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Israël (Société - mentalités)
Parti pris anti-israélien

Le Conseil des droits de l’homme se discrédite par ses partis pris, Fabio Rafael Fiallo
25/09/2009

25 septembre 2009

Texte repris du site du Temps.ch, 24 septembre 2009

Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU fut créé en juin 2006 dans le but de remplacer la commission qui, s’occupant du même sujet, avait sombré dans le discrédit pour s’être convertie en caisse de résonance des pires dictatures et pour avoir choisi Israël comme cible principale de ses attaques.

Après trois années d’existence, force est de constater que le Conseil n’a rien à envier à son prédécesseur en termes de parti pris anti-israélien.

Durant sa première année, il adopte dix résolutions condamnant âprement Israël. Pendant cette période, aucun autre pays ne fait l’objet d’une condamnation; pas même le Soudan, pourtant responsable d’atrocités commises au Darfour.

Ensuite, en octobre 2007, le Conseil adopte une résolution qui se limite à «déplorer», sans «condamner», la sanglante répression déclenchée par la junte birmane contre des manifestants pacifiques.

Le Conseil devra se pencher sur des pays autres qu’Israël puisqu’il est censé évaluer, sur une période de quatre ans, la performance en matière de droits de l’homme de chacun des Etats membres de l’ONU. Cette procédure s’appelle «Examen périodique universel» (EPU). Mais des organisations non gouvernementales ont tiré la sonnette d’alarme sur les machinations qui se cachent derrière l’exercice.

Ainsi, le représentant de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme, Antoine Madelin, a qualifié de «mascarade» les débats du Conseil à l’égard du premier pays soumis à l’EPU, à savoir la Tunisie.

Pour Saida Drissy Amrany, présidente de l’Association des femmes marocaines, «les gouvernements arabes et africains sont en train de s’associer et de se lancer des louanges les uns aux autres… C’est une insulte à l’intelligence des peuples qu’ils sont censés représenter». De même, El Hassan Aharrath, de l’Association marocaine pour les droits de l’homme, déclare que les Etats membres du Conseil amis du régime de son pays «œuvrent ensemble pour que les vraies questions n’y soient pas traitées». Et encore, Rafendi Djamin, de la Coalition pour l’avancement des droits de l’homme, une ONG d’Indonésie, dénonce «la mentalité de bloc» qui domine les débats du Conseil, transformant ceux-ci en «quelque chose qui ressemble à une farce».

Comme par le passé, les dictatures ne seront pas importunées. Et aussi comme par le passé, le Conseil continuera à utiliser Israël comme exutoire.

Le parti pris anti-israélien ressort clairement quand on compare l’attitude du Conseil à l’égard de l’opération menée par Tsahal à Gaza au début de cette année avec le traitement que le même Conseil a réservé aux attaques de l’armée du Sri Lanka contre la guérilla tamoule à la même époque.

Pour bien comprendre ce qui va suivre, rappelons que 20000 civils ont été tués lors des opérations militaires lancées par l’armée sri lankaise contre la guérilla tamoule dans les quatre premiers mois de 2009. En ce qui concerne l’incursion de Tsahal à Gaza, les estimations de sources palestiniennes situent autour de 1000 le nombre de civils morts (c’est-à-dire excluant les militaires et les policiers), soit un chiffre vingt fois inférieur à celui enregistré au Sri Lanka.

Rappelons également que lors des attaques de l’armée du Sri Lanka, environ 300000 civils restaient dans les zones contrôlées par la guérilla tamoule, alors que la population de Gaza s’élève à plus de 1400000.

Autrement dit, l’opération israélienne s’est soldée par vingt fois moins de morts que les attaques de l’armée sri lankaise; et pourtant, le nombre de civils exposés au conflit militaire – et donc le risque de pertes civiles – était cinq fois supérieur dans la bande de Gaza que dans les zones ayant fait l’objet d’attaques de l’armée du Sri Lanka.

Or, pendant que le Conseil condamne avec force l’opération israélienne à Gaza, le régime du Sri Lanka reçoit l’absolution et même les louanges du Conseil.

En plus d’avoir une fois encore condamné Israël, le Conseil crée une commission (connue sous le nom de son président, Richard Goldstone, juriste sud-africain) chargée d’enquêter sur les «violations massives des droits humains» perpétrées par «la puissance occupante, Israël, contre le peuple palestinien». En d’autres mots, les termes du mandat de la commission accusaient déjà Israël et donc prédéterminaient les résultats de l’enquête.

Et ce n’est pas tout. L’un des quatre membres de la commission, Mme Christine Chinkin, avait accusé Israël d’«agressions» et de «violations du droit international» dans une lettre publiée dans le Times de Londres du 11 janvier 2009. Mme Chinkin avait donc déjà donné son verdict contre Israël avant même la création de la commission Goldstone.

Pis encore, des preuves filmées et des déclarations de Gazaouis montrent que le Hamas avait lancé des roquettes depuis des écoles et des immeubles d’habitation, caché des armes dans des mosquées, aménagé le sous-sol d’un hôpital en tant que base de commandement militaire et utilisé des enfants pour des missions de soutien à des attaques militaires contre Tsahal. Malgré de telles preuves, la commission a déclaré n’avoir pas trouvé de preuve concluante que le Hamas se soit servi de la population civile de Gaza comme bouclier humain.

La mort de civils innocents est en soi une tragédie qui doit être élucidée, et le cas échéant sanctionnée. Mais l’historique du Conseil des droits de l’homme, son parti pris anti-israélien, le poids dont jouissent dans son sein des régimes non démocratiques, tout cela disqualifie cette instance onusienne pour commanditer une enquête objective et impartiale dans ce domaine sur n’importe quel pays, et notamment sur Israël.

Fabio Rafael Fiallo *

© Le Temps.Ch

* L’auteur vient de publier "Ternes éclats dans les coulisses de la Genève internationale à Paris".


[Article aimablement signalé par Victor Perez.]

 

Mis en ligne le 25 septembre 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org