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Brèves de l’UPJF N° 209 du 27 novembre 2009
28/11/2009

27/11/09

Union des Patrons et des Professionnels Juifs de France

 

L   LES BREVES DE L’UPJF

N° 209 du 27 novembre 2009

 

LES ACTIVITES DE L’UPJF

 

  • Dîner-Débat autour de Valérie Pécresse le 3 décembre prochain

 

 

 L’UPJF recevra à un diner-débat le jeudi 3 décembre prochain à 20h00, Madame Valérie Pécresse Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et tête de liste UMP aux prochaines élections régionales.

Vous pouvez vous inscrire auprès de Yasmin au 01.47.63.07.10 ou par mail : contact@upjf.org

Le lieu reste à préciser.

P.A.F adhérents : 50 € 

P.A.F non adhérents : 60 €      

Places limitées.

 

  • Colloque le 13 décembre prochain

 


  • Rassemblement contre le rapport Goldstone le  22 Novembre dernier

(Article paru dans Actualité Juive du 26 novembre dernier)

Texte:

Le «Collectif d’Urgence» manifeste à Paris contre le rapport Goldstone

Actualité juive 26/11/09

Adopté le 15 octobre dernier par le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU basé à Genève, le rapport Goldstone accuse l’armée israélienne et le Hamas d’avoir commis «des crimes de guerre» et «de possibles crimes contre l’humanité» durant son offensive à Gaza de décembre 2008 à janvier 2009. Passé le choc du vote, une partie de la communauté juive de France décidait de réagir. A l’initiative de l’Union des Patrons et des Professionnels Juifs de France (UPJF), se constituait le «Collectif d’Urgence». Rejoint par Siona, le Libi France, la Wizo, la Fédération des organisations sionistes de France (FOSF) et l’Alliance France-Israël, le Collectif décide d’organiser un grand meeting pour dénoncer «cette supercherie». Objectif de ce rassemblement : «parler d’une même voix», explique Claude Barouch, fondateur de l’UPJF. Il est un peu plus de 18h30, dimanche 22 novembre. La salle du Théâtre du Gymnase se remplit à vive allure.

Certains arborent des drapeaux israéliens. Au balcon, une banderole «Arméniens avec Israël» est applaudie par la salle qui trépigne d’impatience.

À la tribune, Roger Pinto, Président de Siona, Me Goldnadel, Président de l’Alliance France-Israël, Gladys Tibi, Présidente du Libi-France, Joëlle Lezmi, Présidente de la Wizo-France, Richard Portugais, Président de l’UPJF, Robert Zbili, Président de la FOSF, mais aussi le journaliste Michel Gurfinkiel et Sammy Ghozlan, Président du BNVCA et de l’Union des CCJ se succèdent, chacun dans leur style. Alors que Gilles-William Goldnadel explique qu’à «ce degré de détestation que connaît Israël et le peuple juif, il y a urgence», la Présidente du Libi, elle, demande à la salle de faire une ovation debout pour Tsahal et ses soldats.

Dans la même veine, Roger Pinto tient à avoir une pensée pour le jeune Guilad Shalit, retenu en otage depuis juin 2006.

Point culminant du rassemblement : l’intervention du député-maire du XVIe arrondissement de Paris, Claude Goasguen. Indéfectible ami d’Israël, l’élu UMP ne mâche pas ses mots, comme à l’accoutumée.

«La France s’est déshonorée en s’abstenant. La France n’a pas compris que, dans quelques années, le Goldstone II accusera tous les soldats qui se battent en Afghanistan». «L’Afghanistan et Israël, c’est la même chose, c’est le même combat contre les mêmes ennemis».

«On voulait éviter les lenteurs des institutions communautaires»

Tonnerre d’applaudissements. Le public debout, uni dans un même élan. L’image est belle, mais en coulisses, le rassemblement ne fait pas l’unanimité. Pour le justifier, en effet, Claude Barouch explique : «On voulait éviter les lenteurs des institutions communautaires». Est-ce pour autant que l’UPJF souhaite prendre la main dans le combat contre le rapport Goldstone et pour la défense d’Israël ? Lundi 23 novembre au matin s’est, en outre, tenue à la Wizo une réunion d’explications entre Nathalie Cohen-Beizerman et Joëlle Lezmi. La Présidente de la branche européenne de l’organisation n’en démord pas.

«La Wizo n’avait rien à faire là-bas». Pour elle, «si Joëlle Lezmi continue d’agir ainsi, la Wizo va sortir du CRIF et ça, je ne le souhaite pas». La Présidente de la Wizo ne l’entend pas de cette oreille. «Je ne veux pas polémiquer, la Wizo a besoin de travailler dans le calme», assure Joëlle Lezmi. «Quelques-unes de nos adhérentes sur le terrain ont réclamé des actions en réaction aux différentes manifestations d’antisionisme ou d’antisémitisme», dit-elle, et estime envisageable des «partenariats ponctuels et rediscutables avant chaque action, comme c’est le cas dans tout Collectif». Elle ajoute : «Moi, mon moteur, c’est l’attachement profond à Israël et à la défense de son image comme le stipulent les objectifs Wizo. Je ne vois pas l’incompatibilité à être dans le CRIF et à participer à des actions du Collectif Urgence ».

L’UPJF compte bien multiplier les actions. «La mobilisation ne fait que commencer», prévenait un militant en sortant de la salle.

Virginie Guedj-Bellaïche

·         Claude BAROUCH invité de la WIZO le 24 novembre dernier

Claude Barouch a été reçu par le bureau directeur de la WIZO pendant près de deux heures mardi 24 novembre dernier, accompagné  de Guy Rozanowicz secrétaire général de radio J, après avoir expliqué les raisons de la création du Collectif d’Urgence, Claude Barouch a expliqué pourquoi il pensait que ce collectif n’était absolument pas en opposition avec le CRIF et pourquoi avec les autre organisations il souhaitait que la WIZO soit membre de ce collectif, il a ensuit répondu à plusieurs questions dans un climat très cordial.

 

L’UPJF SUR LES ONDES

Dimanche 29 novembre Claude BAROUCH interviendra en direct sur Radio J (15h10 ,94.8 FM).

 

FRANCE


·        
Venue voilée à l’Assemblée, elle crée une polémique

M.B. (lefigaro.fr) avec AFP

Depuis qu’une lycéenne est venue écouter les parlementaires vêtue d’un hidjab, des députés UMP réclament une modification du règlement pour interdire le port des signes religieux dans l’enceinte du Palais Bourbon.

Alors qu’une mission d’information planche actuellement à l’Assemblée nationale sur le port de la burqa en France, la polémique sur le foulard islamique a rebondi au palais Bourbon. Le 12 novembre dernier, une lycéenne, vêtue d’un voile islamique, est venue assister aux débats. Une entrée qui a provoqué un nouveau débat parmi les députés, qui s’interrogent depuis sur la possibilité d’apparaître voilée dans les tribunes réservées au public de l’Assemblée nationale.

Interpellé par cette affaire, le président du palais Bourbon, Bernard Accoyer (UMP), a envoyé le 19 novembre une lettre aux députés. Il y souligne que le citoyen «doit se tenir découvert» et que «cette prescription, vieille de plus d’un siècle, ne saurait être opposée au port du foulard» et vaut uniquement pour le «couvre-chef» des hommes. «Les libertés de religion et d’opinion font partie des droits fondamentaux des citoyens », écrit-il avant de préciser que le port de signes (ou tenues) religieux est interdit par la loi «dans les seules écoles, collèges et lycées publics, ce qui signifie bien, a contrario, qu’il est autorisé dans les autres lieux publics».

Un public «assis, découvert et silencieux»

La députée UMP Françoise Hostalier a immédiatement dénoncé cette interprétation sous les applaudissements de ses collègues UMP. «Alors qu’on tient un débat sur l’identité et les valeurs de la République, si on n’est pas exemplaire à l’Assemblée sur ces thèmes-là, où peut-on l’être ?», s’est-elle indignée. La députée souhaite ainsi qu’il soit écrit dans le règlement de l’Assemblée que le public «se tient assis, découvert et en silence» dans les tribunes. Et pour obtenir gain de cause, elle menace Bernard Accoyer de lancer une pétition si sa position n’évolue pas. Une initiative soutenue par le patron des députés UMP, Jean-François Copé, qui a réaffirmé que le public admis en séance devait être «découvert».

Lors d’une réunion du groupe de la majorité, le président du palais Bourbon a quant à lui indiqué, selon son entourage, qu’il ferait «le point sur cette mesure ancienne», sans donner davantage de précisions.

Ce n’est pas la première fois que le port de signes religieux fait polémique dans l’enceinte même du palais Bourbon. Déjà, en 2000, sous la présidence du socialiste Laurent Fabius, un prêtre et une religieuse avaient dû respectivement retirer leur croix et leur voile pour s’assoir dans l’hémicycle.

 

·         La vente d’un navire de guerre français à la Russie inquiète 

Isabelle Lasserre le Figaro

Paris minimise les critiques en évoquant des impératifs stratégiques, économiques et financiers.

Un peu plus d’un an après la brève guerre en Géorgie, le pays négociateur du cessez-le-feu d’août 2008, régulièrement violé par Moscou, s’apprête à vendre des bateaux de guerre à la Russie. Certains, assurément, y verront un symbole politique embarrassant.

Exposé depuis lundi à Saint-Pétersbourg, le porte-hélicoptères Mistral est l’un des fleurons de la marine nationale, le plus gros navire de guerre français après le Charles-de-Gaulle (200 mètres de long, 32 de large). Surnommé «le couteau suisse» pour ses qualités de polyvalence, il peut transporter une quinzaine d’hélicoptères, treize chars Leclerc ou un petit millier d’hommes. Il est aussi doté d’une capacité de commandement et d’un hôpital de 70 lits.

«Le Mistral, c’est le nec plus ultra en matière de BPC (bâtiment de projection et de commandement)», résume un marin. Un bijou que de nombreux pays nous envient. C’est bien pour cela que les Russes, qui cherchent à se doter d’une force d’attaque amphibie et rapide, le veulent. Les négociations sont aujourd’hui entrées dans leur phase finale. Après avoir fait une offre, les Français attendent une réponse de Moscou «dans les prochaines semaines». À terme, le contrat devrait concerner cinq Mistral.

