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Israël a joué avec le feu, Sabine Verhest (entretien avec Charles Enderlin)
28/10/2009

Géniale "journaliste" ! Tous les problèmes de la région et du monde avec le Hamas sont de la faute d’Israël. Ben voyons ! Z’avaient qu’à pas, en son temps, jouer Hamas contre Fatah d’Arafat (Cette dame doit retourner aux études : ce n’est pas la première fois que ce qui était manœuvre politique dictée par les circonstances s’avère ensuite contreproductif, voire catastrophique). Z’ont qu’à pas attaquer ces pauvres "militants" du mouvement islamique, assiégés et persécutés par la monstrueuse Armée de Défense d’Israël, et qui font ce qu’ils peuvent pour se défendre. Et pis, de toute façon Israël a tort ! (bis, ter, quater, etc.). Mais, j’y songe : est-ce à cette Sabine qu’il faut s’en prendre, ou au grand Charles, l’omniscient prophète d’analyses rétrospectives, dans le genre "y’avait qu’à pas", "y’aurait qu’à pus", etc. ? (Menahem Macina).

28/10/09
Charles Enderlin montre comment Israël a soutenu l’islamisme à Gaza. Territorial et politique, le conflit au Proche-Orient est aujourd’hui religieux.

La Libre Belgique


Entretien


Le conflit israélo-palestinien était "politique et territorial", il "est en train de devenir religieux". Le journaliste Charles Enderlin, correspondant de France 2 à Jérusalem, lance un "SOS" à une communauté internationale qu’il juge dénuée de courage : il est urgent d’organiser une conférence de paix, comme elle l’avait fait pour l’ex-Yougoslavie, dit-il. Avant le point de non-retour. "Personne n’arrivera à faire la synthèse entre la Torah et le Coran. Mais trouver des compromis politiques et territoriaux entre Israéliens et Palestiniens est encore possible." D’autant "qu’on (en) connaît parfaitement tous les paramètres".

Toujours plus religieux, attisé par les islamistes d’une part et le mouvement messianique de l’autre, le conflit se révèle "de moins en moins solvable" [*]. La faute à "Yasser Arafat qui n’a compris que trop tard que le Hamas, avec ses attentats anti-israéliens, torpillait le processus qui devait lui permettre d’arriver un jour à un Etat". Mais la faute aux Israéliens aussi, qui ont encouragé le développement de l’islam fondamentaliste à Gaza à une époque où les Américains finançaient les moudjahidine afghans. S’appuyant sur des témoignages et des documents de première main, Charles Enderlin l’a très bien décrypté dans son dernier ouvrage, "Le grand aveuglement" (Albin Michel).

Quelques personnes seulement, comme Avner Cohen ou le général Segev, avaient compris la stratégie d’islamisation de Gaza entreprise dès les années 70 par le cheikh Yassine, explique le journaliste, de passage à Bruxelles mardi. "Lorsque Israël occupe la bande de Gaza, en 1967, ce territoire n’est pas du tout islamisé, la gauche palestinienne tient le haut du pavé. Les ennemis sont, en cette période de grands attentats et détournements d’avion, l’OLP, le Fatah et Yasser Arafat", rappelle-t-il. "C’est alors que se présente le cheikh paraplégique" avec sa volonté de créer une association, la Moujamma al-Islami (une branche des Frères musulmans) pour "faire du social et prier". Yassine et Israël ont des ennemis communs : l’OLP et l’Egyptien Gamal Abdel Nasser. Si bien que le bâtiment des Frères musulmans à Gaza sera inauguré en 1973 en présence du gouverneur militaire !

"Les services de sécurité et de renseignements militaires israéliens ont des problèmes de personnel, les moyens ne sont pas mis à leur disposition pour, par exemple, traduire les prêches dans les mosquées ou faire des analyses sérieuses sur la théologie des Frères musulmans." L’officier responsable de la religion dans l’administration militaire de Gaza, Avner Cohen, originaire de Tunisie et arabisant, avertit ses autorités du danger. En vain. Yassine asseoit son emprise sur Gaza, malgré une condamnation à 15 ans qu’il ne passera de toute façon pas derrière les barreaux.

"Dans les années 80, la violence intrapalestinienne fait rage à Gaza, les islamistes incendient les cinémas, détruisent les cafés où l’on vendait encore de l’alcool, empêchent des scènes de joie et des danses du ventre à des mariages. C’est une époque aussi où Gaza n’intéresse pas Israël", explique Charles Enderlin. Le gouvernement ne juge pas nécessaire d’y investir dans le développement socio-économiquement et classe verticalement le rapport "Gaza 2000" du général Segev, qui y prônait la création d’hôpitaux, de salles de classe, d’emplois, etc. pour en céder l’autonomie aux Palestiniens comme prévu par les accords de Camp David. "Menahem Begin voulait annexer Gaza et son idée était : moins il y aura de développement à Gaza, plus ils partiront." Erreur. Non seulement la démographie s’y révèle galopante, mais en plus les jeunes sans espoir se lancent dans la première Intifada. "La Moujamma al-Islami devient le Hamas, et c’est l’affrontement avec Israël qui dure encore jusqu’à maintenant."

Le mouvement terroriste se développe d’autant mieux dans les années 2000 qu’Ariel Sharon, qui avait "une véritable obsession pour Yasser Arafat", s’évertue à riposter aux attentats du Hamas "presque exclusivement" contre le raïs palestinien et l’OLP "qui s’en trouvent très affaiblis". Le Premier ministre de l’époque évacue Gaza, sachant pertinemment que le territoire tomberait tôt ou tard aux mains du Hamas. "Comme l’avait dit le chef de cabinet d’Ariel Sharon, ce retrait était destiné à placer au congélateur pour des générations le processus de négociation et à renforcer l’emprise d’Israël sur la Cisjordanie." Ariel Sharon "était persuadé que, le conflit étant fondamentalement religieux, il n’y avait pas de solution possible", relate Charles Enderlin.

Le processus de paix, qui butte sur la colonisation, est aujourd’hui au point mort. "Les Américains vont-ils se retrousser les manches sérieusement ? C’est à espérer, parce qu’on est dans une véritable impasse et que les impasses au Proche-Orient sont très mauvaises pour la santé de toute la région." Voire du monde.

 

Sabine Verhest

 

© La Libre Belgique

 

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Note de Menahem Macina

 

[*] J’espère, pour l’honneur de Môssieur Enderlin, que cette faute grossière est imputable à la journaliste et non à son maître ès "aldurie", fraîchement légionné d’honneur. En effet, un conflit n’est pas une entreprise ou une personne dont il faut vérifier la fiabilité financière ; on ne peut donc pas dire qu’il est "solvable" ou "insolvable". A l’instar d’une situation difficile, il est tout simplement "soluble" ou "insoluble". Par ailleurs, l’honnêteté m’oblige à avouer que le néologisme "aldurie" (par allusion à l’affaire al-Dura, dont Enderlin fut et est toujours l’agent disséminateur) n’est pas de moi. Il m’a été soufflé, en ces termes, par l’internaute qui m’a signalé cet article : « Le Hamas a été créé par Israël. Comment appeler cela ? - "aldurisation" du journalisme ? ». - Pas mal, non ?

 

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© upjf.org

 


[Article aimablement signalé par M. Landau.]

 

Mis en ligne le 28 octobre 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org