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Christianisme

Les communautés chrétiennes d’Israël, par Yishaï Eldar
26/12/2009

26/12/09

Ministère israélien des Affaires Etrangères, avril 2009


C’est avec la vie et l’enseignement de Jésus de Nazareth que débute l’histoire des communautés chrétiennes en Terre d’Israël. Après sa mort, l’Eglise apostolique demeura essentiellement judéo-chrétienne à ses débuts, en tout cas dans Jérusalem et alentours, jusqu’à la reconstruction de la cité (vers l’an 130 de l’ère chrétienne) par l’empereur Hadrien. Jérusalem fut alors nommée Aelia Capitolina. Dès lors, l’Eglise locale fut composée de gentils. Au moment de la conquête musulmane, au VIIe siècle, l’Eglise d’Orient était déjà subdivisée en plusieurs branches, qui continuèrent néanmoins très probablement à se partager l’usage des lieux saints. Mais avec le royaume croisé et la suprématie (praedominium) dont bénéficia l’Eglise latine d’Occident, la question des lieux saints suscita des dissensions qui se poursuivirent pendant les périodes mamelouke et ottomane, jusqu’à la déclaration du Status quo en 1852.

Parmi les plus de sept millions de personnes que compte aujourd’hui Israël, les chrétiens constituent quelque 2 % de la population (juifs : 75,5 % ; musulmans : 16,5 % ; druzes : 1,7 % ; et 4,4 % non classés par religion).

Les communautés chrétiennes se divisent en quatre classes principales : orthodoxes-chalcédoniens, orthodoxes non-chalcédoniens (appelés parfois monophysites), catholiques romains (latins et uniates) et protestants. Ces communautés comptent une vingtaine d’anciennes Eglises autochtones et une trentaine d’autres, pour l’essentiel des groupes confessionnels protestants. Excepté les Eglises nationales, comme l’Eglise arménienne, les communautés autochtones sont surtout arabophones. La plupart d’entre elles descendent certainement des premières communautés chrétiennes de l’époque byzantine.

Les Eglises orthodoxes chalcédoniennes

Les Eglises orthodoxes-chalcédoniennes (appelées également orthodoxes orientales) forment un groupe d’Eglises autonomes suivant les doctrines des sept conseils oecuméniques, et reconnaissant la primauté honorifique du patriarche de Constantinople. Au fil de l’histoire, ces Eglises se sont développées à partir des quatre anciens patriarcats d’Orient : Alexandrie, Antioche, Constantinople et Jérusalem.

Le patriarcat grec-orthodoxe de Jérusalem se considère comme l’Eglise-mère de Jérusalem, et le rang d’évêché patriarcal lui fut octroyé en 451 par le concile de Chalcédoine. Lors du schisme avec Rome en 1054, il se rangea du côté des autres Eglises orthodoxes orientales. Depuis, le Patriarcat de Rome et ceux d’Orient se virent séparés par des dissensions théologiques et politiques. La rencontre historique organisée en 1964 à Jérusalem entre le pape Paul VI et le patriarche oecuménique de Constantinople, Athénagoras, a marqué le début d’une réconciliation.

Depuis des siècles, la gestion des intérêts grecs-orthodoxes en Terre sainte a été confiée aux soins de la Confrérie du Saint-Sépulcre, qui a cherché à conserver le statut de l’Eglise orthodoxe dans les lieux saints et le caractère hellénistique du Patriarcat. Les paroisses, en majorité arabophones, sont desservies par des prêtres arabes mariés, ainsi que par des membres de cette Confrérie.

Deux Eglises nationales orthodoxes orientales ont une représentation en Israël : la russe et la roumaine. En union avec le patriarcat grec orthodoxe, elles sont placées sous l’autorité locale de celui-ci.

La Mission orthodoxe russe s’installa à Jérusalem en 1858, mais les chrétiens russes avaient commencé à se rendre en pèlerinage en Terre sainte dès le XIe siècle, quelques années seulement après la Conversion de Kiev. Ces visites se poursuivirent durant les neuf siècles suivant, et se transformèrent, à la fin du XIXe siècle, en de grands pèlerinages annuels qui durèrent jusqu’à la Première Guerre mondiale, mais furent interrompus par la Révolution russe. Depuis 1949, les titres de propriété de l’Eglise russe sur le territoire d’Israël de l’époque sont détenus par la Mission orthodoxe russe (patriarcat de Moscou) ; dans les régions alors situées sous contrôle jordanien (de 1948 à 1967), les titres de propriété ont été confiés à la Mission ecclésiastique russe représentant l’Eglise orthodoxe russe hors de Russie (l’Eglise ‘en exil’). Chacune de ces missions est dirigée par un archimandrite, assisté de plusieurs moines et religieuses.
 
Depuis 2001, ces deux Eglises proches se sont engagées dans un processus de rapprochement et de réconciliation, marqué en 2007 par la signature officielle à Moscou de l’Acte de l’Unité canonique.

La mission représentant l’Eglise orthodoxe roumaine fut instaurée en 1935. Elle se compose d’une petite communauté de religieux et de religieuses résidant à Jérusalem et dirigée par un archimandrite.