Si Moscou et Paris se félicitent, la vente du Mistral fait grincer des dents dans les anciennes républiques soviétiques, surtout le long de la mer Noire, où les tensions avec Moscou sont récurrentes. Les voisins craignent que la Russie utilise les navires de guerre français dans la Baltique et dans la mer Noire pour contrecarrer l’extension de l’Otan à l’est et faire reculer l’influence occidentale dans son ancienne arrière-cour.

Les Géorgiens, qui se sentent toujours menacés par le nouvel impérialisme russe, réclament l’annulation du projet. «La Russie veut restaurer son statut de grande puissance en rétablissant son influence sur les anciennes républiques d’URSS. Le Mistral est un bateau d’assaut formidable pour attaquer la Géorgie ou les pays Baltes. C’est comme si on donnait une arme de pointe à un bandit. Voilà pourquoi nous avons peur  », explique Alex Rondeli, le président de la Fondation géorgienne pour les études internationales et stratégiques.

«Nu, sans système d’armes»

Commentant la décision de son pays, le commandant de la marine russe, l’amiral Vyssotski, l’a d’ailleurs carrément reconnu, se référant à l’invasion de la Géorgie en août 2008 : un tel navire aurait permis à la flotte de la mer Noire «d’accomplir sa mission en 40 minutes au lieu de 26 heures» ! Les pays Baltes, eux aussi, s’inquiètent. Le chef de la diplomatie estonienne, Urmas Paet, exige de savoir si le bateau sera fourni «avec ou sans équipement de haute technologie».

À Paris, on minimise ces critiques en rappelant que le navire sera fourni aux Russes «nu, sans système d’armes». «On ne peut pas dire qu’on veut créer un continent de stabilité avec la Russie, bâtir un partenariat avec elle, tenter de rallier Moscou sur les grands dossiers du moment, comme le nucléaire iranien, et refuser de leur vendre des armes. Ce serait en contradiction avec notre discours  », défend une source proche du dossier.

La nécessité de fournir du travail aux chantiers navals de Saint-Nazaire aurait pesé lourd dans la décision et fini par vaincre les réticences initiales de l’Élysée. Face à cette perspective économique et financière, le code de bonne conduite européen sur les exportations d’armes, qui stipule la nécessité «de prévenir l’exportation d’équipements qui pourraient être utilisés à des fins de répression interne ou d’agression internationale ou contribuer à l’instabilité régionale» n’a pas fait le poids…

 

·         Donations aux petits-enfants: la limite d’âge passe à 80 ans

R.E.M. (avec AFP - Le Figaro)

Le régime de donation des grands-parents à leurs petits-enfants a été assoupli.

Mercredi, dans le cadre de l’examen du projet du loi Finances pour 2010, les sénateurs ont décidé de relever à 80 ans l’âge limite des grands-parents donateurs. Actuellement,les dons de sommes d’argent aux petits-enfants sont exonérés à hauteur de 31.272 euros avec une condition d’âge limite fixée à 65 ans. Pour bénéficier d’une exonération, l’administration fiscale pose une deuxième condition, celle de l’âge du bénéficiare qui doit être âgé d’au moins 18 ans le jour de la transmission. En revanche, pas de changement de la limite d’âge pour les parents donateurs. Leur limite d’âge reste de 65 ans au moment du don d’argent fait à leurs enfants.

Ce dispositif d’exonération qui avait été consenti par Nicolas Sarkozy en 2004, alors qu’il était ministre de l’Économie, pour soutenir la consommation, coûte à l’Etat 185 millions d’euros, selon «Les Echos». D’après l’Insee - dont la dernière enquête sur les donations et successions remonte à 2004 - deux donations sur dix dépassent 60.000 euros. Les donations provenant des grands-parents constituent seulement 8% de l’ensemble des dons recensés pour un don moyen de 19.400 euros. L’assouplissement de l’âge limite devrait permettre d’augmenter le nombre de donations dans la mesure où la probabilité d’avoir des petits-enfants âgés d’au moins 18 ans augmente avec l’âge.

Le nouveau dispositif concernant les grands-parents devrait entrer en vigueur au 1er janvier 2010. Mais il reste encore le feu vert de l’Assemblée mi-décembre.

 

·         Réacteur du futur aux Emirats: l’offre française compromise

S.dH le Figaro


Selon La Tribune, le projet de vente de plusieurs EPR aux Emirats Arabes Unis pâtirait d’effets défavorables de change. Une réunion se serait tenue mardi à l’Elysée pour décider d’une baisse de prix.

L’offre française pour la vente d’EPR aux Emirats arabes unis serait bien mal en point. Selon la Tribune, une réunion au sommet se serait tenue hier à l’Elysée à l’initiative du secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, afin de sauver un contrat évalué à 41 milliards de dollars, qui, pour l’heure, semble compromis.

Le contrat buterait notamment sur le prix de l’offre française, jugé trop élevé par Abu Dhabi. Pourtant, sous la pression politique, le consortium avait déjà décidé de baisser de 10% son prix» par rapport à celui de ses concurrents: le japonais Hitachi (allié à l’américain General Electric) et le coréen Kepco (associé à son compatriote Hyundai). La baisse du dollar aurait en effet joué en défaveur du consortium.

La réunion d’hier, qui réunissait notamment Anne Lauvergeon (Areva), Gérard Mestrallet (GDF Suez), Christophe de Margerie (Total) et Henri Proglio (EDF), avait donc pour ambition de décider d’une nouvelle baisse de prix pour revenir dans la course.

Henri Proglio, le nouveau patron d’EDF, avait récemment, dans les Echos, critiqué en filigrane la gestion de l’offre française à Abou Dhabi, souhaitant que la filière française du nucléaire soit entièrement repensée, de façon à être beaucoup plus homogène, notamment pour défendre ses chances à l’international.

 

·         La condamnation d’Arthur pour "injure publique" envers Dieudonné confirmée

AFP Le Point

La Cour de cassation a confirmé la condamnation de l’animateur Arthur à 3.000 euros d’amende avec sursis pour "injure publique" envers l’humoriste Dieudonné et à un euro de dommages et intérêts.

La cour a rejeté le pourvoi de l’animateur contre la décision rendue le 30 avril par la cour d’appel de Riom (Puy-de-Dôme). Celle-ci avait revu à la baisse la condamnation à 4.000 euros d’amende et 1.500 euros de dommages et intérêts prononcée en première instance par le tribunal correctionnel d’Aurillac.

Interviewé sur Europe 1, Arthur avait déclaré le 29 novembre 2006 : "Même les mecs du Front national ont honte que Dieudonné soit venu les voir, c’est-à-dire que même le Front national n’en veut pas (...) c’est bien la preuve que c’est la dernière des pourritures". L’humoriste avait alors déposé plainte avec constitution de partie civile. Dieudonné avait été condamné pour incitation à la haine raciale à 3.000 euros d’amende, en 2006 à Paris, pour avoir notamment déclaré qu’Arthur finançait l’armée israélienne "qui n’hésite pas à tuer des enfants palestiniens".

                                   

·         Les projets fous de l’islamiste du Cern

Jean-Marc Leclerc le Figaro

Outre les chasseurs alpins d’Annecy, il cherchait des cibles parmi des personnalités en France.

INFO FIGARO - Le mystère Adlène Hicheur commence à s’éclaircir. Ce physicien franco-algérien de 32 ans, employé sur le site du Cern à Genève et arrêté le 12 octobre dernier à Vienne (Isère), envisageait de s’en prendre au 27e bataillon de chasseurs alpins d’Annecy. Outre cet objectif, une source de haut niveau confie au Figaro qu’«il devait faire valider par l’échelon algérien d’autres projets», comme «l’élimination de personnes physiques à haute responsabilité, des hommes politiques ou autres. Tout cela devait être vu et discuté avec ses interlocuteurs.» Le chercheur était en lien depuis des mois, via Internet, avec un correspondant identifié comme un membre d’al-Qaida pour le Maghreb islamique (Aqmi).

Concernant le 27e BCA, Hicheur l’aurait désigné pour «punir l’armée, et plus généralement la France, de son implication en Afghanistan», assure un magistrat. Dans un courriel à ses contacts, le terroriste présumé aurait même fourni des indications sur la caserne afin de préparer l’action.

Au quartier Tom-Morel, siège du 27e BCA, le silence est de rigueur. Mais un militaire constate que ce bataillon était une «cible à double titre». D’abord, fait-il valoir, «parce que le 27 a envoyé trois compagnies en Afghanistan». Ensuite, poursuit-il, «parce qu’il célèbre l’anniversaire de Sidi-Brahim, en souvenir d’un combat héroïque des chasseurs alpins en Algérie contre l’émir Abd el-Kader». Un fait d’armes qui, selon cet officier, «n’aura pas échappé aux islamistes, férus de symboles».

Au pôle antiterroriste parisien, un spécialiste voit dans cette affaire la confirmation que «le terroriste isolé devient une menace de plus en plus sérieuse». Quelques contacts pris sur Internet peuvent ainsi faire basculer la vie d’individus jusqu’alors inconnus des services de police. «C’est pour nous le pire des scénarios», estime un cadre de la Direction générale de la police nationale. Ce commissaire constate notamment l’influence croissante de certains sites et forums islamistes sur des personnalités à l’esprit plus ou moins dérangé. Des électrons libres en somme, qui peuvent frapper à tout moment, après s’être imprégnés de la prose de prêcheurs qui les téléguident. L’Unité de coordination de la lutte antiterroriste (Uclat) a multiplié les alertes en ce sens au cours de ses dernières réunions. La police a déjà identifié plus de vingt sites «particulièrement nocifs». Elle s’étonne même de l’augmentation des consultations dont ils font l’objet depuis l’Hexagone. Beaucoup de ces sites sont nés après la fermeture de minbar.com, qui fut le point de ralliement de nombreux moudjahidins à travers l’Europe.

Le 5 novembre dernier, la fusillade de Fort Hood, aux États-Unis, où treize personnes ont trouvé la mort, n’a fait que confirmer les craintes des experts de la Place Beauvau. Car le psychiatre militaire de 39 ans, Nidal Malik Hasan, à l’origine de cette action, n’avait éveillé les soupçons de personne. Et pourtant, selon les enquêteurs, ce lone terrorist [terroriste isolé] avait consulté plusieurs sites se réclamant de la mouvance islamiste radicale. Il avait aussi échangé des courriels avec des personnes appartenant à cette nébuleuse.

