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Éditorialistes

B.H. Levy: «Je suis aujourd’hui plus inquiet pour le peuple juif et Israël que je ne l’ai jamais été
21/10/2009

La prose incisive et sage de BHL me console des propos désolants et hostiles de J. Attali [*]

[*] Voir: Assaf Uni, "Jacques Attali, « le Réparateur »". 

21/10/09


C’est sur un ton plutôt alarmiste que le philosophe Bernard-Henri Levy (BHL) a ouvert son discours, mercredi matin, à la Conférence du président, "Facing Tomorrow".

Consacré au thème "Turning Crises into Opportunity" (Transformer les crises en opportunités), BHL figurait parmi les cinq prestigieux intervenants du premier panel de discussion de la conférence, organisée à Jérusalem.

Faisant immédiatement référence aux propos controversés de Jacques Attali dans une interview avec Haaretz, publiée vendredi 16 octobre, dans laquelle l’ancien conseiller de François Mitterrand nie en bloc le moindre sentiment antisémite en France - ce qui lui a valu une pluie de critiques, notamment de la part de la communauté française -, Bernard-Henri Levy a d’abord choisi de revenir sur l’état actuel de la haine des Juifs en France : « Un virus qui prend aujourd’hui une nouvelle forme », selon lui, celle de « la haine, et parfois même, de la diabolisation d’Israël ».

Manifestations récurrentes d’un antisionisme féroce dans l’Hexagone, présence d’un ennemi dont « le seul programme reste l’annihilation pure et simple » de l’Etat hébreu [...] « La riposte appropriée doit être double », poursuit BHL.

D’une part, il s’agit de « ne jamais renoncer, sous aucun prétexte, au principe de supériorité militaire stratégique d’Israël ».

De l’autre, la classe politique israélienne doit se montrer à la hauteur du formidable « souffle du peuple juif ». Il faut donc agir au lieu de « dialoguer », remplacer le « processus » par « l’événement ». « Je rêve d’une grande conférence à Jérusalem, pas à Washington ni à Paris. En présence des autorités israéliennes, de leurs alliés occidentaux et des représentants du monde arabe, venus rendre publique une offre claire de paix », ajoute le philosophe. Et de préciser : « Il n’y a, à mes yeux, qu’un seul homme capable de remplir cette mission : Shimon Peres ».

Enfin, dans la foulée du rapport Goldstone et d’un nouveau regain de tension entre Jérusalem et la communauté internationale, c’est avec un soutien annoncé à l’armée israélienne que le philosophe a conclu son discours :

« J’étais avec l’armée israélienne il y a trois ans au Liban. J’ai même fait partie des rares personnes qui ont pu les accompagner exceptionnellement dans la bande de Gaza [pendant l’opération Plomb durci]. J’ai constaté ce souci moral d’éviter les civils... Et ce souci est aujourd’hui encore plus vivace que jamais. »

Egalement venu s’exprimer mercredi matin : le haut-représentant des Affaires étrangères de l’Union Européenne (UE), Javier Solana. Evoquant sa rencontre, la veille, avec le Premier ministre, Binyamin Netanyahou, ainsi que ses voyages réguliers dans la région – « presque tous les mois » -, Solana a souhaité d’abord souligner l’urgence des débats internationaux sur le réchauffement climatique. Un débat qui concerne aussi le Proche-Orient, et plus particulièrement Israël dont le développement d’énergies alternatives figurait parmi les principaux sujets de discussion avec [le Premier Ministre, Binyamin] Netanyahou, cette semaine.

Autre priorité incontournable : l’Iran. « Nous ne tolérerons pas un Iran nucléaire », a-t-il déclaré avec vigueur, sous une salve d’applaudissements. Quant aux relations privilégiées entre l’UE et l’Etat hébreu, elles sont plus que cela, selon Solana. Elles sont « uniques ».

« Aucun pays en-dehors de l’UE ne jouit des mêmes relations que celles qui existent entre Israël et l’Europe... Sans être membre de ses institutions, Israël est parfaitement membre de l’Union européenne », a-t-il conclu.

Organisée pendant deux jours au Palais des Congrès à Jérusalem, la conférence du Président accueille cette année plusieurs intervenants francophones, dont notamment Jacques Attali et Claude Lanzmann, venus respectivement s’exprimer au sujet de la globalisation et de la culture de demain.

 

Anica Pommeray


© Jerusalem Post en français

 

[Article aimablement signalé par Giora Hod, Israël.]

 

Mis en ligne le 21 octobre 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org