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Parti pris pro-palestinien

Les certitudes de la culpabilité d’Israël à Gaza ont été émises bien avant la mission d’enquête
18/10/2009

Il m’a paru utile de traduire cette libre opinion de l’ambassadeur d’Israël en Irlande, S.E. Zion Evrony. Elle dit, au plan politique et diplomatique, ce que le Colonel Richard Kemp dit, au plan militaire [*]. En outre, on en apprend, avec frustration et scandale, sous quel prétexte la mission d’établissement des faits de la guerre de Gaza, dirigée par le juge Goldstone, a décidé de ne pas auditionner cet expert de la guerre antiterroriste en zone urbaine (spécialement en Afghanistan). (Menahem Macina).
 [*] Voir : "Un ancien commandant de l’armée britannique défend le comportement de Tsahal à Gaza" (17 octobre 2009) ; Colonel Kemp, "Le droit international et les opérations militaires sur le terrain" (18 juillet 2009) ; "Colonel Richard Kemp, à propos des pertes civiles résultant de la guerre d’Israël contre le Hamas" (9 janvier 2009).

 

18/10/09

 

The Irish Independent, 10 octobre 2009.


Texte original anglais : "Conclusions about Israel’s guilt in Gaza were voiced well in advance of a ’fact-finding’ mission".


Traduction française : Menahem Macina, pour upjf.org


Note à l’attention des responsables de sites et blogues : Cet article peut être librement reproduit, sous réserve de la mention - explicite et obligatoire - de son lien : http://www.upjf.org/contributeurs-specialises/article-17303-145-7-certitudes-culpabilite-disrael-gaza-ont-ete-emises-bien-avant-mission-denquete-z.html

 

Parlant, en janvier dernier, devant la Commission conjointe des Affaires étrangères du Parlement de la République d’Irlande, je posai la question suivante :

« Que feriez-vous si l’Irlande se trouvait dans une situation comparable à celle d’Israël, fin 2008, après huit années d’attaques de missiles et d’obus de mortier contre ses communautés du sud, lancées à partir de la ville de Gaza contrôlée par le Hamas ? »

Durant les mois écoulés depuis, personne, en Irlande, ne s’est présenté pour répondre à ma question.

Une réponse implicite est venue d’une source internationale, sous la forme du rapport de la commission Goldstone, chargée d’établir les faits concernant le conflit de Gaza, au début de cette année.

Il ressort de cette réponse que, en pratique, un Etat démocratique qui fait l’objet d’attaques terroristes contre ses citoyens, ne doit rien faire. Les terroristes de partout se réjouiront de ce qu’une commission mandatée par les Nations Unies ait effectivement décidé qu’il n’existe pas de moyens légitimes permettant à des Etats de faire pièce aux techniques terroristes complexes et évoluées mises en œuvre par des groupes comme le Hamas.

La mission a été mandatée par le soi-disant Conseil des Droits de l’Homme, une appellation inappropriée s’il en fut. Cet organisme qui compte dans ses rangs des champions des valeurs des droits de l’homme, tels que l’Arabie Saoudite, le Pakistan et Cuba, ne trouve généralement rien à redire aux 400 000 morts du Darfour, dont le Soudan est responsable, ni au million de civils déplacés en Somalie.

Il n’a absolument rien trouvé à dire, au cours des années durant lesquelles 12 000 roquettes du Hamas – dont plus de 7 000 depuis le retrait d’Israël de Gaza en 2005 – ont frappé des maisons, des rues, des hôpitaux et des écoles, se faisant une spécialité de choisir les heures matinales durant lesquelles les élèves se rendent à l’école ; et seul un système efficace d’abris a évité de lourdes pertes civiles. L’ONU n’a pas adopté une seule résolution condamnant ces attaques criminelles.

Par contre, sur les 25 résolutions adoptées par le Conseil durant les trois années écoulées depuis sa fondation, 20 ont choisi de censurer Israël.

La mission Goldstone comprenait des membres qui avaient clairement exprimé leurs conclusions sur la culpabilité d’Israël bien avant qu’il ait été procédé à quelque "établissement des faits" que ce soit. Cela a conduit plusieurs personnalités distinguées – dont l’ancienne présidente de l’Irlande et ex-haut commissaire aux droits de l’homme, Marie Robinson, à refuser l’invitation à présider la mission. Mme Robinson a objecté que la mission lui semblait être « guidée non par [le souci] des droits de l’homme mais par la politique ».