«Ces nouveaux profils sont d’autant plus difficiles à détecter qu’ils peuvent correspondre à des individus parfaitement insérés», assure un professionnel du renseignement à Paris. Leur amateurisme sur le plan criminel reste malgré tout leur faille, car ils laissent des traces. «De ce point de vue, Internet est devenu un facteur déterminant pour l’enquête», explique un policier spécialisé. La police a d’ailleurs intensifié sa veille pour détecter les «signes prédictifs d’un passage à l’acte», explique-t-on dans l’entourage du ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux.

Cette traque est conduite en coulisses par les hommes de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) du préfet Bernard Squarcini. À partir de mots-clés, grâce à des logiciels spécialement conçus. En infiltrant également les forums de discussion, pour appâter les éventuels candidats à la guerre sainte.

·         Peu de pays taxent autant leurs entreprises que la France

Cécile Crouzel le Figaro

En termes de pression fiscale pesant sur les sociétés, la France occupe le 165ème rang sur 183 pays, d’après une étude menée par PWC. Le Timor oriental occupe la première place.

Pour une entreprise, mieux vaut ne pas travailler en France si on veut être peu taxé. Sur 183 pays, l’Hexagone est classé 165ème pour la pression fiscale pesant sur les sociétés, la place de numéro un désignant le pays où les impôts sont les plus faibles. C’est ce que révèle la quatrième étude menée par le cabinet PriceWaterhouseCoopers (PWC) pour le compte de la Banque Mondiale. La méthode employée est assez originale: il s’agit de mesurer la fiscalité pesant sur une PME type de 60 salariés, ayant une activité de fabrication et de distribution.

En France, les impôts, les taxes et les cotisations sociales patronales bref l’ensemble des prélèvements - absorbent 65,8% du bénéfice avant prélèvements de cette PME. En Allemagne, ce taux est juste au dessous des 50%. L’écart est donc notable avec notre principal voisin et concurrent économique. En Europe, seule l’Italie est plus mal classée. En outre, la situation de la France s’est détériorée depuis 2008, où elle pointait encore au 160 ème rang. Il faut dire que 20 pays ont baissé leur impôt sur les sociétés cette année. «La France a fait des efforts, notamment sur le crédit-impôt-recherche. Mais ce dispositif, qui concerne peu les PME, n’est pas pris en compte dans l’étude. Et à l’avenir, la réforme de la taxe professionnelle devrait avoir un effet positif» nuance Philippe Durand, avocat chez Landwell (le cabinet d’avocats de PWC).

La pression fiscale n’est pas le seul critère pris en compte

Surtout, la pression fiscale n’est pas le seul critère pris en compte dans l’étude. A juste titre d’ailleurs car le pays numéro un pour la faiblesse des impôts est le Timor oriental, peu réputé pour sa compétitivité générale. Pour mesurer l’attractivité fiscale globale, l’étude intègre aussi le temps passé par les entreprises à déclarer et payer leurs impôts et le nombre de paiements à effectuer. Or sur ces deux points, la France est bien classée (40 ème dans le premier cas, 9 ème dans le second). Elle a même gagné des rangs.

C’est le résultat de la politique de modernisation menée depuis plusieurs années, avec la multiplication des télé-déclarations via Internet et la création d’une seule direction à Bercy gérant le calcul et le recouvrement des impôts (la direction générale des finances publiques). Grâce à cet effort, la France remonte dans le classement général de l’attractivité fiscale, passant de la 66 ème place en 2008 à la 59 ème place en 2009.

·         Les derniers secrets du juge antiterroriste Bruguière

J.-M. L. le Figaro

Bruguière verrait bien Ben Laden réfugié dans une banlieue hermétique du Pakistan.

«Nous estimons que près de 1 100 jeunes Français convertis ou d’origine maghrébine sont partis pour l’Afghanistan.» Pour la première fois, le juge Jean-Louis Bruguière donne, dans ses Mémoires*, une évaluation précise du nombre de candidats à la guerre sainte dans l’Hexagone. Et il ne s’agit là que de ceux qui sont partis entre 1994 et 2001. C’est donc ne pas compter les dizaines de soldats perdus des filières tchétchènes, irakiennes, puis à nouveau afghanes, qui, issus des quartiers nord de Marseille, de Bron ou de La Courneuve, ont repris depuis le chemin du djihad.

À la différence de ceux qui se sont emparés du sujet terroriste sans jamais avoir croisé le moindre poseur de bombe, Bruguière parle d’expérience. Son combat fut celui des victimes. Quarante années d’instruction, au cœur des dossiers les plus sensibles, de la rue des Rosiers au DC 10 d’UTA en passant par Action directe, l’OLP et même la chute du réseau de prostitution de Mme Claude. Aujourd’hui encore, bien qu’il ait quitté ses fonctions de coordinateur de la structure antiterroriste centralisée à Paris, la fameuse galerie Saint-Éloi, la Place Vendôme a toujours recours à ses services.

La France aussi était visée

Au fil des pages de son «testament» se dessine l’internationale du crime islamiste, avec ses rendez-vous secrets et ses projets insensés. L’on apprend ainsi qu’après le 11-Septembre, un membre d’al-Qaida avait été chargé de recueillir de la documentation sur les ULM en vue de nouvelles opérations. Il s’intéressait aussi, dit Bruguière, «aux méthodes de déraillement des trains et de destruction des câbles des ponts, notamment celui de Brooklyn».

La France était également visée. Et elle reste dans le collimateur. Abordant l’épisode Richard Reid, alias Shoe Bomber, qui voulait déclencher dans un avion à destination des États-Unis, en décembre 2001, l’explosif caché dans ses chaussures, le juge se demande si sa principale base logistique n’était pas installée dans l’Hexagone. «Nous ne savons pas, poursuit-il, quels sont les réseaux qui l’ont aidé à préparer cet attentat à partir de Paris. Preuve que certains d’entre eux sont, chez nous, toujours actifs.»

Ben Laden ? Bruguière le verrait bien réfugié dans une banlieue hermétique du Pakistan. À Karachi, assure-t-il, «des quartiers entiers de cette ville de plus de 10 millions d’habitants sont hors de tout contrôle de la police et de l’armée. Nul n’y pénètre et de puissants moyens antiaériens - y compris des missiles sol-air - interdisent le survol de certains quartiers.» Le magistrat y voit «de véritables sanctuaires pour les islamistes».

À le lire, l’Occident a du souci à se faire. Car l’ennemi sait exploiter ses faiblesses. Exemple : ce mode d’emploi pour apprenti terroriste débusqué par le juge au détour de l’une des multiples perquisitions : «Utilisez les systèmes informatiques américains parce que vous serez protégés par la loi américaine, surtout par la jurisprudence des cours californiennes… Ne recourez jamais aux fournisseurs d’accès européens, car les disques durs risquent d’être saisis et les perquisitions y sont plus aisées. Y compris en Grande-Bretagne.»

Avant l’instauration du mandat d’arrêt européen, une autre pièce fut saisie par ses soins dans cette «documentation juridique» : «Surtout, passez par l’espace Schengen parce que vous ne serez pas extradés. Juridiquement, vous serez protégés par les États membres, qui ne pourront pas vous extrader facilement.» Les poseurs de bombe, bien conseillés, ont parfaitement intégré les failles du contre-terrorisme.

Jean-Louis Bruguière n’est pas loin de penser qu’ils bénéficient de la complaisance de certains États. À commencer par les services de renseignement du Pakistan, passés maîtres, selon lui, dans l’art du «double langage».

* «Ce que je n’ai pas pu dire», Jean-Louis Bruguière, entretien avec Jean-Marie Pontaut, Robert Laffont, 493 pages, 22 euros.

·         Valérie Pécresse lance le «Meetic» de la recherche 

Marc Mennessier le Figaro

Ce site de rencontre vise à multiplier les partenariats entre laboratoires publics et entreprises.

«Entreprise innovante et dynamique, bien sous tous rapports, cherche laboratoire public en vue collaboration fructueuse sur thème de recherche commun.» Ce genre de petite annonce risque de se multiplier sur la Toile suite au lancement par le ministère de la Recherche d’un «site de rencontre» d’un genre un peu particulier. «Nous l’appelons le“Meetic de la recherche”car j’espère qu’il fera beaucoup de mariages entre chercheurs publics et privés», a déclaré, mardi, Valérie Pécresse, en présentant à la presse ce projet original qui vise «à faciliter la mise en relation entre les entreprises et les laboratoires» académiques.

«Il faut en finir avec la coexistence de deux mondes, celui de la recherche publique et celui de la recherche privée», a poursuivi la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche en déplorant les «nombreux verrous qui freinent encore la coopération».

Concrètement, cette «plateforme» d’échanges a été installée mardi sur le site Internet de l’Agence nationale de la recherche (ANR) qui jouit d’une grande notoriété avec 700 000 connexions par an et plus de 3 millions de visiteurs uniques depuis sa création en 2005. Il s’agit pour l’essentiel de chercheurs d’établissements publics (CNRS, Inserm, universités…) mais aussi d’industriels qui répondent aux appels à projets publics thématiques ou non thématiques émis et financés par l’ANR (643 millions d’euros au total en 2008).

Ce nouveau service donnera aux entreprises petites et grandes la possibilité de faire connaître leurs projets de recherche à l’ensemble de la communauté scientifique en vue de nouer d’éventuels partenariats. La base de données Ariane de l’ANR leur permettra également de rechercher à partir de mots-clés les laboratoires travaillant dans leur champ de compétence. C’est d’ailleurs à la demande des chefs d’entreprise qui ont dit à la ministre «qu’ils avaient beaucoup de mal à se repérer dans le paysage de la recherche publique» que le site a été créé. De leur côté, les laboratoires académiques trouveront «l’opportunité de collaborer avec de grands groupes, mais aussi avec des PME avec lesquelles ils ne travaillent pratiquement jamais» a souligné Valérie Pécresse.

Déjà 12 appels à projet

Les travaux qui découleront de ces échanges «seront a priori financés par les industriels» a précisé Jacqueline Lecouturier, la directrice générale de l’ANR. Mais les partenaires auront la possibilité de bénéficier de fonds publics en répondant aux appels à projets de l’agence.

Dès mardi, douze appels à projet émanant de neuf entreprises (LFB, Roche, Sanofi-Aventis, Gostai, Hewlett-Packard, Microsoft, Renault et Total) étaient déjà mis en ligne. Ils concernent les sciences de la vie (formulation de médicaments, maladie d’Alzheimer, cancérologie, maladies immuno-inflammatoires), la robotique, l’informatique et les sciences humaines.

À brève échéance, une refonte complète du site de l’ANR est prévue courant 2010 pour le transformer en un portail de mise en relation, d’assistance et d’information pour les laboratoires publics et les entreprises.

