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Iran

Nucléaire iranien: trois scenarii pour l’avenir, Alexandre Delvalle
27/10/2009

27/10/09Sur le Blogue de l’auteur, 26 octobre 2009

Au lendemain de la visite des inspecteurs de l’AIEA en Iran, le régime des Mollahs poursuit sa politique de la stratégie de l’attente...

Depuis la découverte, au sud de Qom, d’un nouveau site d’enrichissement d’uranium, l’accès de la République islamique iranienne au statut de puissance atomique militaire semble inéluctable. Certes, le régime des Mollahs certifie que son programme nucléaire est civil, mais il refuse de donner des garanties aux Six (Etats-Unis, Russie, Chine, GB, France, Allemagne) et à l’Agence Internationale de l’Energie Atomique, impliqués dans les négociations.

Afin de gagner du temps, Téhéran a accepté les rencontres des 1er et 24 octobre, puis les visites d’inspecteurs de l’AIEA. Vendredi dernier, à Vienne, celle-ci a proposé à Téhéran de transférer à la Russie 1.200 kilos d’uranium faiblement enrichi (à 3,5%) contre de l’uranium enrichi à 20% en Russie (avec le concours de la France). 70% du stock iranien serait ainsi neutralisé et Téhéran disposerait alors de trop peu de minerai pour obtenir l’uranium à 90% nécessaire à la bombe. Mais Téhéran a retardé sa réponse au milieu de cette semaine au lieu de vendredi dernier.

Sanctions introuvables ou comment convaincre Moscou et Pékin…

l’Iran feint d’accepter le dialogue pour éviter de nouvelles sanctions occidentales, la plus grave étant celle de l’embargo sur le carburant, susceptible de paralyser les transports et les centrales thermiques iraniennes. Téhéran tente également de diviser les Six : Rappelons que la Chine fournit à l’Iran 1/3 de son essence, ce qui rend vain l’embargo sur les carburants, et que la Russie voit dans l’Iran un débouché pour son industrie nucléaire civile, militaire, et aéronautique. Moscou et Pékin sont d’ailleurs des alliés de l’Iran au sein de l’Organisation de la Conférence de Shanghai, créée en 2001 pour contrer l’hégémonie américaine en Eurasie.

Scénarii pour l’avenir et réaction israélienne


Scénario 1 : Téhéran se plie au plan des Six et de l’AIEA. La stratégie de l’attente se poursuit.

Scénario 2 : éviction d’Ahmadinejad par des Mollahs plus « raisonnables » qui feront accepter le nucléaire iranien militaire plus tard en échange d’une normalisation des relations avec l’Occident.

Scénario 3 : Ahmadinejad, disciple de l’Ayatollah Yazdi, idéologue de la guerre apocalyptique chiite, achève le programme nucléaire militaire après avoir berné l’AIEA. Alors Israël, qui ne peut pas se permettre ce luxe, contrairement aux Occidentaux, déjà résignés, procède à des frappes aériennes ciblées. Dans tous les cas, le programme nucléaire iranien n’est que retardé et la boîte de pandore de la prolifération est ouverte: l’Arabie Saoudite, la Turquie et l’Egypte n’attendent que ce prétexte pour lancer leur propre programme nucléaire militaire.


Alexandre Delvalle *

 

* Alexandre del Valle est géopolitologue, auteur de nombreux articles et ouvrages dont "Le Totalitarisme Islamiste" et "Le Dilemme Turc" parus aux éditions des Syrtes.


Mis en ligne le 27 octobre 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org