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Iran

Les gardiens de la mémoire de Al Hussein Ben Ali contre le régime iranien, Mordechai Kedar
14/12/2009

14/12/09

Extrait [en fait, le dernier paragraphe] d’un article paru dans le magazine hebdomadaire Mar’ah (miroir), n° 75 du 11 au 18 décembre 2009

 

מנציחי אלחוסיין נגד השלטון האירני

 

Adaptation de l’hébreu par Deg


Cette semaine, à l’occasion de la journée de l’étudiant, une foule de jeunes Iraniens ont manifesté dans les rues des grandes villes, cette fois, non pas pour contester les élections mais l’existence même du régime des ayatollahs. Le slogan qui a caractérisé les manifestations était « mort au dictateur » c’est-à-dire contre le chef suprême de l’Iran, Ali Khameni, celui qui a décidé, il y a cinq mois, que la victoire électorale revenait à Ahmadinejad. 

Cette fois encore, durant deux jours, le pouvoir a tiré pour disperser les manifestants et des blessés et des tués sont restés sur le sol. Nous pouvons être sûrs que ce ne sera pas la dernière vague de protestations contre le régime, puisque la prochaine est prévue dans une vingtaine de jours, le jour où les chiites commémorent l’assassinat de Al Hussein Ben Ali, en 680 de notre ère, par les émissaires du gouvernement des Omeyyades à Damas. Les étudiants iraniens vont, sans aucun doute, s’identifier à Al Hussein Ben Ali, pauvre opprimé exécuté par les émissaires d’un tyran cruel, le calife, et le gouvernement iranien sera identifié au bourreau qui exécute sa victime. 

Ces cérémonies sont une tradition chiite ancienne et respectée, et donc le problème du gouvernement c’est qu’il n’a aucune raison de les interdire. Par conséquent, il faudra qu’il trouve un très bon prétexte s’il décide malgré tout d’interdire au public iranien de descendre dans les rues, de peur que cela ne dégénère en une grande protestation contre le régime. La prochaine vague de manifestations, si elle est importante par l’ampleur du nombre des participants et la diversité de leur répartition géographique et sociale, risque d’ébranler la légitimité et la stabilité du régime des ayatollahs. Certains observateurs parlent de la fin du régime iranien d’ici un an maximum, mais rien n’est sûr. 

Les développements politiques au Moyen-Orient sont imprévisibles et à n’importe quel moment il peut se produire un événement inattendu, ou bien une catastrophe naturelle [*], dont les conséquences sont susceptibles d’apporter les changements souhaités. Il faut seulement espérer que ces vagues explosives de changements n’arrivent pas jusqu’à nous. 


[1] Ndt : Allusion à la colère des habitants de Djeddah, en Arabie Saoudite, suite aux inondations qui ont dévasté leur ville, négligée par les autorités, alors qu’il n’y a pas eu de dégâts à La Mecque, pourtant proche.] 

 

Mordechai Kedar


© Mar’ah

 

* Le Dr Mordechai Kedar, enseigne au département d’arabe de l’Université Bar Ilan et est chercheur pour le centre Begin-Sadate d’études stratégiques.

 

Mis en ligne le 14 décembre 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org