·         Aubry appelle à une large régularisation des sans-papiers

lefigaro.fr avec AFP et AP

Devant les jeunes socialistes réunis en congrès à Grenoble, la première secrétaire du PS a reproché à Nicolas Sarkozy d’opposer immigration et identité nationale.

La première secrétaire du PS, Martine Aubry, a défendu dimanche l’adoption par les couples homosexuels, devant des centaines de militants rassemblés pour le 9e congrès du Mouvement des jeunes socialistes (MJS). «Nous voulons qu’on puisse aimer qui on veut... Nous sommes pour le mariage et l’adoption» par les homosexuels, a déclaré Aubry à Grenoble. «L’Etat ne doit pas nous dire avec qui nous marier» et «qui on doit aimer», a-t-elle ajouté, alors que début novembre, un tribunal de Besançon a autorisé l’adoption d’un enfant par un couple d’homosexuelles.

Elle a également évoqué les mariages mixtes. «Je n’oserai pas citer» le ministre de l’Immigration «Eric Besson qui a parlé des mariages gris pour que la honte l’atteigne définitivement», a-t-elle déclaré. Par «mariages gris», Eric Besson a récemment désigné des mariages qui seraient conclus entre un étranger et un Français de bonne foi, abusé par un étranger ayant pour but d’obtenir titre de séjour ou nationalité française.

Aubry a également vertement critiqué Nicolas Sarkozy au sujet du débat sur l’identité nationale: «Nicolas Sarkozy fait honte à la France en voulant opposer identité nationale et immigration. Et il a tort de penser que cette fois-ci les Français le suivront», a dit Aubry, se disant «fière d’être basque et française». Nicolas Sarkozy a qualifié début novembre de «nécessaire» et «noble» le débat controversé sur l’identité nationale lancé par Eric Besson.

«Régularisation large des sans-papiers»

Martine Aubry a également déclaré que le PS devait «défendre une régularisation large des sans-papiers», sur critères, un sujet qui sera abordé mardi au bureau national du PS. «Les Français ont compris que ces milliers de sans papiers qui sont aujourd’hui exploités dans les entreprises et qui font grève doivent avoir leurs papiers», a-t-elle ajouté. Dimanche, le ministre du Travail Xavier Darcos a annoncé son souhait de donner aux préfets la possibilité de prononcer la «fermeture administrative» des entreprises employant des travailleurs sans papiers. Aubry a également appelé les militants du MJS à faire avancer la lutte contre les discriminations, en reconnaissant que son parti avait été «mauvais là-dessus».

Au sujet de la querelle entre Vincent Peillon et Ségolène Royal, qui «agace» nombre de jeunes militants, Martine Aubry a balayé la question dès le début de son discours. «Je ne suis pas là, même s’il y en a que ça intéresse, pour parler des petites phrases. Je suis là pour porter toute la gauche au sommet. C’est la seule chose qui intéresse les Français, tout le reste est dérisoire», a-t-elle souligné. «Je ne suis pas là pour savoir comment Rama Yade est habillée au gouvernement et si elle s’est engueulée avec Rachida Dati, savoir si untel a un problème d’ego ou un petit problème de relation», a-t-elle ajouté devant la presse.

Par ailleurs, Martine Aubry a justifié l’absence du PS au Forum Copenhague organisé la veille par Daniel Cohn-Bendit et son parti Europe-Ecologie, auquel participait François Bayrou, évoquant des vues divergentes sur le développement durable. «Daniel Cohn-Bendit a organisé un débat sur Copenhague où je remarque qu’on n’a pas beaucoup parlé de Copenhague. Je le regrette, mais tant mieux, il s’est réconcilié avec François Bayrou», a-t-elle ironisé. Elle avait auparavant appelé au rassemblement de la gauche.

Enfin, les jeunes socialistes ont élu leur nouvelle présidente, Laurianne Deniaud, 27 ans, qui succède à Antoine Détourné, pour un mandat de deux ans.

 

·         Régionales : le FN se rêve en arbitre du second tour 

Guillaume Perrault le figaro

Crédité de 9 % des voix au niveau national, le parti d’extrême-droite pourrait se maintenir dans plusieurs régions au second tour des élections régionales de 2010.

Les ténors de l’UMP n’en font plus mystère. La droite craint que, lors des élections régionales de mars prochain, le Front national atteigne dans plusieurs régions la barre des 10 % des voix qui permettrait au parti de Jean-Marie Le Pen de se maintenir au second tour. Des triangulaires - en l’occurrence l’affrontement au second tour d’une liste de gauche, d’une liste UMP, et d’une liste FN - qui entraîneraient la victoire de la gauche dans ces régions, comme ce fut le cas lors des régionales de 2004.

Ce scénario préoccupe la majorité présidentielle, car il illustrerait la réapparition d’une force politique significative sur son flanc droit. Le cauchemar de la droite depuis 1986, dont elle se pensait délivrée depuis la victoire de Nicolas Sarkozy en 2007 et l’affaiblissement du FN, va-t-il renaître ?

Le baromètre OpinionWay-Fiducial pour Le Figaro-LCI du 20 novembre crédite le FN de 9 % des intentions de vote au plan national. Cette moyenne rend plausible des scores à deux chiffres dans les anciens bastions de ce parti. Dès le 29 octobre, le baromètre OpinionWay attribuait 12 % des intentions de vote à la liste du FN conduite par Jean-Marie Le Pen en Provence-Alpes-Côte d’Azur, et 1 % à la liste de la Ligue du Sud de Jacques Bompard, transfuge du FN. Dans son enquête du 20 novembre, le même institut crédite la liste FN menée par Bruno Gollnisch dans la région Rhône-Alpes de 10 % des intentions de vote.

Situation très différente

Aucun sondage relatif au Nord-Pas-de-Calais n’a encore été rendu public. Au regard des résultats des européennes de juin dernier et de la participation traditionnellement plus élevée aux régionales, il semble probable que la liste FN conduite par Marine Le Pen dépassera la barre des 10 % dans cette région.

Les huits régions où le Front national pourrait se maintenir au second tour des élections régionales de 2010.

La remontée du FN se constaterait également, à des degrés variés, en Champagne-Ardenne, en Haute-Normandie, en Picardie, en Alsace, en Lorraine, en Franche-Comté ou encore dans le Languedoc-Roussillon. En outre, le scrutin ne se déroulera que dans près de quatre mois. Et les intentions de vote en faveur des partis protestataires tendent à augmenter à mesure que l’élection approche.

Certes, aujourd’hui, le FN demeure loin des 14,70 % des voix obtenus au plan national au premier tour des régionales de 2004 tandis que les listes de Bruno Mégret avaient recueilli 1,44 % des suffrages. Le seul FN avait obtenu 22,94 % en Picardie et 22,95 % en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Ces résultats avaient permis aux listes de Jean-Marie Le Pen de se maintenir au second tour dans 17 des 22 régions de la métropole, contribuant ainsi à la déroute de l’UMP lors de ce scrutin.

La situation actuelle demeure très différente. Le FN pâtit d’une hémorragie de cadres et de militants. Les finances du parti sont toujours en berne. Jean-Marie Le Pen entendant demeurer président du parti jusqu’au printemps 2011, le FN vit une période de transition interminable où personne ne fait figure de candidat incontesté pour la prochaine présidentielle.

Il reste que, pour la première fois depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, le parti d’extrême droite semble regagner une partie du terrain qu’il avait perdu dans l’opinion. Feu de paille ou amorce d’un changement durable ? Le FN se trouve toujours sur le fil du rasoir. Mais l’hypothèse de son redressement est désormais prise au sérieux.

·         Les députés UMP se divisent sur une loi anti-burqa 

Sophie Huet le Figaro

La mission d’information sur le voile intégral, qui rendra ses conclusions en janvier, auditionnera Tariq Ramadan.

La mission parlementaire sur le port du voile intégral, qui rendra son rapport en janvier, recevra le 2 décembre le très controversé Tariq Ramadan, prédicateur musulman. Les députés membres de la mission sont de plus en plus divisés sur la nécessité de légiférer pour interdire le port de la burqa en France. «Si on débouche sur une loi, on sera intraitable sur tout ce qui concerne les services publics. Ce sera une loi symbolique pour protéger les femmes contre cette idéologie barbare», indique au ­Figaro André Gerin, le président communiste de la mission parlemen­taire, qui est manifestement favorable à ce que le Parlement légifère. Le député maire de Vénissieux (Rhône) met toutefois un bémol à son propos en ajoutant que tout dispositif législatif «devra être accepté par les responsables du culte musulman, qui prônent un islam apaisé».

Nicolas Perruchot (Nouveau Centre), qui avait voté contre la loi du 15 mars 2004 sur l’interdiction du foulard islamique à l’école, est, lui aussi, «favo­rable à une loi» si elle se situe dans un cadre général pour «rappeler les droits fondamentaux des femmes, dont le port de la burqa pourrait faire partie».

Le rapporteur UMP de la mission d’information, Éric Raoult, est d’une prudence de Sioux : «On va vers des préconisations, dont la loi peut faire partie. Encore faut-il qu’elle soit applicable et constitutionnelle.» Pierre Cardo (UMP, Yvelines), qui n’avait pas non plus voté la loi de 2004, qu’il qualifie d’«erreur psychologique», met en ­garde : «Il faut faire attention aux dispositions que nous allons prendre. Il est clair que le voile intégral n’est pas religieux, mais les cas de figure sont extrêmement différents.»

L’affaire du voile a resurgi à l’occasion de la venue, le 12 novembre, à l’Assemblée, d’une jeune fille portant le voile islamique dans les tribunes réservées au public. Très en pointe sur la question, Jean-François Copé est un chaud partisan d’une loi interdisant la burqa. «Une loi, pas une circulaire, car il s’agit de rappeler les principes de la République, que des extrémistes voudraient tester», a précisé mardi le patron des députés UMP. Dans la majorité, de nombreux députés sont sur la même ligne. «Il faudra une loi pour éviter que le port de la burqa ne se répande», juge le député UMP du Vaucluse Thierry ­Mariani. «Trois mille ans d’histoire de France sont stigmatisés. Nous sommes les victimes», renchérit son collègue des Yvelines Jacques Myard. François Sauvadet, président du groupe Nouveau Centre, pense qu’«on n’échappera pas à une loi tenant compte du respect de chacun à vivre sa diffé­rence». Le centriste Maurice Leroy réclame aussi une loi pour «faire respecter le modèle républicain». Quant au député maire centriste de Drancy, Jean-Christophe Lagarde, il rappelle que «la burqa n’a rien à voir avec la laïcité ni avec l’islam. C’est une tradition afghane qui est une insulte à la dignité des femmes».

