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Brèves de l’UPJF N° 207 du 13 novembre 2009
13/11/2009

13/11/09

Union des Patrons et des Professionnels Juifs de France

 

LES BREVES DE L’UPJF

N° 207 du 13 novembre 2009

 

LES ACTIVITES DE L’UPJF

·         CONTRE LE SCANDALEUX ET FALLACIEUX RAPPORT GOLDSTONE !

CONTRE LES ETATS TORTIONNAIRES A LA TETE DU PRETENDU

 « CONSEIL DES DROITS DE L’HOMME  DE L’ONU » !

 

CONTRE LES TERRORISTES DU HAMAS !

 

GRAND MEETING DE SOUTIEN INCONDITIONNEL A L’ETAT D’ISRAEL !

 

DIMANCHE 22 NOVEMBRE A 18H30

AU THEATRE DU GYMNASE

38, Bd BONNE-NOUVELLE - 75010 – PARIS

Métro : Bonne-Nouvelle

 

A l’initiative du « Collectif d’Urgence »

ALLIANCE FRANCE-ISRAEL – FOSF – LIBI – SIONA – UPJF – WIZO

Et avec la participation de l’Union des CCJ et du BNVCA

 

·  Diner association France –Israël le 19 novembre à 20h00

Chers Amis,

Comme vous le savez, l’Alliance France- Israël organise un dîner-débat le 19 novembre prochain (ci-dessous le carton d’invitation). L’UPJF va organiser une ou deux tables.

Merci de bien vouloir nous indiquer en téléphonant ou en adressant un mail à Yasmin (01.47.63.07.10, contact@upjf.org )  si vous voulez participer à ce dîner.

Le PAF est de 150 euro par personne.

Amitiés,

Claude BAROUCH

 

  • Grande soirée annuelle de LIBI France samedi 21 novembre à 20h00

 

Chers Amis,

Comme vous le savez, le LIBI  organise sa grande soirée annuelle le 21 novembre prochain (ci-dessous le carton d’invitation). L’UPJF va organiser une ou deux tables.

Merci de bien vouloir nous indiquer en téléphonant ou en adressant un mail à Yasmin (01.47.63.07.10, contact@upjf.org )  si vous voulez participer à ce dîner.

Votre présence est très importante !

Amitiés,

Claude BAROUCH

·         Les Dîners de l’UPJF

L’UPJF recevra le mardi 17 novembre  à 20h00  M. Bruno Le Roux, député PS de la première circonscription de la Seine-Saint-Denis, conseiller général de la Seine-Saint-Denis et secrétaire national du PS aux élections.

Vous pouvez vous inscrire d’ores et déjà auprès de Yasmin au 01.47.63.07.10 ou par mail : contact@upjf.org

Le lieu reste à préciser.

P.A.F adhérents : 50 € 

P.A.F non adhérents : 60 €

Places limitées

  • Voyage de députés en Israël

L’UPJF organise un voyage en Israël du 28 novembre au 4 décembre. Ce voyage est destiné à mieux faire connaitre Israël à quelques députés.

Ceux d’entre vous qui sont intéressés par ce voyage, peuvent prendre contact avec Claude BAROUCH à l’UPJF (01.47.63.07.10, cbarouch@upjf.org)

Toute personne qui décide de se joindre à ce voyage prendra en charge un député ou un sénateur de son choix.

 

  • COLLOQUE LE 13 DECEMBRE PROCHAIN


L’UPJF ORGANISE LE 13 DECEMBRE PROCHAIN DE 12H00 A 19H00 UN COLLOQUE

SUR :

« LES RUSES DU NOUVEL ANTISEMITISME CONTEMPORAIN »

« L’ANTISIONISME, LA NOUVELLE JUDEOPHOBIE»

LORS DE CE COLLOQUE LE PRIX DE LA LUTTE CONTRE LE RACISME ANTIJUIF SERA DECERNE.

 

DIMANCHE 13 DECEMBRE 2009

12H00-19H00

ESPACE PIERRE CARDIN

1 AVENUE GABRIEL

75008 PARIS

RESERVATION : 01.47.63.07.10, CONTACT@UPJF.ORG

 

  • Offres d’emploi : Pour consulter les offres d’emploi cliquez ici

 

 

L’UPJF SUR LES ONDES

Dimanche 15 novembre Claude BAROUCH interviendra en direct sur Radio J (15h10 ,94.8 FM).

FRANCE

 

L’UPJF appelle tous ses membres à s’exprimer dans le débat sur l’identité nationale, en apportant leur contribution sur le site :

http://www.debatidentitenationale.fr/participation/pour-vous-qu-est-ce-qu-etre/

 

·         France 2 : Le CSA saisi sur les propos de François Cluzet

Par Emmanuel Berretta le point

Invité dimanche sur France 2 dans l’émission 13 h 15 le dimanche , de Laurent Delahousse, l’acteur François Cluzet est accusé de "désinformation" et d’"incitation à la haine" par le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA) qui en appelle au CSA. Les propos du comédien se rapportaient au cas particulier de Salah Hamouri, un ressortissant franco-palestinien, âgé de 24 ans, enfermés dans une prison israélienne depuis 2005. Selon l’acteur, qui milite pour sa libération au sein de son comité de soutien, Salah Hamouri purge "un délit d’opinion, simplement parce qu’il a dit qu’il était contre les colonisations" des territoires palestiniens.

Des propos qui ont aussitôt déclenché les foudres du BNVCA, lequel s’élève contre ce qu’il considère comme "un plaidoyer en faveur de la libération du terroriste franco-palestinien". Le BNVCA rappelle que Salah Hamouri a été condamné par la justice d’Israël pour avoir "en sa qualité de leader d’une faction du FPLP" projeté un attentat, avec des complices, contre la personne du grand rabbin Oyadia Yossee. Le BNVCA attend du CSA qu’il contraigne la rédaction de France 2 à rétablir les faits.


Salah Hamouri a plaidé coupable

De mère française et de père palestinien, Salah Hamouri conteste les faits et se déclare seulement sympathisant du FPLP. Il a été arrêté lors d’un contrôle d’identité à un chekpoint le 13 mars 2005. Aussitôt conduit en prison et après trois ans de préventive, il accepte, en avril 2008, la proposition du procureur militaire israélien de "plaider coupable" afin d’atténuer sa condamnation. Il écope ainsi de sept années de prison (au lieu de 14 ans dans ce cas de figure).

En France, un comité national de soutien a été mis en place en octobre 2008. Salah Hamouri a été déclaré citoyen d’honneur de la ville de Grigny le 16 mai 2009. De son côté, Nicolas Sarkozy a adressé un courrier à Benyamin Netanyahou, premier ministre israélien, afin de réclamer un "geste de clémence". Face à Jean-François Copé, François Cluzet, sur France 2, doutait, dimanche, des efforts réellement déployés par la France pour obtenir l’extradition de Salah Hamouri. Pris au dépourvu, Jean-François Copé déclarait, face à l’acteur, ignorer jusque-là l’existence de ce ressortissant.

·         L’Iran refuse toute condition à la comparution de Reiss

L’ambassade de France avait indiqué que la jeune Française se présenterait devant la justice mais à condition d’avoir l’assurance écrite que sa libération sous caution ne serait pas mise en cause.

Un rejet pur et simple des exigences de la France. Téhéran a prévenu, ce mercredi, qu’il n’accepterait aucune condition à la comparution devant la justice iranienne de la Française Clotilde Reiss, arrêtée le 1er juillet en Iran et aujourd’hui confinée à l’ambassade de France.

Le Figaro avait rapporté début novembre que Paris avait fait savoir à l’Iran que Clotilde Reiss se rendrait aux convocations du tribunal de Téhéran s’il recevait l’assurance écrite que la chercheuse ne serait pas emprisonnée. Selon le quotidien, dans un courrier au ministère iranien des Affaires étrangères, l’ambassade de France indique que la jeune Française se rendrait aux convocations du tribunal chaque fois que nécessaire, mais qu’il fallait d’abord cette garantie que sa libération sous caution ne serait pas mise en cause. Autrement dit qu’elle ne se voie pas notifier un emprisonnement quand elle sortira de l’ambassade à l’occasion de l’une de ces convocations.

«Conditionner la présence de la ressortissante française devant le tribunal à une garantie des autorités iraniennes est une claire violation des engagements officiels et écrits du gouvernement français selon lesquels elle est à la disposition de la justice iranienne», a affirmé le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Ramin Mehmandoust, à l’agence Fars.

«Personne ne peut décider pour le juge»

«Cela n’est en aucune manière acceptable», a-t-il ajouté, affichant la fermeté: «Clotilde Reiss ne sera pas graciée sous la pression politique et personne n’a le droit de décider pour le juge.»

«L’insistance avec laquelle les autorités françaises présentent des demandes injustifiables et la remise en cause de l’autorité judiciaire iranienne peuvent créer des conditions défavorables pouvant affecter la confiance des autorités judiciaires iraniennes quant à la sincérité des responsables français à propos des engagements pris par l’ambassade de France à Téhéran», a encore menacé Mehmandoust.

Clotilde Reiss, 24 ans, a été arrêtée le 1er juillet pour avoir participé à des manifestations après la réélection controversée du président Mahmoud Ahmadinejad le 12 juin. Elle a été libérée sous caution, mi-août, à condition de rester à l’ambassade de France, dans l’attente de son jugement.

Le procureur général de Téhéran a indiqué lundi que son procès allait reprendre à une date non déterminée.

 

·         Nicolas Sarkozy-Angela Merkel, symboles du 11-Novembre

AFP le Point

C’est la première fois qu’un chef du gouvernement allemand participe aux côtés d’un président français à la commémoration de la fin de la guerre de 1914-1918

Deux jours après avoir célébré à Berlin les vingt ans de la chute du Mur, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont enrichi mercredi à Paris de nouvelles images symboliques l’album de l’amitié franco-allemande en célébrant ensemble la fin de la Première Guerre mondiale. Sous l’arc de Triomphe balayé par un vent froid, le chef du gouvernement allemand a participé, pour la première fois, aux côtés d’un président français, aux cérémonies commémorant l’armistice de la guerre de 1914-1918 et la défaite de l’armée allemande.

"Madame la Chancelière, en acceptant l’invitation de la France, vous avez fait ce matin un geste historique qui honore la France et les Français", a lancé Nicolas Sarkozy à son invitée, "une grande amie de la France". Vingt-cinq ans après la fameuse photo de François Mitterrand et Helmut Kohl se prenant la main sur le champ de bataille de Verdun, le président et la chancelière ont honoré la mémoire de toutes les victimes de la Grande Guerre en ravivant ensemble la flamme du tombeau du Soldat inconnu, avant d’exalter la réconciliation entre leurs deux pays. Symbole de ce 11 novembre exceptionnel, le Choeur de l’armée française a entonné après la Marseillaise l’hymne national allemand, devant les soldats de la brigade franco-allemande et les élèves officiers des deux armées qui encerclaient l’arc de Triomphe.

