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Polémiques

Jacques Attali, "le Réparateur", par Assaf Uni
23/10/2009

Philippe Karsenty attire mon attention sur cet article de "Haaretz" [*]. Je l’en remercie. Il se focalise avec véhémence sur le déni de l’antisémitisme en France, exprimé rageusement par Attali, en termes choisis : «Foutaises! Mensonges!»… Mais pour comprendre – si tant est que ce soit possible – la vision du monde de ce Monsieur, il est indispensable de lire l’intégralité de l’interview qui suit. Jacques Attali est une institution à lui tout seul. Il hante, depuis des décennies, les allées du pouvoir en France. Il a tribune dans maints quotidiens et revue. On le voit souvent sur les plateaux de télévision, dissertant de mille choses et surtout d’économie et de finance, ses spécialités, avec une autorité tranchante et un brin arrogante, dont j’ai mis en ligne un échantillon au début de l’année [**]. Bref, le personnage – au demeurant considérable - est souvent irritant. Mais ce qui m’insupporte le plus, personnellement, c’est le rôle d’arbitre des élégances qu’il s’est arrogé en matière de judaïsme et d’israélité. Sa thèse principale – qu’il martèle ad nauseam - c’est que « l’Etat moderne d’Israël n’a rien à voir avec l’identité juive ». Attali qui sait, lui, ce qu’est le judaïsme et ce qui est bon pour lui, déverse dans cet article ses recettes de perlimpinpin eugéniques et démographiques, qu’on me permettra de trouver incongrues, voire extravagantes. Les princes des nations raffolent des "Juifs de premier plan", qui corroborent leurs exigences à l’égard d’Israël. Obama a son Emmanuel Rahm, qui le pousse à « violer Israël », prions le ciel qu’Attali ne soit pas le Rahm du président français. (Menahem Macina).

[*] "Philippe Karsenty rompt des lances avec les empêcheurs de faire la vérité sur l’affaire Al-Dura" ; Jacques Attali: "Israël n’est pas le peuple juif" (11 mars 2009).
21/10/09

Haaretz, 21 octobre 2009

Texte original anglais : "The Fixer"

Traduction française : Menahem Macina, pour upjf.org

 

Note à l’attention des responsables de sites et blogues : Cet article peut être librement reproduit, sous réserve de la mention - explicite et obligatoire - de son lien : http://www.upjf.org/contributeurs-specialises/article-17311-145-7-jacques-attali-reparateur-assaf-uni.html 

 

 

 

Jacques Attali en a plein le dos d’entendre parler d’antisémitisme en France.

« On peut parler de choses plus importantes que de mon avis sur un problème inexistant »,

m’a-t-il dit, la semaine dernière, au cours d’une interview réalisée au siège social de son cabinet de consultants. 

Attali, économiste et écrivain prolifique, qui a tribune chaque semaine dans nombre d’organes de presse, a été le conseiller le plus écouté de celui qui fut peut-être le plus important président français, François Mitterrand. Aujourd’hui il est président de la plus grande organisation non gouvernementale (ONG) de micro-crédit du monde. Attali, Juif né en Algérie, est venu en France avec sa famille à l’âge de 12 ans. La semaine prochaine, il participera, à Jérusalem, à la seconde Conférence Israélienne  du Président : "Affronter l’avenir". Il affirme que toute cette rumeur sur l’antisémitisme en France, est une dangereuse propagande – qui pourrait bien être organisée par Israël.

N’y a-t-il aucun problème d’antisémitisme en France ?

« Zéro ! Il n’y a rien de tel. C’est un mensonge. Un pur mensonge. C’est faux. Il a quelques antisémites bien connus, mais ce n’est pas un problème national. »

Il y a un mouvement d’immigration de Juifs français vers Israël, et beaucoup d’entre eux disent que c’est dû à l’ambiance antisémite.

« Je pense que ce n’est pas vrai. Je crois que c’est de la propagande, de la propagande israélienne. »

Mais les chiffres ne le prouvent-ils pas ?

