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Brèves de l’UPJF N° 210 du 4 décembre 2009
04/12/2009

04/12/09

Union des Patrons et des Professionnels Juifs de France

 

LES BREVES DE L’UPJF


N° 210 du 4 décembre 2009

 

LES ACTIVITES DE L’UPJF

 

Colloque le 13 décembre prochain :

LES RUSES DU NOUVEL ANTISEMITISME CONTEMPORAIN : « L’ANTISIONISME »

 

 

 

L’UPJF  Vous propose

Le Dimanche 13 Décembre 2009 de 12h à 20h

à l’Espace Pierre Cardin - 1, av Gabriel - 75008 Paris

Un Colloque inédit sur le thème :

LES RUSES DU NOUVEL ANTISEMITISME CONTEMPORAIN :

« L’ANTISIONISME »

En présence de : M. Brice HORTEFEUX  Ministre de l’Intérieur, de l’Outre-mer et des Collectivités territoriales 

Films - Tables rondes interactives - Éminentes personnalités du monde politique, des médias, des intellectuels et des juristes.

12h00-13h00 :

Événements d’actualité - Dialogue avec les organisateurs.

 

13h15-14h15 :

Les médias - Peut-on être antisioniste sans être antijuif.

 

14h30-15h30 :

Les intellectuels - Le discours de la haine, l’une de ses formes : l’antisionisme.

 

15h45-16h45 :

La propagande antisioniste au plan mondial et ses conséquences.

 

17h00-18h00 :

Les juristes - l’antisionisme est-il un délit ?

 

18h15-19h15 :

Les politiques - Les ruses du nouvel antisémitisme contemporain : l’antisionisme.

À l’issue du colloque, le Prix 2009 de la lutte contre l’antisémitisme sera décerné.

 Restauration payante sur place.

PAF non adhérents : 10

Réservation UPJF : 01 47 63 07 10 / Email : upjf@piximel.com

 

 

  • Dîner-Débat autour de Valérie Pécresse le 3 décembre dernier

 

Jeudi 3 décembre, l’UPJF a reçu Mme Valérie PECRESSE, Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.

Soirée exceptionnelle, l’UPJF a du refuser du monde.

C’est aussi une personnalité exceptionnelle avec qui nous avons échangé sur tous les points concernant la vie politique de notre pays, mais aussi ceux relatifs à Israël, l’Iran , la puissance du lobby arabe en France et en Europe.

Mme Pécresse, tête de liste aux élections régionales en ile de France, a développé le programme qu’elle entend appliquer si elle est élue. Paris va surement être totalement transformé et notamment dans le cadre du grand Paris, à terme cette région va réellement devenir le centre de l’Europe, une des plus grandes places du monde.

L’ambition de Mme Pécresse, associée à son expérience, son cursus, son intelligence, sa connaissance des dossiers et sa détermination restent des grandes garanties du succès de son programme.

De nombreux points ont été abordés:

·                  les élections régionales

·                  sa politique en faveur des universités et de la recherche

·                  la création de la plateforme de liaison entreprise- recherche

·                  la place des jeunes dans la société

·                  la levée des blocages sociaux et la mixité sociale

·                  son engagement auprès du Président Sarkozy

En politique étrangère, ont été évoqués, l’Iran - pour lequel Mme Pécresse a rappelé la position "en pointe " du Président Sarkozy et son adhésion à cette attitude de fermeté.

Israël: les liens d’amitiés et leur renforcement.

L’UPJF a rappelé à Mme la Ministre, ses points de vue sur le problème du Proche Orient

  • Israël est un état Juif avec pour capitale une et indivisible : Jérusalem.
  • Pour faire la Paix, les palestiniens devront trouver un leader charismatique qui saura faire accepter à son peuple, ces 2 points non négociables
  • La très grande majorité des Israéliens sont pour la Paix, ils n’acceptent plus l’idée de faire de très importantes concessions qui seront toujours insuffisantes pour les Palestiniens.
  • L’attitude de ceux-ci ne consistant qu’à exiger, prendre, et mépriser les Israéliens.
  • Il faudra un jour que les Palestiniens et les Arabes sortent de cette attitude peu favorable à l’établissement d’une paix durable.

Mme Valérie Pécresse a bien entendu notre position qu’elle va relayer au Président Nicolas Sarkozy ainsi qu’au Ministre des Affaires Etrangères.

La soirée s’est terminée assez tard. S’il est vrai que Mme Pécresse est déjà perçue comme une personnalité politique de premier plan, intelligente, maitrisant parfaitement les dossiers sur lesquels elle s’investit ;  est apparu en elle une dimension ou les plus grandes ambitions nationales restent a sa portée....

Mme Pécresse, première femme Présidente de la France aux élections de 2017  ?...

L’UPJF SUR LES ONDES

Dimanche 6 décembre Claude BAROUCH interviendra en direct sur Radio J (15h10 ,94.8 FM).

 

FRANCE


L’UPJF appelle tous ses membres à s’exprimer dans le débat sur l’identité nationale, en apportant leur contribution sur le site :

http://www.debatidentitenationale.fr

 

·         Ces malades mentaux qui embarrassent la justice 

Stéphane Durand-Souffland le figaro

La chambre de l’instruction de Paris va examiner le cas d’un jeune homme tué par un voisin aux tendances schizophrènes.

20 novembre 2003. Adel Amastaibou vient de tuer, dans des circonstances indicibles, Sébastien Sélam alias «DJ Lam C», un talentueux disc-jockey de 23 ans, qui était aussi son voisin et avec lequel il entretenait jusque-là des relations de camaraderie. Face aux policiers, le meurtrier exulte : «J’ai tué un Juif, c’est Allah qui le voulait ! Je vais aller au paradis !» Une telle attitude signe soit un antisémitisme forcené, soit la folie pure, soit les deux - ce qui pose alors la question du dosage entre les pathologies. Le juge en charge de l’instruction commet trois experts, qui tranchent en concluant unanimement à l’irresponsabilité pénale du criminel.

Bien que prévenue tardivement de l’ordonnance de non-lieu qui découle logiquement de ce constat médical, la mère de la victime obtient un complément d’information, en l’espèce la désignation de trois autres psychiatres. Lesquels emboîtent le pas de leurs confrères. La partie civile trouvera cependant un praticien qui acceptera de rédiger une expertise d’Adel Amastaibou sur dossier, sans le rencontrer. Pour ce psychiatre, on peut envisager non pas l’abolition du discernement au moment des faits, mais une simple altération, ce qui le rendrait donc accessible à la sanction pénale…

Depuis la loi du 25 février 2008, qui crée par ailleurs la rétention de sûreté, l’ancien «non-lieu psychiatrique» (article 122-1 du Code pénal) ne met plus nécessairement fin à une procédure en donnant l’impression qu’il ne s’est finalement rien passé. On parle désormais d’«irresponsabilité pénale», ce qui permet un débat public sur l’imputabilité des faits à leur auteur présumé ; si celui-ci est réellement fou, il n’est pas condamné mais interné d’office ; dans le cas contraire, il est renvoyé en correctionnelle ou aux assises, mais les juridictions de jugement peuvent encore le déclarer irresponsable au terme du procès.

Contexte polémique

C’est une audience de ce type qui doit avoir lieu, mercredi après-midi, devant la chambre de l’instruction de Paris. Il ne s’agit pas d’une première, puisqu’une quarantaine d’irresponsabilités pénales ont fait l’objet de débats depuis février 2008 (voir notre infographie). Mais le contexte particulièrement polémique de l’affaire Amastaibou permet de redouter un climat explosif.

Le conseil de la famille Sélam, Me Alex Metzker, est viscéralement convaincu de dénoncer un «crime antisémite camouflé». Pour lui, Adel Amastaibou, petit délinquant connu pour des affaires de stupéfiants, lui-même toxicomane, est parfaitement sain d’esprit, et même remarquablement retors : n’aurait-il pas réussi à gruger six psychiatres, parmi lesquels des sommités comme les docteurs Lamothe et Zagury ? Son casier judiciaire aurait été volontairement occulté pour engager la procédure sur la voie de l’irresponsabilité pénale ; or, cet annuaire des antécédents délictueux du meurtrier - dont, notamment, «l’agres­­sion d’un rabbin» - serait, à en croire l’avocat, épais de «644 pages».

Face à lui, Me Ambroise Colombani, qui assiste Adel Amastaibou, maintient que son client est un «schizophrène à tendance paranoïde», qui admet son geste mais l’attribue aux «voix» qu’il jure avoir entendues. L’audience d’aujourd’hui permettra-t-elle d’apaiser les esprits ? Rien n’est moins sûr. Car s’il semble indéniable, au vu du dossier, que l’antisémitisme d’Adel Amastaibou est délirant, la famille de la victime, ce qui est humainement compréhensible, refuse d’envisager qu’il pourrait s’agir essentiellement d’un délire à connotation antisémite, donc de l’acte d’un fou.

On touche là aux limites de ces «mini-procès», limites qui avaient été mises en lumière en novembre 2007 à Pau, lors de la comparution de Romain Dupuy, le jeune homme qui, en 2004, avait assassiné deux infirmières psychiatriques. Bourré de médicaments, il avait répondu aux questions qui lui étaient posées, mais le fond de son propos était manifestement irrationnel. Pourtant, la partie civile n’avait pas admis que l’avocat général requière la confirmation du non-lieu - c’était avant la loi de février 2008.

L’affaire Dupuy avait justement incité Nicolas Sarkozy à demander une modification législative afin qu’on puisse, d’une certaine manière, juger les fous pour soulager la douleur singulière de victimes privées de coupables.

·         Zidane, ambassadeur de l’UNICEF

Source courrier International

Zinedine Zidane, l’ancien joueur de football, internationalement connu, se rendra dans la bande de Gaza en mars 2010 en tant qu’ambassadeur de l’UNICEF", rapporte Yediot Ahoronot. "Je suis ému d’avoir été désigné par l’UNICEF pour accomplir cette mission. Je ferais tout mon possible pour voir un grand sourire sur le visage des habitants de Gaza. Les Gazaouis ont beaucoup souffert et subi d’énormes pertes, suite aux violences commises par Israël à leur égard", a déclaré Zidane.

Que Zidane souhaite apporter le sourire aux enfants de Gaza ne pose aucun problème, mais il y a à la fin la phrase de trop, qui exonère le Hamas.

 

·         L’union sacrée des polices d’élite face au terrorisme

Christophe Cornevin : Le Figaro

Près de 500 «superflics» vont être mobilisés au sein d’une inédite Force d’intervention de la police nationale. Leurs missions ? Résoudre les prises d’otages complexes et déjouer les attaques kamikazes qui menacent la France.

Après les attentats du 11 Septembre à New York, ceux de Londres et de Madrid, la France ne cesse d’anticiper une frappe terroriste de grande ampleur. L’exercice d’état-major qui s’est joué à la veille de Noël dernier dans le bunker de crise du ministère de l’Intérieur était apocalyptique. Il s’inspirait de la vague d’attentats qui venait d’ensanglanter Bombay, au soir du 26 novembre 2008, avec un bilan de 166 morts et 300 blessés.

