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Contentieux palestino-israélien

En finir avec l’occupation arabe d’Israël, Ron Breiman
07/10/2009

Un titre paradoxal et provocant, mais qui rend bien la réalité géopolitique complexe de cette partie du Proche-Orient. (Menahem Macina).
07/10/09


Haaretz, 4 octobre 2009

Texte original anglais: End the Arab occupation of Israel

Traduction française : Objectif-info


De Gidéon Lévy à Barack Obama, de Yariv Oppenheimer à Ismail Haniyeh, de Zahava Gal-on à Tzipi Livni, tous récitent la même antienne : il est temps de mettre un terme à "l’occupation." Dès que "l’occupation" sera achevée, la paix sera scellée. Une fois les Juifs expulsés du cœur de leur pays, le manteau de la rédemption recouvrira Sion. C’est à partir de là qu’émergera "la solution", deux Etats sur une minuscule étendue dont la propriété inestimable, sur ce qui reste la partie occidentale de la terre d’Israël et non le plus Grand Israël.

Nous ferions bien de nous rappeler que l’OLP, l’Organisation de Libération de la Palestine (de toute la Palestine !), a été fondée en 1964 avant qu’existent "l’occupation", "la Cisjordanie", les "Territoires", et tout le vocabulaire politique qui a été inventé pour soustraire au peuple juif l’héritage du cœur de son pays, cette terre ravagée qui a été occupée - sans guillemets - par l’armée jordanienne en 1948, une occupation qui a duré exactement 19 ans. Le but de l’OLP n’était pas de libérer les territoires occupés par les Jordaniens, parce que ces terres étaient dans des mains arabes. Elle voulait libérer les territoires "occupés" par l’Etat d’Israël, à l’intérieur de la" ligne verte".

Nous ferions bien de nous rappeler que l’OLP n’a jamais modifié son message. Elle ne l’a pas fait quand elle a signé la "paix" avec le naïf Yitzhak Rabin qui est tombé dans le piège préparé pour lui par les artisans d’Oslo. Et elle ne l’a pas fait quand elle a soi-disant abrogé sa charte. La récente conférence du Fatah et les déclarations du négationniste "modéré" de la Shoah, le président palestinien Mahmoud Abbas, peuvent aussi en attester. Le but était et demeure à ce jour la libération des territoires "occupés" par Israël, à savoir l’Etat d’Israël dans le périmètre de la ligne verte.

D’autre part, quand les partisans d’Oslo ont autorisé Yasser Arafat et ses hommes de main à s’installer dans le cœur du pays avec son armée de terroristes, ils ont amené avec eux leur armée d’occupation. C’est ainsi que les choses se sont faites, grâce au choc qui a suivi l’assassinat de Rabin les partisans d’Oslo ont rapidement remis les villes de Judée et de Samarie entre les mains d’un occupant, une erreur que le premier ministre abattu n’avait apparemment pas l’intention de commettre. C’est ainsi que les territoires libérés sont devenus des territoires occupés, sans guillemets. Lors de l’opération Bouclier de Défense, l’armée d’Israël a dû payer le prix sang, le prix fort pour libérer le cœur du pays de l’occupation arabe.

La plupart des Arabes vivant sur la terre d’Israël ont immigré après nos vagues d’Alyah. En d’autres termes, le sionisme et la prospérité qu’il a engendrée ont donné naissance aux "Palestiniens." Depuis l’occupation arabe de la terre d’Israël au septième siècle, et tout au long des siècles de l’occupation musulmane, ses occupants considéraient cette terre comme un avant-poste impérial lointain et rien de plus.

La requête consistant à accorder un Etat aux immigrés arabes dans ce pays et à leur armée, qui est ici stationnée ici du fait de la cécité de certains juifs et des nations du monde entier, n’a pas de fondement. Elle revient à légitimer une réalité qui est advenue à l’issue d’un acte criminel [la mort de Rabin - ndt] permettant à une armée d’occupation de pénétrer dans ce pays.

Les réponses des critiques sont prévisibles : que proposez-vous, que les Arabes s’évaporent comme des courants d’air ? Contrairement aux critiques qui donnent leur accord au transfert raciste des Juifs de Judée et de Samarie, je rejette tout transfert forcé d’un groupe quelconque de la population. Peut-être n’y a-t-il aucune solution au problème. Il n’y a certainement aucune solution en ce moment. Mais il n’y a pas de raison de commettre un suicide ou de sacrifier la vision sioniste sur l’autel de la "paix."

Je ne veux pas d’un état binational. S’il y a une solution, on ne peut pas la trouver dans le périmètre limité de la partie occidentale de la terre d’Israël. Dans le long terme, la solution sera régionale et elle combinera la démocratie, la démographie et la géographie. Les Arabes vivant sur la terre d’Israël continueront de vivre dans leurs maisons actuelle ; ils auront la citoyenneté jordanienne, ou égyptienne (pour les Gazans), et ils voteront pour leurs parlements respectifs. Dans le long terme, les citoyens de Jordanie dont l’écrasante majorité se trouve dans l’est de la Transjordanie prendront le pouvoir à Amman. C’est là qu’une solution sera trouvée pour leurs frères qui vivent à l’ouest du Jourdain.

Mais en attendant, nous devons en finir avec l’occupation. L’occupation arabe de la terre d’Israël.

Ron Breiman * 

 

© Haaretz

 

* L’auteur a été président de « Professeurs pour un Israël fort » de 2001 à 2005.


Mis en ligne le 7 octobre 2009, par
M. Macina, sur le site upjf.org