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Stockholm, capitale du «Suédistan», Par Mordechai Kedar
07/12/2009

«L’initiative visant à reconnaître Jérusalem comme la capitale de l’État des Juifs et aussi des Palestiniens exigerait que la Suède, qui en est l’auteur, satisfasse à un petit test de connaissance historique : Sur quoi est fondée la revendication palestinienne sur Jérusalem, et quand Jérusalem a-t-elle été la capitale de la Palestine ? » [...] Jérusalem n’est pas négociable. (M. Kedar).

06/12/09

 

Traduction française d’après l’hébreu d’un article du blog de Mordechai Kedar : Danielle Elinor Guez

 

Il existe un grave phénomène mondial, qui transparaît périodiquement dans des interviews d’hommes politiques s’exprimant sur la question de Jérusalem. La plupart de ces entretiens traitent du partage de Jérusalem en deux capitales, de telle sorte qu’elle devienne, évidemment, la capitale du futur État palestinien et soit aussi reconnue, éventuellement, comme capitale d’Israël. Mais lorsqu’il s’agit de la capitale palestinienne, on sous-entend la Vieille Ville et ses Lieux Saints, tandis que pour la ville israélienne on sous-entend la ville occidentale qui s’est développée depuis 150 ans.

Cette semaine nous avons appris que la Suède - qui ces jours-ci est au centre de l’activité politique de l’Union Européenne - travaille à une résolution qui reconnaîtrait Jérusalem comme capitale de deux Etats. À mon avis il y a deux raisons à cette initiative suédoise :

- La première raison est une attitude antijuive  profondément ancrée au cœur de nombreux Suédois, qui s’est exprimée récemment dans l’article diffamatoire d’un journaliste suédois du nom de Donald Boström, selon qui Israël aurait tué des Palestiniens dans le but de leur prendre leurs organes,

- La deuxième raison est la volonté de renforcer Abou Mazen par tous les moyens, même au prix de l’exclusion de la capitale historique et religieuse du peuple juif du territoire de l’État d’Israël.

Ici, il convient de souligner que Abou Mazen est considéré dans toute la Cisjordanie comme un cadavre politique ambulant. Personne ne sait ce qu’il va devenir, ni quels sont ses plans - surtout après qu’il ait fait part de son intention de démissionner - ni ce qu’il prévoit pour le peuple palestinien. En tant qu’originaire de la ville de Safed, il n’est pas considéré par le public palestinien de Cisjordanie comme « un des leurs » et il n’est pas non plus très populaire en raison de son implication dans la gestion des milliards de l’OLP, au fil des ans depuis sa fondation. Le fait de nier la Shoah et de refuser de reconnaître Israël comme Etat du peuple juif n’a pas nui à son statut international, et  en Israël même, il est considéré comme l’homme politique favori parce qu’il a « découvert » que la violence palestinienne nuisait au projet palestinien plus qu’elle ne le faisait progresser. L’Europe l’aime parce qu’elle n’a personne d’autre à aimer. Arafat étant mort, Barghouti en prison et Meshal peu sympathique, les Européens ont fait d’Abou Mazen un partenaire dans la création du rêve européen d’un Etat palestinien pacifique vivant en paix avec ses voisins, en particulier avec Israël. Et qu’importe si le prix à payer que réclament les Palestiniens comprend Jérusalem ? La Suède ne se soucie vraiment pas des quelques questions fondamentales qui suivent :

  • Sur quoi se fondent les Palestiniens pour exiger Jérusalem ?
  • A quelle période de l’histoire, Jérusalem a-t-elle été la capitale de la Palestine ?
  • Combien de dirigeants palestiniens ont-ils exercé le pouvoir à partir de Jérusalem ?

 

Si les Européens se posaient ces trois questions élémentaires, ils découvriraient que les revendications palestiniennes se fondent sur du vide, que Jérusalem n’a jamais été la capitale de la Palestine islamique (qui était Ramla), et que jamais un souverain, un émir ou un roi palestinien n’a exercé le pouvoir à partir de Jérusalem. La revendication des Palestiniens de faire de Jérusalem leur capitale est motivée seulement et uniquement par la volonté de couper le peuple juif de son cœur qui bat, ce qui serait une première étape vers l’élimination de l’"entité sioniste". Ce qui est grave, semble-t-il, c’est que les politiciens suédois le savent aussi mais coopèrent à la demande palestinienne sur la base d’une approche antijuive, et que certains Israéliens, à notre grande inquiétude, se joignent à cette coopération en favorisant, eux aussi, cette idée.

La première chose et aussi la plus simple que doit faire Israël, c’est rappeler au monde que Jérusalem était la capitale d’Israël il y a 3000 ans, qu’elle est la plus ancienne ville du monde qui soit encore aujourd’hui la capitale d’un pays moderne. A titre de comparaison, Stockholm n’est devenue la capitale de la Suède qu’en 1634, c’est-à-dire il y a seulement 375 ans ; alors qu’est-ce qui donne à la Suède le droit et l’autorité de parler de Jérusalem, capitale éternelle du peuple juif ?

La deuxième chose que pourrait faire Israël c’est de déclarer Stockholm capitale du futur État islamique qui se développe et se construit en Europe. Et si les Suédois se comportent bien, alors, Israël sera d’accord pour que Stockholm soit provisoirement divisée en deux capitales : l’une de la Suède et l’autre du Suédistan.

Cette éventualité n’est pas complètement irréelle car la croissance démographique en Europe - en Suède comme dans les autres pays d’Europe - indique clairement que dans 30 ans, il y aura une majorité musulmane dans de nombreux territoires européens, y compris en Scandinavie.

Seule une position israélienne forte, ferme et déterminée, fondée sur l’histoire juive que le monde occidental connaît bien, peut écarter les idées suédoises du cadre légitime du dialogue international.

Je ne me souviens pas qu’il soit déjà arrivé qu’un État interfère dans la décision souveraine d’un autre État concernant le choix de sa capitale. C’est seulement lorsqu’il s’agit d’Israël, que des pays étrangers se permettent d’intervenir dans ces questions, et cela doit cesser.

Jérusalem n’est pas négociable - ni avec des proches ni avec des étrangers.

 

© Mordechai Kedar

 

Mis en ligne le 6 décembre 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org