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Iran

Qui va arrêter l’Iran, Mordechai Kedar
14/11/2009

Je n’ai pas été en mesure d’identifier la source de cet article (en anglais ou en hébreu). Nos visiteurs devront donc faire confiance à cette traduction française (excellente, au demeurant) faite sur une traduction italienne. Ce n’est évidemment pas l’idéal, mais c’est mieux que rien, c’est pourquoi je fais passer l’information avant l’académisme. (Menahem Macina).

14/11/09Sur le site Informazione corretta

Traduction française : Danielle Elinor Guez *

* faite sur la version italienne de Antonella Donzelli et Avi Kretzo

 

En cette période riche en événements, le débat mondial qui porte sur le nucléaire iranien est provoqué par la peur des ayatollahs et de leurs actions incompréhensibles et imprévisibles. En outre, comme nous l’avons vu dans les années 80 durant la guerre Iran-Irak, pour les ayatollahs, le nombre de victimes ne compte pas, qu’il s’agisse des leurs ou de celles des autres. La combinaison de tous ces facteurs a isolé les dirigeants iraniens, de sorte que la majorité des chefs d’Etats occidentaux évitent de se faire immortaliser sur des photos avec eux.

Ces dernières semaines, le niveau de tension dans le monde a encore augmenté depuis que l’Iran a refusé de signer l’accord de compromis proposé par les Etats occidentaux pour l’enrichissement de l’uranium. En vertu de cet accord, l’Iran aurait dû envoyer à la Russie les trois quarts de l’uranium qu’il a enrichi pour que la Russie, de concert avec  avec la France, l’amène à un niveau d’enrichissement d’environ 20 %, c’est le niveau prévu pour alimenter des réacteurs nucléaires servant à la production d’électricité et à la recherche.

Il était prévu que l’Iran accepte cette proposition à bras ouverts, car elle aurait pu ainsi neutraliser la menace de sanctions et les conséquences qui en découlent et la menace d’éventuelles représailles militaires. En plus, cela lui aurait permis de conserver une quantité importante d’uranium (le quart restant), avec la possibilité même de continuer à l’enrichir secrètement  à des fins militaires.

Alors que beaucoup d’analystes occidentaux avaient abandonné l’hypothèse des sanctions et des actions militaires contre l’Iran et commençaient à réfléchir à la manière d’affronter le problème du nucléaire iranien, voici que, de manière surprenante, l’Iran a rejeté toute leurs spéculations en refusant d’entériner le document produit en Occident, et en exigeant des modifications qui l’auraient rendu inconsistant. Les Etats occidentaux ne sont évidemment pas d’accord, mais, entre temps, personne n’ose exercer de réelles pressions sur l’Iran. Tout le monde attend de voir ce que dira et fera le président américain Obama, actuellement engagé dans des consultations interminables et épuisantes sur la politique américaine en Afghanistan. D’après lui, nous n’avions vraiment pas besoin du dossier iranien en ce moment.

Le refus de l’Iran d’accepter le compromis a mis Obama dans un sérieux embarras. Depuis qu’il a été élu, il y a plus d’un an, il a édifié sa politique étrangère sur le dialogue et a exprimé à plusieurs reprises qu’il était prêt à ouvrir des négociations avec l’Iran pour éviter qu’elle ne produise la bombe atomique.

En revanche les Iraniens estiment qu’ils ont le droit de produire la bombe atomique tout comme l’Inde, le Pakistan et la Corée du Nord qui l’ont déjà sans parler d’Israël qui, d’après eux, en posséderait plus de 200.

Obama sait bien que dans le dialogue avec l’Iran, les positions respectives initiales sont si éloignées les unes des autres qu’elles empêchent toute possibilité d’arriver à un accord sans que l’une des deux parties ne se soumette à l’autre. Donc il évite des négociations directes sans médiateur dans lesquelles il risquerait de perdre son prestige. En cas d’échec. En effet, les Américains pourraient être contraints d’engager une action concrète contre l’Iran, ne serait-ce que pour rendre crédibles les déclarations d’Obama selon lesquelles il ne faut pas permettre à l’Iran d’avoir des armes nucléaires.

Ainsi, Obama est resté sur sa position de la déclaration du Caire, sur sa volonté de dialogue avec l’Iran et sa volonté d’ouvrir une page nouvelle et non violente avec le monde musulman. Pour les Iraniens, il est clair que le président américain ne veut ni ne peut prendre des mesures énergiques, telles que des sanctions ou des opérations militaires.

Obama ne s’est pas rendu compte de la contradiction entre ses prises de position contre la nucléarisation de l’Iran, d’une part, et, d’autre part, son désir de résoudre les problèmes des États-Unis avec le monde musulman en établissant avec l’Iran un dialogue sans préjugés. Et il est tombé tout droit dans le piège.