Baptisée «Dhabiha» (méthode d’abattage rituel dans l’islam, NDLR), l’opération imaginée par les services spécialisés français, et dont le détail a été porté à la connaissance du Figaro, met en scène un groupe de 34 fanatiques religieux exécutant sept attaques conjointes à travers le pays. Entre 8 h 45 et 10 h 10, ils actionnent une double bombe sur le parvis de la gare Montparnasse à Paris, font exploser l’Hôtel du Palais des congrès ainsi que le Stade-Vélodrome à Marseille. Dans le même temps, quatre commandos armés prennent en otages des dizaines de personnes à l’Hôtel Crillon à Paris, à l’aéroport du Bourget, dans une tour de la Défense occupée par un groupe pétrolier et une autre à Lyon, où siège une banque.

Équipées de mitraillettes courtes, d’armes de poing, de couteaux et, pour certains, de grenades, les terroristes exigent la venue de la presse et menacent d’égorger leurs victimes. Alors que les plans «rouge» et «blanc» ont été virtuellement déclenchés, les grands patrons de la gendarmerie et de la police ont animé pendant des heures cette haletante simulation pour éprouver le savoir-faire des forces d’élite.

À l’instant du débriefing, le constat était clair : aucune unité, aussi forte soit-elle, n’aurait été en mesure de prendre seule en compte un tel scénario. Ainsi, les brigades anticommandos (BAC) de la préfecture de police de Paris auraient peiné à neutraliser les illuminés séquestrant les clients du Crillon sans l’appui des «superflics» du Raid. Ces derniers, basés dans leur austère QG de Bièvres, n’auraient pu faire face qu’à deux scènes de crise majeure simultanées. Même en ayant à disposition trois hélicoptères Puma sur le tarmac voisin de Villacoublay, ils auraient en outre mis quatre heures pour projeter une équipe sur Lyon. Il faut dire que chaque homme voyage avec un paquetage de 30 kilos d’armement et sa panoplie. Et qu’un avion Transall serait indispensable pour acheminer environ 1,5 tonne de matériel d’effraction, de vision nocturne et de longue portée, d’écoute ainsi que de munitions lourdes.

«Depuis les Jeux olympiques de Munich en 1972, les actions terroristes dans le monde ont évolué dans le sens des commandos kamikazes et des prises d’otages en lieux multiples. Bombay a créé les conditions d’une prise de conscience générale», résume le commissaire divisionnaire Amaury de Hauteclocque, patron du Raid. Petit neveu du maréchal Leclerc, de Hauteclocque, ce policier pugnace aujourd’hui âgé de 43 ans est un fin connaisseur de la matière pour avoir déjà notamment dirigé la section antiterroriste de la brigade criminelle. «Une mouvance déterminée pourrait entraîner une calamiteuse dispersion des forces pour créer les conditions d’un chaos, assure-t-il. Avant, les prises d’otages du Théâtre de Moscou puis de l’école de Beslan en Tchétchénie avaient donné l’alerte, mais la crise restait circonscrite. Depuis les attentats de Bombay, on étudie d’autres hypothèses, comme celle de commandos armés débarquant au Havre et remontant jusqu’à Paris par la Seine.»

Les analystes du Raid considèrent que le nombre de terroristes déterminés à mourir est devenu le critère primordial dans la gestion de crise, plus que celui des personnes retenues. Plutôt que de parler classiquement des prises d’otages massives (POM), ils préfèrent explorer le nouveau concept de prises d’otages complexes (POC) se traduisant par une multiplicité de kamikazes se séparant pour sévir sur un théâtre éclaté. Pour étreindre un tel spectre, l’union des forces s’impose comme unique planche de salut.

Une seule bannière

Sous l’impulsion de Frédéric Péchenard, directeur général de la police nationale, une inédite force d’intervention de la police nationale (FIPN) vient de voir le jour. Elle intègre pour la première fois sous une seule bannière, autour d’un pivot composé de 120 hommes du Raid, les quelque 270 athlètes, tireurs d’élites et logisticiens des brigades anticommandos de la préfecture de police de Paris dont ceux de l’antigang - ainsi que 200 policiers issus des dix groupes d’intervention de la police nationale disséminés en métropole et dans les Dom-Tom. Disposant de solides ancrages locaux, ces derniers seront les têtes de pont de cette force de frappe peu commune.

Capable de mobiliser 500 «superflics» en cas de coups durs, la FIPN avait été scellée sur le papier par un protocole signé le 17 juillet dernier par Brice Hortefeux. Le ministre de l’Intérieur accomplissait là un de ses premiers actes comme locataire de la place Beauvau. Mardi matin, il se déplace à Bièvres pour inaugurer cette fois cette structure opérationnelle lors d’une démonstration hollywoodienne. Animée au quotidien par le commissaire Jean-Pierre Desprès, qui aura la charge de faire monter en puissance cette redoutable machine, la FIPN a trois missions : outre les prises d’otages complexes, elle sera mise en alerte lors de grands événements comme une visite du Pape, un sommet du G 20 ou l’Euro de football 2016.

Grâce à un budget propre de plusieurs millions d’euros - luxe nécessaire en période de rigueur -, la FIPN disposera d’un futuriste attirail que ne renierait pas le légendaire «Q» cher à Ian Fleming. Outre des drones furtifs et espions, les superflics seront dotés d’une nouvelle génération de radars, de détecteurs thermiques et de plusieurs postes de commandement mobiles, encombrés d’électroniques et prépositionnés à travers le pays. Enfin, la FIPN pourrait s’affranchir de l’actuel réseau de communication Acropole au profit d’un système crypté, inviolable et numérique.

Task force à la française

D’ores et déjà, cette task force à la française, qui sera le pendant civil du GIGN, devra effectuer trois exercices majeurs par an. Selon nos informations, elle a sans attendre simulé dans la nuit de jeudi à vendredi dernier une attaque majeure visant la - bien nommée - tour de la Terreur, attraction vedette de Disneyland Paris. «Les intérêts américains en France restent une cible potentielle pour des fanatiques, confie-t-on au Raid. Intervenir dans une infrastructure où se mêlent familles et enfants, ainsi que dans les machineries souterraines, représentait un défi.» Dès le premier semestre 2010, la FIPN travaillera sur une prise d’otages complexe dans des rames et les stations d’un nœud ferroviaire du RER et du métro, comme les Halles, par exemple. Ensuite, les policiers en noir s’entraîneront en province sur un schéma d’attaque par plusieurs commandos d’un gros centre commercial, puis d’une gare centrale.

Au total, des dizaines de scénarios sont échafaudés, avec un maximum de réalisme, par une poignée de techniciens du Raid qui décortiquent chaque attaque kamikaze à travers le monde. «D’ici 2012, toutes les hypothèses feront l’objet d’un exercice de crise, révèle au Figaro Jean-Pierre Desprès. Nos hommes vont plancher sur la séquestration de touristes sur des bateaux-mouches sur la Seine, l’attaque kamikaze d’un immeuble de grande hauteur, et celles de palaces parisiens et de certaines représentations diplomatiques.» Dans un lieu tenu secret, le Raid dispose de 300 plans très détaillés d’ambassades, de musées, mais aussi sites classés «sensibles», comme le siège d’Areva, du Commissariat à l’énergie atomique ou encore de certains médias comme TF1.

«Dans un futur proche, les accès, la structure ou encore toutes les données techniques de chaque bâtiment seront modélisés en trois dimensions avec l’aide d’ingénieurs de Dassault Systèmes afin de parfaire notre connaissance du milieu», confie un haut fonctionnaire. Le Raid a même créé en son sein un très discret «groupe tubulaire», qui expérimente d’originales techniques d’assaut dans les tunnels et les trains. Dès l’année prochaine, ces experts projettent de mener avec leurs homologues anglais une très épineuse simulation de prise d’otages sous la Manche, dans l’Eurostar.

Au cours d’une saga déjà longue de vingt-cinq ans, émaillée de faits d’armes, comme la neutralisation de «Human Bomb» dans l’école maternelle Commandant-Charcot de Neuilly, ou encore la capture d’Yvan Colonna, le Raid a encore fait la une de l’actualité en débusquant Jean-Pierre Treiber au cinquième étage d’un immeuble de Melun. «L’assaut était programmé pour ne durer que quelques secondes, car on avait peur que le garde-chasse n’échappe à son procès en se défenestrant», note un chef opérationnel. Plus que jamais, sang-froid et professionnalisme restent la marque de fabrique de ces policiers ayant choisi la panthère noire pour emblème.

 

·         Des otages français menacés de mort

AFP le figaro

Les ravisseurs présumés de trois travailleurs humanitaires français enlevés récemment au Tchad et en Centrafrique ont menacé de les tuer si la France ne négociait pas directement avec eux.

"Nous voulons négocier directement avec la France, mais la France veut négocier via une tierce partie comme le Tchad. Or nous rejetons cela", a dit  Abou Mohamed Rizeigi, un porte-parole des ravisseurs. "Nous allons donc les tuer parce que la France ne veut pas négocier directement avec nous", a-t-il dit joint sur son téléphone satellitaire.


Ce groupe peu connu du Darfour, "les Aigles de libération de l’Afrique", a revendiqué le rapt d’un employé français de la Croix-Rouge internationale (CICR), enlevé il y a trois semaines dans l’est du Tchad, à une dizaine de kilomètres du Darfour, une région de l’ouest du Soudan en guerre civile.

Il a aussi revendiqué le rapt de deux humanitaires français de l’ONG Triangle GH kidnappés il y a une semaine à Birao, ville de la Centrafrique jouxtant le Darfour.

Un journaliste de l’AFP a pu entrer en contact jeudi dernier avec l’employé de la Croix-Rouge internationale kidnappé, mais pas avec les deux otages de l’organisation française Triangle GH.

Ce même groupe avait revendiqué l’enlèvement en avril de deux humanitaires - une Canadienne et une Française - de l’ONG Aide médicale internationale, libérées après 26 jours de détention. Les deux femmes avaient été enlevées dans une localité du Darfour-Sud, près de la Centrafrique et du Tchad.

·         Brice Hortefeux s’inquiète de la menace terroriste 

Jean-Marc Leclerc le Figaro

Le ministre de l’Intérieur juge cette menace «préoccupante», le jour où Paris accueille un ex-détenu de Guantanamo…

Le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, le disait mardi, s’agissant du terrorisme islamique : «En France, tous les signaux attestent d’une menace bien réelle et toujours préoccupante.» Cette mise en garde n’a pas empêché Paris d’accueillir, le même jour, un deuxième ex-détenu de Guantanamo. Point d’arrivée, cette fois : Bordeaux.