"Ce 11 novembre, nous ne commémorons pas la victoire d’un peuple contre un autre, mais une épreuve qui fut aussi terrible pour l’un que pour l’autre", a souligné Nicolas Sarkozy, "cela fait presque un demi-siècle qu’ensemble nous construisons l’avenir, chacun d’entre nous (...) refusant désormais de confondre l’amour de sa patrie avec la haine de l’autre". "Je sais que ce qui s’est passé ne peut pas être effacé. Cependant, il y a une force, une force qui nous aide, qui peut nous aider à supporter ce qui s’est passé. Cette force, c’est la réconciliation", lui a répondu Angela Merkel.

Tous deux ont ensuite loué l’amitié franco-allemande, "un trésor" pour le Français et un "cadeau" pour l’Allemande, et son rôle moteur en Europe, malgré les débuts difficiles du couple Sarkozy-Merkel. "Nous partageons les mêmes valeurs, la même ambition pour l’Europe, la même monnaie", a rappelé le président français, "quand l’Allemagne et la France proposent ensemble, agissent ensemble, l’Allemagne et la France alors accomplissent de grandes choses". "Ensemble, nous avons accompli bien des choses en Europe et pour l’Europe", a renchéri la chancelière. "Nous savons qu’ensemble, nous avons toutes les chances de relever les défis d’aujourd’hui et de demain", a-t-elle ajouté, citant la crise financière et économique ou la protection du climat.

Après la cérémonie, où figurait au banc des anciens présidents Valéry Giscard d’Estaing, mais pas Jacques Chirac, les deux dirigeants se sont offert un bref bain de foule en haut des Champs-Élysées. L’occasion pour Nicolas Sarkozy de justifier sur France 2 sa volonté de faire de ce 11 novembre un symbole franco-allemand et d’inviter la chancelière, qui a fait grincer quelques dents. "Je pense que les esprits ont évolué", a-t-il dit, attribuant la paternité de cette idée à Jacques Chirac, qui avait essuyé en 1998 un refus de Gerhard Schröder. "C’est une semaine chargée de symboles", s’est elle aussi réjouie Angela Merkel, deux jours après les festivités du 20e anniversaire de la chute du mur de Berlin, "c’est un moment très important pour moi". La reine d’Angleterre Elizabeth II et le président américain Barack Obama devaient, eux aussi, célébrer mercredi, à Londres et à Arlington, la fin de la Première Guerre mondiale.

 

·         Grand emprunt : Juppé-Rocard préconisent 35 milliards d’euros

Avec AFP le Point

La commission Juppé-Rocard est parvenue à un "un accord collectif sur le grand emprunt , a annoncé mercredi soir Olivier Ferrand, son rapporteur, sans en dévoiler le montant. Le journal Les Échos croit savoir dans son édition de jeudi que celui-ci a été fixé à 35 milliards d’euros. Un tel montant avait été évoqué par Alain Juppé devant des militants UMP, avait rapporté mardi le quotidien Sud Ouest. Le rapport final "sera remis le 19 (novembre), jeudi", au président de la République Nicolas Sarkozy, a indiqué Olivier Ferrand. Un autre membre de la commission, sous couvert d’anonymat, a également évoqué cette date, retenue selon lui sous réserve de l’agenda de Nicolas Sarkozy, qui devrait se rendre à Bruxelles ce jour-là.

Le président de la République doit rendre au début du mois de décembre son arbitrage final sur le montant du grand emprunt, qui ne se situera "
pas en dessous de 25 milliards, et pas au-delà de 50 milliards d’euros ", avait indiqué l’Élysée début novembre. Par ailleurs, la dernière réunion de la commission Juppé-Rocard, qui a duré une grande partie de la journée, a également porté sur la manière dont seraient évalués les investissements proposés. "L’idée centrale est que la commission ne se prononce pas sur des projets individuels d’investissements, (...) mais identifie les secteurs et les priorités politiques d’avenir", a expliqué Olivier Ferrand, se refusant à décliner les secteurs en question.

 Sept priorités identifiées

D’après Les Échos, qui ne cite pas de source, sept priorités ont été identifiées : "soutien à l’enseignement supérieur et à la recherche, économie numérique, bioéconomie, énergies renouvelables, ville de demain, mobilités du futur et soutien aux PME innovantes". La commission va "rechercher des institutions intermédiaires dans ces métiers pour pouvoir sélectionner les projets par appel d’offres", a précisé Olivier Ferrand. Alors que le Trésor juge que la France, déjà lourdement endettée, a une capacité d’emprunt supplémentaire de 20 à 30 milliards d’euros, une partie de la majorité avait plaidé pour un effort plus ambitieux, de 50 à 100 milliards.

 Le grand emprunt se heurte aux réticences de Bruxelles, qui a demandé mercredi à la France de ramener d’ici 2013 son déficit public dans la limite de 3 % du PIB . "Un emprunt public augmente la dette, ça, c’est évident", a déclaré le commissaire aux Affaires économiques et monétaires, Joaquin Almunia. Annoncé par Nicolas Sarkozy le 22 juin, le grand emprunt prévu pour début 2010 vise, parallèlement au plan de relance, à doper l’économie à plus long terme, en faisant financer par l’État des "investissements stratégiques" pour les "générations futures"

·         Paris réfléchit à l’ouverture de contacts avec le Hamas

Alain Barluet le figaro

Un rapport du sénateur UMP, Philippe Marini, souligne la priorité d’une réconciliation interpalestinienne.

«Il n’est plus possible de maintenir un cordon sanitaire autour du Hamas» : dans le rapport sur la diplomatie française au Proche-Orient qu’il vient de remettre à Nicolas Sarkozy, le sénateur de l’Oise (UMP) Philippe Marini préconise un rapprochement avec le mouvement islamiste palestinien.

Au cours de sa mission qui l’a conduit dans la plupart des pays de la région, le parlementaire s’est entretenu, en février dernier à Damas, avec Khaled Mechaal, le dirigeant politique de la branche syrienne du Hamas, qu’il avait déjà rencontré une première fois en juillet 2008. La France proscrit tout contact officiel avec l’organisation radicale palestinienne, considérée comme terroriste par l’Union européenne. Au printemps 2008, la visite effectuée auprès de responsables du Hamas par un ambassadeur en retraite, Yves Aubin de la Messuzière, avait mis en lumière les «passerelles» que Paris était prêt à jeter vers le mouvement islamiste.

«Aujourd’hui, souligne Philippe Marini, il faut investir davantage pour mieux connaître ce mouvement complexe doté d’une tête politique, d’une tête militaire et dont le pouvoir de facto se situe à Gaza.» Car, selon le sénateur UMP, «le Hamas ne pourra pas éternellement demeurer dans son isolement. Et la France est une puissance qui lui inspire confiance». Le parlementaire affirme s’être rendu auprès de Khaled Mechaal en marge de ses rendez-vous officiels et n’avoir été porteur d’«aucun message». La démarche d’un élu se présentant comme un «ami» de Nicolas Sarkozy risque fort d’apparaître comme un signal, d’autant qu’elle fait écho aux réflexions des diplomates pour tenter de ressouder les rangs palestiniens.

À ce stade, Philippe Marini se garde toutefois de recommander l’ouverture d’un dialogue politique avec le Hamas. «Il faut conserver cette carte pour peser dans la réconciliation interpalestinienne», souligne-t-il. Une réconciliation qu’il considère comme «la condition d’un redémarrage du processus de paix».

Se rapprocher de Damas

De fait, poursuit-il, après l’enlisement des discussions interpalestiniennes du Caire, la priorité urgente est «de retisser les liens, de retrouver un autre concept de négociation dans lequel la France serait plus directement impliquée, avec l’Égypte et la Turquie». Selon Philippe Marini, ceci doit s’accompagner d’une autre orientation, l’approfondissement de la relation avec la Syrie, dont le chef de l’État, Bachar el-Assad, sera mercredi à Paris. «Nous pouvons utiliser cette carte encore davantage», insiste le sénateur de l’Oise, en pointant notamment les enjeux d’un règlement de la question du Golan et de l’avancée de la relation bilatérale syro-israélienne. «S’il y a un réchauffement entre la Syrie et Israël, il faudra bien que le Hamas s’adapte au contexte de paix», analyse Philippe Marini.

·         France -Iran : les Moudjahidins du peuple dans un étau

Par Georges Malbrunot le Figaro

Des sympathisants des Moudjahidine du peuple participent, le 05 avril 2005 place de la Bastille à Paris, à une manifestation à l’appel du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) pour protester contre la visite du président iranien Mohammad Khatami à Paris.

En marge du dossier nucléaire, la présence en France de l’OMP, mouvement d’inspiration marxiste opposé au régime iranien, empoisonne les relations entre Paris et Téhéran.

Abrités par la France, les opposants au régime de Téhéran cherchent à bénéficier de la fermeté de Nicolas Sarkozy contre l’Iran, sur le dossier nucléaire, pour faire oublier leur passé terroriste. Chassés de leur pays peu après la Révolution islamique de 1979, trois à quatre mille membres de l’Organisation des moudjahidins du peuple (OMP), mouvement d’inspiration marxiste et islamique, se réfugièrent alors à Auvers-sur-Oise, en banlieue parisienne. De là, ils continuent d’œuvrer à la chute de la République islamique. «Comment la France peut-elle prétendre lutter contre le terrorisme, alors qu’elle héberge un mouvement qu’elle considère comme terroriste, et qui ne représente rien parmi l’opposition à notre régime ?», s’offusque un diplomate à l’ambassade d’Iran à Paris.

Difficile de croire que les Moudjahidins puissent faire trembler les gardiens de la révolution depuis leur modeste quartier général d’Auvers, avec ses deux pavillons de banlieue et sa dizaine de bâtiments en préfabriqué, dissimulés derrière un grillage verdâtre, le long de l’Oise. Protégés et surveillés par des gendarmes, une quarantaine de militants y sont employés à temps plein. Le matin de notre visite, deux femmes, portant un voile kaki, faisaient de la veille sur Internet. De son côté, un cinéaste montait des reportages de propagande à partir d’images diffusées depuis Londres par leur chaîne de télévision (Iran National TV) que les Iraniens regardent en cachette sur le câble.

Depuis qu’elle a dû renoncer aux attaques armées sur le sol iranien en 2001, l’OMP a opté pour la guerre de l’information contre Téhéran. Devant le visiteur, de vieilles dames éplorées égrènent les souvenirs de leurs fils, frères ou maris, liquidés par les services de sécurité iraniens. À l’heure du déjeuner, la petite communauté se retrouve à la cantine autour d’un chello kebab (des brochettes d’agneaux au riz), qui rappelle le pays natal. «Cela fait trente ans que je soutiens ces terroristes !», sourit Jean-Pierre Guillou, un voisin à la retraite.

