Debriefing.org
Google
Administration
Accueil
Tous les articles
Imprimer
Envoyer
S’inscrire
Nous contacter

Informations, documents, analysesDebriefing.org
Éditorialistes

La mauvaise semaine de Bibi, Caroline Glick
29/11/2009

Terrible Caroline! Elle flanquerait la pétoche à un régiment de joyeux drilles. Mais peut-être, comme dans la tragédie grecque, Cassandre a-t-elle raison? - Nissim Guetta, qui me signale l’article, l’accompagne de cette expression de dérision : "Que D... éclaire les enluminés avant qu’il ne soit trop tard et que les arabes n’exigent encore plus : par exemple Tel Aviv, Yaffo, ou la maison de [Shimon] Pérès, ou celle de Barak, ou celle de celle de Youli Tamir, de Shalom Akhshav." (Menahem Macina).

29/11/09

 

JewishWorldReview.org

 

Original anglais : "Bibi’s bad week", 27 novembre 2009

 

Sur le Blogue Malaassot

 

Adaptation française de Sentinelle 5770

 

Le Premier Ministre, Binyamin Netanyahou, a affaibli Israël cette semaine. Et il n’y a aucune bonne raison à cela.

Les titres de jeudi ont narré l’histoire. Le jour suivant, l’accord de Netanyahou face à la pression des USA, annonçant un gel total de la construction juive en Judée et Samarie pendant dix mois, le journal Yediot Ahronot a rapporté que le gouvernement Obama veut maintenant qu’Israël libère de prison un millier de terroristes du Fatah.

Les Américains veulent aussi qu’Israël autorise le déploiement des forces terroristes paramilitaires du Fatah, qui sont à présent sous le contrôle militaire israélien. De plus, les Américains exigent qu’Israël cède au Fatah un territoire stratégiquement crucial dans la vallée du Jourdain.

Et ce ne sont là que des pré-conditions américaines pour commencer des négociations avec les Palestiniens. Selon Yediot, si ces pourparlers commencent un jour, la Maison Blanche exigera qu’Israël accepte un Etat palestinien à Jérusalem, en Judée, en Samarie et à Gaza et donne son agrément pour nettoyer ethniquement ces zones de tous les Juifs.

Jusqu’à présent, en gagnant le soutien américain, ou à tout le moins en conduisant la Maison Blanche à faciliter son intimidation, le président des Etats-Unis, Barack Obama, considère comme une goutte d’eau dans la mer, la décision de Netanyahou d’exécuter une politique intolérante interdisant aux Juifs de construire au cœur d’Israël.

La vérité est qu’Israël ne devrait pas accepter de négocier le droit des villes et des villages israéliens à exister et prospérer. La conception selon laquelle il est inacceptable d’exiger que des Juifs ne soient pas autorisés à vivre en Judée et en Samarie – ou partout ailleurs dans le monde – n’est pas une conception qu’Israël puisse admettre.

Cela dit, remettre dans sa bouteille le soi-disant djinn des « implantations » est une tâche difficile. Après tout, Israël a accepté de la mettre sur la table lors des Accords d’Oslo de 1993 et a manifesté explicitement sa volonté d’expurger les communautés juives en acceptant la soi-disant « carte routière » en 2004. Pour mettre les communautés israéliennes hors de ce projet, il faudrait répudier ces accords.

Pour retirer les communautés juives des négociations sur le bloc à réduire, il faudra des efforts qui expliquent que Netanyahou n’ait pas pris cette direction depuis sa prise de fonction. Mais la volonté de discuter de ces communautés n’est pas la même chose que de les donner pour rien. Dans la discussion sur la disposition de ces villes et villages, Netanyahou aurait dû au moins tirer avantage du fait que les Américains, les Européens et les Arabes considèrent tous que les soi-disant « implantations » sont le principal obstacle à la paix.

Netanyahou aurait dû capitaliser sur la déclaration de Robert Wexler, en juillet dernier, représentant au Congrès et allié d’Obama, sur le fait qu’en échange du gel de la construction juive, Israël gagnerait des relations normalisées avec les Etats membres de la Ligue Arabe. Si Israël devait voir 20 ambassades arabes ouvrir en échange d’un gel temporaire de la construction juive, on pourrait dire que la concession massive de Netanyahou était justifiée.

Mais Netanyahou a décidé d’abandonner cette excellente carte – c’était l’as de pique d’Israël – pour rien. En vérité, il a payé pour.