« Il y des Juifs français qui passent deux semaines de vacances à Tel-Aviv, puis ils reviennent à Paris ou ailleurs. Il y des Juifs français qui achètent des appartements en Israël, comme les Anglais achètent des appartements dans le sud de la France : pour les vacances. Ces dix dernières années, Israël s’est mis à prendre ses désirs pour des réalités, à savoir, que la situation en France est désastreuse et que les gens émigrent en Israël. C’est une propagande très dangereuse que de faire croire que la situation en France est terrible. C’est ridicule ! Je suis un exemple du fait que ce n’est pas vrai. Je suis parti de rien et j’ai prospéré dans le monde entier et aussi en France. La France a la plus moderne communauté juive et la plus moderne communauté arabe et musulmane. Il est absolument crucial que les relations entre Juifs et Arabes en France soient un succès. Il est crucial pour Israël et pour le monde entier que les deux communautés s’entendent. Ces relations ont une importance stratégique : si elles ne peuvent vivre en harmonie ici, elles ne pourront vivre en harmonie nulle part. »

Mais pour le moment, la situation ne semble guère prometteuse.

« Ce n’est pas vrai. Il y a beaucoup de discussions. Bien entendu, il y a des querelles, mais il y a beaucoup de rencontres et de discussions. »

Oui, mais c’est au niveau politique, pas au niveau de la rue. Vous et moi n’oserions pas circuler dans certaines banlieues de Paris, avec une kippa, à cause du danger, même dans le métro.

« Cela se peut, mais personne ne m’a jamais dit qu’il le font. »

Ne croyez-vous pas qu’il y a un problème d’antisémitisme dans la communauté musulmane en France ?

« Absolument pas. Ils sont absolument déterminés à éviter cela n’importe où et n’importe quand. Bien sûr, ils sont opposés à l’agir d’Israël dans les territoires. Bien entendu, on ne peut pas dire qu’il n’y a pas le moindre problème. Vous trouvez toujours des dingues dans toutes les couches de la société. Mais ce n’est pas un problème politique ; il n’est pas en augmentation, et en fait, il n’existe pas. Si vous regardez les chiffres, vous ne pouvez pas le prouver. »

Bien sûr que si. Durant l’opération « Coulée de Plomb », à Gaza, des cocktails Molotov ont été lancés contre des synagogues et des institutions juives en France et des graffitis antisémites ont été tagués sur les murs. Le nombre d’incidents antisémites a été multiplié par trois, selon les statistiques du Congrès Juif Européen.

« Ecoutez », interrompt Attali, « Je ne suis pas ici pour défendre la France. Je suis ici pour vous donner mon opinion. Ce sont des foutaises, des incidents insignifiants, des mensonges. Ce n’est pas de cela que vous et moi devrions parler. Je suis déçu. Nous devrions parler de questions plus larges. Il y a des sujets de discussion plus importants que mes opinions sur un problème qui n’existe pas. Vous êtes un journaliste israélien et toutes vos questions tournent autour de ça ! »

C’est seulement une partie des questions.

« Mais c’est un problème inexistant. Je vous le dis tout net : je suis déçu de parler d’une caricature de la France. Je ne suis pas ici pour défendre la France. »

La mère de Ilan Halimi m’a dit que la raison pour laquelle son fils avait été tué était que personne ne croyait qu’il y a de l’antisémitisme dans les banlieues.

« Par respect pour elle, je ne veux pas faire de commentaire sur ce qu’elle a dit, du fait de son chagrin. »

 

Jacques Attali est né dans une famille juive d’Alger en 1943. Ils vivaient dans une sorte d’enclave française, dit-il.

« Il n’y a jamais eu un musulman dans ma classe. Je sais qu’il y en a qui ne seront pas d’accord avec moi, mais l’Algérie, quand j’y vivais, était un pur [régime d’] apartheid. »

Son père, un prospère marchand de parfums, et sa mère parlaient l’arabe comme on le faisait dans leurs familles.