D’autres UMP sont en revanche perplexes sur la nécessité d’une loi. «Si on légifère, cela va entraîner des provocations. On prend un risque pour un phénomène très peu répandu», estime Marc Laffineur. Le député maire de Rueil, ­Patrick Ollier, juge préférable «d’étendre la loi sur l’interdiction du voile à l’école à la burqa». Le villepiniste Hervé ­Mariton avoue qu’il «ne sait pas» s’il faut légiférer. François Goulard propose de «préciser la loi sous l’angle du contrôle d’identité», mais le député breton estime qu’«interdire la burqa serait contre-productif».

Au sein du gouvernement, Nadine Morano, secrétaire d’État à la Famille, propose d’«agir par la voie législative ou réglementaire» et souligne que «cette prison de tissus pour les femmes n’est pas une question cultuelle mais culturelle». À l’inverse, le ministre de la Défense, Hervé Morin, président du Nouveau Centre, préconise «d’abord un long dialogue, qui ne conduise pas à stigmatiser la communauté musulmane».

ISRAEL

 

On en parle peu…, on n’en parle pas.

Il est toujours prisonnier

·         Libération de Gilad Shalit : les négociations suspendues

Avec AFP le Point

Les tractations indirectes entre le Hamas et Israël pour la libération du soldat franco-israélien Gilad Shalit vont être suspendues. "Les négociations reprendront après l’Aïd al-Adha (fête du sacrifice), mardi, au Caire", a précisé jeudi un responsable du Hamas.

Gilad Shalit, 23 ans, a été capturé le 25 juin 2006 à la lisière de la bande de Gaza. Le mouvement islamiste exige, en échange de sa liberté, l’élargissement de 450 détenus accusés de crimes graves et la libération de centaines d’autres détenus palestiniens, parmi lesquels des femmes et des enfants. Le premier groupe serait libéré au moment où le soldat israélien sera remis à l’Égypte, les autres après l’arrivée de Shalit en Israël. Mais Israël refuse de libérer certains détenus réclamés par le Hamas, ce qui repousse l’éventualité d’un accord.

Le Hamas met en cause Israël

Cependant, l’État hébreu rechigne à libérer des prisonniers palestiniens qui purgent de longues peines ou des condamnations à perpétuité en échange du soldat, détenu depuis plus de trois ans dans le territoire contrôlé par le Hamas, a précisé un responsable proche des tractations menées au Caire sous médiations allemande et égyptienne. Les informations faisant état de l’imminence d’un accord sont "prématurées", a-t-il souligné. "Il y a eu des progrès sur certains noms, mais il y a un paquet, un groupe problématique" parmi une liste de 450 prisonniers soumise par le Hamas, a-t-il expliqué, précisant que le différend portait sur un grand nombre de prisonniers. "J’aimerais que ce ne soit qu’un ou deux", a-t-il souligné.

Ces difficultés ont conduit le Hamas à accuser Israël de retarder la conclusion d’un accord . "L’entité sioniste (Israël, ndlr) porte la responsabilité du retard de la conclusion de l’accord en vue de la libération de Shalit contre des prisonniers palestiniens", a déclaré mercredi Khalil Al-Hayat, un des dirigeants du mouvement islamiste dans la bande de Gaza, dans un communiqué publié sur un site Internet proche du Hamas. Selon lui, Israël "n’a pas encore répondu aux demandes des factions palestiniennes qui détiennent le soldat". Le Hamas et Israël avaient fait état de progrès dans les discussions en début de semaine, tout en minimisant les chances d’assister à la conclusion rapide d’un accord.

 

·         Conflit israélo-palestinien : Netanyahou propose une suspension partielle de la colonisation

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a proposé mercredi une suspension partielle de la colonisation pendant dix mois en Cisjordanie, dans le but de relancer le processus de paix. "Le Premier ministre va demander aujourd’hui au cabinet de sécurité d’approuver la suspension temporaire des nouveaux permis de construction en Judée-Samarie (nom biblique de la Cisjordanie) pendant dix mois", selon un communiqué officiel.

Le texte ne mentionne cependant pas de suspension de la construction dans le secteur oriental de Jérusalem, à majorité arabe et annexée par Israël en juin 1967, une question politiquement très sensible pour les Palestiniens. L’Autorité palestinienne a rejeté à l’avance toute offre israélienne de gel temporaire ou incomplet de la colonisation. Les Palestiniens réclament un arrêt total de la colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est avant de revenir à la table des négociations.

 

MONDE

 

·         Le conseil de guerre crucial de Barack Obama pour l’Afghanistan

AFP le Figaro 24/11/2009


Barack Obama a réuni lundi soir un conseil de guerre crucial avant de décider, peut-être dès la semaine prochaine, s’il envoie ou non plusieurs dizaines de milliers de soldats américains supplémentaires en Afghanistan. Barack Obama a rassemblé pendant près de deux heures ses principaux ministres - dont le secrétaire à la Défense Robert Gates et la chef de la diplomatie Hillary Clinton -, généraux, diplomates et conseillers concernés dans la salle ultra-sophistiquée consacrée à la gestion des crises située sous la Maison-Blanche, a indiqué son administration.

Il s’agissait de la neuvième réunion de ce genre avec son équipe de sécurité nationale depuis août. La Maison-Blanche n’a pas contesté que cela pourrait être la dernière avant que Barack Obama ne prenne la décision stratégique peut-être la plus importante de sa présidence. Celle-ci ne semble plus qu’une question de jours et Barack Obama pourrait l’annoncer à partir de la semaine prochaine, a dit son porte-parole Robert Gibbs. Dans la mesure où Barack Obama ne se prononcera pas avant Thanksgiving jeudi et où la grande fête familiale américaine est suivie d’un creux d’activité jusqu’à dimanche, "la première possibilité serait à un moment donné la semaine prochaine", a dit Robert Gibbs.

La radio nationale publique (NPR), citant des sources anonymes, a affirmé que Obama pourrait annoncer ses intentions le 1er décembre en s’adressant à la nation. La réunion de lundi soir était a priori davantage destinée à répondre à certaines questions que Obama a encore qu’à entériner une stratégie et les effectifs qui vont avec, a ajouté Robert Gibbs. Mais elle pourrait être déterminante: si la conviction de Barack Obama n’est pas faite dès ce lundi, elle le sera "peut-être au cours des jours à venir", a-t-il dit.

Pression croissante des adversaires

Barack Obama doit dire s’il accède à la demande de son commandant sur le terrain, le général Stanley McChrystal. Devant la dégradation de la situation afghane, celui-ci recommanderait de déployer environ 40.000 soldats américains, en plus des 68.000 déjà sur place. Sans renfort, la mission afghane court à l’échec, aurait-il prévenu. Barack Obama est soumis à la pression croissante de ses adversaires républicains, qui réclament qu’il tranche vite et en faveur du général McChrystal.

Mais il fait aussi face à l’hostilité grandissante des Américains à la guerre. Le président la juge nécessaire, mais elle a encore tué quatre de ses compatriotes dimanche et lundi. Loin de sembler prendre fin bientôt après plus de huit ans, elle connaît son année la plus meurtrière pour les soldats américains, afghans et étrangers, mais aussi pour les civils. Un récent sondage pour le quotidien Washington Post et la chaîne ABC indiquait que 48 % des Américains désapprouvaient désormais la conduite de cette guerre par Obama, autrefois l’un de ses points forts, tandis que 45 % l’approuvent. L’hostilité grandit chez les propres partisans de Obama.

Son administration est elle-même divisée entre les partisans d’une stratégie destinée à combattre l’insurrection des talibans et celle visant surtout le danger terroriste, en Afghanistan et au Pakistan voisin, pour empêcher que la région ne serve à préparer des attentats comme ceux du 11 septembre. La méfiance inspirée par le gouvernement afghan et l’imbroglio auquel a donné lieu la réélection du président Karzaï ont encore compliqué l’affaire. Lors du dernier conseil de guerre le 11 novembre, Barack Obama a demandé à ses collaborateurs de revoir les quatre stratégies qu’ils lui soumettaient et de revenir vers lui après avoir "combiné" ce qu’elles avaient de meilleur. Il leur a aussi demandé des stratégies de sortie du conflit ; il a signifié depuis lors qu’il voulait pouvoir dire aux Américains jusqu’à quand ils étaient engagés en Afghanistan.

 

·         Querelle de minarets dans la vallée suisse de Langenthal 

Stéphane Kovacs Envoyée spéciale à Langenthal (canton de Berne) le Figaro

La demande de permis de construire déposée par la communauté musulmane d’une bourgade du canton de Berne déchaîne les passions. Un référendum aura lieu dimanche.http://www.lefigaro.fr/icones/coeur-.gif

L’aube se lève lentement derrière les cimes enneigées. Soudain, du fond de la vallée, juste devant une église, surgit un minaret. Puis deux, puis trois… Vous avez beau cliquer, vous êtes vite débordé. L’appel des muezzins couvre bientôt la douce musique des alpages. «Fin de partie ! proclame le jeu vidéo. La Suisse est envahie de minarets. Pour que cela n’arrive pas, votez oui, le 29 novembre, pour l’interdiction des minarets.»

C’est à Langenthal, dans le canton de Berne, que la polémique a commencé. En 2006, la communauté musulmane de cette paisible bourgade de 15 000 habitants dépose une demande de permis de construire pour un minaret. «L’inauguration d’un splendide temple sikh dans notre ville m’en a donné l’idée, se souvient Mutalip Karaademi, président de cette communauté. Je me suis dit : “pourquoi pas nous ?”»

«Les minarets sont nos baïonnettes»

Aussitôt le permis accordé, de vives oppositions se déclarent. «Dans la région, beaucoup de gens se sont sentis agressés par les nombreuses demandes de construction de minarets, qu’ils voient comme un symbole de revendication politico-religieuse du pouvoir, raconte Patrick Freudiger, conseiller municipal de l’Union démocratique du centre (UDC, droite populiste). Le Coran ne parle pas des minarets. Des milliers de mosquées en sont dépourvues, même au Moyen-Orient. C’est donc qu’ils ne sont pas nécessaires !  » Pour appuyer leur cause, les adversaires des minarets aiment à citer le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, qui affirmait en 1997 que «les mosquées sont nos casernes, les minarets nos baïonnettes, les coupoles nos casques et les fidèles nos soldats».