Saber Lahmar est algérien. Il a 39 ans, en a passé sept en détention dans le centre de l’armée américaine à Cuba, avant qu’un juge de la Cour suprême à Washington n’ordonne sa libération le 20 novembre 2008. Le communiqué de Bernard Kouchner, aux Affaires étrangères, se veut rassurant : c’est un «innocent» que la France accueille. À bras ouverts : «À compter d’aujourd’hui, les efforts doivent porter sur (sa) bonne intégration», précise le Quai d’Orsay.

Police mobilisée

Lahmar compte «refaire sa vie en France», a déjà indiqué son avocat américain. Il appartenait à un groupe de six Algériens vivant en Bosnie, arrêtés en octobre 2001 et livrés par la police bosniaque aux Américains. Lakhdar Boumediene, l’autre Algérien de Guantanamo accueilli en région parisienne six mois plus tôt, était l’un de ses complices présumés. Il était suspecté, comme lui, d’avoir voulu commettre un attentat contre l’ambassade américaine à Sarajevo. Avant que la piste ne s’effondre, faute de preuve.

Même si la France s’est engagée à aider Barack Obama à fermer Guantanamo, il est toutefois peu probable qu’elle aille plus loin dans sa générosité. Dans la liste de quelque 250 noms soumis à Paris par Washington, seuls ces deux cas de détenus «libérables» avaient sensibilisé les autorités françaises. Et encore, les services de renseignements se montraient-ils nettement plus réticents que les diplomates. «Pour les autres détenus, la France pourrait d’autant moins les prendre en charge que, juridiquement, elle n’aurait aucune base pour les poursuivre, s’agissant de ressortissants étrangers impliqués dans des faits commis hors de l’Hexagone», confie un magistrat.

Les procédures franco-françaises mobilisent déjà à plein la police. Nombre d’acteurs des dossiers des attentats de 1995, des réseaux Chalabi ou Fateh Kamel, ont recouvré la liberté après avoir purgé leur peine. La direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) en surveille quelques-uns du coin l’œil. Mais elle ne peut les surveiller tous, tant ils sont nombreux.

  • Paris se montre opposé au plan suédois

3 déc. 2009  Herb Keinon , THE JERUSALEM POST

http://www.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1259243066949&pagename=JPArticle%2FShowFull

Adaptation française de Sentinelle 5770


 La France émet « plusieurs fortes réserves » sur le projet de résolution sur le Moyen-Orient mis en avant par la Suède, qui reconnaîtrait Jérusalem Est comme la capitale d’un futur Etat palestinien, a déclaré l’ambassadeur de France en Israël, Christophe Bigot au ‘Jerusalem Post’ mercredi.

“Soyons clairs : le texte n’est pas un texte de l’UE ; c’est une proposition suédoise à la recherche d’un accord des 27 membres du Conseil des Affaires étrangères de mardi prochain » a indiqué Bigot sur le document, qui a soulevé la colère de Jérusalem pour nombre de raisons, et tout d’abord du fait de ses préjugés sur Jérusalem avant les négociations et à la référence du document à la « Palestine ».

Les ambassadeurs de l’UE à Bruxelles doivent se réunir jeudi, ainsi que les experts de la sécurité de l’UE, pour discuter le texte plus avant.

Israël, dans ses efforts diplomatiques pour bloquer l’acceptation du document, est en contact avec les USA, expliquant qu’ils montreront aux Etats clés de l’UE que le texte ne fera que rendre l’avancement du processus diplomatique encore plus difficile qu’il ne l’est déjà.

« Ce texte sape les efforts pour entamer un processus parce qu’il adresse un message aux Palestiniens selon lequel ils n’ont pas besoin de négociations, mais peuvent juste rester assis et attendre des documents comme ceux-là, qui préjugent des décisions et leur donnent ce qu’ils veulent », a dit un officiel de haut rang du gouvernement.

Bigot, dans un entretien qui paraîtra au complet dans le ‘Post’ de vendredi, a déclaré que la France a exprimé ses réserves sur le texte pour deux raisons :

« D’abord, il doit prendre en compte la décision positive du Premier Ministre Binyamin Netanyahou concernant le gel partiel de la construction dans les implantations. Nous devrions bien accueillir cette décision même si elle ne répond pas à toutes nos attentes ».

 « Ensuite, nous considérons que nous voulons promouvoir la relance du processus de paix. Ce sont les deux questions qui devraient être surtout traitées dans la déclaration ». 

Des officiels israéliens de haut rang se sont plaint que le document ait accepté la narration palestinienne, sans discuter aucune des préoccupations d’Israël, comme la sécurité, les réfugiés palestiniens, la démilitarisation d’un futur état palestinien, et la nécessité pour un tel Etat de reconnaître Israël comme la patrie du Peuple juif.

Israël a aussi été frustré parce que le document ne faisait pas beaucoup crédit à Netanyahou pour son moratoire sur la mise en chantier de maisons dans les implantations.

Selon Bigot, « plusieurs des Etats de l’UE avaient une série de remarques et d’observations » sur la proposition suédoise.

« Je suis presque sûr que le texte qui sera accepté d’ici mardi prochain sera différent du texte proposé par la Suède vendredi dernier », a-t-il dit.

Bigot, interrogé sur ce que la France ou l’UE pourrait faire pour pousser Mahmoud Abbas, président de l’Autorité Palestinienne, à des négociations, a dit : « Nous ne mettrons quiconque dans une position délicate. Au contraire, nous pouvons lui apporter une aide, des garanties, le rassurer, et veiller au cadre des négociations ».

En ce qui concerne le type d’aide potentielle offerte, Bigot a fait allusion à la possibilité de forces de l’UE sur la Rive Occidentale. Il a ajouté :

« L’UE a dit plusieurs fois que nous souhaitons fournir des garanties de sécurité »

« S’il y a un accord entre Israël et les Palestiniens, et s’ils montrent de l’intérêt et la volonté d’aller dans cette direction, l’UE a dit de façon répétée que nous voulons fournir des garanties de sécurité sur la Rive Occidentale – qui aiderait à la fois les Israéliens et les Palestiniens ».

Interrogé pour savoir si cela signifiait la présence de soldats de l’UE sur la frontière de la Rive Occidentale ou patrouillant à Naplouse, Bigot a déclaré : « La façon dont cela fonctionnera dépend de l’accord entre les Israéliens et les Palestiniens, et de ce qu’ils recherchent.

« Il y avplusieurs options entre une mission d’observation minimaliste, jusqu’à une force maximaliste de l’OTAN. Cela dépend vraiment des deux parties. Nous n’allons pas leur  imposer quelque chose. Cela dépend d’eux, fondamentalement ».

  

ISRAËL

 

On en parle peu…, on n’en parle pas.

Il est toujours prisonnier 

 

·         Libération du soldat Shalit : Israël prêt à libérer 980 prisonniers palestiniens

AFP le Point

Israël est prêt à libérer 980 prisonniers palestiniens en échange du soldat Gilad Shalit, détenu depuis plus de trois ans dans la bande de Gaza, a annoncé dimanche la radio publique israélienne. Lors d’une audience devant la Cour suprême, le procureur de l’État a pour la première fois précisé le nombre de détenus palestiniens qui pourraient être relâchés dans le cadre d’un éventuel accord d’échange avec le mouvement islamiste Hamas, a ajouté la radio. Il a précisé que 450 prisonniers seraient choisis par le Hamas, qui détient Gilad Shalit, tandis qu’Israël déterminera la liste des 530 autres prisonniers, selon la même source. Plus de 7.000 Palestiniens sont actuellement détenus dans les prisons israéliennes.

Une "totale discrétion" sur les détails de la liste

La liste définitive des détenus palestiniens ne sera publiée qu’à la suite d’un accord avec le Hamas et d’un vote du gouvernement israélien, a ajouté la radio publique. Les deux parties se sont également engagées à respecter une "totale discrétion" sur les détails de la liste auprès de l’intermédiaire allemand qui mène des négociations, notamment au Caire. Le procureur a également précisé que la censure imposée aux médias israéliens sur cette affaire serait maintenue dans le cas où la publication d’une information risquerait de mettre en danger le retour "sain et sauf" du soldat Shalit ou si elle était susceptible de faire monter le prix pour la libération de ce militaire, a ajouté la radio. Le procureur a donné ces précisions à la suite d’un appel présenté par deux organisations, hostiles à cet échange de prisonniers, qui exigeaient la publication immédiate des noms des détenus palestiniens libérables. Jeudi, le ministre de la Défense Ehud Barak avait affirmé qu
’Israël n’était pas prêt à conclure "à n’importe quel prix" un accord pour obtenir la libération de Gilad Shalit.

Gilad Shalit, 23 ans, qui a également la nationalité française, a été capturé le 25 juin 2006 à la lisière de la bande de Gaza par un commando palestinien. En échange de sa liberté, le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, exige l’élargissement de centaines de détenus palestiniens, dont des chefs politiques et militaires de la Seconde Intifada (soulèvement) des années 2000. Le Hamas et Israël, qui avaient fait état de "progrès" dans les discussions la semaine dernière, ont ensuite minimisé les chances d’un accord rapide. Depuis plusieurs jours, la censure militaire israélienne impose un black-out sur les informations concernant les tractations. 
               

 

·         Visite du pavillon israélien à l’exposition universelle de Shanghai en 2010

http://www.youtube.com/watch?v=nc6rmT_1BjM

http://www.youtube.com/watch?v=nc6rmT_1BjM

·         Netanyahou n’a pas convaincu

Par HERB KEINON  04.12.09 jpost.fr

Une grande manifestation devant la résidence de Binyamin Netanyahou, à Jérusalem mercredi prochain. Les leaders du conseil de Yesha, la principale organisation représentative des implantations, sont prêts à passer à la vitesse supérieure après la rencontre tendue avec le Premier ministre jeudi. Ils ne sont pas parvenus à le faire revenir sur sa décision de geler durant 10 mois les constructions dans les implantations.

Impression d’échec pour Pinchas Wallerstein, le directeur général de Yesha, qui a quitté la réunion de Tel-Aviv "très attristé" de voir cette brèche dans le camp de la droite. " La plupart des 25 dirigeants dans la pièce ont aidé Netanyahou à se faire élire. Et aujourd’hui, nous devons le combattre. Ce n’est pas un sentiment facile à gérer", explique-t-il.

C’était la première rencontre officielle entre Netanyahou et les leaders des implantations depuis l’annonce du moratoire de 10 mois dans les implantations de Judée-Samarie. Le Premier ministre leur a assuré qu’il avait pris la "meilleure décision" et qu’il n’avait pas l’intention de revenir dessus.

"Nous avons pris cette décision difficile pour porter plus loin les intérêts d’Israël", a-t-il déclaré durant la réunion.

Les leaders de Yesha ne sont pas sortis convaincus de la rencontre avec le Premier ministre. Dans la soirée, ils ont organisé une réunion de crise pour préparer de futures actions.