Mais ne nous y trompons pas : derrière l’apparente modestie de ses installations, l’OMP est un mouvement encore riche. Surtout très bien organisé. Depuis leurs antennes à Londres, Berlin ou Washington, surfant sur la mauvaise image du régime iranien, les Moudjahidins cherchent à se refaire une virginité. Et les résultats sont au rendez-vous. En début d’année, grâce à un intense lobbying auprès des eurodéputés, l’OMP a obtenu d’être retirée de la liste des organisations terroristes de l’Union européenne. En France, son réseau d’appuis est impressionnant : un ancien patron de la DST (Yves Bonnet), la veuve d’un ancien président de la République (Danielle Mitterrand), un ancien premier ministre (Édith Cresson) et une kyrielle de députés et sénateurs, signataires de très nombreuses pétitions, adressées illico presto à la presse.

Alors que la rue s’enflamme à Téhéran, les Moudjahidins rêvent d’engranger les dividendes de la fermeté affichée par Nicolas Sarkozy à l’encontre du pouvoir iranien. C’est lui, l’ancien ministre de l’Intérieur, qui avait lancé, en 2003, la vaste opération de police contre leur siège d’Auvers. «Nous félicitons aujourd’hui Nicolas Sarkozy, il n’y a pas d’autre option possible face à une dictature», soutient Mohammad Mohandessine, un des responsables. «Mais s’il était logique avec lui-même, le président de la République devrait relâcher la pression sur nous. Malheureusement, l’hostilité de la France à notre égard n’a pas changé», regrette-t-il aussi. Officiellement, les Moudjahidins restent une dangereuse secte, capable de recourir aux immolations, comme en 2003 à proximité du siège parisien de la DST. L’emprise de leur chef, Maryam Radjavi, sur ses partisans fit alors froid dans le dos des policiers, qui l’avaient mise en garde à vue. «Elle nous menaça en prétendant qu’elle était plus qu’une mère pour eux, qu’il suffisait qu’elle lève le petit doigt pour qu’ils s’immolent par le feu, raconte un policier. Lorsqu’à notre demande, elle ordonna à ses troupes d’arrêter leurs protestations, elle leur fit passer un message codé, qui fut aussitôt suivi d’effet. On n’en est pas revenu.»

Torches humaines

Entre la France et les Moudjahidins, le contentieux reste lourd. Depuis Auvers, l’OMP envoyait des GPS à ses combattants qui s’infiltraient en Iran, à partir de leur base arrière d’Ashraf en Irak, où Saddam Hussein les protégeait, tout en les instrumentalisant. Les opposants revendiquaient également depuis la France des opérations anti-iraniennes aux États-Unis, qui les considèrent toujours comme une organisation terroriste. Plus grave, au cours de l’opération de police de 2003, la DST mit la main sur leur trésor de guerre : du matériel de transmission, des documents cryptés, mais surtout une partie de leurs archives, avec la description de leur armement, et - cerise sur le gâteau - les détails sur leur participation à la répression antikurde menée par le régime de Saddam Hussein au printemps 1991. Des pièces versées au dossier du juge d’instruction antiterroriste Marc Trévidic qui intéressent au plus haut point les autorités iraniennes, dont les discrètes offres de coopération ont été repoussées par la justice française. Dernière trouvaille : neuf millions de dollars en liquide, certaines coupures fraîchement sorties de la Central Bank of Irak, leur principal bailleur de fonds à l’époque.

Et aujourd’hui ? Téhéran accuse les Moudjahidins d’avoir créé des sociétés fictives d’informatique pour drainer des fonds, et de se livrer à un véritable racket via des ONG, elles aussi bidons. Mais il n’y a qu’en France que leur argent est bloqué. Certains pays arabes du Golfe, hostiles à l’Iran, pourraient encore les financer. Les dirigeants du mouvement nient en bloc ces «accusations de terrorisme et de financement du terrorisme». Une secte ? «On doit bien se défendre. Les agents iraniens essaient de nous infiltrer.» L’argent ? «Il vient des Iraniens eux-mêmes, et c’est tout à fait légitime qu’un mouvement d’opposition en dispose.» Les immolations par le feu ? «Elles étaient le fait d’individus isolés, qui réagissaient à l’usage disproportionné de la force par les policiers français.»

L’Iran et ses ennemis sont au moins d’accord sur un point : pourquoi six ans après l’opération de police à Auvers, et la mise en examen de 17 dirigeants des Moudjahidins, la justice française n’a-t-elle pas encore rendu son jugement ? «Si les Français ne veulent pas de procès, qu’ils prononcent au moins un non-lieu», insiste Afchine Alavi, un autre de leurs responsables, pour qui le dossier d’instruction est vide. «Malheureusement, l’ombre de la politique plane sur cette affaire», déplore, de son côté, le diplomate iranien précité. Depuis vingt ans, les Moudjahidins sont une carte entre les mains des autorités françaises. En 1987, pour s’attirer les bonnes grâces de l’Iran, qui tirait les ficelles des prises d’otages au Liban, le gouvernement de Jacques Chirac expulsa leur chef, Massoud Radjavi, vers Ashraf. Quinze ans plus tard, en 2003 exactement, c’est toujours pour apaiser Téhéran, avant une importante visite consacrée au nucléaire, que le ministre des Affaires étrangères Dominique de Villepin plaida pour «la rafle» d’Auvers. Aujourd’hui que la France est engagée dans un bras de fer avec l’Iran sur ses ambitions nucléaires, pas question de se défausser, sans contrepartie, de cette carte. Pas encore. Mais, en cas d’abandon, on redoute de voir encore des torches humaines dans les rues de Paris. Dans l’immédiat, invoquant des raisons de sécurité, la France a dit non aux demandes américaines d’accueillir des Moudjahidins, dont l’Irak ne veut plus à Ashraf. Galvanisée par la fronde iranienne, l’OMP jure que le «grand soir» est proche. «Nos hommes sont dans les marches pour protester contre l’élection truquée d’Ahmadinejad à la présidence de la République», assure Afchine Alavi.

Réseau de sympathisants

Si les Moudjahidins n’ont plus de capacité opérationnelle à l’intérieur de l’Iran, ils y ont gardé, en revanche, un réseau de sympathisants, dont le recrutement a été facilité par l’ouverture pratiquée sous les présidences du réformateur Mohammad Khatami (1997-2005). «Des gens malheureux sont plus faciles à enrôler», reconnaît Mohammad Mohandessine. L’OMP eut son heure de gloire le 14 août 2002, lorsqu’elle révéla l’existence de l’usine d’enrichissement d’uranium de Natanz, à 200 km au sud de Téhéran. Un scoop relayé par Ali Reza Jafarzadeh, analyste attitré de la chaîne américaine Fox News, et membre des Moudjahidins. Véritable scoop ou renseignement livré par un service occidental, afin de renforcer la crédibilité des opposants au régime des mollahs ? Le doute persiste. Une chose est sûre : Téhéran voit rouge à la simple évocation des Moudjahidins. «Pourquoi une telle fixation sur nous, si nous ne représentons aucune menace ?», se demande Afchine Alavi. Dans la foulée de la guerre américaine en Irak, le régime iranien proposa aux États-Unis un troc : «Nous vous livrons les membres d’al-Qaida que nous avons récupérés alors qu’ils fuyaient l’Afghanistan après le 11 septembre 2001 ; en échange, vous nous remettez les 3 000 Moudjahidins d’Ashraf.» Washington fit la sourde oreille, préférant conserver la carte OMP. À toutes fins utiles.

 

·         Sarkozy et Nétanyahou mesurent leur désaccord 

Alain Barluet le figaro

Le premier ministre israélien a été reçu, mercredi, à l’Élysée, alors que les relations bilatérales connaissent des crispations.

Blocage total du processus de paix, crise politique palestinienne, coup de froid franco-israélien : c’est peu dire que l’étape parisienne de Benyamin Nétanyahou se déroulait mercredi sous des auspices défavorables. Le ­premier ministre israélien a été reçu pendant une heure quarante à l’Élysée par Nicolas Sarkozy, alors que les deux pays traversent une pé­riode de tension, la France reconnaissant un «vrai différend politique», selon l’expression lâchée mardi par Bernard Kouchner. «Les entretiens ont permis d’aller au fond des choses, de façon dense, directe, détaillée, dans un climat de confiance, ce qui n’exclut pas des désaccords» , résumait-on mercredi soir dans l’entourage du chef de l’État.

Le «vrai différend» mis sur la table mercredi par Nicolas Sarkozy et Benyamin Nétanyahou s’explique aussi par les conséquences du rapport Goldstone, mettant en cause l’État hébreu pour crime de guerre. Israël a mal pris la position française, illustrée notamment par une lettre signée de Nicolas Sarkozy et de Gordon Brown, pour demander une enquête indépendante sur le conflit à Gaza. À la fin du mois dernier, cette crispation a notamment conduit Bernard Kouchner à reporter la visite qu’il devait effectuer en Israël et dans les territoires palestiniens. L’étape névralgique de ­cette tournée était à Gaza, où la France s’est engagée à reconstruire un hôpital, détruit par l’intervention militaire israélienne, fin 2008. Le ministre des Affaires étrangères avait finalement effectué un déplacement limité au Liban. Le voyage pourrait finalement avoir lieu «dans les prochains jours», a indiqué le porte-parole du Quai d’Orsay.

La pierre d’achoppement la plus saillante reste néanmoins la colonisation, que le premier ministre israélien propose non pas de stopper complètement, mais de limiter. Une offre saluée de façon inopinée la semaine dernière par la secrétaire d’État Hillary Clinton, véritable revirement de la diplomatie américaine, qui exigeait depuis des mois l’arrêt des implantations juives. Dans la foulée, Nétanyahou recevait, lundi à la Maison-Blanche, un accueil à huis clos et manifestement plutôt frais.

Incompréhension à Paris

Le geste américain a également eu pour conséquence de conduire le chef de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, à annoncer qu’il ne briguerait pas de nouveau mandat lors de la présidentielle convoquée pour le 24 janvier prochain.

Autant de développements qui ont suscité l’incompréhension à Paris, où Nicolas Sarkozy escomptait de la dynamique américaine qu’elle permette à la France, et à l’Europe, d’accompagner une relance tant attendue du processus de paix. «Nous sommes à un moment sensible où chacun cherche la brèche pour tenter de relancer le processus de paix, ce que Nicolas Sarkozy a exhorté son interlocuteur israélien de faire» , relevait-on mercredi à l’Élysée. Le programme nucléaire mené par l’Iran, qui était mercredi au menu des entretiens à l’Élysée, recèle également des divergences d’approche potentielles avec Paris. Si Nicolas Sarkozy est au diapason avec Israël en tenant une ligne de fermeté diplomatique pour exiger de Téhéran qu’il se conforme à ses engagements, il considère en revanche toute option de force comme une catastrophe et évoque fréquemment la menace d’une réaction militaire israélienne en réponse aux projets nucléaires iraniens.

En revanche, une lueur s’est allumée mercredi soir sur le front entre la Syrie et Israël, qui serait prêt à reprendre des pourparlers de paix avec Damas immédiatement et «sans conditions préalables». Si elle se confirme, l’information, livrée par un diplomate israélien après le rendez-vous de l’Élysée, ne manquera pas d’alimenter la conversation qu’auront Bachar al-Asad et Nicolas Sarkozy vendredi à Paris. 