Les Eglises orthodoxes non-chalcédoniennes

Ces Eglises orthodoxes non-chalcédoniennes sont les Eglises d’Orient (arménienne, copte, éthiopienne et syrienne) qui refusèrent jadis de reconnaître les décrets du concile de Chalcédoine en 451. L’un de ces décrets traitait des relations entre les natures divine et humaine attribuées à Jésus.

L’Eglise orthodoxe arménienne remonte à l’an 301, date de la conversion de l’Arménie, qui fut la première nation à adopter le christianisme. Depuis le Ve siècle, une communauté religieuse arménienne est présente à Jérusalem. Selon certaines sources arméniennes, le premier patriarcat remonterait à l’année 638, où une charte fut accordée au patriarche Abraham par le calife Omar. Dans la Vieille Ville de Jérusalem, le quartier arménien existait déjà à l’époque des Croisades. A partir de la fin du XIXe siècle, et en particulier pendant et immédiatement après la Première Guerre mondiale, la communauté locale augmenta considérablement, en raison de l’afflux des réfugiés.

L’Eglise orthodoxe copte a ses racines en Egypte, où la majeure partie de la population se convertit au christianisme au cours des premiers siècles de l’ère chrétienne. Selon la tradition copte, les premiers membres de la communauté arrivèrent au début du IVe siècle à Jérusalem avec Sainte Hélène, la mère de l’empereur Constantin. Cette Eglise influença les débuts du développement de la vie monastique dans le désert de Judée. A l’époque des Mamelouks (1250-1517), la communauté prospéra, puis connut un nouvel essor sous Méhémet Ali, en 1830. A Jérusalem, le patriarche (copte) d’Alexandrie est représenté depuis le XIIIe siècle par un archevêque résident.

Depuis le Moyen Age, ou même avant, l’Eglise orthodoxe éthiopienne possède une communauté à Jérusalem. Les historiens de l’Eglise primitive mentionnent dès le IVe siècle la présence de pèlerins éthiopiens en Terre sainte. Au cours des siècles suivant, l’Eglise éthiopienne a joui de droits importants dans les lieux saints, mais les perdit presque tous à l’époque ottomane, avant la proclamation du status quo.

L’Eglise orthodoxe éthiopienne en Israël est aujourd’hui une petite communauté dirigée par un archevêque, et constituée pour l’essentiel par quelques dizaines de moines et de religieuses vivant dans la Vieille Ville de Jérusalem, au monastère de la cathédrale éthiopienne, ainsi que dans la partie occidentale de la ville. On compte aussi une petite communauté de laïcs. Depuis 1989, date de la reprise des relations diplomatiques entre Israël et l’Ethiopie, les pèlerinages d’Ethiopiens chrétiens se sont multipliés, surtout à Noël et à Pâques.

L’Eglise orthodoxe syrienne, héritière de l’ancienne Eglise d’Antioche, est l’une des communautés chrétiennes les plus anciennes du Moyen Orient. Elle a gardé l’usage traditionnel du syriaque (araméen occidental) dans la liturgie et les prières. Ses membres sont aussi nommés Jacobites (du nom de Jacob Baradaeus, qui instaura cette Eglise au VIe siècle). Le chef de cette Eglise, le patriarche d’Antioche et de tout l’Orient, réside à Damas. Depuis 793, des évêques orthodoxes syriens ont été présents à Jérusalem et le sont en permanence depuis 1471. A l’heure actuelle, l’Eglise locale est dirigée par un évêque résidant à Jérusalem, au monastère de Saint-Marc.

Les Eglises catholiques romaines et uniates

Les Eglises catholiques romaines et uniates sont en communion avec Rome et reconnaissent la primatie et l’autorité spirituelle du pape (auquel revient, comme évêque de Rome, l’ancien patriarcat d’Occident). En matière de liturgie, les Eglises orientales en communion avec Rome suivent leurs propres langues et traditions.

Quelles qu’aient été les premières relations entre Rome et Constantinople, aucune tentative d’établir, en Terre sainte, une Eglise occidentale - indépendante du patriarcat orthodoxe existant - ne se produisit, jusqu’à l’instauration du patriarcat latin de Jérusalem sous le royaume des Croisés (1099-1291). L’office de patriarche latin fut reconstitué en 1847. La responsabilité de l’Eglise locale incombait jusqu’alors à l’ordre franciscain, qui a assuré, depuis le XIVe siècle, le rôle de gardien latin des lieux saints.

A l’heure actuelle, le patriarcat latin de Jérusalem est dirigé par un évêque ayant titre de patriarche. Il est secondé par trois vicaires résidant à Nazareth, Amman et Chypre. Ces dernières années, un quatrième vicaire est chargé des congrégations hébréophones en Israël. Les catholiques romains locaux sont qualifiés de ’latins’ en langage courant, en raison de la langue liturgique qu’ils utilisèrent au cours de l’Histoire. Néanmoins, depuis le concile Vatican II, la liturgie catholique romaine est célébrée généralement en langue vulgaire, excepté dans certains lieux saints comme la basilique du Saint-Sépulcre et celle de la Nativité, où les messes et les autres office sont encore célébrés en latin.

