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Barack pénalise Israël et menace la paix, Angelo Pezzana
23/09/2009

23/09/09 

Article original en italien paru dans Libero, du 22 septembre 2009, sous le titre  "Barack penalizza Israele e minaccia la pace", relayé par le Blogue Informazione Coretta.


Adaptation française : Danielle Elinor Guez

 

De la rencontre entre Barack Obama, Bibi Netanyahu et Abou Mazen, il est difficile qu’il puisse sortir quoi que ce soit qui ressemble à l’espoir proclamé par le Président américain. Après huit mois à la Maison-Blanche, même du côté du Moyen-Orient le signal est négatif, comme cela a été confirmé par les entretiens de George Mitchell, l’envoyé au Moyen-Orient. L’inexpérience d’Obama apparaît est encore plus manifeste quand on la compare aux bonnes intentions de Bush et de Clinton, qui seront restées des bonnes intentions et n’auront pas produit de résultats, mais dans lesquelles au moins Israël était considéré comme un pays ami et un allié. Cette relation a pris fin avec l’arrivée d’Obama, qui applique à l’État hébreu le traitement réservé aux gouvernements démocratiques, surtout s’ils sont de fidèles alliés, dans le genre de ce qui est arrivé à des Etats d’Europe orientale ou d’anciennes Républiques soviétiques libérées du joug du communisme. Pendant ce temps les rapports instaurés avec des dictatures sont d’une tout autre nature.

Obama applique sa politique du sourire et de la main tendue à une longue liste de pays allant de la Corée du Nord, à l’Iran, Cuba et la Syrie, en attendant que se produise un changement de cap. Une politique qui jusqu’à présent ne lui a procuré que des mauvais scores et aucun résultat. L’exemple d’Israël est éclairant. Au lieu d’analyser les causes du conflit avec les Palestiniens et de comprendre que seul « un jugement de Salomon » pourrait le résoudre, Obama continue de louvoyer avec des exigences qu’Israël ne pourra jamais satisfaire, car l’objectif de l’autre partie reste inchangé.

Comme l’a écrit Benny Morris dans un article du Guardian, le 11 septembre, l’objectif de l’OLP est encore celui qui est écrit dans sa charte fondatrice des années 60, à savoir la destruction d’Israël. Il est vrai que des décennies de négociations nous ont habitués à considérer les adversaires comme s’ils étaient équivalents, mais c’est faux. Les Etats arabes et les Palestiniens, pour ce qui les concerne, ont tenté, sans succès, d’effacer l’État juif de la carte depuis 60 ans. Les gars, cet échec devrait avoir produit un seul et unique raisonnement : se contenter de ce qui vous sera donné comme cela arrive à tous ceux qui sont vaincus dans des guerres qu’ils ont déclenchées. Non, avec les Palestiniens, même Israël a toujours utilisé le gant de velours à l’intérieur duquel il n’y avait pas de poigne de fer. D’abord Arafat, puis Abou Mazen, se sont vu offrir pratiquement tout ce qu’ils demandaient, sauf le retour de ce qu’on appelle encore « les réfugiés », qui provoquerait la disparition de la nature juive de l’État et entraînerait sa fin. Et cela malgré leur refus persistant devenu le leitmotiv de leur politique. On en vient même à trouver raisonnable le fait de discuter de la possibilité que Jérusalem devienne la capitale de deux Etats, une proposition qui serait rejetée par n’importe quel État auquel on imposerait la même exigence. Mais s’agissant d’Israël, ce raisonnement n’est pas valable, Obama a même interdit au Gouvernement israélien de construire sur son territoire national, comme s’il s’agissait de l’ordre d’un État colonial à l’une de ses provinces.

Entre ces eaux mouvantes, Bibi se déplace avec habileté, il a une approche d’ouverture, deux pas en avant et un en arrière, sachant trop bien combien l’allié américain est important pour Israël, et aussi qu’Obama n’est pas éternel ; en Israël il a une appréciation inférieure à 3 % et, même chez lui, les sondages le donnent en fort déclin. Tôt ou tard, quelqu’un fera remarquer que sa politique jouit d’un consensus chez les ennemis des États-Unis uniquement parce qu’il maltraite ses alliés ; quelqu’un lui demandera pourquoi il n’a pas exigé d’Abou Mazen des explications logiques sur son refus de considérer Israël comme un État juif, et également pourquoi, lors du dernier congrès de l’OLP, il a réservé un accueil triomphal aux auteurs d’horribles massacres de civils israéliens - qui ont été ovationnés par les représentants palestiniens, lesquels, dès le lendemain, ont été décrits comme désirant ardemment la paix.

Obama veut construire des ponts, mais ne demandez surtout pas qui les traversera. On ne sait pas pourquoi Israël devrait non seulement consentir mais participer à la création d’un État qui dans ces conditions, pourra réaliser ce qui a toujours été, jusqu’à aujourd’hui, le rêve des Palestiniens : non pas la construction de leur Etat, mais la destruction d’un autre Etat.

Et même si Obama est de bonne foi dans son espoir de paix, il est temps qu’il se réveille et dise clairement quel projet il a en tête ; alors, Israël jugera s’il est acceptable. Avant tout rien qui puisse mettre en jeu sa sécurité.


Angelo Pezzana

 

© Libero


Mis en ligne le 23 septembre 2009, par
M. Macina, sur le site upjf.org