Durant l’enquête, la mission n’a posé à ses témoins aucune question sur l’activité terroriste du Hamas, sur les stocks d’armement dans des zones civiles, ni sur le lancement d’attaques à partir de ces zones. A une exception près, elle a omis d’enquêter sur les nombreux rapports faisant état de l’utilisation abusive de mosquées pour dissimuler des armes et des activités terroristes.

Le rapport Godstone accuse Israël d’avoir pris pour cibles des hôpitaux de Gaza, mais admet ne pas avoir enquêté sur les rapports, sérieusement étayés, selon lesquels le centre opérationnel du Hamas était situé dans l’hôpital Shifa. Pourquoi n’a-t-il pas posé ce genre de questions ? On peut voir un indice dans le fait qu’il admet que les témoins semblaient

« réticents à parler de la présence des groupes armés palestiniens et de leurs activités hostiles en ce lieu »

- une réserve qui, dit-il :

« peut provenir de la peur de représailles [du Hamas] ».

Le rapport cite le fait que le porte-parole du Hamas se vante d’avoir fait

« de femmes, d’enfants, de vieillards et de combattants du djihad, un bouclier humain »,

mais, aussi incroyable que ce soit, il continue d’affirmer qu’il ne considère pas cela comme une preuve contre le Hamas.

Le texte du rapport ne fait pas état des vastes efforts diplomatiques et politiques faits par Israël pour éviter le déclenchement des hostilités. Pas la moindre allusion non plus à l’autodéfense. Il ignore le plaidoyer de l’ancien Premier ministre Olmert, adressé en direct à la population de Gaza sur la chaîne de télévision Al-Arabiya, juste avant le conflit, pour que cessent les tirs de roquettes du Hamas, et sa déclaration dans laquelle il affirmait :

« Notre action n’est pas dirigée contre vous, et nous n’avons pas l’intention de vous punir pour les actes du Hamas. »

Il existe un expert réputé, qui connaît bien les dilemmes inhérents à la lutte contre les tactiques mises en œuvre par des groupes comme le Hamas : le Colonel Richard Kemp, ancien commandant des forces britanniques en Afghanistan. Pourtant, la commission n’a fait aucune tentative pour l’interroger. Le juge Goldstone l’a admis :

« On ne pouvait pas compter sur le Colonel Kemp, principalement parce que, dans notre rapport, nous ne traitions pas des questions qu’il soulevait concernant les problèmes afférents à la direction d’opérations militaires en zones civiles... »

Les procédures d’avertissement mises au point par Israël pour limiter le nombre des victimes civiles – lancer un million de tracts, composer des dizaines de milliers d’appels téléphoniques et de textos demandant aux gens de quitter les zones visées – mesures qui, selon le Colonel Kemp, sont sans précédent dans l’histoire des conflits, ne sont mentionnées dans le rapport que pour être critiquées comme « inadéquates ».

Dans des opérations militaires complexes en zone urbaine, quelle que soit l’excellence des précautions prises, les victimes civiles sont tragiquement inévitables. Il se peut également qu’il y ait eu des incidents au cours desquels quelques soldats n’ont pas toujours respecté les standards qu’Israël attendait d’eux.

Le véritable test pour une démocratie est la manière dont elle examine ses failles. Israël a ouvert plus d’une centaine d’enquêtes différentes concernant des allégations de mauvais comportement résultant du conflit de Gaza, et elle a entamé des procédures pénales pour 23 de ces cas.

Globalement, le pire aspect du rapport Goldstone est l’équivalence morale qu’il établit entre un Etat démocratique qui s’efforce de mettre fin à des attaques contre ses citoyens, et le groupe terroriste responsable de ces attaques.

Dans le premier cas, les motivations et les intentions d’Israël sont traitées comme étant intrinsèquement suspectes, et ses mécanismes d’investigation et d’application du droit sont traités comme défectueux et inadéquats. Dans le second cas, le Hamas, désigné par l’expression "les autorités de Gaza", tient une place modeste dans ce rapport. Les circonstances de l’agression qu’il a perpétrée sont passées sous silence, et il en est de même de sa charte, qui appelle à l’assassinat de Juifs et à la destruction d’Israël.

Toutefois, nonobstant ce rapport, Israël est prêt à ouvrir les négociations de paix avec l’Autorité Palestinienne, sans conditions préalables.

J’espère que, finalement, Israël et les Palestiniens modérés seront en mesure de forger une paix durable, fondée sur deux Etats pour deux peuples: l’Etat d’Israël, qui existe déjà comme patrie du peuple juif, et un futur État palestinien comme patrie du peuple palestinien.

Zion Evrony *

* Ambassadeur d’Israël en Irlande

 

© The Irish Independent

 

Mis en ligne le 18 octobre 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org