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Parti pris pro-palestinien

Un millier de manifestants à Bruxelles pour Gaza
28/12/2009

"Traitant les dirigeants des pays arabes de « chiens », Nordine Saïdi a violemment critiqué « ces dirigeants arabes aux bottes [sic] de l’Occident, aux bottes [sic] du régime sioniste, qui bloquent aujourd’hui des milliers de marcheurs venus du monde entier pour rejoindre Gaza afin de montrer la solidarité internationale. Ce ne sont pas les chars israéliens qui les bloquent mais le régime égyptien, honte à lui !". (Parlamento.com).

28/12/09

Sur le site Parlamento.com

 

Ce dimanche (27/12/09), entre 700 et 1.000 personnes ont manifesté à Bruxelles pour commémorer les victimes des bombardements israéliens à Gaza (Palestine) et pour apporter un « soutien à la résistance du peuple palestinien ».

D’après le porte-parole, Nordine Saïdi, la manifestation était coordonnée par le Mouvement Citoyen Palestine (MCP), les militants du parti Egalité et d’autres associations comme la branche belge de Viva Palestina.

L’un des faits marquants dans l’organisation de cette manifestation réside dans l’absence d’affiche ou de publicité insérée [lire: insérées. Note d’upjf.org] dans les médias traditionnels, la mobilisation s’est visiblement essentiellement produite grâce à une campagne de SMS ciblée (neutre ou à connotation islamique), des courriels ainsi que par des messages gratuits diffusés sur les réseaux sociaux (Facebook). 

 

Nordine Saïdi (MCP-Egalité-MRAX) lors de la manifestation du 27/12/09

S’adressant au public à l’aide d’un micro à partir du toit d’une camionnette, Nordine Saïdi (coordinateur du MCP, membre d’Egalité et administateur au MRAX) a critiqué les dirigeants bruxellois : « Moins d’un an après les massacres qui ont été commis à Gaza, nos gouvernements ont envoyé à Tel-Aviv un tapis de fleurs. Face à cela, nous disons, pas en notre nom ! Moins d’un an avant la commémoration des massacres de Gaza, le gouvernement de la Région bruxelloise a cofinancé un festival du film israélien. Nous leur disons, pas en notre nom ! Moins d’un an avant les commémorations du massacre de Gaza, des citoyens se sont fait arrêter dans certains communes bruxelloises parce qu’ils appelaient d’autres concitoyens à boycotter les produits israéliens. Face à cela, nous disons pas en notre nom ! Beaucoup d’entre vous ont voté en juin dernier pour des hommes et des femmes politiques parce qu’ils avaient promis d’être derrière le peuple palestinien. Malheureusement, nous voyons qu’ils ne sont pas à la hauteur de nos espérances. Aujourd’hui, si nous sommes dans les rues de Bruxelles, c’est pour leur rappeler que nous soutenons la résistance du peuple palestinien. (…) Nous demandons à nos gouvernements qu’ils se comportent avec Israël comme avec n’importe quel autre Etat qui viole le droit international. »

Parmi la foule, plusieurs formations politiques d’extrême gauche (PTB, Bloc M-L, LCT) ainsi qu’un groupe (environ 70 personnes) de musulmans chiites pro-hezbollah – avec drapeaux et posters du dirigeant libanais Hassan Nasrallah – étaient également visibles pendant le défilé. Encouragés par les organisateurs, les manifestants ont scandé des slogans (« une seule solution, arrêtez l’occupation! », « nous sommes tous des Palestiniens », « Résistance, résistance, jusqu’à l’indépendance » …)

Interpelé sur le risque politique qu’il peut y avoir à participer à ce genre de manifestations, le député régional Ahmed El Khannouss (CDH, parti francophone centriste) répond : « Est-ce risqué de montrer sa solidarité avec le peuple palestinien et les habitants de Gaza qui souffrent ? Je ne le pense pas et je suis ici pour montrer ma solidarité avec le peuple palestinien et plus particulièrement avec le peuple gazaoui qui a, il y a un an, été victime d’une agression violente de la part d’Israël. Il faut rappeler que pour la première fois dans l’Histoire, on a réussi à créer la plus grande prison du monde à ciel ouvert. Vous avez un million de personnes qui est coincé autour d’un mur alors qu’on vient de fêter les 20 ans de la chute du mur de Berlin. Si les responsables des pays occidentaux ne prennent pas leurs responsabilités, ce mur de la honte va perdurer ».

Réagissant au discours critique des organisateurs envers le monde politique, le député molenbeekois considère que « les organisateurs de cette manifestation font des raccourcis trop faciles face à la situation. Effectivement, il y a des débats qui ont lieu dans les instances parlementaires dont celui par rapport à une mission économique en Israël qui a été soutenue par une structure pararégionale mais les moyens du pouvoir politique sont très limités par rapport à ce type d’initiative. C’est pour cela qu’il ne faut pas faire d’amalgame ou utiliser des raccourcis, je pense qu’il faut adopter une démarche pédagogique en expliquant aux gens ce qu’il est vraiment possible de faire au niveau politique et ce qu’il ne l’est pas malheureusement ».

Réagissant sur l’absence des élus bruxellois, Ahmed El Khannouss estime que «les élus ont le droit de se reposer aussi, certains de mes amis n’ont pas pu venir parce qu’ils sont actuellement à l’étranger. Par ailleurs, cette manifestation a lieu entre les fêtes de Noël et Nouvel An et la plupart des responsables politiques prennent justement quelques jours de repos bien mérité».