« Mais, à la maison, nous ne parlions que le français – ils refusaient de nous laisser parler l’arabe – par idéal de progrès social. »

En 1956, avant même que la guerre pour l’indépendance de l’Algérie ne s’aggrave jusqu’au niveau de violence qu’elle devait atteindre par la suite, son père décida de faire partir sa famille à Paris. Le désir de promotion sociale mit Jacques – et, dans une large mesure, également son frère jumeau, Bernard (ancien président d’Air France et d’Air Canada) - sur la voie rapide du succès. Attali parle six langues et a quatre diplômes universitaires délivrés par des institutions d’enseignement parmi les plus prestigieuses de France. Il a dit un jour que d’ordinaire, il aurait fallu 21 ans pour obtenir ces diplômes, « mais je l’ai fait en sept ans ».

Il était jeune quand il entra dans l’équipe du dirigeant du Parti Socialiste, François Mitterrand. Il le suivit à l’Elysée, en 1981, devenant le conseiller tout-puissant du Président français, durant une décennie. Quiconque était reçu par Mitterrand devait obligatoirement traverser le bureau de Jacques Attali, et le président célébrait son activité et son esprit créatif : « Sur 10 de ses idées, j’en prends une », dit un jour Mitterrand.

« J’ai été à ses côtés pendant plus de dix ans », dit Attali. « Il ne se passait pas un jour sans que nous nous parlions ou nous rencontrions. »

Vous manque-t-il ?

« Oui, bien sûr. J’étais très proche de mon père, il n’était donc pas un substitut paternel, mais nous avions une relation spéciale. »

Ce n’est qu’après la mort de Mitterrand, en 1996, qu’Attali avoua qu’il avait été déçu par le refus du président d’aborder le passé de la France durant la Seconde Guerre mondiale, notamment son attitude à l’égard de sa population juive, et le passé de Mitterrand lui-même en tant que fonctionnaire dans l’administration de Vichy, un aspect de sa biographie que le président avait essayé de cacher.

Mitterrand, dit Attali, s’est beaucoup intéressé au judaïsme, et [selon Attali] ils parlaient souvent de sujets juifs.

« Il [Mitterrand] disait : "les seuls Juifs que je n’aime pas sont ceux qui ne se rendent pas compte quelle bénédiction c’est d’être né Juif." Un jour, durant un vol en avion, tous ses conseillers voulaient parler de certaines questions stratégiques, mais lui voulait parler du coût du caveau de la Machpela et de toute l’histoire à propos du prêt [prix de la concession funéraire ? NdT.] payé par Abraham. Nous en avons discuté durant deux heures. »

Attali, qui a rédigé une biographie du défunt président français, l’a appelé « le dernier roi de France ».

Il faisait partie de l’administration française quand le Rideau de Fer tomba. En 1991, il fut l’initiateur et le fondateur de la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement, qui avait entrepris de créer des économies de marché en Europe de l’Est après l’effondrement du régime communiste, que ce soit par des investissements dans le marché privé et un encouragement à la privatisation gouvernementale, ou par le biais de l’éducation à une économie de marché libre. Attali est passé du socialisme de ses jeunes années à la social-démocratie, qui a fait de lui l’homme censé propager le capitalisme dans tout l’ancien empire soviétique. Cependant, deux ans après sa nomination comme président de la banque, il démissionna pour cause de disgrâce suite à des décisions financières bizarres prises par lui. La banque fut l’objet de critiques pour gaspillage, tel le remplacement du marbre du salon de son siège social, pour un coût d’un million d’euros.

Plus récemment, Attali est devenu l’une des nombreuses anciennes personnalités de gauche à travailler avec le président Nicolas Sarkozy, en tant que directeur du Comité qui a rédigé un plan de réforme pour la distribution de l’aide internationale. Durant les dernières décennies, Attali a travaillé activement au sein d’ONG qui luttent contre la faim en Afrique et la pauvreté dans le monde entier. Le lustre de cette activité a toutefois été terni par la procédure pénale à son encontre (avec 41 autres accusés appartenant à l’élite politique française), dans l’affaire intitulée "Angolagate". Attali est accusé d’avoir soutenu une société appartenant à Pierre Falcone et Arcadi Gaydamak – qui est suspectée d’avoir trempé dans un commerce d’armes illégales avec l’Angola ; Attali nie totalement son implication dans cette affaire, et l’accusation ne requiert pas de peine de prison. Le verdict est attendu pour la fin de ce mois.