Les habitants des implantations ont également lancé jeudi une offensive sur un autre front : une pétition devant la Haute Cour de justice pour qu’elle fasse barrage au gel.

MONDE


·        
L’Iran va étendre son programme nucléaire 

R. G. le figaro

Téhéran annonce la construction de dix nouveaux centres d’enrichissement d’uranium

Loin de saisir la main que leur avait tendue le président Obama dès le mois de mars dernier, les dirigeants iraniens poursuivent leurs provocations sur le dossier nucléaire.

Le président Mahmoud Ahmadinejad a annoncé hier après-midi que son gouvernement allait examiner, lors d’une réunion mercredi prochain, la possibilité d’enrichir de l’uranium à 20 % ainsi que la construction de dix nouvelles usines d’enrichissement.

Cette annonce intervient deux jours après l’adoption par le Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique de Vienne (AIEA) d’une résolution condamnant l’Iran pour son programme nucléaire, et demandant la « suspension » de la construction du nouveau site d’enrichissement de Fordo (région de Qom, centre du pays). La Russie et la Chine avaient voté pour. Seuls Cuba, le Venezuela et la Malaisie ont voté contre. Les deux premiers pays suivent depuis longtemps une ligne d’antiaméricanisme systématique. Le cas de la Malaisie, pays habituellement modéré, s’explique par le rôle important joué par ses banques pour aider l’Iran à contourner les sanctions financières déjà imposées par le Conseil de sécurité de l’ONU.

L’existence de ce site secret - qui avait été repéré par les services de renseignement occidentaux - n’avait été révélée à l’AIEA qu’en septembre dernier par le gouvernement iranien.

Surenchère politique

Dans une surenchère politique au sein des institutions de la République islamique, le Parlement de Téhéran avait, dimanche matin, demandé au gouvernement de lui présenter rapidement un plan « visant à réduire le niveau de coopération avec l’AIEA ». Tout se passe comme si le régime des mollahs ne prenait pas au sérieux la volonté de l’Occident d’empêcher, après son échec en Corée du Nord, un nouvel acte de prolifération nucléaire. Aux yeux des dirigeants iraniens, l’Amérique a perdu tout pouvoir de dissuasion. Les mollahs font le calcul que les États-Unis, déjà embourbés dans deux guerres de plus en plus impopulaires chez eux (l’Irak et l’Afghanistan), n’ont pas les moyens d’en envisager une troisième, contre l’Iran.

Les dirigeants islamistes ne croient pas non plus aux menaces, émises par le gouvernement israélien, de manière de moins en moins voilée, de bombarder les installations nucléaires iraniennes.

D’éventuelles nouvelles sanctions commerciales ne semblent pas non plus affecter l’humeur du régime iranien. Téhéran pense que la Russie et la Chine finiront toujours par s’opposer à l’adoption de sanctions efficaces, comme l’interdiction d’exporter de l’essence vers l’Iran, au Conseil de sécurité de l’ONU. En raison de la vétusté de ses raffineries, l’Iran importe 60 % de l’essence qu’il consomme. Les dirigeants iraniens commettent peut-être là une erreur d’appréciation. La Russie se montre beaucoup moins tolérante à l’égard de l’Iran qu’il y a deux ans. Moscou a renoncé à livrer à Téhéran son système S300 de missiles antiaériens, lequel aurait rendu très difficile un raid de l’aviation israélienne. En revanche, la Russie vient de livrer à l’Arabie saoudite, le grand rival de l’Iran dans le Golfe, son système S400, le nec plus ultra en matière de défense antiaérienne…

R.G.

·         Les Suisses votent l’interdiction des minarets

C.J. (lefigaro.fr) avec AFP et AP

A la surprise générale, les Suisses ont approuvé à 57% l’initiative de la droite populiste contre les minarets.

Contre toute attente et défiant tous les sondages, les Suisses ont approuvé en majorité dimanche l’initiative de la droite populiste d’interdire la construction des minarets. Le «oui» l’emporte avec 57% des voix. En outre, la plupart des 26 cantons helvétiques seraient également favorables à l’initiative. Seuls Genève, Vaud, Neuchâtel et Bâle-Ville y sont opposés. Cette double majorité va entraîner la modification de l’article 72 de la Constitution suisse qui régit les relations entre l’Etat et les religions. L’interdiction de la construction de minarets y sera présentée comme une mesure «propre à maintenir la paix entre les membres des diverses communautés religieuses».

La victoire du «oui» constitue une claque pour la communauté musulmane helvétique. «C’est indigne de la Suisse», a dénoncé le président de la Coordination des organisations islamiques en Suisse (COIS). «Les partis suisses auraient dû davantage s’engager dans la campagne», estime-t-il. Ce raz-de-marée contredit les dernières enquêtes d’opinion qui prédisaient un rejet à 53% de la proposition de l’UDC (Union démocratique du centre, une formation populiste de droite) et de l’Union démocratique fédérale (UDF, droite chrétienne).

Ce résultat est un désaveu pour le reste de la classe politique suisse, qui avait fait front contre le projet. Le Conseil fédéral [le gouvernement suisse, ndlr] et l’Assemblée fédérale avaient mis en garde contre les conséquences négatives du texte sur la paix religieuse et sur les relations extérieures de la Suisse. Fait inhabituel, le gouvernement avait, pour manifester son opposition, pris position le jour-même du dépôt du texte, qui avait recueilli 113.000 signatures .

Vers une saisie de la Cour européenne des droits de l’Homme ?

Reste à savoir si le texte va être jugé conforme à la constitution. La ministre suisse de la Justice, Eveline Widmer-Schlumpf, a prévenu, avant même le référendum, que l’interdiction des minarets serait contraire à la liberté de religion et discriminatoire. Une acceptation de l’initiative violerait les droits de l’homme et mettrait en péril l’image de la Suisse. Les Verts ont annoncé dimanche étudier la possibilité de saisir la Cour européenne des droits de l’Homme.

Pour justifier leur texte, UDF et UDC ont mis en avant la crainte d’une «islamisation rampante» de la Suisse. Les minarets sont le «symbole apparent d’une revendication politico-religieuse du pouvoir, qui remet en cause les droits fondamentaux. Ces édifices incarnent l’Islam politique et la charia (loi islamique)», ont martelé les deux partis. La campagne n’a pas été exempte de dérapages. Les affiches de l’UDC et l’UDF ont représenté une femme complètement voilée devant le drapeau suisse couvert de minarets, dont la silhouette stylisée évoque des missiles.

Quelque 400.000 musulmans vivent dans la Confédération sur une population totale d’environ 7,6 millions d’habitants. 14% des musulmans sont pratiquants. Il existe en Suisse environ 150 lieux de prière à leur intention. Jusqu’ici, quatre mosquées disposent d’un minaret: à Genève, Zurich, Winterthour (canton de Zurich) et Wangen bei Olten (canton de Soleure).

·         Afghanistan : les promesses des alliés à Obama

J.B. (lefigaro.fr) Avec AP et AFP

Au lendemain de l’annonce du renforcement du contingent américain dans le pays, tour d’horizon des engagements pris par les principaux contributeurs de la force internationale de l’Otan.

Barack Obama a annoncé mardi l’envoi de 30.000 soldats supplémentaires en Afghanistan dans le cadre de la nouvelle stratégie américaine dans ce pays. Mais il a aussi demandé à ses alliés de la Force internationale d’assistance à la sécurité (Isaf), commandée par l’Otan, d’envoyer des renforts sur place. Le secrétaire général de l’Alliance, Anders Fogh Rasmussen, a déclaré que les membres de l’Otan renforceraient leur déploiement de 5.000 hommes. Tour d’horizon des engagements pris par ces derniers.

Grande-Bretagne (environ 9.000 soldats en Afghanistan, début décembre) : Deuxième contributeur au sein de l’Isaf derrière les Etats-Unis (environ 70.000 soldats), Londres va envoyer dès décembre 500 soldats supplémentaires, a confirmé lundi Gordon Brown.

Allemagne (4.365 soldats sur place) : Les députés devaient se prononcer jeudi sur la prolongation d’un an du déploiement de la Bundeswehr en Afghanistan. Une prolongation qui ne faisait aucun doute. Berlin refuse en revanche de discuter d’une éventuelle augmentation de son contingent avant la conférence de Londres fin janvier à laquelle les pays de la coalition sont invités. Selon la presse allemande, Berlin envisage 2.000 à 2.500 hommes en renfort.

France (3.750 soldats) : Comme Berlin, Paris est réticent à l’envoi de troupes supplémentaires. Jusqu’ici, Nicolas Sarkozy avait exclu tout renforts, mais il a déclaré hier que la France «examinera sa contribution à la stratégie internationale». Comme Berlin, Paris révisera sa position après la conférence de Londres. Selon des informations non confirmées, Washington aurait demandé à la France 1.500 soldats supplémentaires. Paris envisagerait de dépêcher, à défaut d’unités combattantes, des «formateurs».

Canada (2.830 soldats) : Ottawa s’est félicité du renforcement du contingent américain mais a confirmé mercredi par la voix du chef de la diplomatie Lawrence Cannon qu’il ne changerait rien à la date prévue du retrait de ses propres soldats en 2011.

Italie (2.795 soldats) : L’Italie va envoyer entre 500 et 1.500 soldats supplémentaires, selon le ministère italien de la Défense. Dans une interview au Corriere della Sera, le ministre de la Défense précise que le chiffre se situera aux alentours de 1.000. Il ajoute que le déploiement de ces soldats se fera essentiellement dans la seconde moitié de l’année 2010.

Pays-Bas (2.160 soldats) : Comme le Canada, Amsterdam a déjà annoncé le retrait de son contingent d’Afghanistan. Il devrait intervenir à l’été 2010.

Pologne (1.910 soldats) : Varsovie pourrait envoyer 600 soldats supplémentaires, a indiqué mercredi le porte-parole du gouvernement. Selon lui, le premier ministre polonais Donald Tusk a indiqué que l’Otan avait suggéré à son pays d’envoyer 1.000 soldats supplémentaires.

Australie (1.350 soldats) : Si Canberra a salué l’annonce de renforts par le président américain, le ministre de la Défense a toutefois réaffirmé son refus de dépêcher des troupes supplémentaires.

Espagne (1.000 soldats) : Madrid pourrait envoyer 200 militaires supplémentaires, expliquait El Pais mercredi. Le chef du gouvernement José Luis Rodriguez Zapatero a déclaré mardi qu’il allait s’entretenir avec les différents groupes politiques au Parlement sur cette question. L’envoi de troupes à l’étranger doit être approuvé par le Parlement, où le gouvernement socialiste ne dispose que d’une majorité relative.

Récemment d’autres pays ont promis d’augmenter leur contingent sur place : l’Albanie (+ 85 soldats), la Géorgie (jusqu’à 1.000), la Macédoine (80). Et au cours du mois passé : Monténégro (+ 40), Slovaquie (250), Corée du Sud (jusqu’à 500).