Arrivée en fin de parcours, la députée fédérale Zoé Genot (Ecolo) était la seule autre mandataire politique présente à cette manifestation en soutien à Gaza.

« Je manifestais déjà en 1964 à Bruxelles, nous étions alors très minoritaires et complètement boycottés par les médias. Puis, petit à petit, j’ai vu la solidarité avec le peuple palestinien prendre de l’ampleur. Mais certains militants qui se réclament des droits de l’homme refusent aujourd’hui d’apporter leur solidarité sous prétexte qu’il s’agit d’une guerre des religions. Ce n’est pas une guerre de religions mais d’une guerre des classes ou d’une lutte de libération nationale. On voit aujourd’hui fleurir une proposition de deux Etats. En réalité cette proposition de deux Etats est le modèle sud-africain avec l’implantation de bantoustans sans aucune viabilité et totalement contrôlés par l’Etat sioniste. Il faut aujourd’hui mettre fin à cette campagne politique qui se termine toujours par des voeux pieux comme maintenir le dialogue pour promouvoir la paix, etc. Tout cela n’est, bien entendu, que du vent », explique le syndicaliste Thierry Delforge, membre du Bloc Marxiste-Léniniste (Bloc M-L) .

Appelant les manifestants à faire « une minute de bruits » face au siège du PS (parti socialiste francophone) sur le Boulevard de l’Empereur afin de dénoncer « les pratiques de ce parti », Nordine Saïdi a rappelé que, « un an après les massacres, il convient de mettre les événements de Gaza dans leur contexte. Il ne s’agit pas d’un fait isolé mais [de] la continuité d’une politique d’occupation qui dure depuis 61 ans. Le peuple palestinien vit toujours sous un blocus, nos gouvernements bruxellois, belge et européen participent à ce blocus. Ce qui motive cette collaboration est, d’après moi, une question d’argent mais aussi une collaboration idéologique car aujourd’hui nous vivons dans un monde fragmenté entre le monde islamique face au monde occidental dit civilisé qui veut exporter sa démocratie là où elle estime nécessaire. On constate qu’il n’est pas bon aujourd’hui d’être arabe, palestinien et musulman en même temps. Nous condamnons les deux poids deux mesures du monde politique et médiatique lorsqu’il s’agit de traiter avec Israël. Très concrètement, les élus bruxellois auraient pu déposer une motion visant à condamner la mission économique en Israël car aujourd’hui les belles paroles au Parlement ne suffisent plus. Je rappelle que seuls 3 élus bruxellois ont fait part de leur indignation parmi tant de politiciens qui font campagne sur la question palestinienne pendant les élections. Il aurait été plus facile de se mettre ensemble, indépendamment de appartenance politique, pour signer une motion pour dire stop à cette collaboration bruxelloise avec Israël ».

Environ 70 manifestants chiites pro-hezbollah étaient présents à la manifestation du 27/12/09 à Bruxelles.

Traitant les dirigeants des pays arabes de « chiens », Nordine Saïdi a violemment critiqué « ces dirigeants arabes aux bottes [lire: à la botte. Note d’upjf.org] de l’Occident, aux bottes [lire: à la botte. Note d’upjf.org] du régime sioniste, qui bloquent aujourd’hui des milliers de marcheurs venus du monde entier pour rejoindre Gaza afin de montrer la solidarité internationale. Ce ne sont pas les chars israéliens qui les bloquent mais le régime égyptien, honte à lui ! Aujourd’hui, le gouvernement égyptien s’est mis en ligne de mire [lire: à la tête. Note d’upjf.org] des régimes criminels qui soutiennent Israël. Je vous appelle dès aujourd’hui à vous mobiliser ainsi que votre entourage pour rappeler avec force que le peuple palestinien souffre depuis 61 ans. Allez dans quelques jours face à l’ambassade égyptienne pour leur dire qu’ils sont la honte du monde arabe et du monde islamique aujourd’hui ».

Un représentant flamand de l’association Intal a pris la parole pour dire: « honte aux Etats-Unis, honte à l’Union européenne, ces Etats qui sont complices avec [lire: de. Note d’upjf.org] la politique criminelle et meurtrière de l’Etat d’Israël. Il y a plusieurs manières de manifester : en rue ou de manière plus longue [Lire: à plus long terme. Note d’upjf.org] contre le financement des colonies israéliennes par la banque Dexia, ou [lire: par. Note d’upjf.org] la campagne de boycott, de désinvestissement ou de sanctions contre Israël, il y a aussi des campagnes de soutien humanitaire pour le peuple palestinien ».

Enfin, une militante anversoise a pris la parole en langue néerlandaise pour critiquer « le parti pris des médias lorsqu’il s’agit d’informations concernant Israël ».

Aucun incident n’a été signalé pendant le parcours, les manifestants se sont séparés en se donnant rendez-vous sur la place de la Monnaie pour une “veillée en [lire: de. Note d’upjf.org] solidarité avec les habitants de Gaza“. Plusieurs policiers, ainsi que des agents en civil ont suivi le cortège des manifestants chiites, intrigués par les accoutrements typiques et les chants religieux en langue arabe en l’honneur du martyr [lire: martyre. Note d’upjf.org] de l’imam Hossein (achoura) [lire: qui donne lieu chaque année aux cérémonies de la Achoura. Note d’upjf.org], vers la Place de la Monnaie.

(PARLEMENTO – INDEPENDENT NEWS AGENCY)