Parti du canton de Berne , le mouvement Stopp Minarett prend de l’ampleur. Soutenue par des membres de l’UDC et de l’Union démocratique fédérale (UDF, droite évangélique), l’initiative populaire «Contre la construction de minarets» est déposée l’an dernier, forte de 113 540 signatures. Aussitôt le gouvernement suisse prévient : ce référendum est «contraire aux droits de l’homme» et «met la paix religieuse en péril». «Ce n’est pas un instrument approprié pour contrer l’extrémisme religieux. Il risque, à l’inverse, de servir la cause des fanatiques», martèle le ministre de la Justice, Eveline Widmer-Schlumpf.

À l’instar du jeu vidéo Minarett Attack, les affiches du Comité d’initiative, où figure un drapeau suisse hérissé de minarets ressemblant à des missiles, ont fait scandale. Le Conseil fédéral, qui garde en mémoire la crise des caricatures danoises, en 2006, craint qu’un oui nuise à l’image de la Suisse, mettant en péril la sécurité du pays et ses intérêts économiques. «Alors, il faudrait se coucher pour vivre en paix ? s’exclame Oskar Freysinger, député UDC. C’est ce que Chamberlain et Daladier ont pensé à Munich en 1938… Si les conséquences sont telles, c’est la preuve que ce que nous faisons pour nous défendre est légitime.»

«On nous traite de talibans»

En attendant, à Langenthal, sur le modeste bâtiment jaune - une ancienne fabrique de peinture - qui sert de mosquée aux quelque 750 musulmans de la ville, le gabarit de 6 mètres de haut (représentation en bois du minaret) n’est pas près d’être remplacé par une tour en PVC. «C’est une sale campagne ! s’insurge Mutalip Karaademi, un Albanais de Macédoine, installé depuis vingt-six ans en Suisse. On cherche à nous provoquer. On nous traite de terroristes, de talibans… Alors que l’on est comme tout le monde, complètement intégrés.»

Plusieurs voisins de la mosquée ont éprouvé le besoin de déployer des drapeaux helvétiques sur leur balcon. «Bientôt, on ne sera plus suisses ! bougonne un grand blond d’une cinquantaine d’années. On les a accueillis gentiment, comme c’est la tradition avec les réfugiés. Mais ils prennent de plus en plus de place : regardez tous ces restaurants de kebabs, ces rayons hallal dans nos supermarchés, ces femmes voilées ! Et maintenant, ils font comme chez eux : ils nous imposent leur architecture…»

Les membres du comité Stopp Minarett n’ont «rien contre les musulmans», assure Patrick Freudiger : «Là où j’ai un problème, c’est quand ils refusent de s’intégrer. Le minaret, c’est le premier pas. Après, ils voudront le muezzin, la burqa, puis la charia…»

Entre les deux parties, le maire , Thomas Rufener, a bien du mal à «trouver la solution». «Si on interdit les minarets, cela n’arrangera pas la communication entre nous, soupire-t-il. Et l’immigration continuera tout de même !»

Pour beaucoup, les tensions ne se dissiperont pas après la votation [vote], même si le non l’emporte, comme le prévoient les derniers sondages. «Cela ne finira pas comme cela…, affirme Hisham Maizer, président de la Fédération des organisations musulmanes de Suisse. En fait, le débat sur l’islam en Suisse ne fait que commencer.»

 

·         Faut-il avoir peur de la finance islamique?

Georges Malbrunot

« Pas du tout », répond Rodolphe Cazavant. Ce jeune cadre de 32 ans a quitté en début d’année sa banque londonienne pour rejoindre un établissement du Qatar, spécialisé dans la finance islamique. Et il ne s’en plaint pas. « J’ai beaucoup plus de responsabilités et une qualité de vie bien meilleure qu’à la City », ajoute ce père de deux jeunes enfants, qui a découvert les charmes du désert.

A Doha, Abou Dhabi ou Bahreïn, de nombreux cadres français travaillent désormais dans les départements « Finance islamique » des banques locales. Fondée sur la « charia », la finance islamique interdit le recours aux intérêts, la spéculation, et les investissements considérés comme impurs (jeu, alcool, armement…).

La plupart des banquiers français, rencontrés lors d’un récent séjour à Doha, dédramatisent l’arrivée prochaine dans l’Hexagone des « sukuks », ces obligations conformes à la loi islamique.

« Même au Moyen-Orient, la finance islamique reste un phénomène marginal, puisqu’elle ne concerne que 17% de l’activité financière de la région », explique Rodolphe Cazavant. « Mais, c’est vrai qu’elle est en net développement ».

Au Qatar, même si la finance islamique ne représente que 20% de l’activité bancaire, le financement des grands projets gaziers fait désormais appel aux « sukuks ». Et la majorité des licences accordées aux nouvelles banques bénéficient aux établissements pratiquant la finance islamique. « Et puis, la finance islamique elle aussi se modernise, selon R. Cazavant, elle essaie de copier la finance traditionnelle ».

Au Qatar, une cinquantaine d’experts en science islamique se partage les postes dans les « charia board » des banques qui pratiquent la finance islamique. Ce sont eux qui doivent dire si tel projet à financer est « charia compatible ». Mais de la théorie à la pratique, il y a parfois un fossé. « Regardez la finance islamique en Extrême-Orient, elle est très différente de celle que nous pratiquons dans le Golfe », assure André Gilles, un autre banquier.

La plupart regrette que les mentalités françaises ne soient pas encore prêtes pour les "sukuks". « Ca fait peur, nous sommes un pays foncièrement laïc », constate A. Gilles. Pourtant, à entendre tous ces banquiers, la finance islamique n’a rien d’inquiétant.

Depuis quelques années, la ministre de l’Economie, Christine Lagarde, plaide fermement pour son arrivée dans l’Hexagone. Pourquoi un tel engouement, se demandent nombre de banquiers français à Doha. Pour attirer les fonds souverains du Golfe ? « Mais ceux-ci concernent majoritairement des activités conventionnelles », rétorquent-ils.

La plupart, en revanche, s’accorde à reconnaître que « l’activité vente au détail d’une banque islamique peut intéresser une petite frange de la population française de confession musulmane », selon Arnaud Depierrefeu, avocat d’affaires installé à Doha.

Finalement beaucoup en conviennent : la finance islamique est surtout un moyen pour les responsables politiques occidentaux de renvoyer l’ascenseur vers ceux qui les ont aidés à affronter la crise financière. « Nous sommes plus dans le politique que dans l’économie pure », soutient A. Depierrefeu.

Le Qatar, par exemple, a pris une partie du capital de Crédit Suisse, de Barclays Bank ainsi que 9% de Lagardère. « Les grosses entreprises françaises avaient du mal à se refinancer durant la crise, elles se sont dits pourquoi pas recourir à la finance islamique », note un expert économique. Et dernièrement, des assureurs français sont venus au Qatar, afin d’y examiner les possibilités de développer à leur tour une activité finance islamique.

 

·         Nucléaire : Téhéran exhibe ses capacités de défense

Delphine Minoui, correspondante au Moyen-Orient le figaro

Des manœuvres «d’une ampleur sans précédent» ont été lancées pour protéger les sites nucléaires iraniens.

Alors que les négociations sur le nucléaire iranien sont dans l’impasse, Téhéran dit avoir lancé, dimanche, des manœuvres militaires «d’une ampleur sans précédent» pour exhiber ses capacités de défense en cas de frappe extérieure. «En raison des menaces qui pèsent sur nos sites nucléaires, il est de notre devoir de défendre les installations vitales de la nation», a déclaré, samedi, le général Ahmad Mighani, chef de la défense antiaérienne.

Selon lui, les différentes manœuvres, vont permettre d’utiliser et d’évaluer«des réseaux de missiles nouveaux et modernes, notamment des missiles S 300 perfectionnés, pour lesquels la capacité de production existe en Iran». Les médias iraniens ont également rapporté que ces manœuvres impliquaient à la fois l’armée régulière et le corps d’élite des puissants gardiens de la révolution.

Ce n’est pas la première fois que la République islamique procède à des exercices militaires surmédiatisés. Cette fois-ci, l’annonce faite par Téhéran intervient au lendemain d’une réunion, à Bruxelles, du groupe des Six (France, Grande-Bretagne, Chine, Russie, États-Unis, Allemagne). Ces derniers y ont formulé leur «déception» face au non iranien à l’offre occidentale de retraiter l’uranium faiblement enrichi à l’étranger pour le réexpédier ultérieurement vers la centrale de recherche de Téhéran. La proposition, présentée le mois dernier par l’Agence internationale de l’énergie atomique, visait à réinstaurer la confiance en minimisant les craintes de voir Téhéran détourner son uranium à des fins militaires.

L’Iran attend des «garanties»

Habitué à souffler le chaud et le froid, l’Iran s’obstine cependant à ne pas claquer complètement la porte des discussions. Dans une nouvelle déclaration faite hier à Vienne, le représentant iranien auprès de l’AIEA, Ali Asghar Soltanieh, a fait savoir que l’Iran attendait certaines «garanties» pour la livraison du fameux combustible.

Un accord imminent étant, pour l’heure, largement compromis, la question d’une intervention militaire revient sur le devant de la scène. Par le passé, l’Amérique et Israël ont déjà évoqué à mots couverts la possibilité de frappes ponctuelles en cas d’échec de la diplomatie. Selon les experts en la matière, cette option serait dévastatrice pour la stabilité, déjà fragile, du Moyen-Orient. La République islamique dispose d’une importante capacité de nuisance, par activation de «leviers» régionaux. Elle a également menacé, à plusieurs reprises, de riposter à une éventuelle attaque en visant les bases militaires américaines du Golfe. Reste une inconnue : la force réelle de l’arsenal militaire iranien.

Pour protéger ses installations, l’Iran compte, en effet, sur les fameux missiles S 300 que la Russie tarde à lui fournir. Ce mois-ci, un député iranien, Alaeddin Boroujerdi, s’est employé à minimiser l’impact de ce retard, en déclarant que son pays serait capable de fabriquer, lui-même, ce genre de missiles. Mais Téhéran en a-t-il vraiment les moyens ? Les experts en la matière n’ont pas oublié l’épisode des photos d’essais de missiles iraniens, retouchées, en juillet 2008, par l’agence de presse des gardiens de la révolution, pour surévaluer les capacités iraniennes.