·         La City se déchaîne contre Nicolas Sarkozy 

Cyrille Vanlerberghe, correspondant à Londres  le figaro

Les banquiers britanniques accusent le président français d’avoir «ébranlé l’UE» par ses déclarations sur les «dérives du modèle anglo-saxon».

La City n’a visiblement pas apprécié les propos de Nicolas Sarkozy saluant la nomination de Michel Barnier au poste de commissaire au Marché intérieur comme une victoire du modèle français sur le capitalisme à l’anglo-saxonne.

Premiers visés, les banquiers britanniques n’ont pas mâché leurs mots, ce mercredi, à l’égard du président français. Angela Knight, la directrice de la puissante association des banquiers britanniques (BBA), estime que «M. Sarkozy a ébranlé l’Union européenne avec ses déclarations.» À l’entendre, les commentaires du président français «ont soulevé de nombreuses questions sur l’impartialité du nominé français à la Commission européenne».

La suite de son communiqué ressemble à une déclaration de guerre : «Si certains en Europe pensent être capables de renverser les années de travail qui ont été nécessaires pour faire du Royaume-Uni le centre financier de la planète, ils se trompent lourdement

Simon Walker, le président de l’association des entreprises britanniques de capital-risque, estime pour sa part que «la rhétorique du président Sarkozy dépasse les bornes, même s’il s’adresse clairement à l’électorat français».

Ce mercredi matin, la plupart des journaux anglais avaient monté en épingle le discours de Nicolas Sarkozy à La Seyne-sur-Mer.

Ce mercredi, le Daily Telegraph n’en retenait qu’une phrase : «La crise est venue de la dérive d’un modèle anglo-saxon : je veux pour le monde la victoire du modèle européen, qui n’a rien à voir avec les excès du capitalisme financier.» Plus outrancier, le Times titrait : «L’histoire se répète avec une nouvelle attaque française contre la City.» Le quotidien publiait un photomontage de Nicolas Sarkozy encadré par le général de Gaulle et Napoléon. L’éditorial du Times condamnait avec une fermeté inhabituelle le discours du président français : «Les attaques populistes de Sarkozy contre le capitalisme financier sont mal informées et provocatrices

«Trader fou» à la SocGen

Oubliant de citer la faillite de Northern Rock et les nationalisations forcées de Royal Bank off Scotland et HBOS, le Times prétend que «les banques françaises sont aussi coupables que les autres : la Société générale a perdu des milliards d’euros à cause d’un trader fou». Toujours dans le Times, Ian King, un commentateur financier, a expliqué que la France comptait profiter du poste de Michel Barnier pour favoriser l’essor de Paris comme place financière aux dépens de Londres.

La semaine dernière, après la nomination de Michel Barnier, les critiques britanniques avaient été plus mesurées. William Hague, responsable des affaires étrangères du Parti conservateur, estimait que «les propositions de la Commission européenne pourraient nuire gravement à notre industrie des services financiers», sans attaquer Michel Barnier. De toute la presse britannique, seul le Financial Times a joué la modération, en rappelant que le commissaire français avait tenu à rassurer les banquiers britanniques et en jugeant «les craintes de la City très exagérées», car l’Europe a besoin d’une place financière forte comme Londres.

 

·         La Suisse craint l’ensablement dans la crise libyenne

Stéphane Kovacs le figaro

Les deux hommes d’affaires helvètes détenus depuis 500 jours à Tripoli ont été condamnés à 16 mois de prison ferme.

Les mesures de rétorsion n’ont pas tardé. Dès le lendemain de la votation contre les minarets, les deux hommes d’affaires suisses détenus à Tripoli depuis 500 jours étaient condamnés à seize mois de prison ferme et 2 000 dinars libyens (environ 1 100 euros) d’amende chacun. Pour «fraude fiscale» et «non-respect des procédures de visa». Mercredi, la Libye ajoutait un nouveau grief : Max Göldi, chef de la filiale du groupe d’ingénierie ABB, et Rachid Hamdami, responsable d’une entreprise vaudoise de construction, feront l’objet d’un autre procès, dans une deuxième affaire concernant «l’exercice d’activités économiques sans autorisation». Ce procès devrait avoir lieu autour du 15 décembre.

L’arrestation, le 19 juillet 2008, des deux hommes d’affaires était intervenue peu après l’interpellation à Genève de Hannibal Kadhafi, un des fils du numéro un libyen, et de son épouse, sur plainte de deux domestiques les accusant de mauvais traitements. Libérés dix jours plus tard, les deux hommes d’affaires sont assignés à résidence à l’ambassade de ­Suisse. Mais, à la mi-septembre 2009, après avoir été conviés à subir des tests médicaux, ils sont conduits dans un lieu tenu secret - une opération qualifiée de «kidnapping» par Berne -, avant d’être remis le 9 novembre à leur ambassade. Le ministère suisse des Affaires étrangères a confirmé la condamnation «par contumace» de ses deux ressortissants, précisant qu’ils sont «toujours à l’ambassade de Suisse à Tripoli». Berne, qui affirme «coordonner la suite des opérations», s’attend à de délicates négociations.

Après le «kidnapping», de nombreux pays avaient exprimé leur soutien à la Suisse. Des voix s’étaient élevées jusque dans le monde arabe. Mais aujourd’hui, «on voit mal quel État européen sera prêt à appuyer la Confédération dans son bras de fer contre Tripoli, alors que le vote anti-minarets a créé incompréhension et irritation parmi les membres de l’UE», s’inquiète le quotidien Le Temps. «Cette condamnation permet à Kadhafi d’engranger des avis positifs auprès des musulmans, renchérit Luc Barthassat, député chrétien-démocrate, membre de la commission des Affaires extérieures. C’est déplorable, mais nous repartons de zéro, alors que nous avions réussi à mettre les autres pays de notre côté.» Le président de la Confédération, Hans-Rudolf Merz, s’est dit surpris par la sévérité du premier jugement. Il y voit toutefois un espoir : «Ce pourrait être le début de la fin ! lance-t-il. Un retour à l’état de droit ouvre la possibilité de clore un dossier juridique avec des mesures juridiques.»

L’éditorialiste de 24 Heures, lui, mise surtout sur Doris Leuthard, avocate et actuelle ministre de l’Économie, qui succédera à Hans-Rudolf Merz à la présidence de la Confédération en 2010 : «Après l’année calamiteuse vécue par son prédécesseur, dont les initiatives hasardeuses ont fini d’ensabler la Suisse dans la crise libyenne, elle ne peut que mieux faire…»

·         Oskar Freysinger, le pourfendeur des minarets

Stéphane Kovacs le Figaro

PORTRAIT - Député de la droite populiste en Suisse, dans le canton du Valais, écrivain et chanteur à ses heures, l’initiateur de la votation de dimanche dernier contre les minarets est avant tout un provocateur qui entend bousculer les élites helvètes.


Oskar Freysinger a vu son initiative «antiminarets» approuvée par plus de 57 % des Suisses. («Danke» signifie «merci» en Allemand). Crédits photo : AP

Quand les premières estimations sont tombées, dimanche après-midi, Oskar Freysinger visitait, pour la première fois de sa vie, une mosquée. «Les résultats m’ont pris de court. J’ai eu un moment de panique, raconte-t-il au Figaro. Je ne m’attendais pas à gagner… Mais je me suis dit : mon propos n’est ni extrémiste ni haineux, les choses devraient bien se passer.» À la sortie, au moment de remettre ses chaussures, il n’en mène pas large, tout de même, lorsqu’un fidèle lui assène : «J’vous boxerais bien la gueule !»

Sans lui, la votation contre les minarets n’aurait pas eu lieu. Ses amis de l’Union démocratique du centre (UDC), le parti de la droite populiste dont il est député depuis 2003, tergiversaient. Il les a convaincus. Il y a un an, alors que des demandes de permis de construire des minarets sont présentées dans plusieurs cantons, une initiative populaire est déposée, forte de 113 540 signatures. Soutenue par des membres de l’UDC et de l’Union démocratique fédérale (UDF, droite évangélique), elle est aussitôt combattue par le gouvernement fédéral. «Dans un pays où tous les partis participent au gouvernement - UDC incluse -, qui est l’opposition à la classe politique ? interroge Oskar Freysinger. C’est le peuple. Et moi, je sens les frustrations de la population.» Bien «senti». Contre toute attente, et alors même que ses partisans n’y croyaient pas, l’initiative «anti-minarets» a été approuvée, dimanche, à plus de 57 % des voix, et avec une participation record. «La société civile a voulu poser des limites, analyse le député. Car les élites sont complètement déconnectées du réel. Il fallait donner un signal fort avant que ça ne devienne comme en Grande-Bretagne ou en France. L’État laïque a de plus en plus de mal à s’imposer, en Suisse comme ailleurs.»

Quarante-neuf ans, l’allure d’un baba cool, avec sa guitare sous le bras, son catogan et sa chemise sans col, il ne correspond pas forcément au stéréotype du Suisse ultraconservateur. Pour lui, c’est sans doute un atout. Avec ses provocations quasi permanentes, son humour parfois graveleux et ses petites phrases assassines, cet ancien professeur d’allemand, père de trois enfants, séduit bien au-delà des cercles de la droite conservatrice.

«J’ai osé dire que l’immigration massive et incontrôlée est un danger pour la cohésion sociale. Qu’être suisse, c’est une question de valeurs et que ceux qui refusent ces valeurs n’ont rien à faire chez nous, écrit-il sur son site Internet. Ce qui m’a donné la force de tenir la dragée haute à tous les bien-pensants gauchistes et moralisateurs béats, ces dernières années, c’est avant tout le sentiment d’avoir une mission à accomplir. ­Cette mission consiste à être une voix discordante dans l’harmonie trop parfaite du consensus mou.»

Après l’internement à vie des délinquants dangereux, après l’imprescriptibilité des actes de pédophilie, c’est donc dans un combat contre les minarets qu’Oskar Freysinger se lance. La Suisse, qui compte environ 400 000 musulmans sur une population de 7,5 millions d’habitants, n’abrite pourtant que quatre mosquées munies de minarets… Mais, pour lui, l’islam avance «à visage couvert», à l’ombre des burqas. «L’islam est une religion qui ne fait pas de distinction entre l’Église et l’État, explique le député. On pourrait la qualifier de religion politique. Dans certains pays européens, cela débouche sur des exigences de législation parallèle. Nous ne voulons pas de ça en Suisse. En s’en prenant au minaret, qui est un symbole de pouvoir, notre initiative entendait placer un garde-fou avant que la situation ne devienne irréversible.»

«Expulser les criminels étrangers»

Le barde aux longs cheveux, qui gratifie parfois son auditoire de chansons à textes et de virulentes fables de son cru, horripile une grande partie de la classe politique et des médias helvètes. «Je me suis fait traiter de Le Pen de pacotille… Je me suis fait traiter de sale Suisse… raconte-t-il. Si défendre l’État de droit et l’égalité entre hommes et femmes, c’est être fasciste, alors je suis fasciste, mais l’insulte personnelle me fait mal.»