Les Arabes ont rejeté l’offre de Wexler en juillet. Et cinq secondes après que Netanyahou ait annoncé le gel, les Palestiniens ont proclamé que son interdiction sans précédent de la construction juive était sans valeur. Mais ensuite, contrairement à Netanyahou, les Palestiniens ont bien joué leurs cartes. Pourquoi accepteraient-ils sa décision comme suffisante s’ils savent que les Américains exigeront encore davantage de concessions de sa part ?

Et justement, un moment après le discours de Netanyahou, l’ancien sénateur George Mitchell est apparu devant les caméras à Washington pour dire que la décision du Premier Ministre israélien est trop faible pour impressionner les clones de Mitchell et Obama.

Beaucoup de commentateurs ont déclaré que l’annonce de Netanyahou mercredi soir était sa façon d’équilibrer son désir de libérer de prison 450 meurtriers du Hamas contre l’otage Gilad Shalit, avec une concession équivalente pour le Fatah. C’est-à-dire que le gel était requis, explique-t-on, parce que, sans une décision de cette importance, l’échange de terroristes contre l’otage aurait détruit complètement le Fatah.

Cette idée est la quintessence de la notion que deux maux font un bien.

Dans un entretien sur la Deuxième Chaîne, mercredi soir, le ministre de la Défense, Ehud Barak a admis qu’en négociant la libération de Shalit, Netanyahou est allé bien au-delà des offres de l’ancien premier ministre, Ehud Olmert, au Hamas. Avec Netanyahou et le Likoud dans l’opposition proclamant bruyamment la vérité de ce que le moindre échange avec le Hamas mettrait en péril un nombre incalculable d’Israéliens, Olmert n’a pas osé accepter l’exigence du Hamas qu’Israël libère de prison ses meurtriers de masse les plus brutaux. Mais maintenant que Netanyahou et le Likoud occupent le siège du conducteur, ils ne sont que trop heureux d’accepter ce qui était inacceptable auparavant.

Depuis jeudi, Il est apparu que les Iraniens et les Syriens ont mis en veilleuse l’échange proposé. Mais même si l’échange actuellement discuté ne se réalise pas, les décisions de Netanyahou sur la question d’aujourd’hui ont déjà affaibli considérablement le pays.

Simplement en acceptant de négocier avec le Hamas, Netanyahou a conféré une légitimité non seulement au groupe terroriste, mais à l’acte de prendre des otages. Après tout, avant que le Hamas détienne Shalit, aucun gouvernement en Israël n’avait accepté de passer un accord avec lui. Mais aujourd’hui, pour faire un échange, Israël a accordé aux commandants du Hamas – y compris au ravisseur de Shalit, Ahmad Jabari –, un sauf-conduit vers l’Egypte où ils sont fêtés par les officiels égyptiens de haut rang et rencontrent d’autres terroristes importants. Ce faisant, Israël les a effectivement adoubés comme des chefs légitimes.

La volonté de Netanyahou de le libérer de prison signe aussi l’arrêt de mort d’un nombre incalculable d’Israéliens. Les médias locaux, obsédés par Shalit, insistent pour dire que les politiciens qui s’opposent à l’échange doivent accepter de regarder les parents de Shalit dans les yeux et leur dire « qu’ils ne feront pas ce qu’il faut » pour ramener Gilad à la maison. Mais les champions des parents de Shalit dans les médias et à la Knesset, favorables à l’échange de 450 terroristes contre un otage doivent se voir demander s’ils regarderont dans les yeux les familles des prochains otages de Tsahal après leur enlèvement, à cause de la décision d’Israël de libérer des meurtriers de prison en échange de Shalit. De même, ils doivent se demander ce qu’ils diront aux familles des Israéliens qui mourront à cause de cet échange.

Hélas, les stupides élites de nos médias et leurs laquais du gouvernement sont incapables de reconnaître que l’échange avec le Hamas n’oppose pas la famille Shalit aux familles des Israéliens que ces prisonniers ont déjà assassinés. Il place Noam et Aviva Shalit contre les familles des Israéliens non encore identifiés qui seront assassinés dans le futur par ces terroristes emprisonnés, s’ils sont autorisés à voir la lumière du jour.

Même si les négociations en cours finissent pas un échec, Netanyahou a fait savoir clairement cette semaine qu’il veut mener à bien une libération massive de terroristes en échange d’otages israéliens. Le message a été reçu par nos ennemis et ils nous le feront payer avec les intérêts.

Enfin, la volonté de Netanyahou de libérer des terroristes de prison en échange de Shalit affaiblit la position dissuasive d’Israël. Cette semaine le Jerusalem Post a rapporté que Tsahal a décidé de commanditer une étude pour déterminer qui a gagné une guerre indécise contre des terroristes. Il semble honteux qu’il y ait apparemment un tel manque de bon sens au niveau de l’état-major général pour que Tsahal ait besoin que quelqu’un de l’extérieur explique les faits de la vie à ses généraux.