Attali a publié 49 livres, dont des discussions sur la politique de la musique, une biographie de Karl Marx, des livres pour enfants, des articles d’économie, des pièces de théâtre et des poèmes. Son site Internet (également disponible en anglais: www.attali.com) ressemble au site d’une petite société d’édition. L’an dernier, Attali était le 89e des 100 plus influents intellectuels dans le monde, de la liste Prévision et Politique Etrangère [Foreign Policy/Prospect].

Aux yeux d’Attali, la mégalomanie n’est pas un vilain mot.

« J’estime qu’il y a trois qualités dont les gens croient qu’elles sont des faiblesses, mais que je considère comme des pouvoirs : l’hypocondrie, la paranoïa et la mégalomanie », dit Attali dans un sourire.

Par la suite, il expliquera qu’au niveau personnel, sa famille l’aide à contrôler sa mégalomanie, et que la lucidité sur soi même et l’humour sont également importants.

Et Attali d’appliquer ces considérations à Israël.

« Tous les trois [qualités/défauts] sont extrêmement nécessaires si l’on veut survivre. Et en tant que Juifs, nous sommes tous paranoïaques. Et c’est une bonne chose, tant que cela ne vire pas à la folie. C’est utile. »

N’est-ce pas une des conclusions inquiétantes de l’Opération "Coulée de Plomb" – que des Palestiniens innocents aient été tués au nom de la paranoïa israélienne ?

« La paranoïa est une bonne chose quand elle a des limites. Le véritable risque pour Israël, aujourd’hui, est d’être contaminé par [les valeurs de] ses ennemis. Le vrai danger est dû au fait que les ennemis d’Israël doivent détruire ses valeurs morales pour triompher. Quand vous avez des ennemis qui ne respectent pas les règles du jeu, vous êtes forcés de renoncer à vos normes morales, et c’est là le véritable danger. Le fait qu’Israël soit une nation morale dans une région sauvage et dénuée de moralité peut mener à une situation dans laquelle il sombre au niveau de ses ennemis. »

Il semble y avoir, en Israël, le sentiment qu’il est difficile d’être Israélien en ce moment : il se peut que l’Iran soit en train de développer des armes nucléaires, le rapport Goldstone jette un doute sur l’armée israélienne et Obama fait pression sur Israël avec le soutien de l’Europe. Comment voit-on les choses, à partir de l’Europe ?

« Eh bien, d’abord, je tiens à préciser dire que je ne représente que moi-même. Si vous voulez savoir ce que les gens pensent en France, allez dans la rue et interrogez quelqu’un. Je suis un nomade qui parcourt le monde entier. Je dois dire qu’il n’a jamais été facile d’être Juif. Et de même, il n’allait pas être facile d’être un Etat juif. Je ne considère pas cette période comme plus difficile que ce à quoi Israël a dû faire face dans les années 1960 ou 1970. Dans chacune de ces décennies vous trouverez des problèmes beaucoup plus graves que ceux d’aujourd’hui. »

Et Attali de poursuivre :

« Israël est [un fait] presque irréversible. Il faudrait une catastrophe mondiale pour faire disparaître Israël, et je ne crois pas que cela arrive. Mais le fait que c’est impossible ne signifie pas que nous ne devions pas être très prudents et vigilants, et ne pas user de ce que les Anglais appellent une "profonde intelligence" concernant nos ennemis. Je ne vois qu’un seul vrai problème : Israël est-il encore Israël ? C’est une question juive fort bien connue : Israël existe-t-il, a-t-il jamais existé en tant qu’utopie ? En tant que nation sioniste, oui, mais est-ce qu’Israël correspond à l’idée que s’en faisait l’histoire juive ? Et si Israël est seulement une idée sioniste, est-il une nation comme n’importe quelle autre ? »

Pensez-vous que le conflit israélo-palestinien sème la discorde entre la diaspora juive et les Israéliens ?