La candidature de cet écrivain et poète à ses heures fut même rejetée, en 2005, par l’Association des auteurs de Suisse, suscitant une énorme polémique sur la liberté d’expression. «Mon nom, ici, dans les milieux littéraires, est associé à la peste, lâche Oskar Freysinger. Toutes les portes me sont fermées.» Qu’à cela ne tienne, le conseiller national UDC s’arrangea pour devenir membre de l’Association des écrivains serbes de Suisse ! «C’est piquant, non ? rigole-t-il. Les Serbes sont souvent présentés comme les méchants, or ils pourraient donner des leçons d’ouverture d’esprit et de tolérance au milieu littéraire suisse.»

Aujourd’hui, il est surtout «inquiet pour (s)a famille». «Des menaces, j’en reçois tout le temps, mais il suffit d’un fou, dit-il. Et il y a eu ce précédent de l’incendie (inexpliqué) de ma maison, en 2002.»

Le Conseil fédéral, qui garde en mémoire la crise des caricatures danoises, en 2006, craint, lui, pour la sécurité du pays et ses intérêts économiques. «Alors il faudrait se coucher pour vivre en paix ? s’exclame Oskar Freysinger. C’est ce que Chamberlain et Daladier ont pensé à Munich en 1938… Si les conséquences sont telles, c’est la preuve que ce que nous faisons pour nous défendre est légitime.»

Le fer de lance de la campagne antiminarets ne croit pas aux représailles. «Ce vote n’est pas antimusulmans, souligne-t-il. Nous avons toujours été clairs : nous n’exigeons pas l’assimilation des musulmans, mais leur intégration. Nous ne nous attaquons pas aux lieux de culte, à la liberté de religion, ni à ses aspects sacrés, comme l’avaient fait les caricaturistes danois.» Croit-il à un appel du gouvernement suisse auprès de la Cour européenne des droits de l’homme ? «Cette même cour européenne qui a banni les crucifix des écoles italiennes ? Elle ne peut tout de même pas faire deux poids, deux mesures ! assène- t-il. Et puis les Suisses ne le supporteraient pas !»

Déjà, il pense à son prochain combat, une initiative «pour expulser les criminels étrangers». «Nous voulons bien accueillir les gens, mais il faut qu’ils se comportent correctement, indique le député. On a déjà reçu plus de 230 000 signatures. C’est énorme !» En attendant, «avec les musulmans, les choses vont se calmer, assure-t-il. Et puis, d’ici trente ou quarante ans, l’islam aura fait sa mue, et il n’y aura plus de problème. Il faut que l’islam ait son siècle des Lumières.»

 

·         Demjanjuk jugé dans l’un des derniers procès de la Shoah

J.J. (lefigaro.fr) avec agences

 

John Demjanjuk, l’un des derniers grands criminels nazi encore en vie, est jugé en Allemagne pour avoir participé à la mort de près de 28.000 juifs lorsqu’il était gardien d’un camp d’extermination.

Le dernier chapitre d’une histoire judiciaire de plus de 30 ans s’est ouvert ce lundi en Allemagne. Agé de 89 ans, John Demjanjuk doit répondre devant la cour d’assises de Munich de complicité dans la mort de 27.900 personnes. Cet apatride d’origine ukrainienne est soupçonné d’avoir occupé la fonction de garde au camp d’extermination nazi de Sobibor, en Pologne en 1943.

Numéro un sur la liste des criminels de guerre nazis du Centre Simon Wiesenthal, il a été expulsé en mai des Etats-Unis où il s’était établi en 1952. Ses avocats avaient pourtant tout essayé pour empêcher son extradition : des documents médicaux attestant qu’il était mourant et vissé à son fauteuil roulant avaient notamment été fournis. Mais des caméras de vidéosurveillance l’avaient filmé en train de marcher et de conduire sa voiture… Considéré comme apte au jugement, John Demjanjuk est depuis incarcéré dans une prison munichoise.

L’état de santé de l’accusé reste préoccupant, ce qui explique la limitation de la durée des audiences à 90 minutes par jour. Lundi matin, il est entré dans la salle d’audience en fauteuil roulant et gardait les yeux fermés derrière ses lunettes épaisses. Il était escorté de deux gardes en uniforme vert et de deux infirmiers en blouse blanche. Il a agité un bras pendant que des experts médicaux témoignaient qu’il était apte à être jugé. Le juge a suspendu la séance au bout de 20 minutes, un responsable du tribunal affirmant que l’accusé souffrait de maux de tête.

Vingt-huit minutes plus tard, il est revenu, toujours allongé sur sa civière, mais le visage cette fois à découvert pour la reprise du procès. Il a terminé l’audience en blaguant avec son avocat.

Déjà condamné à mort en 1988

D’ici à mercredi soir, la cour prévoit d’entendre l’accusé et dix-neuf de la trentaine de parties civiles, survivants ou descendants de disparus de Sobibor. Objectif : s’assurer que Demjanjuk a bel et bien occupé le poste de garde durant six mois en 1943, période pendant laquelle 27.900 juifs ont été gazés à Sobibor.

Selon le ministère public allemand, il se serait engagé comme volontaire dans les rangs des SS. L’accusation assure être en possession de déclarations écrites de témoins aujourd’hui décédés qui attestent de la présence de Demjanjuk au camp d’extermination. Elle dispose aussi d’une carte d’identité établie par les SS certifiant que l’octogénaire a reçu une formation de garde et de décisions de tribunaux israélien et américain selon lesquelles il est bien allé à Sobibor.

Ce n’est pas la première fois que Demjanjuk se retrouve face à de telles accusations. En 1988, il avait été condamné à mort en Israël pour avoir été «Ivan le Terrible», gardien au camp de Treblinka. Mais il a été acquitté par la Cour suprême en raison de doutes sur son identité. L’accusé a toujours assuré qu’il était dans l’Armée rouge et qu’il a été fait prisonnier par les Allemands en 1942. Une défense que Demjanjuk va tenter d’adopter dans ce nouveau procès, qui s’annonce long. Le tribunal de Munich, compétent pour le juger car il a vécu dans la région après la guerre, a programmé trois jours d’audience par semaine,au moins jusqu’à juin 2010.

 

·         Le président Zardari renonce au contrôle du nucléaire pakistanais

Le Figaro

 

Le président pakistanais Asif Ali Zardari vient de confier la commande du programme nucléaire national au Premier ministre Yousuf Raza Gilani. Une annonce spectaculaire passée quasiment inaperçue au Pakistan. Pour des raisons de calendrier, mais aussi parce qu’elle est avant tout un effet de manches. Plus important, elle pourrait signifier que Zardari est prêt à renoncer aux pleins pouvoirs. Le seul moyen pour lui de conserver une impunité dont il a bien besoin. Et le titre de président... qui lui plaît bien, sans doute.

Le président pakistanais Asif Ali Zardari (ci-dessus) est désormais seul face à son destin et il n’a pas droit à l’erreur. Ni pour lui, ni pour son pays. La loi d’amnistie qui protégeait le veuf de Benazir Bhutto d’éventuelles poursuites pour corruption est arrivée à échéance samedi. Dès lors, toute décision de sa part qui ne serait pas la bonne, risque de précipiter sa chute et de plonger le Pakistan dans une grave crise politique. Un scénario cauchemar pour les Etats-Unis, alors que Barack Obama doit annoncer cette semaine sa nouvelle stratégie pour l’Afghanistan et le nombre de troupes qu’il y enverra en renfort. Pièce maîtresse de cette stratégie, le Pakistan est déjà déstabilisé par les attaques en rafales des talibans, qui ne désarment pas depuis que l’armée a lancé une opération d’envergure au Waziristan du Sud, l’un de leurs fiefs dans les Zones tribales qui jouxtent l’Afghanistan.

Tard dans la soirée de vendredi, Zardari a fait un geste en se débarrassant de la commande du bouton nucléaire au profit du Premier ministre, Yousuf Raza Gilani (ci-contre). Le porte-parole de la présidence, Farhatullah Babar, a aussitôt parlé d’un « saut gigantesque vers la reprise en mains du pouvoir par le Parlement élu et le Premier ministre ». La réalité est plus nuancée. Ce n’est évidemment pas un hasard si le président pakistanais a renoncé à conserver les clés du programme nucléaire - l’une des plus grandes fiertés du Pakistan - à la onzième heure. Aussi honorifique fût-elle, il tenait sans doute à la fonction. Comme il tient à rester chef de l’Etat.

En fait, sa démarche pourrait augurer les concessions supplémentaires que Zardari est prêt à faire pour conserver son poste, qui lui garantit l’impunité. Allant jusqu’à renoncer aux pleins pouvoirs, y compris celui de dissoudre le Parlement à sa guise, hérités du général-président Pervez Musharraf, qui se les était arrogés afin d’assurer sa propre survie. L’opposition ne demande que ça.

Parce qu’il s’agit de l’arme nucléaire, l’annonce aurait pu être spectaculaire. Au Pakistan, elle est passée quasiment inaperçue. D’abord parce qu’elle a été faite à la veille de Bakri-Eid, l’une des fêtes les plus célébrées par les Musulmans dans la région. Ensuite parce qu’elle ne change pas grand-chose au fait que les commandes du programme nucléaire n’ont jamais réellement cessé d’être sous la coupe de l’establishment militaire, y compris depuis le retour d’un gouvernement civil à Islamabad en février 2008.

Jusqu’à vendredi soir, Zardari a certes été officiellement à la tête du National Command Authority, une organisation qui a tout pouvoir sur l’arsenal nucléaire du pays. Cela va du pouvoir de décision sur l’utilisation de l’arme nucléaire à sa modernisation, ou encore sa sauvegarde. Mais la plupart des analystes pakistanais le reconnaissent, jamais les militaires ne se sont départis de leur rôle de « chien de garde » du programme nucléaire. Et cela n’a certainement pas manqué de rassurer Washington : l’armée est plus que jamais le seul élément stable au Pakistan.    

 

·         Depuis 65 ans, Demjanjuk fuit la mémoire de 29.587 juifs  

Envoyé spécial à Munich, Patrick Saint-Paul LE FIGARO

A 89 ans, John Demjanjuk est accusé d’avoir participé au meurtre de milliers de juifs, lors de la Seconde Guerre mondiale.

La preuve principale de l’accusation allemande tient en une carte de garde affecté au camp de Sobibor délivrée par les SS. Le SS-Ausweis numéro 1.393 établi au nom d’Iwan Demjanjuk porte une photographie dont la ressemblance avec l’accusé est manifeste. Confondu par la justice israélienne avec «Ivan le terrible», qui avait sévi à Treblinka - un autre camp d’extermination polonais situé à 200 km de Sobibor -, John «Iwan» Demjanjuk avait été condamné à mort en 1988. Il fut sauvé par l’effondrement de l’Union soviétique, dont les archives venaient de livrer de nouveaux documents permettant de certifier la véritable identité d’«Ivan le terrible», qui avait prêté main-forte à l’extermination de 800.000 Juifs : un certain Iwan Martschenko.


