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Droits humains, racisme, antisémitisme, etc.

Le parti pris pris à partie: volée de bois vert pour le Conseil UN des droits de l’homme (Reprise)
29/10/2009

L’excellent Victor Pérez nous invite à "lire, faire suivre et traduire" la remarquable intervention orale du directeur de UN Watch, lors d’une session de 2007 du Conseil des Droits Humains de l’ONU. Je le fais d’autant plus volontiers que j’avais déjà traduit en français et diffusé de mon mieux, à l’époque cette admirable allocution. On en trouvera ci-dessous la teneur, précédée du "chapeau" qui l’équipait à l’époque, et auquel je n’ai rien modifié, tant il est vrai que, comme le remarquait Qohelet (1, 9) : "Il n’y a rien de nouveau sous le soleil". La récente condamnation d’Israël, par le même aréopage, suite au rapport Goldstone, l’illustre bien. « Hillel Neuer ne s’est pas conduit en diplomate, lors de la récente session du Conseil des Droits humains de l’ONU, si mal nommé. Il a eu raison. Il a dit leur fait au président et aux membres de ce comité, qui, quasi unanimement, à l’exception des USA (et d’Israël, bien entendu), se focalisent, à longueur d’année, uniquement sur Israël. Ils s’ingénient à faire de ce pays un repoussoir des droits humains et un paradigme d’Etat-voyou. Par contre, ils ferment les yeux et gardent le silence sur les agissements d’Etats qui eux, foulent aux pieds ces mêmes droits et perpètrent des massacres de masse, dans l’impunité la plus totale, sans encourir le moindre blâme de ce comité. C’est à la lumière de cette situation déshonorante qu’il faut lire la charge, exceptionnelle, dans les sphères feutrées de la diplomatie onusienne, à laquelle s’est livré l’orateur, qui n’a pas hésité à parler de "cauchemar des droits humains" ». (Menahem Macina).
29/10/09
 

Remise en course de ce texte mis en ligne pour la première fois sur notre site, le 27 mars 2007 

Intervention de Hillel Neuer, Directeur de UN Watch,
4ème session du Conseil des Droits Humains de l’ONU,
23 mars 2007


Cliquer sur l’image ci-dessus pour lire la vidéo (en anglais) sur le site de UN Watch

 

Sur le site de Human Watch.

Voir aussi la vidéo du discours de H. Neuer et de la réponse courroucée du président de séance, sur le site littlegreenfootbals.com

 

Traduction française : Menahem Macina, pour upjf.org

Note à l’attention des responsables de sites et blogues : Cet article peut être librement reproduit, sous réserve de la mention - explicite et obligatoire - de son lien :

 

Monsieur le Président,


Il y a six décennies, au lendemain des horreurs nazies, Eléonore Roosevelt, René Cassin et d’autres éminentes personnalités se réunissaient ici, sur les rives du Lac de Genève [1], pour réaffirmer le principe de la dignité humaine. Ils créèrent la Commission pour les Droits de l’Homme [2]. Aujourd’hui, nous demandons : Qu’en est-il de leur noble rêve ?

 

Dans cette session nous avons la réponse. Confronté à des rapports convaincants, en provenance de toutes les parties du monde, de torture, de persécution et de violence envers des femmes, qu’a déclaré le Conseil et qu’a-t-il décidé ? Rien.

 

Sa réponse a été le silence. Sa réponse a été l’indifférence. Sa réponse a été coupable.

 

On pourrait dire, pour reprendre les mots de Harry Truman, qu’il est devenu un Conseil qui ne-fait-rien, et n’est bon-à-rien.

 

Mais ce ne serait inexact. Ce Conseil a, en fin de compte, fait quelque chose.

 

Il a promulgué résolution sur résolution pour condamner un seul Etat : Israël. Dans huit décisions – et il y en aura trois de plus, dans cette session -, le Hamas et le Hezbollah ont bénéficié de l’impunité. Toutes les autres victimes dans le monde – des millions et des millions dans 191 pays – continuent à être ignorées.