ISRAËL

 

On en parle peu…, on n’en parle pas

Il est toujours prisonnier


Soldat Shalit : les progrès de la médiation allemande

Adrien Jaulmes, correspondant à Jérusalem le Figaro

Grâce à l’intervention d’un agent allemand, un accord pourrait voir le jour sur le sort du soldat franco-israélien détenu par le Hamas depuis 2006.

Un mystérieux agent allemand est depuis quelques mois au cœur des négociations pour la libération de Gilad Shalit. Cet homme, membre des très efficaces services secrets allemands et spécialiste du Moyen-Orient, serait parvenu à gagner la confiance des Israéliens comme du Hamas et pourrait être sur la voie d’un accord.

Le sort du caporal Shalit, capturé en juin 2006 par le Hamas, et détenu depuis dans un lieu secret à Gaza, reste l’une des principales préoccupations du pouvoir israélien. Le gouvernement Olmert avait été plusieurs fois proche d’une solution. Après d’interminables tractations, le puissant chef des services secrets égyptiens, le général Omar Souleimane, était arrivé à définir les modalités d’un échange de prisonniers entre le Hamas et Israël. La mise en œuvre de cet échange a jusqu’à présent échoué.

Les exigences du Hamas, qui ré­clame pour Gilad Shalit la libération de près d’un millier de prisonniers palestiniens, dont de nombreux auteurs de crimes de sang et d’actes de terrorisme, continuent à faire hésiter les autorités israéliennes. Outre le risque de remettre en liberté un certain nombre de cadres du Hamas, les Israéliens craignent d’encourager ainsi la prise d’otages.

Les négociations entre Israël et le mouvement islamiste palestinien sont compliquées par le refus d’Israël de donner la moindre once de légitimité à une organisation considérée comme terroriste en traitant directement avec elle.

Selon le quotidien israélien Yedioth Ahronoth, l’agent allemand aurait permis de remettre à plat les tractations. Il aurait commencé son rôle de médiateur en juillet dernier.

Après l’échec de ses prédécesseurs, le nouveau responsable israélien chargé du dossier, Hagai Hadas, ancien directeur adjoint du Mossad, aurait pris contact avec Ernst Urhlau, le directeur des services secrets allemands, le BND (Bundesnachrichtendienst), pour obtenir la discrète contribution de Berlin.

Le médiateur allemand serait parvenu, selon le Spiegel, à découper en deux étapes l’échange de prisonniers, permettant aux deux parties de ne pas sembler négocier directement. Après la libération de 450 prisonniers palestiniens, Gilad Shalit serait remis aux Égyptiens. Un second groupe de 550 prisonniers serait alors libéré, officiellement pour des raisons humanitaires et en remerciement des efforts égyptiens, et Shalit remis aux Israéliens.

Délicates tractations

L’Allemagne occupe une position diplomatique jugée plus neutre au Moyen-Orient que la France ou la Grande-Bretagne. La coopération entre le BND et le Mossad est excellente. Et les services secrets allemands ont déjà à leur actif de délicates tractations avec le Hezbollah libanais.

En 2004, le BND avait réussi un premier coup en obtenant la libération d’environ 400 prisonniers palestiniens et libanais contre les dépouilles de trois soldats et d’un ancien colonel israélien, Elhanan Tannenbaum, détenu par le Hezbollah.

En juillet 2008, le médiateur secret allemand, Gerhard Konrad, avait été l’organisateur d’un nouvel échange. Les corps des deux soldats israéliens tués dans l’embuscade qui avait déclenché en 2006 la seconde guerre du Liban avaient été restitués par le mouvement libanais contre la libération de Samir Kuntar, auteur d’un sanglant attentat en Israël.

 

·         Obama reçoit Netanyahou à la Maison-Blanche

Le Point Avec AFP

Barack Obama ne s’avoue pas vaincu. Ses derniers efforts pour relancer les pourparlers de paix au Proche-Orient s’étaient soldés par un échec, mais le président américain compte bien relancer la machine de paix. Lundi, il rencontre le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou. L’entretien aura lieu dans le bureau ovale de la Maison-Blanche, un lieu hautement symbolique. Le chef du gouvernement israélien est arrivé dimanche à Washington pour une visite de trois jours au cours de laquelle il devrait rencontrer des membres du Congrès et s’exprimer devant l’assemblée annuelle des principales organisations juives d’Amérique du Nord.

La Maison-Blanche avait précédemment refusé de confirmer la rencontre Obama-Netanyahou, forçant les responsables israéliens à déclarer que l’absence éventuelle d’entretien ne devait pas être interprétée comme le signe révélateur d’une crise avec les Etats-Unis du fait de l’enlisement des efforts de paix avec les Palestiniens. "Nous entretenons des relations de travail étroites et quotidiennes avec la Maison-Blanche et le département d’Etat ainsi qu’au niveau personnel avec les dirigeants américains, et ces relations se déroulent dans une ambiance excellente", avait déclaré le principal porte-parole de Netanyahou, Nir Hefetz, à la radio publique israélienne. Le Premier ministre a "surtout pour objectif de s’exprimer devant la communauté juive américaine sur le danger iranien et les effets du rapport Golstone" de l’ONU accusant Israël de crimes de guerre durant son offensive à Gaza l’hiver dernier, avait-il ajouté.


L’administration américaine a présenté comme "prioritaires" ses efforts en vue d’une relance des pourparlers de paix israélo-palestiniens suspendus depuis l’offensive israélienne à Gaza. Après avoir soutenu pendant des mois qu’Israël devait geler totalement la colonisation en Cisjordanie occupée avant la reprise de ces pourparlers, la secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, a créé la surprise la semaine dernière à Jérusalem en appelant les Palestiniens à renoncer à l’exigence d’un tel préalable. Une annonce qui a suscité la fureur des autorités palestiniennes. Le président palestinien Mahmoud Abbas a même imputé à cette déclaration sa
décision, annoncée jeudi dernier, de ne pas briguer de nouveau mandat en janvier . La Maison-Blanche refuse d’admettre toute bourde de Hillary Clinton au sujet des colonies. Mais la secrétaire d’Etat a toutefois habilement essayé de se rattraper, rappelant que les Etats-Unis considéraient toujours comme "illégales" les colonies israéliennes dans les territoires occupés depuis 1967.

·         Nétanyahou crispe autant Washington que Paris 

Adrien Jaulmes - Correspondant à Jérusalem le Figaro

Un «vrai différend politique» oppose Nicolas Sarkozy et le premier ministre israélien attendu aujourd’hui à Paris.

Les espoirs soulevés par Barack Obama au Proche-Orient sont retombés comme un soufflé. Le processus de paix israélo-palestinien était depuis longtemps déjà un processus sans paix. Il n’y a à présent plus de processus du tout. Benyamin Nétanyahou a été reçu lundi soir entre deux portes par Obama à la Maison-Blanche. La réunion s’est déroulée à huis clos, après que les Américains ont confirmé l’invitation à la dernière minute : pas de photos, pas de déclarations communes, comme c’est l’habitude. Le premier ministre israélien a eu beau appeler à une reprise des négociations lundi à Washington devant l’Union des communautés juives quelques heures avant sa rencontre avec Obama, la Maison-Blanche a eu beau expliquer qu’« aucune conclusion ne devait être tirée du délai d’organisation de la rencontre », la crispation des relations israélo-américaines est patente.

Il en est de même avec la France, où Nétanyahou est attendu aujourd’hui. Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a reconnu hier qu’un « vrai différend politique » existait entre Nétanyahou et Nicolas Sarkozy. « Nous pensons toujours que le gel de la colonisation, c’est-à-dire ne pas coloniser pendant qu’on parle, serait indispensable », a ajouté le ministre. Bernard Kouchner a aussi déploré la disparition en Israël d’« aspiration à la paix », « comme si on n’y croyait plus ».

Kouchner doit se rendre prochainement en Israël et dans les Territoires palestiniens. Déjà prévue il y a trois semaines, cette visite avait été annulée pour des raisons d’organisation, mais aussi vraisemblablement à cause des désaccords entre les deux pays.

Les autorités israéliennes ont peu apprécié la lettre commune adressée par Nicolas Sarkozy et le premier ministre britannique, Gordon Brown, demandant l’ouverture d’une enquête indépendante sur l’opération de Gaza, après la publication du rapport Goldstone mettant en cause Israël pour crimes de guerre.

Nicolas Sarkozy s’entretient avec Mahmoud Abbas

Nétanyahou continue d’appeler à des négociations « sans préconditions », faisant porter la responsabilité du blocage actuel sur les Palestiniens, qui réclament un gel total de la colonisation. Il pourrait se retrouver bientôt sans interlocuteur. Mahmoud Abbas, attaqué par le Hamas pour sa complaisance envers les Américains et les Israéliens, pressé par Washington de faire de nouvelles concessions, critiqué dans son propre camp pour avoir accepté de demander le report de l’examen du rapport Goldstone, a menacé de ne pas se présenter aux élections de janvier prochain. Une démission du président palestinien pourrait entraîner un effondrement de l’Autorité palestinienne, sur qui Américains et Européens ont tout investi.

Nicolas Sarkozy, qui s’est entretenu hier avec le président palestinien, lui a demandé de renoncer à son projet de démission, et à « poursuivre son action au service de la paix ». Selon l’Élysée, Sarkozy l’a « assuré du soutien actif de la France pour parvenir à une véritable relance du processus de paix sur les bases agréées par les parties et la communauté internationale ».

 

MONDE

·         Renforts en Afghanistan : Obama fait pression sur Karzaï

Flore Galaud (lefigaro.fr) avec agences

L’ambassadeur américain à Kaboul se dit très réservé sur l’envoi de troupes supplémentaires en Afghanistan, tant que la corruption n’est pas jugulée. Un avis que le président américain a pris en compte lors d’un conseil de guerre cette nuit.

L’ambassadeur américain à Kaboul s’est montré très clair, révèle le Washington Post. Karl Eikenberry a fait connaître mercredi à Barack Obama peu avant un conseil de guerre à la Maison-Blanche ses réticences face au déploiement de renforts en Afghanistan. Selon le quotidien, l’ambassadeur se montre très réservé sur cette question tant que le gouvernement afghan n’aura pas montré qu’il peut éliminer la corruption, qui a permis une résurgence des talibans dans le pays. Karl Eikenberry aurait également évoqué des inquiétudes quant au comportement imprévisible d’Hamid Karzaï.

Des craintes que le président américain semble avoir pris en compte, compte tenu des déclarations faites mercredi soir, à l’issue de ce conseil de guerre, par un haut responsable américain. «Le président pense qu’il faut signifier clairement au gouvernement afghan que notre engagement n’est pas illimité» a-t-il indiqué, sous couvert d’anonymat. «Après des années au cours desquelles les Américains se sont investis de manière substantielle, la gouvernance en Afghanistan doit s’améliorer dans un délai raisonnable pour que nous réussissions à transférer les responsabilités à notre partenaire afghan».