Ces faits montrent, par exemple que, quand vous menez une guerre contre un groupe terroriste qui sert de vassal à des régimes ennemis, et qu’à la suite de la guerre ce groupe terroriste s’empare du gouvernement de son propre pays, et ses parrains étatiques bâtissent des arsenaux nucléaires non entravés par votre gouvernement et la communauté internationale dans son ensemble, alors que vos propres généraux et soldats sont menacés de mise en accusation de crimes de guerre par les tribunaux de l’ONU, les terroristes ont gagné et vous avez perdu.

De même, il est apparemment peu clair pour le Chef d’état-major général de Tsahal, Gabi Ashkenazi – qui a dit cette semaine qu’il ne peut attendre pour souhaiter la bienvenue à Gilad à la maison –, qu’en offrant de libérer des centaines de terroristes contre un soldat otage, il révèle aux milliers de soldats de Tsahal qui risquent leur vie chaque jour pour arrêter des terroristes et les combattre, qu’ils risquent leur vie pour rien.

Pourquoi se soucier de réaliser une descente en pleine à Naplouse, où vos hommes peuvent être tués, pour arrêter un terroriste, s’il va être libéré de prison dans un ou deux ans en échange d’un autre soldat ? En fait, pourquoi même disposer d’une armée ? Peut-être ferions-nous tous mieux de payer nos ennemis pour nous protéger jusqu’à ce qu’ils soient prêts à nous donner le coup de grâce.

Mais alors, peut-être est-ce ce qu’Israël est en train de faire aujourd’hui. Mardi, Barak a remarqué qu’alors qu’à la veille de la guerre de 2006, le Hezbollah disposait d’un arsenal de 14.000 roquettes, aujourd’hui il a un arsenal de 50.000 roquettes. Ses remarques peuvent avoir été perçues comme un avertissement qu’il s’apprête à mener une action préventive contre le Hezbollah. Mais cette perception serait fausse sauf si on avait à l’esprit que c’est une capitulation préventive.

Jeudi, on a rapporté qu’Israël est prêt à transférer le contrôle sur la moitié nord de Rajar – la ville frontière officiellement à cheval sur Israël et le Liban – aux forces de la FINUL. Celles-ci seraient les mêmes forces de l’ONU qui n’ont rien fait pour empêcher le Hezbollah de se réarmer et de prendre le contrôle du gouvernement libanais. Ce seraient les mêmes forces de l’ONU, commandées par l’Italie, au sujet desquelles l’ancien président italien, Francesco Cossiga, révèle avoir passé un accord avec le Hezbollah selon lequel la FINUL détournerait les yeux sur les activités du Hezbollah, en échange de quoi, le Hezbollah ne tuerait pas de soldats de la FINUL.

Depuis la guerre de 2006, l’ONU et les USA ont forcé Israël à abandonner la moitié nord de Rajar. Leur pression est intervenue malgré leur certitude que, au moment où les forces de Tsahal se retireront de la moitié nord de la ville, celle-ci redeviendra une capitale de la contrebande pour la drogue, les terroristes, les espions et le matériel du Hezbollah. Barak et Netanyahou sont d’avis que malgré – ou pire, peut-être à cause -  des dangers croissant provenant du Liban contrôlé par le Hezbollah, il vaut mieux qu’Israël cherche à se faire bien voir de l’ONU et des Etats-Unis, plutôt que de prendre les mesures nécessaires pour défendre le pays contre le Hezbollah.

Voilà le message déprimant que Netanyahou et sa joyeuse bande de ministres ont envoyé au monde cette semaine. Dans l’espoir d’apaiser l’insatiable administration Obama, le gouvernement a adopté les stratégies politiques antisémites d’Obama contre les communautés juives de Judée et de Samarie. Pour gagner des points avec les médias locaux imbéciles, irresponsables, qui n’ont aucun compte à rendre, Netanyahou a mis en péril la vie d’un nombre incalculable d’Israéliens en exprimant sa volonté de libérer de prison des centaines de meurtriers terroristes. Et pour apaiser l’ONU pro-Hezbollah, Israël a décidé qu’il veut encore renforcer [cette organisation terroriste].

On reste hébété en songeant à ce que pourrait apporter la prochaine semaine.

 

Caroline Glick

 

© JewishWorldReview.org

 


Mis en ligne le 29 novembre 2009, par
M. Macina, sur le site upjf.org