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Israël (Société - mentalités)
Israël-Palestine (conflit)

L’"évidence" barnavienne, Victor Pérez
15/10/2009

Une excellente paraphrase de l’adage célèbre : "Avec de tels amis, qui a besoin d’ennemis?". Ou encore : "Seigneur délivrez-moi de mes amis : mes ennemis, je m’en charge". (Menahem Macina).

15/10/09 

Texte repris du Blogue de l’auteur

 

L’ancien ambassadeur d’Israël en France, Elie Barnavi, a décidé de mener une charge politique publique « pour interpeller directement le président américain avec un livre en forme de signal d’alarme ». Dans une entrevue au journal Le Devoir.com intitulée « Une paix encore possible, mais... », il précise sa vision pessimiste du futur si rien n’est entrepris pour imposer la paix.

 

Selon lui, « Le plus frustrant dans le conflit palestinien, c’est que la solution est évidente et qu’on la connaît presque dans les moindres détails. (…) Trente ans de négociations ont préparé le terrain ». (Trente ou seize années ?)

 

Quelle est donc, à ses yeux, cette « solution évidente » qui fut refusée, jusqu’à ce jour, par tous les protagonistes passés et présents du conflit ? Y compris par ses amis politiques lorsqu’ils étaient au pouvoir.

 

« On sait qu’il faudra rétrocéder pratiquement 100 % de la Cisjordanie, en ne gardant que quelques blocs de colonies en échange de territoires israéliens. On sait qu’il faudra diviser Jérusalem selon le principe énoncé par Clinton: ce qui est juif à Israël, ce qui est arabe aux Palestiniens. On sait qu’il n’y aura pas de retour massif des réfugiés palestiniens, que ce sera réglé par une compensation et peut-être un nombre symbolique de retours sur une base humanitaire. On sait que l’État palestinien sera démilitarisé et qu’il faudra négocier avec les Syriens et concéder le Golan. Enfin, une Convention palestinienne devra proclamer immédiatement l’État palestinien qui sera aussitôt reconnu par la communauté internationale. Cela rendra toute occupation illégitime. Tout cela est bien connu

 

Cette solution est si ‘’évidente’’ qu’elle interpelle pourtant, sur plusieurs points, tout quidam un tantinet impatient d’un règlement juste et durable.

 

Il est inutile de s’attarder ici sur le pourcentage [de territoires] qui sera cédé au nouvel état de ‘’Palestine’’. La très grande majorité du peuple israélien a, depuis fort longtemps, intégré le fait d’une cessation [de la souveraineté israélienne sur ces territoires (Note d’upjf.org)]. Quitte, pour cela, à échanger des territoires un pour un. La véritable question est plutôt de savoir si l’Etat en devenir sera ou non Judenrein [sans Juifs (Note d’upjf.org)]. Droit de l’homme juif oblige.

 

Pour ce qui est de Jérusalem, notez que l’ex-ambassadeur garde un silence total sur la Vielle Ville. A croire que, sur ce point, la solution n’est pas aussi évidente qu’il y paraît. Si beaucoup d’Israéliens sont prêts à se séparer des quartiers arabes, une toute petite minorité est prête à sacrifier la Cité de David, et donc le premier lieu saint du judaïsme, sur l’autel d’une paix à tout prix. Elie Barnavi en fait-il partie ?

 

Mais là n’est pas encore le plus surprenant.

 

Ce qui interpelle principalement est le fait, assimilé par ce dernier et ses amis politiques, d’un retour programmé d’un nombre de ‘’réfugiés’’ au sein même d’Israël, sur, dit-il, une ‘’base humanitaire’’. Faut-il vraiment, pour être considéré comme geste humanitaire, que ce retour soit une obligation faite au pays hôte lors de la signature d’un traité de paix ? Doit-il être également quantifié avant la signature de cette paix ? Les noms des ‘’réfugiés’’ doivent ils être négociés et précisés ?

 

Mais au-delà de toutes ces questions très terre-à-terre, Israël est il tenu d’accepter cette exigence ? Pour ce qui concerne la très grande majorité des Israéliens, c’est non ! La création d’un état de ‘’Palestine’’ devant servir à cela.

 

Sans oublier pour autant, que cette acceptation formelle d’un ‘’retour humanitaire’’ quantifié sera, à n’en pas douter, considérée par la partie adverse comme une reconnaissance de la faute originelle de la renaissance d’Israël. Ainsi, sera oublié et enterré définitivement le refus arabo-musulman de 1948 de deux Etats côte à côte.

 

Autre point barnavien ‘’évident’’, mais qui soulève pourtant quelque interrogations côté arabe. « L’état palestinien sera démilitarisé ». C’est ce qu’exige également le Premier ministre actuel, Benjamin Netanyahou. Il ne semble pas, cependant, que l’Autorité Palestinienne soit enchantée à l’énoncé de cette exigence incontournable !

 

Pour Elie Barnavi, « tout cela est bien connu ». Ces quelques points et d’autres qui,  à ce jour, n’ont nullement permis la signature d’un traité de paix définitif.

 

Mais à qui la faute ?

 

Est-ce celle d’Itzhak Rabin (z’’l) pour avoir signé les accords d’Oslo ? De Shimon Pérès prenant sa suite ? Celle d’Ehud Barak, prêt - lors des discussions à Camp David - à toutes ces concessions ? Celle, peut-être, d’Ehud Olmert accompagné de Tsippi Livni, prêts, tous deux, à de « douloureuses concessions », y compris à Jérusalem, lors des négociations d’Annapolis 

 

Et si la faute était due tout simplement aux ‘’Palestiniens’’, qui refusent, jusqu’à ce jour, de reconnaître le droit du peuple juif à s’autodéterminer sur sa terre ancestrale ?

 

De tout cela, on ne peut conclure qu’une chose: Tant que des Israéliens célèbres à travers la planète, désireux de vendre leur ‘’création philosophique’’, tiendront un tel discours, aucune paix ne pourra être acceptée par les adversaires d’Israël.

 

[Il en sera] de même tant que des organisations israéliennes, financées par l’étranger, imposeront des condamnations systématique de leur pays.

 

Pourquoi les ‘’Palestiniens’’ se priveraient-ils d’une telle aide ?

 


© Victor Pérez

 

 

Mis en ligne le 15 octobre 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org