«Karzaï n’est pas erratique», répond Kaboul

Pendant plus de deux heures mercredi, Barack Obama a examiné avec attention les différentes stratégies possibles en Afghanistan en compagnie de son vice-président Joe Biden et ses principaux ministres, généraux et conseillers. Il n’aurait pour l’heure pas encore pris de décision. Selon l’agence AP, le président n’aurait en effet pas été convaincu par les propositions qui lui ont été faites. Pour autant, Barack Obama devrait se décider d’ici quelques semaines, a indiqué son porte-parole Robert Gibbs. Son homologue britannique Gordon Brown, partenaire clé en Afghanistan, assure de son côté qu’il ne s’agit que d’une question de jours. La tâche du président américain est d’autant plus délicate que l’opposition va grandissante chez les Américains face à une guerre qui, en plus de huit ans de combats, a déjà coûté la vie à plus de 800 soldats américains.

Kaboul a répondu jeudi aux craintes américaines, tout en pointant du doigt la responsabilité internationale. « Nous sommes sérieux dans cet engagement [contre la corruption, ndlr] vis à vis de la communauté internationale», a indiqué un porte-parole de la présidence, Siamak Herawi. «Mais en même temps, nous voulons que la communauté internationale fasse davantage pour éliminer la corruption qu’elle génère à travers l’aide qu’elle verse. Elle doit éliminer la corruption qui existe dans les systèmes actuels de contrats». Le porte-parole a également réagi aux attaques concernant Hamid Karzaï. «Le président Karzaï n’est pas erratique. C’est lui qui a réussi à maintenir l’unité du pays et empêcher le retour à la guerre civile. Il a essayé d’être un partenaire loyal de la communauté internationale tout en veillant dans le même temps à la sauvegarde des intérêts de l’Afghanistan», a-t-il assuré.

 

·         Fort Hood : le profil du tueur inquiète l’Amérique 

Laure Mandeville - Correspondante à Washington  le Figaro

Le militaire Nidal Malik Hasan a tiré en criant le nom d’Allah.

Un profond malaise a saisi l’Amérique en découvrant le profil de l’officier Nidal Malik Hasan, responsable de la plus grande tuerie jamais perpétrée sur une base de l’armée américaine. Ce psychiatre militaire, musulman d’origine palestinienne né il y a trente-neuf ans en Virginie, a passé dix ans sous l’uniforme avant de tirer sur ses compagnons d’armes à Fort Hood (Texas) aux cris d’«Allah akbar !»

Jeudi matin, il avait revêtu une djellaba et coiffé sa calotte blanche de musulman pour prendre un café à l’épicerie de la base. Sur une vidéo, on l’en voit ressortir, le sourire aux lèvres. Mais, quelques heures plus tard, il se rend en uniforme militaire au centre d’entraînement où quelque 400 soldats désarmés passent un examen médical avant leur déploiement en Afghanistan ou en Irak. Là, il ouvre le feu avec deux armes de poing. Le massacre - 13 morts, dont un civil, et 30 blessés - ne prend fin qu’après l’intervention d’une femme officier de police, qui est blessée mais neutralise le tueur. «Pourquoi, en dix ans, cet homme n’a-t-il pas pu se construire une identité militaire ?», s’est interrogé l’ex-psychiatre militaire Paul Ragan sur CNN.

» Images de Nidal Malik Hasan avant la fusillade

En attendant les réponses de l’officier meurtrier, soigné dans un hôpital civil, les détails fournis par ses proches indiquent qu’un conflit intérieur a pu miner sa personnalité, le poussant à trahir sa «famille militaire» au nom de sa foi. Appelé à être déployé prochainement en Irak, Hasan ne cachait pas son inquiétude et son opposition à cette guerre contre des musulmans. Des messages Internet signés du nom de Nidal Malik Hasan avaient d’ailleurs retenu l’attention des services de renseignement. L’auteur y expliquait que les islamistes auteurs d’attentats suicides devaient être comparés aux soldats occidentaux se jetant sur des bombes pour sauver leurs camarades… Des déclarations qui suscitent un débat sur la surprenante incapacité de la hiérarchie militaire à se pencher sur la radicalisation idéologique d’un officier en partance pour l’Irak.

Quand il habitait en Virginie, lieu d’une communauté musulmane connue pour abriter nombre de radicaux, Hasan pratiquait régulièrement sa foi. Curieusement, sur un formulaire lui permettant de trouver femme à travers la mosquée, il avait indiqué être de nationalité palestinienne plutôt qu’américaine.

Insulte raciste

Selon son cousin, Nader, et sa tante, Noël, il disait souffrir d’ostracisme depuis les attentats du 11 septembre 2001 et se querellait souvent avec d’autres soldats à propos des guerres d’Irak et d’Afghanistan. Selon la chaîne ABC, le psychiatre était surnommé «Camel Jockey», une insulte raciste, par certains de ses collègues. «Il avait embauché un avocat militaire pour tenter de résoudre le problème. Il était prêt à rembourser l’État pour pouvoir quitter l’armée, mais il était arrivé au bout de ses possibilités», a expliqué son cousin.

Si la thèse d’un acte isolé est privilégiée, la piste terroriste n’est pas exclue par l’enquête. Quelle qu’en soit l’issue, la tragédie de Fort Hood pose de manière abrupte la question du contrôle des musulmans enrôlés dans l’armée américaine et de leur recrutement. Elle remet aussi au cœur du débat ces troubles psychologiques qui agitent une armée soumise à la pression de missions à répétition tenues pour responsables de la forte progression des suicides (128 en 2008). Autant dire que la tuerie de Fort Hood ne va pas faciliter la tâche d’Obama au moment de se prononcer sur l’envoi de troupes en Afghanistan. 

 

 

DOSSIER :   VOYAGE CHEZ LES SALAFISTES FRANÇAISES

PAR CYRIL DROUHET, NADJET CHERIGUI Le Figaro


La vision de ces silhouettes fantomatiques dans les rues dérange, surprend et effraie parfois. En France, le voile intégral est objet de polémiques. Pourtant, ces femmes ne sont que la partie la plus visible et la plus frappante de l’iceberg d’une mouvance appelée salafiste. Nous avons rencontré ces « puristes » de l’islam, pour qui les règles du quotidien ne peuvent se calquer que sur celles du prophète Mahomet. Quitte à faire fi des lois de la République...

Ce reportage est un document. Un témoignage exceptionnel. Pour la première fois, en plein débat sur l’identité française, au moment même où le port du voile divise l’ensemble de la communauté musulmane, des femmes salafistes ont accepté de s’expliquer. De se livrer comme jamais et d’ouvrir leurs portes à des journalistes. Pour aller aussi loin, pour plonger ainsi au cœur de l’islam radical de France et gagner la confiance de ces femmes qui ne sortent que très rarement de chez elles, Nadjet Cherigui et Axelle de Russé ont négocié des semaines. Pas à pas. Puis, elles se sont immergées en profondeur, enquêtant comme personne n’avait réussi à le faire avant elles, en se plongeant dans un monde, semble-t-il, irrationnel, mais totalement codifié. Si certains salafistes ont accepté de jouer le jeu de la transparence, les accueillant chez eux, d’autres, notamment à proximité des mosquées les plus dures, les ont reçues avec des injures et parfois des menaces, leur interdisant même de prendre des photos dans des rues où la liberté de mouvement se restreint lentement. Pour approfondir ce voyage en terre inconnue, Le Figaro Magazine s’est aussi adressé au journaliste et écrivain Mohamed Sifaoui, spécialiste des mouvements intégristes. L’occasion de comprendre la nature réelle du salafisme, ce mouvement en plein essor qui attire à lui chaque année toujours plus de « convertis ».

Enquête sur l’islam radical en France

Dossier coordonné par Cyril Drouhet - Reportage Nadjet Cherigui (texte) et Axelle de Russé/Le Figaro Magazine (photos)

La vision de ces silhouettes fantomatiques dans les rues dérange, surprend et effraie parfois. En France, le voile intégral est objet de polémiques. Pourtant, ces femmes ne sont que la partie la plus visible et la plus frappante de l’iceberg d’une mouvance appelée salafiste. Nous avons rencontré ces «puristes» de l’islam, pour qui les règles du quotidien ne peuvent se calquer que sur celles du prophète Mahomet. Quitte à faire fi des lois de la République...

Ce reportage est un document. Un témoignage exceptionnel. Pour la première fois, en plein débat sur l’identité française, au moment même où le port du voile divise l’ensemble de la communauté musulmane, des femmes salafistes ont accepté de s’expliquer. De se livrer comme jamais et d’ouvrir leurs portes à des journalistes. Pour aller aussi loin, pour plonger ainsi au cœur de l’islam radical de France et gagner la confiance de ces femmes qui ne sortent que très rarement de chez elles, Nadjet Cherigui et Axelle de Russé ont négocié des semaines. Pas à pas. Puis, elles se sont immergées en profondeur, enquêtant comme personne n’avait réussi à le faire avant elles, en se plongeant dans un monde, semble-t-il, irrationnel, mais totalement codifié. Si certains salafistes ont accepté de jouer le jeu de la transparence, les accueillant chez eux, d’autres, notamment à proximité des mosquées les plus dures, les ont reçues avec des injures et parfois des menaces, leur interdisant même de prendre des photos dans des rues où la liberté de mouvement se restreint lentement. Pour approfondir ce voyage en terre inconnue, Le Figaro Magazine s’est aussi adressé au journaliste et écrivain Mohamed Sifaoui, spécialiste des mouvements intégristes. L’occasion de comprendre la nature réelle du salafisme, ce mouvement en plein essor qui attire à lui chaque année toujours plus de «convertis».



En présence d’hommes étrangers à la famille, ou face à un appareil photo, Fatima porte le voile, même chez elle. Mais ce sont les mêmes gestes du quotidien, ceux d’une mère douce et attentive avec ses enfants.

Tout commence simplement par un rendez-vous à quelques kilomètres de Paris, dans une petite ville de banlieue de l’Essonne. La cité, certes, est populaire, mais proprette. Aucun pitbull ni rottweiller à l’horizon. Ceux qui «tiennent» les halls sont de gentils retraités discutant pétanque bien au chaud. Fatima * nous reçoit chez elle. La jeune femme a fait le choix du minhaj (le chemin) salafi. Elle porte le jilbab (voir encadré p. 53), mais se voile intégralement lorsqu’elle est maquillée ou pour ne pas laisser apparaître son visage en photo. Derrière la porte, point de voile ni d’austérité, mais un accueil chaleureux et le sourire d’une beauté d’ébène au corps de liane. Elégante et féminine, la jeune femme a pris le soin d’accorder la couleur de ses boucles d’oreilles au bleu de son piercing au nez. Fatima, 23 ans, mère d’un bébé de six mois, nous invite gentiment à nous déchausser avant d’entrer. L’intérieur est impeccablement tenu, la décoration, ultraminimaliste. Pas de photo ni de tableau, aucune référence à l’islam si ce n’est quelques livres religieux reliés de dorures et soigneusement rangés dans un meuble du salon. Un épais rideau beige sépare la pièce principale du reste de l’appartement. « Cela nous permet de diviser l’espace lorsque je reçois mes amies. La mixité nous est interdite. Quand mes copines viennent prendre le thé ici, je baisse les rideaux et mon mari s’éclipse toujours dans une autre pièce.»