·         Comment la CIA cherche à séduire les Arabes américains

Flore Galaud (lefigaro.fr) avec AP

L’Agence de renseignement américaine lance plusieurs spots télévisés pour recruter dans les communautés considérées comme «essentielles» pour réduire la menace terroriste aux Etats-Unis.

Ambiance chaleureuse dans une salle à manger aux tentures moyen-orientales, invités sur leur trente-et-un réunis autour d’une table garnie de mets... Par ce cliché idyllique du foyer arabe-américain, la CIA entend bien courtiser cette cible. L’Agence centrale de renseignement américaine a en effet mis au point un spot télévisé pour tenter d’attirer cette communauté, pas assez représentée selon elle, au sein de l’organisation.

«Votre nation, votre monde», déclame dans un accent moyen-oriental une voix-off, avant que le spot ne montre la salle de réception depuis la fenêtre, puis les Etats-Unis depuis l’espace. «Cela vaut la peine de les protéger», ajoute la voix, laissant ensuite le film s’achever sur le message : «Des carrières dans la CIA».

Cette publicité, qui devrait être diffusée à la télévision américaine d’ici quelques mois, représente une innovation majeure pour la CIA. C’est en effet la première fois que l’Agence utilise la technique du «storytelling» («raconter une histoire») pour faire passer son message.

Un autre spot pour les Irano-Américains

«Il est important pour eux [les Arabes-Américains, ndlr] de savoir que nous comprenons combien leur culture compte pour eux. Ils ne vont pas la perdre une fois qu’ils passent les portes de la CIA pour travailler», souligne Christina Petrosian, responsable de la publicité et du marketing pour le centre de recrutement de l’agence de renseignement. Ce spot, estime-t-elle, dépeint une tranche de vie authentique qui devrait toucher le public concerné.

Cette publicité fait partie d’un programme ambitieux de l’organisation, destiné à tendre la main à des communautés considérées comme «essentielles» pour réduire la menace terroriste aux Etats-Unis. La CIA a ainsi déjà organisé la semaine dernière une projection privée de ce film et d’un autre spot de 30 secondes visant à recruter, cette fois, des Américains d’origine iranienne.

·         Bombay : pourquoi le Pakistan n’est pas près de punir les coupables

Marie-France Calle

Afghanistan : le mollah Omar refuse de nouveau la main tendue par Karzaï

AFP le Point

Le mollah Mohammad Omar, chef suprême des talibans, a refusé de nouveau la main tendue par le président afghan Hamid Karzaï et toute idée de négociation avec les autorités, dans un message publié mercredi, à l’occasion de la fête religieuse musulmane de l’Aïd al-Adha. Le président Hamid Karzaï avait une nouvelle fois appelé les talibans à rejoindre le processus politique lors de son discours d’investiture pour un nouveau mandat de cinq ans, jeudi dernier, promettant la tenue d’une "loya jirga", assemblée tribale traditionnelle, pour ramener la paix dans le pays. "Les envahisseurs ne veulent pas de négociations destinées à garantir l’indépendance de l’Afghanistan et la fin de leur invasion, mais seulement prolonger leur occupation diabolique", a affirmé le mollah Omar, "commandeur des croyants" autoproclamé et chef de "l’Émirat islamique en Afghanistan", dans ce message diffusé par les talibans dans un communiqué.

"Mais le peuple afghan refusera toute négociation qui prolongera et légitimera la présence militaire des envahisseurs dans notre patrie", a-t-il ajouté, qualifiant une nouvelle fois le régime de Kaboul de "marionnette" et de "laquais" des Américains. En fuite depuis 2001, le mollah Omar, 50 ans, est le chef des milices islamistes qui ont dirigé l’Afghanistan de septembre 1996 à novembre 2001 en y faisant appliquer la loi islamique la plus radicale.

 

·         Nucléaire iranien : l’AIEA siffle la fin de partie

LE FIGARO 

Avec le vote d’une résolution condamnant Téhéran, l’agence atomique rend le dossier à l’ONU.

Les grandes puissances nucléaires ont affiché une surprenante unité de ton face à l’Iran en soutenant jeudi, au siège de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) à Vienne, le vote d’une résolution condamnant l’Iran pour avoir dissimulé l’existence d’un site clandestin d’enrichissement d’uranium à Fordo, près de Qom.

Exprimant une «sérieuse inquiétude» à propos d’éventuelles autres installations nucléaires dissimulées par Téhéran, le groupe des Six réunissant les cinq États membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies (États-Unis, Chine, Russie, France et Grande-Bretagne) et l’Allemagne sont parvenu à rassembler 25 voix, soit une majorité parmi les 35 sièges que compte le conseil des gouverneurs, l’organe exécutif de l’agence atomique, avant la tenue du vote vendredi.

Aveu d’impuissance des inspecteurs de l’agence

Cette solidarité formelle entre grandes puissances était loin d’être acquise. D’intenses tractations en coulisses ont permis de retourner les deux soutiens traditionnels du régime iranien, la Russie et la Chine, plutôt réticentes à sanctionner un partenaire commercial si précieux. Pékin aurait été convaincu par des émissaires venus de Washington de la nécessité d’accroître la pression sur les Iraniens, tandis qu’Israël considère désormais les progrès nucléaires du régime chiite comme une «menace existentielle». Or, une guerre au Moyen-Orient perturberait sensiblement les exportations de gaz et de pétrole dont dépend fortement l’économie chinoise.

Cette résolution ne change pas fondamentalement la donne, l’Iran se trouvant déjà sous le coup de trois volets de sanctions internationales depuis le printemps 2006, du fait de son refus à stopper ses activités d’enrichissement de l’uranium. Selon des diplomates occidentaux, en appelant le directeur général de l’AIEA, Mohammed El Baradei, à rendre compte au Conseil de sécurité, elle vise à «marquer formellement» la frustration de l’agence atomique, embourbée depuis près de sept ans dans une interminable enquête en territoire iranien, et son impuissance face aux violations répétées par le régime islamique de ses obligations en matière nucléaire.

L’AIEA «se trouve dans l’incapacité de statuer sur la nature pacifique du programme nucléaire iranien», a répété jeudi Mohammed ElBaradei, qui abandonnera ses fonctions lundi après douze années passées à la tête de l’agence.

Rappelant que Téhéran refusait toujours de communiquer sur une «possible dimension militaire» de son programme nucléaire, il constate que «cela fait maintenant plus d’un an, depuis que l’agence a pu aborder pour la dernière fois ces questions en suspens avec l’Iran».

À moins que Téhéran ne reconsidère un accord avorté de fourniture d’uranium enrichi à des fins médicales, «nous avons vraiment atteint le fond de l’impasse», épiloguait le haut fonctionnaire égyptien, Prix Nobel de la Paix 2005 pour ses efforts dans le cadre de la lutte antiprolifération et qui rêvait sans doute d’une sortie plus glorieuse.

«Qu’ils votent cette résolution, avertissait jeudi l’ambassadeur iranien auprès de l’AIEA, Ali Asghar Soltanieh, et il y aura des conséquences à long terme. Cela pourrait mettre en danger l’atmosphère constructive qui prévalait jusqu’ici.» «En clair, ce ne sera plus la peine de demander aux Iraniens de se montrer plus coopératifs», renchérissait un diplomate soutenant Téhéran.

 

·         Le réquisitoire de McCain contre Obama

Propos recueillis à Halifax (Canada) par Laure Mandeville

INTERVIEW - Son ancien rival porte un jugement sans concession sur le bilan du président américain, après presque un an de pouvoir. Sur l’Afghanistan, l’Iran, le Proche-Orient, la Russie ou la Chine : «Peut mieux faire». «Vu l’émergence de la Chine et de l’Inde, l’Union européenne et les États-Unis vont devoir se rapprocher encore»

En marge du premier Forum sur la sécurité internationale d’Halifax, conférence organisée par le Canada et le German Marshall Fund, le sénateur républicain John McCain, 73 ans, ancien rival de Barack Obama pour la présidence, a accordé une interview au Figaro et à trois autres quotidiens européens (Süddeutsche Zeitung, Tagesspiegel et Gazeta Wyborcza).

LE FIGARO. - Alors que la décision du président Obama sur l’Afghanistan est maintenant une question de jours, beaucoup d’analystes comparent sa situation à celle du président Johnson au moment de l’engagement au Vietnam. Cette comparaison vous paraît-elle pertinente, à vous qui avez combattu au Vietnam ?

John McCAIN. - Les comparaisons entre les guerres sont rarement pertinentes, et elles dépendent de votre interprétation de la guerre. Mais les faits sont têtus. Quand les Nord-Vietnamiens ont envahi le Sud-Vietnam et qu’ils ont obtenu une aide massive de la Russie et de la Chine, il n’y avait plus de soldats américains au Vietnam. Nous avions terminé le retrait de nos forces. Vous n’apprendrez jamais ça à travers la description faite par la gauche américaine de la guerre du Vietnam. Dans les premiers temps de la campagne au Vietnam, on a mis en œuvre la tactique de Westmoreland consistant à «trouver et détruire l’ennemi», qui a échoué. Puis le général Abrahams est arrivé, il a lancé la vietnamisation, puis a retiré les troupes américaines. Prenons l’Irak : là aussi, la tactique inefficace de Westmoreland a été mise en œuvre par le général Casey et le secrétaire à la Défense Rumsfeld. Puis, le président Bush a eu le courage d’appeler le général Petraeus et le surge (envoi de renforts) a eu lieu. La vietnamisation avait marché, le surge a marché. Le surge peut marcher et marchera en Afghanistan si on y met les ressources suffisantes et si l’on convainc l’ennemi qu’on terminera notre mission avant de donner une date de départ. On gagne une guerre en brisant la volonté de l’ennemi. Et ce n’est pas en annonçant qu’on va partir qu’on y parvient !

Vous avez critiqué le président pour la lenteur de sa décision. Pourquoi ne pas lui laisser le temps de la réflexion ?