Le SS-Ausweis [laissez-passer] numéro 1393 établi au nom d’Iwan Demjanjuk. (AP) Crédits photo : ASSOCIATED PRESS

En 1993, la Cour suprême israélienne libère Demjanjuk. Mais il est toujours soupçonné d’avoir participé à des crimes nazis. Il retourne vivre aux États-Unis, où il avait été accueilli en 1952 parce qu’il s’était présenté comme un déplacé de la guerre d’origine ukrainienne, victime des nazis. Avant d’être déchu de sa nationalité en 1986, puis expulsé vers Israël, il avait décroché un job chez Ford à Cleveland, accédant au rêve américain dans les années 1970 en achetant sa maison dans la banlieue de Seven Hills. En 2006, l’OSI (Office of Special Investigation, l’organisme chargé de traquer les criminels nazis aux États-Unis) déclenche une nouvelle procédure contre lui, pour le déchoir de sa nationalité. Les États-Unis refusent d’être un havre pour anciens criminels nazis.

En Allemagne, Thomas Walther, un enquêteur qui approche de la retraite, vient d’obtenir son transfert au Centre d’investigation des crimes nazis de Ludwigsburg. Début 2008, il traque une gardienne du camp de Ravensbrück lorsqu’il tombe sur le nom de Demjanjuk. «J’étais sidéré, raconte Walther, âgé de 66 ans. Je voulais absolument savoir ce que lui reprochaient les Américains, savoir quelles preuves ils avaient.» Il découvre que Demjanjuk n’a pas tué à Treblinka, mais bien à Sobibor. Le faisceau d’indices est suffisamment solide. Walther creuse dans les archives à Coblence, Jérusalem et Washington. Il recoupe les preuves, remplit dix-sept classeurs de documents. Il cherche une réponse à la question : Demjanjuk, victime ou bourreau ? Ou les deux ?

Né en 1920 dans la province de Kiev en Ukraine, John «Iwan» Demjanjuk s’est toujours présenté comme une victime de l’Allemagne nazie. Depuis des décennies, il raconte avoir été détenu dans le camp de prisonniers de Chelm en Pologne après avoir été capturé par la Wehrmacht. Avant d’être transféré dans le sud de l’Allemagne pour travaux forcés.

Culpabilité par association

Les documents exhumés et compilés par Thomas Walther racontent une autre histoire. En 1941, lorsque la Wehrmacht envahit l’Union soviétique, Demjanjuk est enrôlé dans l’Armée rouge. Il est blessé au dos, soigné puis renvoyé sur le front, où il est capturé par les Allemands en mai 1942. Dans les camps de prisonniers, les Soviétiques sont décimés par la faim et le typhus. Les SS recrutent 4.000 à 5.000 «volontaires», pour un entraînement spécial dont ces derniers ne connaissent pas le but. Mais on leur offre une chance de survivre, des repas et un salaire. D’après le parquet de Munich, Demjanjuk serait l’un de ceux-là. Il est alors âgé de 22 ans. Il est envoyé à Trawniki, où il reçoit sa formation d’auxiliaire des SS. Les «trawniki» s’imposent rapidement comme une pièce indispensable de la machine d’extermination des Juifs. Les SS louent leur «brutalité inimaginable».

Travail de mémoire

À Sobibor, une centaine de gardes soviétiques «trawniki» épaulent les trente SS affectés au camp, pour exterminer 250.000 Juifs. Dès leur descente du train, les déportés sont triés, déshabillés et conduits dans les chambres à gaz sous prétexte de prendre une douche. Le nom de Demjanjuk apparaît à la trentième position sur une liste de «trawniki» transférés à Sobibor. À ses côtés, Ignat Danilchenko, condamné après la guerre à vingt-cinq ans de détention pour crimes nazis en URSS. Au cours de son procès, Danilchenko, décédé en 1985, dit avoir connu Demjanjuk «en mars 1943 dans le camp d’extermination de Sobibor, où il était garde SS». Selon Danilchenko, Demjanjuk, un garçon costaud et brutal, était armé d’un fusil et se chargeait de «pousser les récalcitrants dans les chambres à gaz».

Pour le parquet de Munich, il ne s’agit pas de démontrer que Demjanjuk a tué de ses propres mains. L’accusation veut tenter d’obtenir une reconnaissance de culpabilité par seule association : Demjanjuk a été garde à Sobibor de mars à septembre 1943, période pendant laquelle 29.587 Juifs ont été gazés, il a donc participé à cette extermination. Demjanjuk n’était plus une victime. Il avait le choix. Il aurait pu arracher son uniforme et s’enfuir. Il ne risquait que des coups de bâton.

Demjanjuk encourt la réclusion à perpétuité. «Depuis que nous considérons Aribert Heim et Aloïs Brunner comme morts, Demjanjuk est à la première place de notre liste des criminels nazis. Il mérite la perpétuité», dit le chasseur de nazis Ephraïm Zuroff.

Ses avocats affirment que le SS-Ausweis est un faux, fabriqué par les Soviétiques. La photographie a été recollée. Mais les experts américains, israéliens et allemands, l’ont authentifié. Si Demjanjuk tient jusqu’à la fin du procès et s’il est condamné, sa peine se réduira à la durée de son espérance de vie… quelques mois, quelques années au mieux. Pour Étienne François, professeur d’histoire à la Technische Universität de Berlin, l’essentiel n’est pas là. «Les crimes contre l’humanité sont imprescriptibles en Allemagne, rappelle-t-il. Il s’agit de montrer que les responsables peuvent être poursuivis jusqu’à leur mort, qu’il existe des responsabilités individuelles et pas seulement une culpabilité collective. En Allemagne, chaque génération doit faire un travail de mémoire. Ces procès sont utiles pour permettre aux nouvelles générations de se positionner vis-à-vis des crimes nazis. Les témoignages des derniers survivants de la Shoah contribuent à faire la lumière sur cette horreur absolue, qui reste incompréhensible.»

 

ANALYSE

 

ISRAËL, S’IL VOUS PLAIT, DISPARAISSEZ !

 

Jacques Tarnero - Association France Israël Général Köenig

C’est une idée qui fait son chemin. Elle s’exprime désormais sans honte protégée par l’innocence apparente de son questionnement : « et si la création de l’Etat d’Israël en 1948, par l’ONU, avait été une erreur ? » « Si au lieu de réparer un crime, l’ONU avait contribué à en favoriser un autre ? » Depuis soixante ans, avec des succès inégaux, le projet de retirer cet Etat de la carte prend soudain une autre tournure. « S’il vous plait disparaissez pour notre plaisir ! Disparaissez pour apaiser la planète! Disparaissez pour que la terre retrouve son harmonie ! » Tel est le message explicite ou murmuré ou bien encore subliminal  qui se dit se chuchote, s’écrit ou se pense dans différents lieux. Tel est le message qui est adressé à Israël de manière de plus en plus insistante tandis qu’une autre voix  beaucoup plus vociférante annonce qu’elle va bientôt passer à l’acte pour débarrasser la terre de cette désagréable pustule. Ainsi le boulot serait en passe d’être accompli par un clone islamique d’Hitler, grâce à la bombe atomique qu’il s’efforce de fabriquer. Pendant ce temps, en occident on s’apprête à sortir ses mouchoirs dès que la bombe explosera sur Tel Aviv, la ville sioniste par excellence, celle qui n’a pas le droit d’être. Si tout le monde occidental ou presque s’accorde pour estimer qu’Ahmadinedjad ne répond pas aux canons de la bienséance, personne n’ose y regarder de trop près, comme on n’ose pas regarder de trop près cet autre fantasque de Kadhafi avec sa tente, ses amazones, ses dromadaires et ses propos déraisonnables. Le folklore oriental possède cet avantage : il inspire au fond une indulgence méprisante, post coloniale, aux bons esprits progressistes alors qu’il devrait aussi leur inspirer de l’effroi. Ça n’est pas Hitler que l’Occident reconnaît dans le président iranien mais un despote à la sauce orientale qui en ferait trop. « Comment peut on être persan » est une question amusante alors que « comment peut on encore être israélien » est une question sérieuse. Voilà un pays grand comme trois départements français qui exaspère la terre entière pour son mauvais esprit, sa raideur bornée et dès lors tous ceux et celles qui adorent disserter sur la shoah s’enivrent de leurs larmes pour accabler cet Etat qui construit un mur (quelle horreur, un mur !) pour s’emprisonner.

Que les juifs sont émouvants quand ils sont battus ! Comme ils font de beaux livres sur leurs pérégrinations ! Comme ils savent être drôles sous la menace ! Qu’ils sont intelligents, subtils, délicieusement névrosés lorsqu’ils sont en diaspora ! Comme ils savent si bien composer, inventer, philosopher quand leur dispersion est source de pensée et comme cet Etat est grossier, fruste et antipathique. « Comment être juif après Gaza ? » nous dit une experte (juive) de cette posture promotionnelle sans que jamais une question parallèle ne vienne : « comment être humain avec Ahmadinedjad ? » Ne s’est on pas gargarisé de « plus jamais ça »? Si le racisme antisémite est condamnable, le « philosémitisme » n’est il pas « réactionnaire » nous dit un autre expert (juif) en mal de reconnaissance. N’y aurait il pas un usage abusif du « nom juif », une appropriation dévoyée d’un substantif qui n’aurait droit, pour être considéré qu’à une position d’attribut dans une économie intellectuelle de gauche nous dit un nostalgique de Mao, expert en choses de l’amour? Cet éternel « retour sur la question juive », ressassé, malaxé, trituré, prépare autre chose qu’un questionnement de la question juive adressée à la condition humaine. Incapables de penser cette question dans les catégories qui sont les siennes, fussent elles « déconstruites » au fil de l’histoire, les clercs cherchent à effacer la question plutôt que de l’affronter. Le « signe juif » n’est accepté, considéré, qu’à la condition de rester dans les catégories qui furent traditionnellement les siennes et on n’honore les victimes de la shoah que pour mieux en accabler les survivants ayant eu le tort d’émigrer en Israël. La shoahlâtrie se conjugue aisément avec l’israélophobie la plus extrême et il n’est plus nécessaire aujourd’hui de contester la réalité du projet nazi et sa mise en œuvre pour mettre en cause la légitimité d’Israël, si tant est qu’Israël devrait son droit à exister qu’en tant que réparation de la shoah. Il ne reste plus que ce ringard de président iranien à inviter des négationnistes, désormais le dernier chic consister à ajouter ses larmes aux torrents déjà dégoulinants pour affirmer que les nouveaux nazis sont les israéliens et qu’en tant que tels, le « régime sioniste » dont ils sont issus doit être anéanti. Tel est le sens de la mise en équivalence de l’étoile de David avec la croix gammée telle qu’elle est désormais affichée dans toutes les manifestations « anti impérialistes ». Quel bonheur pour l’ONU et son grotesque Conseil des droits de l’homme, de trouver un juge juif pour accuser Israël de crimes contre l’humanité !