 

Donc, oui, ce Conseil fait quelque chose. Et les dictateurs du Moyen-Orient qui orchestrent cette campagne vous diront que c’est une très bonne chose. Et qu’ils s’efforcent de sauvegarder les droits humains, les droits palestiniens.

 

Donc, les meurtriers racistes et violeurs de femmes du Darfour nous disent aussi qu’ils se soucient des droits des femmes palestiniennes ; ceux qui occupent le Tibet se soucient des occupés ; et les massacreurs de musulmans, en Tchétchénie, se soucient des musulmans.

 

Mais ces défenseurs autoproclamés se soucient-ils vraiment des droits des Palestiniens ?

 

Examinons les quelques mois écoulés. Plus de 130 Palestiniens ont été tués par des forces palestiniennes. C’est trois fois le total cumulé des pertes qui ont fourni le prétexte à la convocation de sessions spéciales en juillet et novembre derniers. Pourtant les champions des droits palestiniens — Ahmadinejad, Assad, Khaddafi, John Dugard — ne disent rien. Le petit Salam Balousha, âgé de trois ans, et ses deux frères ont été assassinés dans leur voiture par les forces du Premier Ministre Haniyeh. Pourquoi le Conseil a-t-il choisi de se taire ?

 

Parce qu’Israël ne pouvait pas être accusé de ce forfait. Parce que, en vérité, les dictateurs qui dirigent ce Conseil n’ont cure des Palestiniens ni des droits humains.

 

Ils cherchent à diaboliser la démocratie israélienne, à dénier toute légitimité à l’Etat juif, à faire du peuple juif un bouc émissaire. Ils cherchent autre chose également : à fausser et à pervertir le langage et les idées des droits humains.

 

Vous me direz : qu’est-il arrivé au rêve des fondateurs ?

 

Des mensonges épouvantables en ont fait un cauchemar.

 

Merci, Monsieur le Président.

 

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Luis Alfonso de Alba,

Président du Conseil des Droits Humains de l’ONU

 

Pour la première fois, dans cette assemblée, je n’exprimerai pas de remerciements pour cette déclaration. Je voudrais signaler au distingué représentant de l’organisation, qui vient de s’exprimer, le distingué représentant de United Nations Watch, si vous voulez avoir l’obligeance de m’écouter, que je suis désolé de ne pouvoir vous remercier de votre déclaration. Je tiens à dire que je ne tolérerai aucune déclaration de ce genre dans le Conseil. La manière dont il a été fait référence à des membres de ce Conseil, et au Conseil lui-même, est inadmissible. En mémoire des personnes que vous avez évoquées, les fondateurs de la Commission des Droits de l’Homme, je vous conseille vivement de faire preuve, dans toutes vos futures déclarations, d’un minimum de correction en matière de comportement et de langage. Faute de quoi, toute déclaration émise par vous sur un ton semblable à celui d’aujourd’hui sera supprimée des protocoles.

 

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Notes du traducteur

 

[1] Rappelons que ce UN Human Rights Council a son siège à Genève.

[2] Créé en juin 2006 pour remplacer la Commission des Droits de l’Homme, discréditée tant pour son inefficacité que pour son parti pris, ce Conseil s’est vite avéré aussi inadéquat, voire pire. Un constat, parmi des dizaines d’autres tout aussi sévères : « Comme aux pires moments de la défunte Commission, dont le Conseil est censé pallier les carences et remédier aux excès, une majorité automatique et de blocage impose sa loi et n’en fait qu’à sa guise […] Le Conseil nouvelle mode, des droits de l’homme aux Nations unies s’ingénie à prendre le relais des dérives qui ont fait sombrer la Commission, en empruntant la même voie perverse de l’instrumentalisation au profit d’intérêts politiques. Déjà diluées par une fragmentation dans le temps, ses activités s’installent dans la routine onusienne, en gâchant les occasions pour s’enliser dans le déclamatoire et enrichir les dossiers sur les étagères. » (Reporters Sans Frontières, 12 août 2006).

 

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Mis en ligne le 28 mars 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org

 

Remis en ligne le 29 octobre 2009