A 29 ans à peine, déjà mère de quatre enfants, (Sephora, 11 ans, Shaïma 10 ans, Thaouban, 9 ans, Ajar, 7 ans), Kenza a de l’énergie à revendre sous son niqab.

 «L’école publique est incompatible avec mes principes religieux»

Fatima, d’origine malienne, est née et a grandi en France dans une famille musulmane de huit enfants. Son cheminement vers plus de religion s’est fait naturellement, explique-t-elle. «Je suis la seule de la famille à avoir fait le choix du voile. J’ai lu le Coran, étudié la vie du Prophète et de ses femmes, qui sont pour moi des modèles à suivre. C’est ainsi qu’elles se couvraient, je fais de même. J’ai trouvé en l’islam les réponses à mes questions, le din (la religion) est simple et les interdictions sont claires. Il n’y a qu’à suivre ce que disent les textes.» Pour le reste, Fatima raconte une vie de jeune femme comme les autres. Elle surfe sur le net, apprécie le shopping et les sorties au resto avec les copines. « Mes amies sont de toutes origines et confessions. On parle de tout et n’importe quoi, même de sexe ! Tant que cela se passe entre filles, il n’y a pas de tabou », précise-t-elle. Convaincue de son choix, Fatima n’émet aucun doute. Sa voie est certaine, c’est celle des salafis et de la sunna (la tradition du Prophète). Elle n’osera exprimer qu’un regret : l’exclusion du monde du travail. Mais aussi une douleur : les regards pesants, les sarcasmes cruels et les insultes blessantes. « Je ne comprends pas un tel déferlement de haine, je ne suis en aucun cas en dehors des lois de la République, se persuadet- elle. Chaque fois que je suis sortie en sitar (voir encadré), j’ai accepté de me dévoiler pour les contrôles. La seule chose qui ne me convienne pas, c’est le modèle de l’école publique. C’est incompatible avec nombre de mes principes religieux. Pour ma fille, j’ai déjà commencé l’école à la maison quelques heures par jour et l’apprentissage des quelques sourates de base. Plus tard, elle ira dans une école privée musulmane. » Dans la République, point de salut !

La règle est claire : on baisse les yeux quand on s’adresse à son mari

Un bruit de serrure. Sur le pas de la porte, Yvon (son époux), accompagné de Bertrand, son frère jumeau, rentrent du travail. Aujourd’hui, Yvon a consenti une entorse à l’interdiction de la mixité afin d’échanger avec nous. Son épouse accepte également, mais rappelle que si la parole est libre, les règles, elles, sont claires : on doit baisser les yeux lorsque l’on s’adresse à son mari.

Rapidement, Yvon, en tenue de boulanger (c’est son métier), se retire pour réapparaître en kamis. Ce grand gaillard athlétique porte le cheveu court, la barbe longue et fournie comme il est de rigueur chez les « salafs ». Les deux frères «Français de souche, avec quelques origines juives», tiennent- ils à préciser se sont tous deux convertis à l’islam il y a huit ans. Une enfance difficile, le chômage, l’alcoolisme des parents, et puis très vite la délinquance. Vulnérables économiquement autant que socialement et psychologiquement, les jumeaux ont trouvé refuge dans les écrits salafs. Si eux s’en défendent, nombre de nouveaux convertis peuvent être la proie de ceux qui cherchent à attirer les plus égarés. «Nous étions des cas sociaux, l’islam nous a sauvés. Aujourd’hui, je ne me dégoûte plus. Si Dieu accueille le repenti et pardonne, je peux aussi me pardonner à moi-même.»

Yvon et Fatima sont mariés depuis quatre ans, après une seule et unique rencontre bien codifiée et surveillée. La moukabala, «un genre de speed dating à la musulmane », confie Fatima en souriant. Dans le milieu, pas question de se fréquenter hors mariage. Ceux qui sont désireux de convoler en justes noces le font savoir à l’entourage. Le réseau s’active et les propositions arrivent. «Il s’agit d’être précis quant aux critères physiques, d’âge, de couleur de peau, etc., explique Fatima. Ensuite on se rencontre, toujours en présence d’un tuteur pour la femme (un père, un oncle, un frère...). »

Visite chez le médecin.

Loin d’être un rendez-vous galant romantique, la moukabala est un moment important. Pas de place au coup de foudre ! La priorité : partager les mêmes valeurs. On parle donc éducation des futurs enfants, vie de couple, pratique de la religion. Chacun prend alors «librement» nous dit-on la décision de poursuivre ou non et peut renouveler l’expérience tant que l’âme soeur n’est pas trouvée. Beaucoup plus au sud, à quelques centaines de kilomètres, dans les rues d’un quartier populaire d’Avignon, Kenza, 29 ans, s’avance entièrement couverte de noir. Son niqab ne laisse apparaître que des yeux que l’on devine rieurs. Babouches aux pieds, la jeune femme marche d’un pas énergique. Drapée de noir, elle surprend par son enthousiasme et sa spontanéité. «Je n’ai aucun problème avec mon niqab dans la rue, s’exclame- t-elle. Moi, j’ai le voile dans la peau !» Kenza presse le pas, elle est attendue chez sa meilleure amie, Marie-France, pour une leçon culinaire autour du couscous. Marie- France est une quinqua coquette, dynamique et enjouée, mais aussi une très fervente catholique. «C’est notre amour de Dieu qui nous a réunies. La seule différence, c’est que je mange du porc contrairement à Kenza. Pour le reste nous avons les mêmes valeurs et la même façon de pratiquer : ils ont le ramadan, nous avons le carême... Quarante jours, en plus ! J’ai un bon coup de fourchette et je peux vous dire que j’en souffre !» s’exclame-t-elle avec l’accent parfumé de la Provence. Dans le salon, Sainte- Thérèse, la Vierge Marie, Jésus, les flacons d’eau bénite et autres crucifix partagent très naturellement l’espace avec le poster d’une bimbo à moitié nue. «Cela ne vous choque pas tout de même... ? se moque Marie-France. Je la trouve belle tout simplement...»

La polémique autour du voile intégral, elle la refuse et défend son amie. «Toutes nos bonnes soeurs portent le voile ! Et n’oublions pas que, jusque dans les années 60, on ne mettait pas un pied dans une église sans se couvrir !» Etrange alliance de ces deux religions que bien des points opposent.

Le temps passe. Kenza doit aller chercher ses enfants à la sortie de l’école. Puis c’est la prière en famille avec Allal, le père, sur le tapis du salon. Sereinement, Allal et Kenza racontent leur choix de vie. « Je n’ai jamais forcé ma femme à porter le voile. C’est en lisant les textes qu’elle a pris seule sa décision.» La jeune femme acquiesce : «D’ailleurs, quand on s’est connus je ne portais rien... ; ah si, une culotte ! lâche-t-elle dans un éclat de rire. En tant que musulmans, nous sommes tous salafs. Notre devoir est de suivre les pratiques du Prophète à la lettre et c’est ce que je fais.» L’heure tourne et les enfants se pressent autour de leur mère pour le jeu du soir. Près d’une heure de questions-réponses autour de l’islam, du Coran et du prophète Mahomet. « Il n’y a pas pire péché que d’obéir par obligation, explique Allal. Il est essentiel pour nous d’éduquer nos enfants à la religion et cela peut être aussi ludique, la preuve !»

 Quelques semaines plus tard en banlieue parisienne, à Gennevilliers. Le ton change. C’est jour de fête pour la communauté musulmane. La sublime mosquée tant attendue est enfin inaugurée. Dans la foule, Nadia, 40 ans. Cette mère de quatre enfants ne cache pas son émotion. « Cela fait près de dix ans que l’on attendait une mosquée plutôt que ces salles de prière aussi obscures que douteuses qui sont devenus des nids à salafs. Mes enfants viendront y suivre les cours de Coran donnés par l’association El Nour (La Lumière). Les éduquer, c’est le seul moyen de les protéger de toute manipulation idéologique.» Derrière l’inquiétude de cette mère de famille, il y a la colère d’une femme blessée. Mariée pendant près de quinze ans, Nadia a vu l’homme qu’elle aimait se transformer au point de ne plus le reconnaître. «Mon mari aimait la vie et sa famille jusqu’à ce qu’il commence à fréquenter des groupes de prière suspects et des forums de discussions salafistes. Très vite, il m’a reproché de travailler et d’être en contact avec d’autres hommes à l’extérieur. J’étais devenue sheitan (le diable). Il m’a quittée pour épouser le salafisme.»

Sur ses conseils, nous nous rendons dans l’une de ces mosquées qu’elle qualifie d’obscures. Au rez-de-chaussée, l’accueil des hommes est tout juste poli. L’étage réservé aux femmes est un espace exigu. L’atmosphère âpre, presque irrespirable, n’a rien à envier à l’ambiance. Au fond de la pièce, une femme voilée de noir fait les cent pas, récitant frénétiquement des versets du Coran. Trois jeunes filles, respectivement en niqab, sitar et jilbab (voir encadré) étudient à voix haute des passages du livre saint. Elles expriment des doutes quant à notre identité : «Vous pourriez être envoyées par les renseignements généraux», explique très sérieusement Salima du haut de ses 20 ans. Avec le même sérieux et un sourire glacial, elle dit ses certitudes quant à notre destinée de mécréants ou de catholiques (peu importe). L’issue sera forcément cruelle, douloureuse et inéluctable. «Vous brûlerez en enfer... à moins de vous convertir.» La jeune fille se ferme. L’échange s’arrête net. En sortant, quelques jeunes de la cité voisine nous interpellent, nous provoquent mais se ravisent très vite lorsque l’un d’entre eux lâche : «Laisse-les tranquilles, elles sortent de la mosquée !»

Porter le voile ne signifie pas forcément l’exclusion. Beaucoup de femmes savent composer avec la modernité. Même le McDo est permis tant que l’on n’y consomme pas les viandes (non halal). Derrière cette apparente normalité, la plus grosse difficulté à gérer est de manger ses frites et profiter de son soda avec un niqab devant le visage.

