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Éditorialistes
Menahem Macina

Modernes flagellants, les pénitents de la bienpensance pleurent sur les nouveaux damnés de la terre
23/12/2009

Les Juifs et leur étoile (qui fut tout sauf bonne) instrumentalisés dans un manifeste autoflagellateur, dont on ne sait s’il faut en rire ou en pleurer. Réponse - très personnelle - à ce Zola au petit pied d’un Dreyfus arabe fantasmé. (Menahem Macina).

23/12/09

 

Un ami m’a fait découvrir la présence, dans les colonnes du Monde du 22 décembre, d’un chef-d’œuvre de la littérature doloriste et mea-culpienne, au titre aberrant que voici : "Après l’étoile jaune, faudra-t-il un jour porter une étoile verte ?".

Son auteur, Jean-François Bouthors, écrivain et directeur de la revue catholique Esprit et Vie, y prend la tête d’un mouvement aux allures de confrérie médiévale de pénitents, sans la cagoule et les verges, mais tout aussi fervent.

De quoi s’agit-il ? Ni plus ni moins que d’un énième catalogue compassionnel et larmoyant des cruelles misères qu’infligent des Français de souche sans cœur aux nouveaux « damnés de la terre », que sont les immigrés ou descendants d’immigrés en provenance de pays arabo-africains, et surtout du Maghreb.

Je ne m’appesantirai pas sur les indignations, ni sur les condamnations urbi et orbi, fulminées dans ce libelle contre les méchants Français accusés de défendre bec et ongles leur pré carré national et de traiter en sous-hommes, voire en esclaves, les misérables citoyens qui n’ont pas l’heur d’avoir des quartiers d’ancienneté nationale à la cinquième génération au moins. Cette littérature de sacristies laïques ressortit à la nouvelle religion des Droits de l’homme, à laquelle il ne manque plus que des séminaires à l’ancienne mode pour inculquer aux convertis les rudiments de sa théo-sociologie. Non seulement ce n’est pas ma tasse de thé, mais je n’ai pas l’intention d’entrer dans les ordres de cette néo-Eglise.

Je me limiterai donc ici à méditer sur ce qui arrive à nous autres, Juifs, qu’on embarque, à notre corps défendant, dans cette galère improbable, où notre étoile (qui fut tout sauf bonne au fil des siècles) brille soudain de ses derniers feux…

En effet, dans le titre de son manifeste l’auteur se demande si, « après l’étoile jaune » (que ni lui ni ses ascendants n’ont jamais été contraints d’arborer), « il ne faudra pas un jour porter une étoile verte ». Au-delà de l’incongruité du propos, je ne peux m’empêcher d’imaginer ce que penseraient de cette métaphore blasphématoire les massacrés de notre peuple, « étoilé » et tatoué avant de brûler non pas de mille feux, mais d’un seul – celui des crématoires.

D’autant que notre homme la file, sa métaphore, au-delà du soutenable. Jugez-en :

« … si l’on remplaçait dans les discours le mot islam par celui de judaïsme, ou celui de musulman par le mot juif, l’indignation serait à juste titre générale. »

Ou encore :

« Faudra-t-il demain qu’ils rasent les murs comme les juifs du temps de l’affaire Dreyfus ? »


Sans me prendre pour votre porte-parole, permettez, mes chers co-religionnaires – croyants ou non – que je "réponde à ce sot selon sa folie", comme dit l’Ecriture (Pr 26, 5), et que je lui demande s’il a jamais entendu les Juifs émettre les exigences suivantes :

  • Que leurs femmes soient soignées et opérées uniquement par des médecins juifs.
  • Que leurs enfants soient dûment séparés de ceux qui sont impurs parce que non circoncis.
  • Que l’on cuisine casher et prohibe totalement, dans toutes les cantines scolaires, les viandes et poissons interdits par la halakha.
  • Que des fidèles juifs puissent, sans en être empêchés par la police, occuper des rues parisiennes pour protester contre l’insuffisance de lieux de culte.
  • Qu’on aménage des salles de prières en entreprise pour que les Juifs puissent réciter leurs (longs) offices quotidiens durant leur temps de travail, sans pâtir d’une retenue sur leur salaire.
  • Qu’on ne déduise pas de leurs appointements les jours de fête chômés obligatoires prescrits par leur religion.
  • Que les piscines et salles de sport publiques aient des tranches horaires réservées exclusivement aux Juifs.
  • Que soit assigné en justice quiconque exprime des sentiments judéophobes.
  • Que les Juifs ne répondent des plaintes dont ils sont l’objet que devant des tribunaux rabbiniques.
  • Enfin, que soit examinée sérieusement la perspective de remplacer un jour le gouvernement laïque de la France, par une théocratie juive.

Si tel était le cas, je ne serais pas surpris qu’avec ou sans étoile jaune, nous soyons l’objet de  « l’indignation générale » de la population française et soyons contraints de « raser les murs », comme le dit si bien Monsieur Jean-François Bouthors.


 

Menahem Macina

 

© upjf.org

 

[Texte aimablement signalé par le Dr Giora Hod, Israël.]

 

Mis en ligne le 23 décembre 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org