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Politique française

Kouchner, toujours "ami" d’Israël, Victor Perez
18/11/2009

18/11/09 

Sur le Blogue de l’auteur

 

Dans une interview accordée au quotidien à fort tirage, Yediot Arahonot, le Ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, insiste sur l’amitié qu’il aurait pour Israël.

« Je suis un grand ami d’Israël, je souhaite la paix, et je me suis battu pour cela de longues années » - « J’aime la démocratie israélienne » - « Ne vous méprenez pas quant à vos amis. La France est l’amie d’Israël, et si la sécurité d’Israël est menacée, nous serons à ses côtés ».

Si de telles phrases peuvent séduire, de prime abord, le reste de l’entretien rend douteuse leur vraisemblance.

C’est le cas lorsque Bernard Kouchner aborde le rapport Goldstone. Il nous rappelle alors que la France a demandé aux "Palestiniens" de revoir le texte qu’ils ont déposé à Genève. Suite au refus de ces derniers [dit-il] :

« (…) nous n’avons pas participé au vote. La deuxième fois, nous nous sommes abstenus lors du vote sur le transfert du rapport à l’Assemblée générale de l’ONU ».

S’opposer de front à sa majorité systématiquement anti-israélienne aurait eu, à n’en point douter, pour la patrie des droits de l’homme, une autre allure. Peut-on alors, suite à cette attitude, imaginer, un court instant, que la France opposera son veto, au Conseil de sécurité, lors de toute tentative de transmission du dossier au Tribunal Pénal International ? Evidemment non !

Mais le pire est à venir :

« Notre position est claire, nous avons toujours dit que nous voulions qu’il y ait, du côté israélien, une commission d’enquête indépendante. Ce n’est pas que nous adoptions une position inamicale, mais que, face à de telles accusations, cela me semble normal. Qui plus est, c’est dans l’intérêt d’Israël ».

Donc, si à l’avenir, quelque individu mandaté par le Conseil des Droits de l’Homme - dont chacun connaît l’intégrité en la matière ! - enquête, par exemple, sur une plainte selon laquelle des Juifs auraient tué des enfants chrétiens, pour faire du pain azyme avec leur sang, ou sur une accusation selon laquelle Tsahal prélèverait sur des "Palestiniens", assassinés à cette fin, des organes humains pour les vendre, et si des témoignages corroborent de telles accusations, sans pour autant produire des preuves formelles, Israël devra mener des enquêtes judiciaires ‘’dans son propre intérêt’’, la charge de la preuve de son innocence n’incombant plus dorénavant à ses accusateurs, mais à lui.

La suite est à l’avenant. Le journaliste ayant rappelé qu’Israël qualifiait ce rapport de «récompense au terrorisme », Bernard Kouchner cite la position française quant à l’opération « Plomb durci » :

« (…) nous nous sommes opposés à l’entrée de l’armée israélienne dans Gaza et nous l’avons dit, à l’époque, en tant qu’amis. Si des amis ne se parlent pas franchement, ce ne sont pas de véritables amis. Nous avions dit, de manière très claire, que ce n’est pas bon pour l’image d’Israël dans le monde ».

S’il est vrai qu’un conflit n’est jamais bon pour l’image d’un pays démocratique, nul ne peut douter que les dizaines de roquettes, lancées chaque jour sur le territoire israélien, n’étaient point appréciées par les citoyens de ce pays. "L’ami" d’Israël ne se pose même plus de question à ce sujet.

On recherche, par ailleurs, désespérément ne serait-ce qu’une démarche diplomatique française, au cours de ces quatre dernières années, aux fins de faire cesser les tirs de missiles du Hamas contre les civils israéliens, actes qui constituaient pour le moins des crimes contre l’humanité. Des preuves de ces faits, Israël en possède des milliers - entreposées dans quelques dépôts de Sdérot. Mais Bernard Kouchner les a ôtées de sa mémoire.

Si, malgré des propos aussi ‘amicaux’, la France doit être encore considérée comme un pays ami, les déclarations de son ministre ne viennent pas moins confirmer toute la saveur du célèbre adage demandant à D… de nous préserver de nos amis.


©
Victor Perez

 

Mis en ligne le 18 novembre 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org