Un petit peu plus loin, aux abords de cette même mosquée, un très jeune couple s’avance. Lui est français et converti. Quant à son épouse, nous ne verrons d’elle que des mains délicates et soigneusement manucurées. Les échanges sont vifs, il n’est pas question «d’avoir à se justifier», «nous ne sommes pas des animaux», «laissez-nous vivre en paix». Bien plus virulente que son mari, la jeune femme n’a de cesse de répéter «excuse-moi, chéri», chaque fois qu’elle hausse le ton (les femmes n’ont pas le droit d’élever la voix). L’homme insiste sur un point : «Je ne tiens à vous dire qu’une chose. Nous sommes dirigés dans ce pays par des gens qui travaillent pour Satan.» Là encore, impossible de poursuivre, ils se sont déjà éloignés. Quand la doctrine est extrême, le dialogue devient impossible. Dans une librairie accolée à la mosquée, Thomas, derrière son comptoir, ne lève les yeux de son Coran que pour répondre à une cliente en quête d’un jilbab à sa taille. «J’ai un gros arrivage en provenance d’Arabie saoudite prévu la semaine prochaine, il y aura plus de choix.» Tenues islamiques et onguents au parfum d’Orient côtoient nombre de livres. Beaucoup de Coran de toutes les couleurs et de toutes les tailles. Pour le reste, l’essentiel des ouvrages proposés sont signés par les références de la pensée salafiste. Dans les rayons, des jeunes hommes barbus s’installent, plus pour lire qu’acheter. Thomas, le gérant, 26 ans, est né et a grandi dans un presbytère. Elevé dans une famille aux valeurs très catholiques (son frère a fait le séminaire), il a lu la Bible, la Torah, puis le Coran. Aucun doute pour lui : la vérité ne se trouve que dans ce dernier. Un choix et une conversion qu’il a payés le prix fort. Sa famille n’accepte pas et a rompu tout lien avec lui. «Je ne suis pas en colère, mon coeur ne leur sera jamais fermé s’ils veulent m’accepter comme je suis. Mais jamais je ne renoncerai à ma foi.» Thomas s’arrête, fait évacuer le magasin et baisse les rideaux pour quelques minutes. C’est l’heure de la prière.

Après la banlieue, retour à Paris dans une mosquée du XVIIIe arrondissement. Le lieu est un fief ostensiblement salafiste. Notre seule présence et nos questions provoquent une réaction en chaîne. D’abord quelques protestations, des invectives, et très vite viennent les menaces. L’argument ? La rue appartient aux fidèles et la loi, c’est eux. Francine n’est pas musulmane. Habitante du quartier, elle ne cache pas son exaspération et son inquiétude. «Depuis trois ans, tout a basculé ici. L’atmosphère devient très pesante pour les riverains et les passants. Tous les vendredis, la rue est fermée pour permettre aux fidèles de prier jusque sur le trottoir à cause du manque de place à l’intérieur. Je n’ai rien contre l’islam et les croyants, mais là, il s’agit d’autre chose, les comportements sont excessifs. Certains vont même jusqu’à empêcher les femmes de circuler dans la rue parce qu’il y a une mosquée et que l’espace doit être réservé à la seule gent masculine.» Dehors, l’ambiance est électrique. Sortant de la salle de prière, un homme nous interpelle. Complètement exalté, il confirme. «Nous sommes de plus en plus nombreux et bientôt nous vous laverons le cerveau !»

 

OPINION :  Le salafisme en dix questions

Mohamed Sifaoui * Le Figaro

Au moment où l’on parle du voile intégral, du salafisme, des religions et de l’identité nationale, faut-il s’inquiéter de la présence en France d’un mouvement fondamentaliste musulman que beaucoup qualifient d’extrémiste ? Décryptage...

1. Qui sont les salafistes ?

Le salafisme puise sa racine dans le mot arabe salaf, qui veut littéralement dire « les prédécesseurs ». On parle d’essalaf essalah, ou des « pieux prédécesseurs », pour désigner les premiers compagnons du prophète Mahomet. Aujourd’hui, les salafistes les prennent pour exemple et appellent à un retour à « l’islam des origines », expurgé de la bidaa ou des « innovations blâmables » qui, de leur point de vue, pervertissent la religion. Ainsi, toutes les influences occidentales, toutes les idées humanistes et les principes philosophiques, comme la démocratie ou la laïcité, sont-ils rejetés. C’est l’école de pensée hanbalite, fondée par l’imam Ahmed ibn Hanbal (780-855) au IXe siècle, qui a forgé les racines de l’idéologie salafiste. Deux disciples de cette doctrine, l’imam ibn Taymiya (1263-1328) et Mohamed ibn Abdelwahab (1703-1792), en deviendront ensuite les deux principales références idéologiques. Abdelwahab, fondateur du dogme wahhabite et néanmoins cofondateur de la monarchie saoudienne, donnera naissance à ce « salafisme missionnaire » (sujet de notre enquête) véhiculé de nos jours : inégalité entre les hommes et les femmes ; droit pénal reposant sur les châtiments corporels ; rigorisme dans les rapports sociaux ; rejet des droits de l’homme. Dopé à coups de pétrodollars, ce salafisme s’est progressivement propagé à travers le monde.

Au XXe siècle, cette pensée salafiste se politise également en se « réformant » sous l’impulsion des Frères musulmans, une confrérie intégriste fondée en Egypte, en 1928, par Hasan al-Banna (1906-1949). Les Frères n’hésitent pas à créer des partis et à s’engager dans la vie politique et associative. Néanmoins, leurs divergences doctrinales avec les tenants du wahhabisme ne font pas d’eux pour autant des « progressistes » : eux aussi prônent l’application de la charia (la loi coranique) et l’instauration de républiques islamistes. Les Frères musulmans, qu’on affuble parfois du qualificatif de « salafistes en costard-cravate », sont représentés en France par l’Union des organisations islamiques de France (UOIF). Partisans d’une réislamisation « en douceur », ils sont en apparence plus « ouverts » que les « salafistes en barbe et djellaba ».

D’autres salafistes, dits djihadistes, préfèrent la confrontation. Leur doctrine est suivie aujourd’hui par une nébuleuse comme al-Qaida. Qualifiés également de takfiris (ceux qui pratiquent l’excommunication), ces adeptes de la guerre sainte ont les mêmes références idéologiques que les autres.

2. Que veulent-ils ?

Bien que minoritaires dans le monde musulman, les salafistes occupent le devant de la scène grâce à l’activisme effréné de leurs militants et autres idéologues. La pensée salafiste contrôle aujourd’hui plusieurs mosquées et une grande partie de la littérature musulmane. S’agissant de l’Occident, ils appellent aussi au communautarisme, espérant réislamiser les membres de la communauté musulmane et convertir autant que faire se peut des personnes séduites par une idéologie politico-religieuse incompatible avec les valeurs universelles. Pour autant, contrairement à certains fantasmes entretenus par des milieux d’extrême droite, l’objectif principal des salafistes n’est pas l’islamisation de l’Europe, mais la mise en place de conditions qui leur permettraient de pratiquer leur vision de l’islam comme ils l’entendent, même si celle-ci est contradictoire avec l’esprit des Lumières. De leur côté, les Frères musulmans souhaitent ériger un groupe de pression à même de peser sur les débats nationaux et internationaux, et veulent constituer une force lobbyiste susceptible de faire naître un « vote musulman ».

3. Combien sont-ils en France ?

Il est difficile de connaître avec exactitude le nombre de salafistes présents en France (et en Europe). Il serait possible néanmoins d’avoir une estimation quand on sait que seuls 10 % des 5 millions de musulmans de France sont des pratiquants réguliers qui fréquentent les 1 900 mosquées et salles de prière avec assiduité. Ayant centré leur vie autour du lieu de culte et de la pratique, ils représentent une forte minorité de ces pratiquants. Mais ils donnent l’impression d’être majoritaires grâce à leur activisme, leur excitation militante, leur présence sur le net, leur accoutrement ostensiblement prosélyte, et à travers leur engagement dans l’action sociale au sein des quartiers. Les salafistes ont ainsi montré leur poids réel lors des manifestations contre la loi interdisant les signes religieux à l’école. A analyser également, les rencontres annuelles du Bourget qu’organise l’UOIF, cette filiale française de la pensée des Frères musulmans, qui peine à rassembler plus de 20 000 personnes, même si elle prétend le contraire.

Il existerait une cinquantaine de mosquées ou de lieux de prière tenus par les partisans du wahhabisme saoudien et de la pensée salafiste prosélyte, et beaucoup plus dirigés par l’UOIF, qui ne représente cependant qu’un tiers des musulmans pratiquants dans les instances du Conseil français du culte musulman (CFCM).

Les mosquées salafistes wahhabites sont souvent implantées au cœur des cités populaires. Il en existe en région parisienne - à Sartrouville, Argenteuil ou Gennevilliers notamment -, dans la région lyonnaise, dans le Nord, ainsi qu’à Marseille ou Besançon. Mais on en trouve aussi dans Paris intra-muros, au cœur des quartiers de Belleville et de Barbès.

4. Qui finance la propagation du salafisme ?

Outre l’Etat saoudien qui, au travers de la Ligue islamique mondiale, a longtemps financé cette idéologie, de nombreux mécènes arabes du golfe Persique accordent des millions d’euros par an pour faire rayonner à travers le monde le « vrai islam », comme ils aiment qualifier le salafisme. En France, plusieurs mosquées ont été construites grâce à des fonds provenant des monarchies arabes et de la Ligue islamique mondiale : les mosquées d’Evry et de Mantes-la-Jolie, par exemple. L’Arabie saoudite propage le salafisme en formant dans ses universités de Riyad, de La Mecque et de Médine des milliers d’étudiants saoudiens ou étrangers. Ce salafisme « missionnaire » a été véhiculé aussi par les écoles coraniques pakistanaises, notamment celle de Karachi, qui enseigne la pensée dite deobandie, une version indo-pakistanaise du salafisme ayant donné naissance aux fameux talibans. Les Frères musulmans ont, quant à eux, longtemps bénéficié de l’aide des Saoudiens, qui ont permis l’ouverture en Europe du Centre islamique de Genève, fondé par Saïd Ramadan (père de Tariq Ramadan et gendre de Hasan al-Banna). Et, lorsque l’UOIF est créée, au début des années 80, par des islamistes tunisiens et par l’activiste libanais Fayçal Mawlawi, l’organisation profitera de nombreux soutiens émanant des Emirats arabes unis. Aujourd’hui, l’UOIF recevrait, selon les différentes estimations, entre 30 et 60 % de son financement de pays ou de personnalités arabes. Les associations qui sont liées à l’UOIF tirent également une partie de leur argent de la certification halal, un commerce communautaire qu’ils ne cessent de promouvoir tant il est lucratif.

5. Qui sont leurs idéologues ?

Parmi les contemporains, on peut compter des Egyptiens issus des Frères musulmans comme Sayyid Qutb (1906-1966) ou Youssouf al-Qaradawi, qui ne cesse de justifier les attentats suicides et l’instauration de la charia. Bien qu’il s’en défende, Tariq Ramadan, qui se laisse complaisamment affubler parfois du titre de théologien, est en réalité un idéologue de la pensée salafiste des Frères musulmans. Il n’hésite pas à fustiger le wahhabisme saoudien, mais cela ne fait pas de lui un progressiste ou un libéral ni un réformateur. Ses références idéologiques demeurent les fondateurs de la pensée des Frères et les théoriciens qui l’ont sophistiquée pour en faire un instrument de lutte politico-idéologique, en l’occurrence son propre grand-père Hasan al-Banna, auquel il voue une admiration sans pareille, ou encore le Pakistanais Abu al-Ala al-Mawdoudi (1903-1979). Tariq Ramadan s’est singularisé en utilisant des codes de langage et d’écriture occidentaux pour propager une pensée frériste qui a su adapter son discours aux opinions publiques européennes. Il ne propose qu’une version d’un salafisme en apparence plus « doux ».

