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Obama, Honduras Israël: La politique étrangère du Président Obama fait peu de cas de la démocratie
24/09/2009

Le monde entier a cru voir Obama comme le messie, mais il n’est ni sera le messie. Quand il quittera la maison blanche, son bilan sera pire que celui de Bush : l’Amérique sera affaiblie, l’Europe sera redevenue l’empire romain, les dictatures seront plus fortes, l’économie de marché plus cruelle, et Israël plus seul... (Ch. Beer-Jacob).

24/09/09Ynet News, 21 septembre 2009


Texte original anglais : Obama, Honduras and Israel : President Obama’s foreign policy has little regard for democracy


Traduction française : Artus, pour www.nuitdorient.com


Après plus de 8 mois de présidence, les Américains commencent seulement à réaliser que la rhétorique et les promesses d’espoir et de changement de B.H. Obama sont sensiblement différentes de ce qu’il fait. Mais si la différence entre rhétorique et action est devenue plus claire, les forces qui sous-tendent la politique étrangère d’Obama restent opaques. La manière dont son administration a traité la crise du Honduras jette un peu de lumière sur ces forces obscures et peut servir de leçon particulière à Israël.

Dans son discours inaugural, Obama avait promis de « tendre la main » aux dictateurs qui voudraient desserrer le poing. En même temps, il disait à ceux qui se cramponnaient au pouvoir par la corruption et la fraude en faisant taire toute opposition, qu’ils étaient « du mauvais côté de l’histoire ». La politique menée à l’égard du Honduras est exactement à l’opposé de ce qu’il disait: Obama tend la main à un dirigeant qui cherche à se maintenir au pouvoir « sans desserrer le poing », alors qu’il traite les démocrates fidèles à la Constitution comme si elles étaient « du mauvais côté de l’histoire ».

En juin, la Cour Suprême du Honduras ordonne d’arrêter le président Manuel Zelaya, une mesure presque unanimement soutenue par le Parlement. Zelaya a essayé de tenir un référendum non constitutionnel, qui lui aurait permis de se présenter pour un second mandat. La Constitution du Honduras prévoit que si un président tente de prolonger son mandat, il sera immédiatement démis de ses fonctions. Cela semble excessif, mais il faut se placer dans le contexte latino-américain, où de nombreux hommes forts sont devenus présidents à vie (cf. Hugo Chavez au Vénézuela), et c’est ce que la Constitution du Honduras veut éviter. Cette Constitution prévoit aussi que tout référendum doit être approuvé par le Parlement. Les militaires ont appliqué l’injonction de la Cour Suprême, démis Zelaya de ses fonctions et mis en place l’homme prévu par la Constitution, le président du Congrès, Roberto Micheletti, comme président provissoire, le temps d’organiser des élections générales en novembre.

L’administration américaine n’a cessé de faire pression sur le gouvernement intérimaire du Honduras pour qu’il réintégre dans ses fonctions Zelaya à qui on avait permis de quitter le pays ! La secrétaire d’Etat Hillary Clinton l’a même rencontré à Washington, sans voir le président constitutionnel Micheletti, et en menaçant par téléphone ce dernier de mesures de rétorsion s’il ne réintégrait pas Zelaya…

 

Prenez garde aux conséquences !

Il y eut des conséquences. La semaine dernière, le Département d’Etat a annoncé qu’il suspendait tout visa pour les citoyens du Honduras (à l’exception évidemment de Zélaya, qui a pu entrer) et que l’aide de 135 millions de dollars pourrait être revue. Le Honduras est le second pays le plus pauvre d’Amérique centrale et il est resté sur ses positions. Mais Mary O’Grady, journaliste du Wall Street Journal, rapporte que la pression sur le Honduras, aussi bien ouverte qu’en sous-main, pourrait bien porter ses fruits.

Qu’est-ce qui a fait qu’Obama ait abandonné sa rhétorique pro-démocratique pour soutenir un dictateur sud-américain ? O’Grady et un ex-ambassadeur américain en Amérique Latine, Roger Noriega, suggèrent qu’Obama cherche à éviter une confrontation avec Hugo Chavez. Dans un article paru dans The American, Noriega écrit : "La réponse maladroite de l’administration (américaine concernant le Honduras) vient du fait qu’elle cherche à suivre le courant dominant, et ce courant aujourd’hui est celui que dirige Hugo Chavez". En d’autres termes, la politique d’ouverture d’Obama et son désir d’éviter des crises qui le détourneraient de son programme intérieur l’ont entraîné dans cette voie. Mais il y a peut-être une autre raison. Obama a été élu sur une vague de sentiments anti-Bush, qui voyait en lui un anti-Bush. Une confrontation avec Chavez, qui avait traité Bush de "diable" dans le passé, aurait terni l’image anti-Bush d’Obama (*)

Au Moyen-Orient, la politique d’ouverture d’Obama en direction des dictatures et son désir d’éviter un conflit avec les ennemis de Bush, et dans le cas présent, l’Iranien Ahmadinejad, l’ont poussé à intervenir dans les affaires intérieures d’un autre petit Etat, Israël. Certes, l’analogie n’est pas parfaite, car Israël a plus d’influence à Washington que le Honduras, et Ahmadinejad est une menace plus importante que Chavez pour les intérêts américains.

Cependant, on peut tirer des leçons de cette affaire :

- Tout d’abord, la politique étrangère d’Obama fait peu de cas de la démocratie ou de l’intérêt d’autres nations. Israël devra donc se préparer à emprunter une voie indépendante des Etats-Unis et à ne pas s’attendre à ce qu’Obama défende ses intérêts.

- Quant aux Israéliens de gauche qui espéraient qu’Obama allait faire le travail à leur place et « sauver Israël de lui-même », qu’ils fassent attention à ce qu’ils souhaitent.


Yarden Gazit


© Ynet News


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Note de www.nuitdorient.com


(*) On vient d’apprendre que Zélaya est revenu au Honduras secrètement…

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[Article aimablement signalé par Ch. Beer-Jacob.]

Mis en ligne le 24 septembre 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org