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Quelques modestes conseils pour que l’Espagne soit vraiment Eurabia, Ugo Volli
29/11/2009

Un humour grinçant et décalé, pour notre plus grand plaisir. C’est tout Ugo Volli. (Menahem Macina).

29/11/09

 

Texte original italien : "Spagna-Eurabia, modesti consigli per esserlo veramente".

 

Texte adapté en français par Danielle Elinor Guez

 

De gauche à droite: Morisques, Marranes

Chers amis, la presse italienne [et française ! NdT] ne parle malheureusement pas des choses importantes ou bien ne vous respecte pas suffisamment. En voici un exemple : l’autre jour un député du Parti Socialiste espagnol au pouvoir, José Antonio Perez Tapias a proposé « un dédommagement » pour les quelques 300 000 morisques héritiers du grand Califat de Grenade, chassés d’Espagne par l’édit de 1609 par le roi catholique Philippe III. Le député, originaire lui-même de Grenade, a proposé pour ceux-ci une « reconnaissance institutionnelle » et « une indemnisation ». Wikipédia explique que le nom de « morisques », « moriscos » en espagnol et « mouriscos » en portugais, fait référence aux musulmans de Al Andalous qui ont été contraints de se convertir au christianisme entre l’année 1492, année de la reconquête, et 1526. Le nom a également été utilisé avec une connotation péjorative pour leurs descendants jusqu’à l’expulsion définitive des musulmans, décrétée entre 1609 et 1614.

Bon, je ne vais pas tomber dans l’ornière de la comparaison entre le sort des malheureux morisques et celui des juifs expulsés du même pays, pour les mêmes raisons mais avec beaucoup plus de précipitation et en masse, en 1492, ni avec celui des Marranes (gentille épithète attribuée par les Espagnols aux juifs convertis, et qui signifie porcs, le terme exact étant Anoussim [forcés]) ; les Marranes ayant été souvent et volontiers brûlés en place publique pour avoir accompli un acte rappelant leur foi ancestrale, au cours de ce que les Espagnols appellent, à juste titre "auto da fe", acte de foi, devenu autodafé.

Que les Espagnols se souviennent des Morisques et non pas des Juifs est conforme aux résultats des sondages, qui montrent que la population espagnole est la plus antisémite d’Europe : alors qu’il n’y a presque pas de juifs dans le pays, presque 50 % des Espagnols pensent que les juifs ont trop de pouvoir, etc. etc. L’Espagne, dans sa cohérence, est toujours du côté des Palestiniens contre « l’entité sioniste ». Les musulmans sont, au contraire, assez nombreux pour avoir pu créer récemment le premier parti musulman islamiste en Europe, qui a de grandes chances d’obtenir quelques mandats aux prochaines élections.

Le fait est que la proposition de l’honorable Tapias est trop modeste. Que signifie « reconnaissance institutionnelle » et « réparation » ? C’est trop peu et trop tard. Pour remédier aux méfaits de Philippe III, il est nécessaire d’appliquer les mêmes critères exigés avec justesse par les Palestiniens pour l’entité sioniste, avec le soutien espagnol plus ou moins explicite : le droit au retour des réfugiés. Malheureusement, au XVe siècle l’URNWA - cette institution spéciale de l’ONU qui a pour tâche de maintenir intact le statut de réfugiés pendant des générations et des générations en entravant leur intégration pour que le problème ne soit jamais résolu et que la lutte continue - n’existait pas. Donc, les quelque trois cent mille Morisques ainsi que leurs descendants se sont honteusement intégrés dans les sociétés arabes. Dommage. Mais pourtant on peut y remédier. Il suffit d’admettre autant d’Arabes en Espagne en leur donnant la nationalité espagnole ; il est probable qu’à cause d’au moins un ancêtre ils soient tous des réfugiés, car, en fait, ils peuvent tous avoir un ancêtre morisque. Combien faut-il en admettre ? Le compte est vite fait.

Admettons qu’avec son rythme de croissance démographique la population double tous les 50 ans. Ils étaient trois cent mille en 1609, [ils auraient donc été] six cent mille en 1659, un million deux en 1709, quatre millions huit en 1809, vingt millions en 1909, quatre vingt millions en 2009. L’Espagne a le devoir moral d’importer quelques quatre-vingt millions d’Arabes au plus vite sur son territoire, sans compter les compensations et la reconnaissance. Vous dites que cela signifie détruire l’Espagne, lui enlever son identité ? Eh bien, ce qui est juste est juste, l’Espagne n’existera plus (déjà, nous commençons à l’appeler « entité bourbonienne »), et nous assisterons au retour glorieux d’El Andalous, le royaume de Grenade, détruit par les chrétiens colonialistes barbares. Hourra ! hourra ! Eurabia retrouvera ses plus belles perles. Bienvenue en Eurabia, El Andalous. 


P.S. Et si vraiment ils refusent de faire leur devoir ces Espagnols qui critiquent si justement le colonialisme sioniste au point d’avoir engagé des poursuites contre des officiers de l’armée israélienne pour leurs crimes de guerre horribles, s’ils hésitent et ont peur de perdre leur proie précieuse, s’ils manquent de morale, pourquoi ne pas faire au moins un petit geste dans la bonne direction ? Le programme minimum serait celui-ci : premièrement suspendre toute construction dans les colonies qui sont construites au sud des Pyrénées. S’ils veulent la paix, il leur est interdit de construire le moindre poulailler à Barcelone, ou même une cabine téléphonique à Madrid. Alors peut-être que les réfugiés entameront des pourparlers avec eux - avec la médiation de la Turquie, naturellement, et la bénédiction d’Obama. Mais, bien sûr, la première condition est de détruire les murs de la honte et l’apartheid terrible
qui séparent de la mère patrie arabe et africaine, Ceuta et Melilla, ces villes marocaines occupées par les troupes espagnoles il y a quelques siècles. Et aussi parce que [les murs] n’empêchent pas les attentats-suicide - que les Arabes d’Espagne sont d’ailleurs capables de perpétrer sur place - comme on l’a vu, mais repoussent de modestes immigrés. J’espère que bientôt le bon Tapias proposera l’innovation des frontières ouvertes ; en y pensant bien, s’ils détruisent le mur de la honte à Ceuta et assurent une liaison régulière, il n’y aura pas besoin de réintroduire les réfugiés… ils reviendront d’eux-mêmes. 


P.S 2. Sachez que ce sujet nous concerne également, nous les Italiens ; il faudrait aussi rendre la Sicile ; elle a fait partie, pendant quelques siècles, du Dar al Islam, la maison de la paix [en fait, la maison de l’islam = le lieu où résident les musulmans]. Eh bien, ce qui a jadis appartenu à l’islam est à lui pour toujours.


Ugo Volli


© Informazione Corretta

 

Mis en ligne le 29 novembre 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org