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Le tireur de Fort Hood a-t-il connu les terroristes du 11 septembre 2001?
08/11/2009

08/11/09

Le Sunday Telegraph révèle que Nadil Malik Hasan, le tueur présumé de Fort Hood, a fréquenté la même mosquée que deux des kamikazes du 11 septembre en 2001

Le commandant Nadil Malik Hasan, à l’origine de la fusillade (AFP)

Le commandant Nadil Malik Hasan, à l’origine de la fusillade (AFP)

Le tireur de Fort Hood, Nadil Malik Hasan aurait fréquenté une mosquée dirigée par un imam radical, suspecté d’être un des guides spirituels de plusieurs kamikazes du 11 septembre, révèle le site internet du Sunday Telegraph, dimanche 8 novembre.
Nidal Hasan fréquentait la mosquée Dar al-Hijrah en Virginie en 2001, en même temps que deux des kamikazes du 11 septembre. L’imam de la mosquée était alors le très radical Anwar al-Awlaki, qui aurait soutenu et défendu plusieurs organisations terroristes. Un troisième kamikaze aurait suivi ses enseignements en Californie.
Selon un officier de Fort Hood, cité par le Sunday Telegraph, les yeux de Hasan "s’illuminaient" quand il évoquait le "profond respect" qu’il avait pour l’imam al-Awlaki.

Prosélytisme


Selon le journal, Hasan se serait déjà fait connaitre des autorités auparavant, notamment pour des tentatives de prosélytisme sur [lire: à l’égard de] ses patients et pour des déclarations sur Internet justifiant les attaques terroristes.
Alors que les enquêteurs tentent de comprendre les motifs qui ont poussé Hasan à commettre un tel acte, ces révélations pourraient s’avérer importantes.
La question est maintenant de savoir si Hasan a rencontré ou non les deux terroristes en 2001, et si l’enseignement de l’imam a pu avoir une quelconque incidence sur ce qui s’est passé à Fort Hood.
Si dans son entourage, on décrit un homme doux et compréhensif, de nombreux collègues admettent que son discours s’était radicalisé ces derniers temps, notamment à l’encontre des offensives américaines en Afghanistan et en Irak.

"Quelqu’un de pacifique"


Le frère du tueur présumé soutient que Nidal Malik Hasan n’avait jamais commis d’actes de violence auparavant, et qu’il éprouvait beaucoup de compassion pour autrui.
"J’ai connu mon frère Nidal comme quelqu’un de pacifique, aimant et soucieux des autres, et montrant un grand intérêt pour la médecine et l’assistance aux autres", a déclaré Eyad, le frère du tueur, qui vit à Sterling en Virginie. "Il n’a jamais commis un acte violent et était connu pour être un citoyen bon et respectueux des lois", ajoute-t-il.
Son oncle a également affirmé qu’il "aimait beaucoup les Etats-Unis", et n’aurait jamais pu commettre un tel massacre par ressentiment religieux.
Un de ses supérieurs au centre médical de l’armée Darnall de Fort Hood, le colonel Kimberly Kesling, décrit lui aussi un homme calme, avec une solide éthique professionnelle, qui soignait bien ses patients.

"Une guerre contre l’Islam"


Néanmoins, dans les jours qui ont précédé son acte de folie, une autre identité apparaît, celle d’une personne radicalement opposée aux guerres d’Irak et d’Afghanistan, qui tentait d’échapper à son envoi en Afghanistan à la fin novembre, et tourmenté au quotidien dans son métier de psychiatre militaire.
"Il disait qu’en tant que musulman fidèle à ses prières, il subissait des discriminations et n’était pas traité comme il aurait convenu pour un officier et un Américain" a déclaré à l’Associated Press son cousin palestinien Mohammed Malik Hasan, âgé de 24 ans, qui vit près de Ramallah en Cisjordanie. "Il avait embauché [lire : loué les services d’]un avocat pour être déchargé de ses responsabilités", selon lui.
Plusieurs étudiants qui avaient assisté à des conférences données par Hasan affirment, quant à eux, qu’il "justifiait les attaques-suicides", et soutenait que la guerre des Etats-Unis contre le terrorisme était "une guerre contre l’islam". L’un d’entre deux dit avoir été "choqué", mais pas "surpris" par la fusillade de Fort Hood.
Selon le Sunday Telegraph, Hasan aurait affirmé à un de ses collègues, Col Terry Lee, qu’il pensait que les musulmans devaient se révolter contre les "agresseurs" américains. Il n’aurait jamais caché son désir de quitter l’armée et sa volonté de voir la guerre se finir en Irak et en Afghanistan.
Son métier lui pesait également."Il voyait tous les jours des gens qui lui racontaient les horreurs de la guerre", explique son cousin Nader Hasan.

Pas un groupe terroriste


Selon le New York Times, qui cite des sources proches de l’enquête, Hasan ne faisait pas partie d’un groupe terroriste.
Au contraire, les enquêteurs, qui ont parlé au quotidien sous couvert d’anonymat, pensent que le commandant Hasan, soldat américain de confession musulmane, a agi seul, de son propre chef. Toutefois, insiste le New York Times, la police n’écarte pas la possibilité que le tireur ait eu dans l’idée de perpétrer un attentat-suicide.
De même, souligne le journal, une analyse très poussée de l’ordinateur de Nidal Malik Hasan a montré qu’il avait consulté plusieurs sites internet se réclamant de la mouvance islamiste et qu’il avait eu des échanges de courriels avec des personnes appartenant à la mouvance extrémiste.

Une cérémonie en hommage aux victimes


D’après un rapport médical, Hasan n’est plus placé sous respiration artificielle, mais doit rester en soins intensifs. Un porte-parole de l’Armée, le colonel John Rossi, n’est pas certain que le suspect puisse communiquer. Il a été transféré au centre médical Brooke de San Antonio (Texas), à 240 km au sud-ouest du lieu du drame.
Samedi soir, le colonel John Rossi, a indiqué que 17 des 28 personnes blessées dans la fusillade étaient encore hospitalisées.
Une cérémonie en hommage aux 13 victimes de la tuerie aura lieu mardi en présence du président américain Barack Obama.

© NouvelObs.com

 

Mis en ligne le 8 novembre 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org