« Le véritable problème est la menace de la disparition des communautés juives à l’étranger, et non l’existence d’Israël. Un point stratégique à propos de la survie d’Israël – évident à mes yeux, mais dont personne ne veut discuter – est qu’Israël a besoin de Juifs dans le monde entier pour survivre, non seulement pour des raisons de démographie, mais aussi pour des raisons économiques liées à la mondialisation. Mais Israël a une très mauvaise compréhension stratégique de ce qu’est un Juif. Tant que l’on dit que le Juif se définit par la halakha [loi religieuse juive], la tendance actuelle – mariages mixtes, assimilation – se terminera par la destruction du peuple juif. 

La survie d’Israël nécessite l’existence de 200 millions de Juifs dans le monde entier, ce qui signifie que c’est un problème de conversion. Cette question n’est pas sérieusement traitée. Nous devrions avoir une définition beaucoup plus large de qui est Juif et de la conversion volontaire. Nous devrions accepter quiconque a un parent juif ou a été élevé dans une famille juive et qui veut vivre en Juif. Et si l’on applique la Loi du Retour à des gens dont la judéité est faible, cela changera beaucoup la face des choses. »

Mais pourquoi est-il important d’avoir une forte diaspora ?

« Si nous ne sommes pas capables d’essayer de la préserver, la totalité de la communauté juive disparaîtra. Dans le monde d’aujourd’hui, elle est une composante de l’économie mondiale. La France a trois millions de nationaux qui vivent à l’étranger, la Chine en a 100 millions. Cela confère un avantage. C’est également essentiel pour Israël sur le plan démographique. »


Tout cela fait partie de son implication dans le micro-crédit, une méthode élaborée par le lauréat du Prix Nobel de la Paix, Muhammad Yunus, pour générer de petits prêts en vue de développer des entreprises ou de créer des revenus pour les pauvres du monde entier. PlaNet Finances, l’organisation sans but lucratif dont Attali est président, opère dans 80 pays et rencontre un énorme succès, dit-il. Elle sera bientôt en Israël, en association avec l’organisation Latet (donner). Yunus est président du conseil d’administration.

« Microfinance », dit Attali, « est liée à ma vision juive du monde. Comme vous le savez, selon la pensée juive, le monde nous a été donné dans un état imparfait, et toute l’idée du tikkun olam est que nous devons réparer l’imperfection du monde. La plus grande imperfection dans le monde d’aujourd’hui est la pauvreté, et je passe une grande partie de mon temps à essayer d’y porter remède. Aider les gens à sortir de la pauvreté est la tâche la plus importante aujourd’hui, bien plus que l’écologie. Dans le judaïsme, il y a huit degrés de tsedakah [charité] – le plus bas est de donner pour se montrer, le septième est de consentir un prêt à un homme pauvre pour qu’il puisse démarrer une affaire – c’est de la micro-finance. Le huitième consiste à prendre une personne pauvre comme partenaire dans votre entreprise. Je suis le septième degré. »

Combien d’heures par nuit dormez-vous ?

« Trois heures. »

C’est tout ?

« Quand des gens me demandent cela, je réponds que la qualité ne dépend pas de la quantité. »

Cela peut être bon pour le travail, mais pas pour un besoin physique comme le sommeil.

« En fait, ces jours-ci, je dors quatre heures. »

D’où vous vient toute cette activité: les dizaines de livres, les chroniques hebdomadaires, les projets internationaux ?

« D’abord, je ne sais pas. Mais si je n’avais pas de lecteurs, je ne continuerais pas. Si mes premiers livres n’avaient pas été des succès, je ne suis pas sûr que j’aurais continué. J’ai un moteur interne. J’ai 21 manuscrits, à différents stades [d’avancement], dans mon ordinateur. »

Donc, votre conception du monde c’est le "tikkun olam".

« C’est mégalomaniaque de dire ça. »

Mais vous avez dit que [la mégalomanie] était une bonne qualité.

« Dans certaines limites, et avec suffisamment d’auto-ironie. Mes deux enfants m’aident bien à garder le contrôle de cela. »

 

Jacques Attali, interviewé par Assaf Uni

 

© Haaretz

 

Mis en ligne le 21 octobre 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org