Le président américain, dans sa naïveté, n’avait pas prévu le refus de l’Iran devant la proposition aussi généreuse qu’absurde qui lui aurait permis d’enrichir de l’uranium à l’insu du monde. C’est pourquoi Obama est aujourd’hui en grande difficulté. Il sait ce que tout le monde sait : que l’Iran nucléarisé jettera le monde dans la tourmente, mettra fin à l’hégémonie occidentale dans la politique internationale et mettra en danger constant la stabilité des pays du golfe et l’industrie pétrolifère. Si l’Iran devient un état nucléarisé, chaque déclaration de ses dirigeants risquera de faire monter le prix du pétrole, de déstabiliser l’économie mondiale et lui donnera la possibilité d’opposer son veto à chaque acte politique et économique qui ne lui plaira pas.

Lors de son dernier discours à l’Assemblée Générale de l’ONU, le président iranien a déclaré, en termes non équivoques, qu’il fallait réorganiser la structure du Conseil de Sécurité dans lequel plusieurs Etats occidentaux ont actuellement une position prééminente, grâce à leur sièges permanent qui leur permet de diriger le monde. Il voulait dire que l’Iran veut un siège permanent et le droit de veto.

Ce scénario empêche les dirigeants européens de dormir car ils pourraient ainsi se trouver confrontés à des revendications absurdes de la part de l’Iran et à l’afflux incontrôlé et inexorable d’immigrés musulmans sur le vieux continent. Aujourd’hui, cependant, le leadership européen cherche à freiner l’immigration musulmane et frémit devant l’aspiration iranienne à la renforcer par la menace de missiles à têtes nucléaires capables d’atteindre n’importe quelle ville européenne. L’Iran pourrait aussi exiger de la des Etats européens qu’ils lèvent toute limitation à la construction des mosquées, qu’ils acceptent les vêtements islamiques pour les femmes, ainsi que l’éducation et la charia pour leur communauté : ces revendications, si elles étaient acceptées, accéléreraient le processus d’islamisation de l’Europe déjà bien en place.

Israël aussi doit s’inquiéter d’un Iran nucléarisé qui pourrait revendiquer l’arrêt du soutien occidental à l’État juif, aussi bien en matière sécuritaire, qu’aux plan politique, économique, académique et culturel. Car, pour se concilier l’Iran, une campagne de boycott contre Israël pourrait être mise en place. Par conséquent, il n’est pas nécessaire qu’Ahmadinejad utilise les armes nucléaires contre Israël, il suffit qu’il menace d’y recourir pour que l’Occident gèle ses relations avec l’État juif jusqu’au à l’abandonner à son destin.

Combien de temps Israël peut-il survivre sans exporter ses produits à l’étranger ou importer du carburant et des pièces détachées pour ses machines ? Comment fera-t-il, si les Etats européens, à la merci du chantage iranien, empêchent l’entrée de ses citoyens en Europe ? Dans un monde où l’Iran s’impose comme puissance nucléaire, une situation de ce type n’a rien d’irréel.

Aujourd’hui, le monde se rend compte du danger iranien et se demande si, à l’avenir, ce n’est pas l’Iran qui dictera les règles de la politique internationale. À Washington, l’embarras est grand et les Américains ont la désagréable sensation que la situation échappe à leur contrôle.

·        L’Afghanistan et le Pakistan sont déchirés par le terrorisme, et les Talibans relèvent de plus en plus la tête.

·        Le Yémen est en train de s’écrouler à cause de l’intervention iranienne dans le coup d’Etat chiite de la région de Saada.

·        Au Liban, cinq mois après les élections, le gouvernement n’a pu être formé qu’après que le Hezbollah ait obtenu le droit de veto, grâce à la pression iranienne.

·        L’Irak a peine à survivre sous l’emprise inexorable de l’Iran.

·        La Turquie est passée dans le camp iranien avec les armes de l’OTAN.

·        Le Soudan est en cours de démantèlement, avec le risque qu’il redevienne le centre du terrorisme international.

·        La Somalie continue d’être une base aussi bien pour les terroristes de l’intérieur que pour les pirates de l’Océan Indien.

·        Gaza reçoit à nouveau des missiles iraniens.

·        La Corée du Nord a repris son projet nucléaire ;

·        et on suppose qu’il existe en Syrie un autre centre nucléaire actif, dont nous ne savons rien.


Il y a trop de régions déstabilisées par l’argent et les armes iraniennes : le monde doit décider s’il laisse l’Iran continuer à agir comme « un boulet de canon incontrôlé » qui bouleverse l’ordre mondial, ou bien s’il tape du poing sur la table en hurlant : « à présent ça suffit ! ».


© Mordechai Kedar 


© Informazione Corretta pour la version italienne.

 

Mis en ligne le 12 novembre 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org