La question n’est donc plus la « question juive », mais bien sa mutation en « question sioniste ». Ce qui ferait problème serait cette étrange enclave du bout de la Méditerranée, étrangère à son environnement, refusant de se dissoudre. Depuis quand demande-t-on au présent de corriger l’histoire qui a engendré ce présent ? Demande-t-on au président du Brésil, le sympathique Lula, de rendre l’Amazonie aux Nambikwara ? Demande–t-on à Obama de rendre le Far West aux Sioux et aux Cheyennes ? Demande-t-on aux arabes de rendre le Maghreb aux berbères ? Les polonais réclament ils leur retour à  l’Ouest de l’Oder ? Et les allemands à l’Est ? Des millions de personnes ont été déplacées dans le monde au gré de l’histoire, en Europe, en Inde, au Pakistan. Combien de centaines de milliers de juifs ont ils fui les pays arabes pour trouver refuge en Israël ? Or le peuple d’Israël est le seul au monde dont le droit à une existence nationale est remis en cause parce qu’une mauvaise foi planétaire ne veut pas comprendre qu’être juif signifie simultanément deux choses correspondant à la fois à un destin individuel autant qu’à une communauté de destin partagée. Qu’est ce qui construit un peuple sinon l’idée partagée de lui appartenir ? Et on contesterait aux seuls juifs ce droit né de la réalité de leur histoire, que cette prière vient rappeler, « l’an prochain à Jérusalem ! » Quelle aubaine pour les obsessionnels de l’antiisraélisme que ce soit un autre israélien juif pour expliquer « comment le peuple juif fut inventé » !

Ah ! Bien sûr la politique suivie par l’actuel gouvernement israélien ne plaît ni à la rive gauche ni à la banlieue Est, mais ça n’est pas pour cela qu’elle devrait s’amender mais au nom de l’intérêt supérieur du peuple d’Israël, c’est à dire l’intérêt de ceux pour qui cet Etat fut bâti. Ce sont des raisons démographiques qui font douter de la pertinence de la politique actuelle. L’Etat des juifs pourra t il encore se nommer Israël quand, dans quelques années, ces territoires gardés, la population arabe sera numériquement supérieure à celle des juifs ? En n’ayant aucune illusion sur les bonnes volontés arabes, il y a urgence, pour Israël, à se libérer de ces territoires. L’autisme ne saurait fonder une politique.

Que tous ceux qu’Israël dérange se rassurent : cette intranquilité du nom d’Israël, les protège, malgré eux, car ce qui menace aujourd’hui  Israël, les menace aussi et si nos libertés tiennent encore à peu près debout, c’est bien parce qu’Israël en est le premier rempart. Croyez vous vraiment que sans Israël la terre tournerait mieux ? Non ! Ô vous frères humains ! Demain il sera trop tard pour ne pas l’avoir compris !

 

La nation par les rêves - Gilles Bernheim, Grand Rabbin de France

 

S’interroger sur une identité, écrivait Emmanuel Levinas, c’est déjà l’avoir perdue. Qu’est-ce que l’identité ? La question, beaucoup agitée ces derniers temps, est celle d’une « identité nationale ». Question moderne, narcissique, liée aux pratiques de l’image comme autant de récapitulations au crépuscule.

Depuis des décennies, les déideurs et faiseurs d’opinion de tous niveaux ont clamé sur tous les tons, à propos de tous les sujets, qu’il fallait "changer" ; ils ont à l’envi pratiqué l’autodérision ou l’autoflagellation. Comment, brusquement, s’aviser d’être fidèles à une idée nationale, après avoir invité à se fondre dans un grand ensemble vague dont les frontières varient tous les jours, et après avoir stigmatisé comme "repliement frileux" toute réticence à cette perspective incertaine ? Il est facile d’ironiser et de prévoir paisiblement la catastrophe.

Reste que nous sommes embarqués sur l’esquif dans la tempête et ne pouvons, comme Jonas, nous désintéresser du salut commun. Reste que chacun comprend bien l’affolante perte de repères dont on veut parler, quelles que soient les arrière-pensées conjoncturelles, quand on se soucie d’un déficit d’identité nationale. Certains aujourd’hui interrogent le judaïsme et le peuple juif comme incarnant un modèle de persévérance dans son identité, un modèle de permanence. Le judaïsme, qui a traversé les siècles et les millénaires dans la fidélité à son message universel, qui a témoigné d’une incontestable compétence dans la transmission de l’identité, peut sans doute participer à renseigner notre société sur la question de la permanence et des fondements de l’identité.

L’identité, qui implique répétition, relie un passé à un présent et les projette dans l’avenir. Ce qui rattache au passé et que l’école enseigne : l’histoire, la géographie, la langue, les mythes collectifs. D’où la question de la possibilité d’intégration de ceux, chaque jour plus nombreux dans le corps national, qui n’ont pas les mêmes références. Le Livre biblique de Ruth montre la démarche de celle ou celui qui désire, à titre personnel, se joindre à un autre peuple et en assumer à son tour l’héritage. Il y eut l’assentiment du coeur et de l’âme de celle qui a dit : "Ton peuple sera mon peuple." Il est bien sûr utopique de transposer une telle attitude au niveau collectif ou bien lorsqu’il s’agit de populations entières. Il est néanmoins possible de tirer des enseignements à partir de modèles individuels, qu’ils soient bibliques ou non.

Toutes les communautés juives, si pauvres et menacées fussent-elles, ont entretenu une école et des maîtres comme une priorité absolue. L’école est le lieu décisif de la formation d’un esprit collectif. Le judaïsme a toujours érigé pour les adultes la nécessité de l’étude quotidienne des textes, le devoir d’instruction et de formation.

L’histoire. L’éducation nationale en a sans cesse réduit les horaires au profit des matières plus techniques. Les juifs, quant à eux, ne cessent de commémorer les grandes étapes de leur histoire. Non pas avec orgueil et complaisance, mais dans le souci de rendre grâce pour ce destin unique, d’approfondir les significations et de prendre conscience de leur attachement à cette histoire qui les a faits ce qu’ils sont. De manière analogue, osons dire que non seulement l’histoire de France ne peut pas être réduite sans dommage au ressassement morbide et unilatéral des pages noires de l’histoire contemporaine, mais qu’elle doit aussi enseigner à estimer et à aimer.

S’il faut évidemment dire que la France, battue et envahie en 1940, eut alors un gouvernement antisémite et faible ou complaisant devant l’occupant et que des juifs sous uniforme français en 1914-1918 furent déportés par d’autres Français vers les camps nazis, il ne faut pas oublier de dire que les combattants de l’intérieur et les Français libres furent héroïques et qu’une majorité des juifs de notre pays a échappé aux nazis grâce à des Français. Tout ce qui peut contribuer à une forme d’identification positive à une origine et à une destinée commune doit aussi être dit.

Mais le point de vue narratif doit toujours favoriser une capacité d’identification pour que des hommes venus d’ailleurs trouvent leur place ici. Nous voyons à cet égard des évolutions évidentes et heureuses. S’agissant de l’histoire des musulmans, ils étaient naguère des ennemis lointains, aux confins des programmes (bataille de Poitiers, croisades, chute de Constantinople et menace ottomane à l’âge moderne), ou sujets coloniaux. Ils partagent aujourd’hui une histoire commune pour avoir non seulement transmis, mais encore fait progresser la pensée et la science grecques que redécouvrit l’Occident médiéval. Pour avoir eu leur lot de misère et d’héroïsme dans les guerres mondiales.

La langue. Chacun connaît le nom de Theodor Herzl. Un autre nom n’est pas moindre dans l’histoire du sionisme : Eliezer Ben Yehuda, lexicographe de l’hébreu, un "illuminé" qui prétendait ne s’exprimer qu’en hébreu alors que cet idiome était depuis longtemps confiné aux travaux savants, aux études sacrées et à la poésie. Cet illuminé a eu raison contre toute raison. On peut tout espérer de l’intégration par la langue.

Toute langue donne le monde à ceux qui la parlent ; d’où la gravité du manquement qu’il y aurait à ne pas assurer à tous la parfaite maîtrise d’une langue. A l’école, au collège ou au lycée de donner à la grammaire et aux lettres le temps qu’il faut, éveiller l’amour des mots et des textes, développer le scrupule du terme et de la tournure justes qui expriment la pensée juste. Naturellement, l’école, ce n’est pas un monde clos.

Que pourront les maîtres s’ils doivent aller à contre-courant de l’information, de la publicité, du discours officiel et forcer une indifférence générale ? Si la France redoute, non sans raison, de perdre ses valeurs décisives, elle doit se regrouper autour de son école et honorer ses maîtres. Autre enseignement du judaïsme : on peut être le tenant indéfectible d’une fidélité lointaine, tout en étant loyal envers un sol sur lequel on n’est pas né. Les juifs en Occident ont fait la preuve que l’on peut être à la fois bon citoyen, plus que cela, attaché à son pays, et conserver le souvenir vivace et le respect d’une origine plus lointaine.

Mais l’identité n’est pas qu’un héritage. Celui-ci ne vaut que pour autant qu’il nourrit un projet. Il n’y a pas d’identité française sans projet français : être d’un peuple qui se fait gloire d’avoir souvent parlé et pensé juste, qui en sa longue histoire s’est montré brave et fécond en inventions, qui a porté haut de grands principes qui ont éclairé le monde, qui continue d’offrir un refuge relatif contre bien des misères et des violences, tout en s’efforçant de se gouverner selon le droit plutôt que selon l’arbitraire. Ce projet français peut être, pour les jeunes, un programme exaltant s’il est sans relâche expliqué et illustré.

Et puis ne faut-il pas se demander si l’Occidental en général, ou le Français en particulier, réputé "cérébral", ne s’est pris pour un pur esprit ? Renoncement délibéré aux grands rites citoyens, aux cérémonies et aux formes. Et par ailleurs une prétendue lucidité critique qui s’exprime sans égard aux circonstances et au public. Tout cela alimente un climat désabusé et le dénigrement de tout par tous, ce fameux "mal français". Il faut donner à l’imagination sa part. L’homme a besoin de cérémonies, de symboles, et même du ressassement des évidences. Pour le juif, la loi et les rites publics ou familiaux pourvoient à cela. Le citoyen n’a pas moins besoin de symboles forts, de décorum, de gravité, d’une pédagogie du respect. La nation est portée par ses rêves.

Gilles Bernheim, Grand Rabbin de France

 (Article paru dans le Monde du 28 novembre 2009)

Mis en ligne le 4 décembre 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org