avenir », a dit M. Sarkozy en faisant référence à la résolution américaine qui préconisait un renforcement du contrôle des armements. « Mais le présent vient avant le futur, et le présent connaît deux crises nucléaires majeures » : celles de l’Iran et de la Corée du Nord. « Nous vivons dans un monde réel, pas dans un monde virtuel. » Il n’est pas difficile de deviner dans quel monde le Français plaçait M. Obama.

[N. Sarkozy] :

« Nous disons que nous devons réduire [la prolifération des armes atomiques]. Le président Obama a lui-même déclaré qu’il rêvait d’un monde sans armes nucléaires. Sous nos yeux, deux pays font exactement le contraire en ce moment même. Depuis 2005, l’Iran a violé cinq résolutions du Conseil de sécurité […] Je soutiens la ’main tendue’ de l’Amérique. Mais qu’est-ce que ces propositions de dialogue ont apporté à la communauté internationale ? Rien d’autre qu’un supplément d’uranium enrichi et de centrifugeuses, et - ce n’est pas la moindre conséquence - une déclaration des dirigeants iraniens appelant à rayer de la carte un membre des Nations Unies. Que devons-nous faire ? Quelles conclusions devons-nous tirer ? À un certain moment, des événements graves nous forceront à prendre des décisions. »

Nous pensions que nous ne verrions jamais le jour où le président de la France montrerait plus de résolution que le commandant en chef de l’Amérique pour affronter un des plus graves défis posés à la sécurité mondiale. Eh bien, nous y sommes.


© The Wall Street Journal

 

Mis en ligne le 30 septembre 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org