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Israël (Société - mentalités)
Israël (délégitimation d')

Mode d’emploi pour l’écriture d’un article anti-israélien, Victor Perez
20/12/2009

20/12/09


Sur le Blogue de l’auteur


On ne présente plus Benjamin Barthe, correspondant du quotidien Le Monde à Jérusalem. Tout quidam qui le lit sait que ses articles exprimeront, avec minutie, un anti-israélisme primaire formulé toutefois avec doigté, par peur d’un procès pour antisémitisme ! Ce qui ferait tache pour la réputation du journal qui le publierait et réduirait en conséquence ses revenus, faute de publications.  

Il y a donc un code à respecter. Une trame à suivre pour, à la fois persuader le lecteur de la véracité de l’information écrite et ne pas subir les foudres de ces « sionistes pro-israéliens et forcément extrémistes de droite ».

Ainsi fut fait brillamment dans l’article intitulé "Tracasseries en série entre Israël et le consulat général de France à Jérusalem" (1), en évoquant le refus opposé par le service du protocole du ministère israélien des Affaires étrangères d’accorder des cartes de résidents à une dizaine d’agents consulaires, qui sont, pour la plupart, des volontaires internationaux.

« […] Ce document leur sert de sésame et de sauf-conduit durant leurs déplacements dans les territoires palestiniens […] "La conséquence, c’est que nous n’avons plus de titre de séjour en Israël", explique l’un d’eux, enseignant de français en Cisjordanie et qui préfère conserver l’anonymat ».

Le délit d’opinion étant ce qu’il est en Israël, on s’interrogera sur ce désir d’anonymat et, a contrario, sur le fait que Barthe soit encore présent dans ce pays ! On ne condamnera jamais assez le laxisme de la police juive, qui sait pertinemment où il niche, mais aussi celui de la Justice, qui annulera systématiquement toute décision éventuelle d’expulsion du territoire à son encontre tant qu’il sera, bien sûr, en possession de papiers légitimant sa présence sur le territoire !

 « […] A chaque passage de frontière ou de check-point, nous pouvons être arrêtés, placés en détention administrative, voire expulsés. Le consulat nous conseille de ne pas voyager à l’étranger de peur que nous soyons refoulés à notre retour sur le sol israélien […] »

Outre l’abus des termes employés par ce journaleux dans le but de frapper les esprits, il convient de s’interroger sur ce que fait la France, Etat de droit, lorsqu’elle se saisit d’un clandestin, d’un sans-papiers ! En plus de l’arrestation, de la mise en détention administrative et de l’expulsion décidée, elle organise des charters qui déshumanisent l’être humain. On imagine très bien ce qu’écrirait Barthe si Israël s’avisait d’agir ainsi !

« Un autre de ces coopérants renchérit : Non seulement Israël refuse d’assumer les responsabilités qui lui incombent en tant que puissance occupante, mais il met des bâtons dans les roues des pays qui font ce travail à sa place. ».

Ah ! Pouvoir dicter à l’entité sioniste comment se conduire… C’est le "rêve brisé" de la plupart des journaleux que compte la France.

Vient ensuite, pour le contempteur de l’Etat juif et selon le schéma à suivre, cette obligation - gênante mais morale - d’accorder un droit de réponse à la partie israélienne en la personne du porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, Yigal Palmor. Un droit qu’il restreint au minimum et qu’il accompagne d’adverbes qui sèment le doute quant à la réalité de ce qui est dit. Ainsi, les deux seules phrases citées et publiées par le porte-parole sont précédées d’un restrictif « selon lui ». Adverbe réservé uniquement aux officiels israéliens et non pas aux volontaires internationaux cités plus haut dans le texte. L’un est douteux, les autres, pas !

S’ensuivent de nouvelles charges à l’encontre d’Israël, auxquelles aucun officiel ne sera autorisé à répondre, et qui seront cause, évidemment, de risques de « mise en veilleuse de projets de coopération », d’individus « refoulés à la frontière » sans procès, et autre « menace de paralysie du "dispositif d’assistance de la France dans les territoires occupés" ».

Ainsi va l’information au pays des droits de l’homme. Mais pas seulement. Chaque information en provenance du Proche-Orient est émise sur ce mode. Chacun reconnaîtra facilement qui est "le bon", mais aussi, plus certainement, qui sont la brute, le sanguinaire, l’extrémiste - tous Israéliens naturellement.

Tout journaliste désireux d’assurer ses fins de mois se devra de suivre à la lettre la trame tissée par le microcosme dévoué à l’idéologie du politiquement correct et tenant des médias. A fortiori s’il désire être publié dans un quotidien dit « de référence ».

Benjamin Barthe est, à coup sûr, un employé modèle.

 

© Victor Perez

 

Mis en ligne le 20 décembre 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org