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Pourquoi tout ce qui relève de la Palestine est-il si vénéré en Suède? Par J.-P. Bensimon
21/12/2009

20/12/09


Cliquer sur le cliché ci-dessus pour lancer la vidéo

Sur le site d’Objectif-Info

Il y a, à Stockholm, une élite et un gouvernement qui se situent eux-mêmes très haut dans l’échelle mondiale de la vertu et du droit. Forts de cette conviction, ils ne manquent jamais une occasion de faire savoir à quel point ils détestent Israël. Ils dénoncent, à longueur de temps, les violations des droits de l’homme, commises par "Tel-Aviv", les "crimes de guerre" de son armée, les "spoliations" de ses colons, la "duplicité" de ses dirigeants. Qui irait soupçonner leurs incontestables convictions ?

Cliché ajouté par upjf.org
 
En 2006, le gouvernement suédois décidait de renoncer à participer à des manœuvres militaires européennes, pour ne pas souiller morale et honneur en entretenant quelque relation que ce soit avec l’armée israélienne. C’est que leur force d’âme est inégalable. En janvier 2004 ils organisaient déjà une exposition autour du thème du génocide, dans laquelle était exposée une œuvre de Dror Feiler à la gloire d’une "grande Palestinienne": Hanadi Jaradat, qui avait commis, trois mois plus tôt, un horrible attentat terroriste dans un café de Haïfa, tuant 22 personnes dont beaucoup d’enfants [*]. D’immenses portraits de la "grande Palestinienne", preuves de cette hauteur et de cette humanité typiquement suédoises, s’étalaient en même temps dans le métro de Stockholm.

En 2006 donc, faute de fréquenter les Israéliens dans un exercice militaire européen, les Suédois participaient à d’autres manœuvres, déroulant le tapis rouge à des représentants du Hamas, en compagnie desquels ils pouvaient, cette fois encore, attester de leurs penchants infaillibles pour les droits de l’homme, et réviser leurs gammes en matière d’humanisme et de démocratie. C’est dans cet esprit que, trois ans plus tard, ils refusaient farouchement de recevoir Avigdor Liberman, le ministre des affaires étrangères du gouvernement, très démocratiquement élu, d’Israël.

En mars 2009, le sort a voulu que la Suède soit tenue de recevoir l’équipe de tennis d’Israël à Malmö pour un match de coupe Davis. Elle s’exécuta, mais en décrétant que le match se jouerait à huis clos, c’est-à-dire dans une enceinte fermée au public, pour éviter sans doute au public suédois toute contamination de ce partenaire équivoque.

Quand, au mois d’août 2009, le quotidien suédois Aftonbladet publia son article accusant Israël de prélever et de vendre les organes des Palestiniens tombés sous ses balles, en soulignant qu’il ne détenait aucune preuve de ce qu’il avançait, le gouvernement suédois commença par récuser les déclarations de son ambassadrice en Israël, Elisabet Borsiin Bonnier, qui avait estimé publiquement que cet article de presse était "choquant" et "consternant". Ensuite, au nom de la liberté d’expression, le même gouvernement refusa d’exprimer lui-même la moindre réserve sur les allégations du grand quotidien national. Le ministre Carl Bildt annula par la suite sine die, toute visite en Israël pour ne pas avoir à répondre aux questions qui allaient lui être posées.

Dans la même veine, assurant la présidence tournante de l’Union européenne, la Suède soumettait, le 7 décembre dernier, aux 27 ministres européens des Affaires étrangères une résolution préconisant la reconnaissance officielle de la division de Jérusalem et d’un Etat palestinien. La Suède portait ainsi son dernier coup à Israël, le plus violent qui soit, avant l’expiration de ses six mois de présidence, au terme de l’année civile. L’initiative était malhabile car elle enlevait tout contenu aux négociations entre les parties et instaurait, par un coup de force juridique, une situation d’affrontements sans aucune issue diplomatique. L’assemblée des ministres récusa le projet suédois, préférant poursuivre sa politique coutumière de pressions, toujours accrues, sur Israël, sans poser d’acte juridique nouveau aux conséquences imprévisibles.

Le ministre suédois des affaires étrangères, Carl Bildt, profondément courroucé par le désaveu de ses pairs, se mit alors à accuser Israël de vouloir introduire la division entre les membres de l’Union européenne. Israël était coupable d’avoir, dans cette affaire, des intérêts nationaux majeurs et d’en avoir fait part à l’Europe. Il aurait fallu, selon lui, qu’il se laisse égorger sans mot dire, ce qu’obtinrent en leur temps, des Juifs européens, par d’autres moyens, les participants à la conférence de Wansee. Mais les temps ont changé.

Inutile de dire que tous les votes de la Suède au Conseil des droits de l’homme de Genève et à l’ONU condamnent Israël, dans le sillage des majorités automatiques détenues par les pouvoirs théocratiques et autoritaires arabes, associés aux dictatures du tiers monde et à leurs obligés.

Comment expliquer cet acharnement suédois ? On peut évoquer de profonds sentiments antisémites. Le nazi arabe, Ahmed Rami, réfugié en Suède depuis sa fuite du Maroc a pu créer dans ce pays une station de radio, Radio islam, où l’on exposait quotidiennement les enseignements de Mein Kampft et des Protocoles de Sages de Sion. Il a fallu des années pour que la station soit interdite (la position internationale de la Suède devenait intenable). Mais le dit Ahmed Rami peut continuer son œuvre pédagogique depuis la Suède en utilisant, cette fois, le support d’Internet.

En 2006, le quotidien Göteborgs-Posten titrait : "La haine des Juifs est parmi nous". Un sondage venait de révéler que 41 % des 5.000 personnes interrogées avaient une opinion totalement ou partiellement négative des Juifs, et qu’un Suédois sur quatre souhaitait ne jamais voir un Juif devenir Premier ministre. Il confirmait la vitalité, en Suède, de tous les préjugés sur le Juif cupide ou sur la conspiration mondiale des Juifs.

Cela ne devait pas empêcher les Suédois de compter parmi leurs compatriotes deux des plus éminents « Justes » de la Seconde Guerre mondiale, Johan Valentin Anger et Raoul Wallenberg, diplomates à Budapest, qui sauvèrent héroïquement, au péril de leur vie, plusieurs dizaines de milliers de Juifs hongrois en les faisant passer pour des Suédois expatriés.

Cependant l’énigme demeure : pourquoi un pays situé à plusieurs milliers de kilomètres d’Israël, qui n’a strictement aucun conflit d’intérêt économique, territorial ou stratégique avec lui, voue-t-il à l’Etat juif encerclé par des ennemis féroces et impitoyables, une détestation aussi constante et aussi virulente ? La seule hypothèse qui vaille d’être explorée, c’est l’explication par la pression de sa minorité arabe immigrée, peut-être aussi par l’influence internationale des dictatures autocrates musulmanes. Ajoutez-y les vieux préjugés, tournez le tout dans la marmite pestilentielle des média du cru, et vous aurez la Suède de carl Bildt, le phare de l’antisémitisme contemporain en Europe. 

La vidéo ci-dessus, un reportage de CBS News traduit par DEG, illustre la situation intérieure de la Suède sous cette double influence.
 
[Article aimablement signalé par Danielle Elinor Guez.]
 

 

Jean-Pierre Bensimon

 

© Objectif-Info

 

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Note d’upjf.org

 

[*] Voir : "Terroriste souriante dans une piscine de sang: colère de l’ambassadeur d’Israël" ; "Ce qu’a réellement vu l’ambassadeur d’Israël en Suède", etc. 

 

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Mis en ligne le 20 décembre 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org