D’autres « penseurs », des Saoudiens, ont assuré le rayonnement du salafisme wahhabite à travers le monde. C’est le cas du cheikh Ibn Baz (1909-1999), qui a toujours prêché un islam pur et dur. Salih bin Fawzan al-Fawzan, un Saoudien, est « apprécié » par les salafistes européens : il recommande à ses adeptes de ne pas «ressembler aux mécréants dans ce qui leur est spécifique». Il est de ceux qui incitent les femmes à porter le voile intégral, refusant même le voile classique qui permet de laisser le visage des femmes visible. Autre gourou très écouté par les salafistes : le cheikh Mohamed ibn Saleh al-Otheimine. Il interdit, entre autres, de «féliciter les mécréants [juifs et chrétiens notamment] durant leurs fêtes religieuses». Enfin le cheikh Nacereddine al-Albani (1914-1999), un idéologue albano-syrien, a produit une floraison de fatwas (édits religieux) tout aussi intégristes les unes que les autres et a notamment prohibé l’usage de la télévision et de la radio.

6. Quels sont leurs relais médiatiques ?

Bien que certains idéologues interdisent la télévision, d’autres appellent à ce que l’utilisation de ce média soit exclusivement réservée à la propagation de l’islam. C’est le cas par exemple de plusieurs chaînes satellitaires arabes, qui accordent une large place à ces salafiste prêchant « la bonne parole » tant en direction des sociétés musulmanes que de l’Occident. Les prêcheurs se succèdent sur des chaînes qui, du Qatar à l’Egypte en passant par les Emirats, font de la surenchère en jouant sur les notions du licite et de l’illicite très chères à Youssouf al-Qaradawi. Une fois par semaine, celui-ci anime l’émission phare « Al-Sharia oua Al-Hayat » (la charia et la vie) sur les plateaux de la chaîne al-Jezira, au cours de laquelle il traite de toutes les questions d’actualité, parfois avec une violence inouïe. Cela dit, internet est devenu le moyen principal pour véhiculer les idées salafistes, que ce soient celles des Frères musulmans ou celles des wahhabites et même celles des djihadistes. Les sites et les forums se comptent par centaines et, là aussi, tous les sujets sont abordés. Actuellement, plusieurs salafistes tentent de se mobiliser sur le net contre une éventuelle loi sur le voile intégral. Mobilisation qui voit son prolongement sur le web 2.0 et notamment sur des réseaux sociaux tels que Facebook, qui recèle des dizaines de profils se revendiquant clairement de cette idéologie. Enfin, les nombreuses librairies dites musulmanes propagent en réalité l’idéologie salafiste. C’est le cas d’al-Tawhid à Lyon, qui diffuse la littérature des frères Ramadan et celle des penseurs fréristes, ou d’autres échoppes qui proposent, quant à elles, les ouvrages des idéologues saoudiens.

7. Le salafisme est-il compatible avec la République ?

Les salafistes sont contre la mixité, ils rejettent les minorités religieuses et sexuelles, encouragent le communautarisme, ne reconnaissent pas les valeurs de fraternité en dehors de l’oumma (la nation islamique) et refusent toutes les notions de liberté qui contredisent leur vision de l’islam. Les textes salafistes montrent l’étendue qui sépare cette idéologie totalitaire des principes républicains. Ainsi, le cheikh Otheimine, par exemple, appelle-t-il les femmes musulmanes à ne quitter leur domicile qu’en cas de nécessité et qu’avec «l’autorisation du mari ou du tuteur». Il précise : «La femme est libre chez elle, elle se rend dans toutes les pièces de la maison et travaille en accomplissant les tâches ménagères.» Et d’ajouter à leur intention : «Que ces femmes craignent Allah et délaissent les propagandes occidentales corruptrices!» Un autre cheikh, Salih bin Fawzan al-Fawzan, défenseur du voile intégral, affirmait dans l’une de ses fatwas que «le visage de la femme est une awrah (partie à dissimuler) et qu’il est obligatoire de le couvrir». Pour lui, «c’est la partie la plus forte en tentation». Et il en va de même pour d’autres principes fondamentaux qui forgent l’identité républicaine et laïque de la France. Le salafisme, par exemple, n’accepte pas la liberté de conscience. S’il cherche à endoctriner et à convertir des non-musulmans, il refuse catégoriquement qu’un musulman puisse renier l’islam pour une autre religion. L’auteur d’une telle apostasie doit être, selon eux, condamné à mort. De même que la liberté d’expression et d’opinion, la critique des dogmes et des religions est prohibée.

8. Le salafisme est-il violent ?

Les multiples courants salafistes représentent différents niveaux de dangerosité. Les djihadistes ou les takfiris prônent le djihad et donc les actions terroristes. Durant ces dernières années, plusieurs d’entre eux ont été arrêtés et condamnés dans des affaires «d’associations de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste».

Le courant objet de notre enquête se veut, lui, beaucoup plus réservé sur la question de la violence. Ces fondamentalistes missionnaires préfèrent généralement raffermir leur foi et considèrent parfois qu’étant donné les divergences qui existent entre les « théologiens » au sujet du djihad, il n’est pas permis de s’engager dans cette voie. Néanmoins, ils représentent un danger pour le vivre ensemble, et leur vision de l’islam est incompatible avec les règles d’une société laïque et démocratique. En effet, tous les salafistes, y compris ceux qui prétendent le contraire, rejettent la laïcité. Il ne peut y avoir, selon leurs idéologues, de séparation entre les Eglises et l’Etat puisque, pour eux, «l’islam est un englobant qui doit régir toute la vie du musulman». Idem pour la démocratie, qu’ils considèrent comme une mécréance dans la mesure où celle-ci consacre le principe de la souveraineté du peuple alors qu’ils estiment que «la souveraineté ne doit revenir qu’à Dieu et à Dieu seul».

Les Frères musulmans prétendent officiellement accepter ces deux valeurs. Le salafisme dit réformiste qu’ils incarnent prend part, en effet, au jeu démocratique lorsqu’il s’agit d’élections. C’est le cas des Frères musulmans égyptiens ou du Hamas palestinien. Cela étant dit, ils instrumentalisent la démocratie dans l’espoir de s’approprier le pouvoir et ne la considèrent certainement pas comme un système consacrant toutes les égalités et toutes les libertés.

9. Le voile est-il une obligation de l’islam ?

Au lendemain de la révolution iranienne en 1979, le voile est devenu, dans l’imaginaire collectif, le signe de l’oppression de la femme et notamment du militantisme politique. D’un point de vue théologique, les salafistes en font une véritable obsession, bien qu’il n’existe que deux versets coraniques qui évoquent, de manière peu explicite, le voile sans en déterminer sa forme exacte : «Ô Prophète ! Dis à tes épouses, à tes filles, et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leurs grands voiles : elles en seront plus vite reconnues et éviteront d’être offensées. Dieu est Pardonneur et Miséricordieux.» (sourate 33, verset 59) ; et «Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté, et de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît et qu’elles rabattent leur voile sur leurs poitrines; et qu’elles ne montrent leurs atours qu’à leurs maris, ou à leurs pères, ou aux pères de leurs maris, ou à leurs fils, ou aux fils de leurs maris, ou à leurs frères, ou aux fils de leurs frères, ou aux fils de leurs sœurs, ou aux femmes musulmanes, ou aux esclaves qu’elles possèdent, ou aux domestiques mâles impuissants, ou aux garçons impubères qui ignorent tout des parties cachées des femmes. Et qu’elles ne frappent pas avec leurs pieds de façon que l’on sache ce qu’elles cachent de leurs parures. Et repentez-vous tous devant Dieu, ô croyants, afin que vous récoltiez le succès.» (sourate 24, verset 31).

Pour les littéralistes, ces versets seraient « clairs » et exigeraient le port du voile voire du niqab, mais pour beaucoup de penseurs et de rationalistes musulmans, le port du voile n’est pas une obligation. Gamal al-Banna, frère du fondateur des Frères musulmans, pense, lui, que le voile n’est plus valable de nos jours étant donné que ces versets s’adressaient à des femmes qui vivaient à une période précise où, de Médine à Athènes, toutes les femmes étaient voilées. D’ailleurs, nombre de musulmanes, en Tunisie ou en Turquie, y compris de ferventes pratiquantes, ne le mettent que lors de l’accomplissement des prières ; d’autres, plus âgées, le portent par tradition ou par pudeur. Récemment, le cheikh d’al-Azhar, le grand institut de théologie du Caire, a déclaré que le port du voile intégral relevait d’une «tradition et non pas du culte». Le cheikh Khaled Bentounès, guide spirituel du soufisme maghrébin, a affirmé pour sa part qu’«on a fait du voile un instrument idéologique pour avoir un stéréotype de femme modèle», dénonçant ainsi cet uniforme de l’idéologie salafiste. En tout état de cause, le retour du voile, sous ses différents aspects, coïncide avec l’avènement du salafisme contemporain.

10. Une loi contre le voile intégral est-elle applicable?

La question est actuellement en débat. La commission d’enquête parlementaire rendra son avis en janvier 2010. Pour l’heure, de nombreuses associations et des personnalités de la société civile sont auditionnées par les députés. Il aurait sans doute été préférable de créer une véritable commission d’enquête pour mieux connaître l’idéologie salafiste et son ancrage dans la société française.

Dans le cas de la mise en place d’une loi, il faudrait réfléchir dès à présent à son application. Nous sommes là devant une situation sensiblement différente de celle qui avait prévalu durant la polémique sur le voile à l’école, puisque l’interdiction de cet autre « signe » de l’islamisme fut appliquée par les responsables des établissements scolaires. Le respect d’une mesure visant à interdire le voile intégral devra cette fois être assuré par la force publique, qui devra verbaliser ou emmener au poste les éventuelles récalcitrantes. Et il y en aura ! Il faudrait en outre avoir l’assurance que cette loi, si elle venait à être promulguée, s’appliquera également l’été, lorsque les femmes et les filles ainsi que les servantes des riches princes saoudiens ou qataris déambuleront sur les Champs-Elysées.

* Journaliste, Mohamed Sifaoui est le coauteur avec Philippe Bercovici de «Ben Laden
dévoilé, la BD-attentat contre Al-Qaïda», Editions 12 Bis. Il est aussi l’auteur de «Pourquoi l’islamisme séduit-il ?», Editions Armand Colin, à paraître le 27 janvier 2010.

  

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Mis en ligne le 12 novembre 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org