Le président a le droit de prendre son temps. Mais il y a deux problèmes. Le premier, c’est qu’une stratégie a été annoncée en mars. On a dit au peuple américain qu’on allait s’engager dans une stratégie de contre-insurrection. Puis, avec ce report de la décision - qui n’est pas vraiment de sa faute -, la population est sur le gril. Une attente aggravée par des fuites constantes dans la presse et des débats qui percent de l’intérieur de l’Administration. On a même eu la publication d’une dépêche de notre ambassadeur à Kaboul mettant en cause l’envoi de renforts ! Cette situation adresse à nos alliés et à nos adversaires le message que nous hésitons. Même nos militaires en sont ébranlés. Pendant la cérémonie qui a suivi la tragédie de Fort Hood, des sergents sont venus me voir et m’ont dit : «Sénateur McCain, nos hommes meurent. Allons nous y aller ou partir ?» On n’est pas dans un exercice statique et académique. La situation est bien réelle et elle se détériore, selon nos généraux. Cette détérioration signifie que les pertes augmentent, et que nous devons donc, soit inverser ce mouvement, soit partir. Reporter pendant des mois la décision est quelque chose que je préférerais que le président ne fasse pas. Mais bientôt, ce retard ne sera plus qu’un détail de l’histoire, puisque l’on dit que le président va annoncer sa décision après Thanksgiving (jeudi prochain, NDLR).

Que pensez-vous de la politique russe de la nouvelle Administration ?

Je trouve parfois amusant que nous nous accrochions à des fragments de phrases du président Medvedev pour nous persuader qu’il y a une percée majeure dans nos discussions. Nous savons très bien qui gouverne la Russie. Et nous savons qu’il (Vladimir Poutine, NDLR) est sur une ligne dure. Nous savons qu’il continue d’y avoir des violations des droits de l’homme, que des avocats meurent en prison et que des activistes sont abattus dans la rue.

Y a-t-il une forme de naïveté dans la politique étrangère d’Obama sur la Russie ou sur l’Iran ?

Je ne suis pas sûr de pouvoir la qualifier de naïve. Mais je peux dire qu’elle n’a pas de succès pour l’instant. Beaucoup d’entre nous avaient prédit qu’il n’y aurait pas de sérieuse contre-offre des Iraniens sur le nucléaire. On leur a en réalité donné un forum global pour exposer leurs vues radicales. De la même manière, je n’ai jamais pensé que les remarques de Medvedev à New York sur d’éventuelles sanctions contre l’Iran avaient une vraie substance. Beaucoup d’entre nous continuent de dénoncer l’attitude autocratique de M. Poutine et s’inquiètent de ses ambitions dans son «étranger proche», notamment en Ukraine et en Géorgie. Je ne crois pas qu’une nouvelle guerre froide va commencer. Mais je prévois une Russie plus affirmée dans la région et une répression grandissante des droits de l’homme.

Pensez-vous que l’Europe sous-estime l’agressivité de la Russie ? Faut-il être plus dur avec Moscou ?

La question n’est pas d’être dur. Mais de défendre les droits de l’homme comme nous l’avons toujours fait. Il faut négocier avec les Russes. Nous avons des négociations en cours sur les accords Start de désarmement. Mais la défense des droits de l’homme reste fondamentale alors que nous célébrons le 20e anniversaire de la chute du Mur. Pourquoi ce mur est-il tombé ? L’une des raisons, c’est que Reagan a dit : «Abattez ce mur M. Gorbatchev.» Les Russes sont sur le chemin de l’autocratie. Nous en parlons à voix haute. Cela ne veut pas dire que nous déclarons la guerre. Ronald Reagan n’a pas déclaré la guerre à la Russie.

Mais il y a eu la guerre en Géorgie et un échec de l’Occident et de l’Otan à l’empêcher.

Avec tout le respect que je dois au président Sarkozy, il s’est rendu sur place, a négocié un accord pour un cessez-le-feu et l’a présenté comme un grand succès. Pourtant, les Russes ne respectent toujours pas cet accord. Ce genre de négociation de crise exige plus qu’une simple séance photo. Les Russes occupent toujours des territoires en violation du cessez-le-feu et s’y livrent à des provocations. Ils ont reconnu l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud comme des pays indépendants, en violation du droit international.

S’il n’y avait pas eu ce cessez-le-feu, les Russes auraient pu prendre Tbilissi…

Peut-être. Mais alors, pourquoi ne pas dire la vérité : on a permis d’avoir un accord qui a empêché ce scénario, mais les Russes ne respectent pas l’accord qu’ils ont accepté ! Le président Sarkozy ne peut se contenter de dire que le problème est réglé.

Préféreriez-vous une position plus dure sur les droits de l’homme de l’Administration Obama vis-à-vis de la Chine ?

Oui. Ce président est le premier à ne pas avoir rencontré le dalaï-lama. La secrétaire d’État, Hillary Clinton, avant sa première visite en Chine, a dit qu’elle n’allait pas parler des droits de l’homme. La manière dont a été orchestrée la visite en Chine du président Obama est quelque chose que je n’aurais jamais accepté. Je n’ai jamais tenu de conférence de presse où je ne prenais pas de questions… J’ai vu nombre de visites de présidents américains, je n’en avais jamais vu une où l’on se contente de parler des progrès entre les deux pays, sans ramener le moindre accord concret.

Vous critiquez beaucoup la politique étrangère d’Obama. Quels en sont les aspects positifs ?

Le président Obama est une personnalité extrêmement charismatique. Il est très intelligent et enthousiasmant. Il a lancé un message au monde pour dire que nous voulions coopérer et il a été reçu très chaleureusement partout. J’apprécie son talent. Mais je sais aussi que si vous dites aux Israéliens qu’il faut geler les colonies, que ces derniers refusent, que les pays arabes disent qu’ils ne viendront pas aux négociations, et qu’alors vous dites aux Israéliens qu’ils n’ont pas besoin de geler les colonies, il y a problème… Je n’aurais jamais dit aux Israéliens qu’ils devaient geler la colonisation à moins d’être sûr de pouvoir garder cette ligne. Comprenez-moi. Je veux soutenir le président des États-Unis. S’il prend la bonne décision sur l’Afghanistan, je serai là pour le soutenir. Mais j’essaie de dire respectueusement ce qui me semble être la bonne voie pour le pays.

Le Parti républicain fait face à un dilemme déchirant : consolider sa base conservatrice au risque de rester minoritaire, ou s’élargir vers le centre ?

Nous avons perdu deux élections de suite. Des défaites lourdes. Après de tels échecs, il y a toujours une période de débat. C’est sain. Ce qui attire l’attention de nombreux républicains, c’est le résultat des élections de Virginie et du New Jersey. Des candidats républicains qui avaient des lettres de créance conservatrices se sont concentrés sur les problèmes concrets de leurs États : les emplois ! Aucun des deux n’a fait de commentaire sur l’avortement. Ils ont compris qu’il fallait parler emplois, prêts aux PME, aides. Ils ont gagné.

Il y a longtemps eu une tradition de travail bipartisan au Congrès des États-Unis. Mais, vu la férocité des attaques qui fusent, ce temps paraît bien révolu.

Je le regrette sincèrement. Mais ce qui se passe en Amérique, c’est l’émergence d’un mouvement indépendant qui n’est satisfait par aucun des deux camps. Cette frustration s’est exprimée pendant les dernières élections. Les électeurs indépendants du New Jersey qui avaient voté Obama n’ont pas voulu du candidat démocrate un an plus tard. S’affirme aujourd’hui un mouvement de colère, qui n’a pas décidé où il veut aller. Ce réservoir de votes indépendants fait que nous ne savons pas ce qui va se passer. En Arizona, mon État, le taux de chômage est de 17 % ! Un enfant sur cinq a faim aujourd’hui en Arizona. Le climat politique en est complètement changé.

Le président Obama a-t-il surestimé le mandat donné par la population pour réformer le pays, sur la santé, le climat, l’énergie ?

Depuis que le président a été élu, la question numéro un n’est pas seulement l’économie, mais les dépenses. Le déficit budgétaire inquiète. Voilà pourquoi les gens sont soucieux quand il propose une réforme de la santé qui va coûter plus de mille milliards de dollars. Depuis son arrivée, il y a une implication excessive de l’État. Personne n’aurait pu imaginer que l’État fédéral deviendrait propriétaire de General Motors et de Chrysler. On a aussi un niveau de colère que je n’avais jamais vu jusqu’ici, entre Main Street (le pays réel) et Wall Street. Wall Street fait des profits obscènes, tandis que Main Street ferme ses petites entreprises par milliers. La colère est réelle.

Si le président passe sa réforme de la santé comme prévu, peut-il mettre sur le tapis la législation sur le climat en 2010, au vu de cette colère ?

Le président fera la seule chose qu’il puisse faire. Quand vous avez un chômage qui atteint 10 % et des économistes qui prévoient au moins une année avec la même tendance, vous devez vous en préoccuper en priorité. L’Amérique est très préoccupée par le changement climatique, mais elle est profondément perturbée par le chômage.

Une Chine en pleine ascension, une Amérique en déclin… Vous êtes d’accord ?

La Chine s’achemine vers un statut de superpuissance. La question est de savoir si cette accession sera pacifique et mutuellement bénéfique ou si elle débouchera sur une confrontation. Je vois deux visages de la Chine. Une Chine qui s’implique positivement sur la scène internationale. Et une autre Chine, qui a toujours une attitude particulière vis-à-vis de Taïwan et continue de réprimer les droits de l’homme. Laquelle émergera, ce n’est pas clair. Mais les Chinois sont des gens pratiques. À mon avis, ils agiront pacifiquement parce que c’est leur intérêt économique. L’émergence de conflits en Asie ne serait pas une bonne chose pour une Chine qui doit nourrir une population de 1,3 milliard d’hommes.

Et le déclin de l’Amérique ?

J’ai déjà entendu ça bien des fois, sous Carter par exemple… Mais je pense que notre pays a une grande capacité de résilience. Nous sortirons plus forts de cette crise. Mais je sais aussi que, vu l’émergence de la Chine et de l’Inde, l’Union européenne et les États-Unis vont devoir se rapprocher plus encore.
 

 

 

 

 

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Désormais présidée par Nicole Guedj, la Fondation France Israël lance son émission hebdomadaire sur Radio Shalom (94.8).

Chaque semaine, Sarah Aizenman et ses chroniqueurs passeront en revue  l’actualité franco-israélienne aux côtés d’un invité.

Jonathan Fauconnier nous parlera de musique, Candice Ouaknine de nouvelles technologies, Benjamin Elalouf de cinéma, Emilie Piazza de sport, Sylvain Meyer d’économie et Laure Elbaz, notre correspondante à Tel Aviv, reviendra sur les news israéliennes. 

Prochain rendez-vous le dimanche 29 novembre avec Myriam Boublil, porte-parole de Google Europe.

Vous pouvez également écouter l’émission en direct sur le site de la Fondation France Israël : www.fondationfranceisrael.org

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