L’Eglise maronite est une communauté chrétienne d’origine syrienne. La majorité de ses membres vivent au Liban. En union avec l’Eglise catholique romaine depuis 1182, c’est la seule Eglise orientale entièrement catholique. En tant qu’Eglise uniate (Eglise orientale en communion avec Rome, mais conservant néanmoins sa langue, ses rites et son droit canon), elle possède sa propre liturgie, pour l’essentiel un rite d’Antioche célébré en syriaque. La plupart des membres de la communauté maronite d’Israël vivent en Galilée. Le vicariat patriarcal maronite de Jérusalem remonte à 1895.

L’Eglise catholique grecque (melkite) fut créé en 1724. Elle résulte d’un schisme au sein de l’Eglise grecque-orthodoxe d’Antioche. (Le terme ’melkite’, littéralement ’royaliste’ est dérivé du mot syriaque araméen occidental ’malko’, qui signifie ’royal’ ou ’roi’. L’usage de ce mot remonte au IVe siècle et sert à désigner les chrétiens autochtones qui, ayant accepté la ’Définition de la foi’ du concile de Chalcédoine, restèrent en communion avec le trône impérial de Constantinople).

Un archidiocèse catholique grec fut instauré en 1752 en Galilée. Les catholiques grecs de Jérusalem furent placés vingt ans plus tard sous la juridiction du patriarche melkite d’Antioche, représenté à Jérusalem par un vicaire patriarcal.

L’Eglise catholique syrienne, groupe séparatiste uniate de l’Eglise orthodoxe syrienne, est en communion avec Rome depuis 1663. Les catholiques syriens possèdent leur propre patriarche (qui réside à Beyrouth). Le vicaire patriarche de Jérusalem sert depuis 1890 de chef spirituel à la petite communauté de la ville et à celle de Bethléem. En juillet 1985, la nouvelle église patriarcale de Jérusalem, dédiée à saint Thomas, apôtre des peuples de Syrie et de l’Inde, était consacrée.

En 1741, l’Eglise catholique arménienne se sépara de l’Eglise orthodoxe arménienne, même si auparavant, une communauté arménienne de Cilicie (au sud de l’Anatolie) avait entretenu, depuis les croisades, des contacts avec Rome. Le patriarche catholique arménien réside à Beyrouth car à l’époque, les autorités ottomanes lui avaient interdit d’habiter à Constantinople. En 1842, un vicariat patriarcal fut créé à Jérusalem. Bien qu’en union avec Rome, l’Eglise garde de bonnes relations avec l’Eglise orthodoxe arménienne, et elles coopèrent l’une et l’autre au bien-être de toute la communauté.

L’Eglise catholique chaldéenne uniate est issue de l’ancienne Eglise apostolique (assyrienne) d’Orient (appelée parfois nestorienne). Ses membres emploient encore le syriaque (araméen oriental) comme langue liturgique. Cette Eglise fut créée en 1551, et son patriarche réside à Bagdad. La communauté ne compte plus que quelques familles en Terre sainte ; pourtant, l’Eglise catholique chaldéenne conserve son statut de communauté religieuse ’reconnue’. Les chaldéens sont représentés à Jérusalem depuis 1903 par un vicaire patriarcal non résident.

Depuis 1741, l’Eglise catholique copte est en union avec Rome. Le patriarche catholique copte uniate d’Alexandrie nomma en 1955 un vicaire patriarcal, au service de la petite communauté qui existait alors à Jérusalem.

* * *

Le 30 décembre 1993, un Accord fondamental entre le Saint-Siège et l’Etat d’Israël était signé, et aboutissait quelques mois plus tard à l’établissement de relations diplomatiques plénières entre les deux parties. Ce traité, de la plus haute signification pour les Eglises catholiques en Terre sainte, fut suivi en 1997 par un autre accord entre Israël et le Saint Siège, traitant cette fois de la personnalité légale de l’Eglise catholique en Israël.

Les Eglises protestantes

Les communautés protestantes du Moyen Orient datent du début du XIXe siècle, avec l’établissement à Jérusalem de représentations diplomatiques occidentales. Ces missions avaient pour objectif l’évangélisation des communautés musulmane et juive, mais réussirent à attirer uniquement des chrétiens orthodoxes arabophones.

La reine d’Angleterre et le roi de Prusse décidèrent en 1841de fonder, à Jérusalem, un épiscopat protestant commun anglicano-luthérien. Le projet prit fin en 1886, mais l’office fut maintenu par l’Eglise d’Angleterre, qui nomma, en 1957, son représentant à Jérusalem au rang d’archevêque. Cette situation cessa en 1976, avec la création de la nouvelle Eglise épiscopale protestante (anglicane) de Jérusalem et du Moyen Orient, ainsi que l’élection et la consécration du premier évêque arabe de Jérusalem. C’est là la communauté protestante la plus importante en Terre sainte. Le siège de l’évêque anglican de Jérusalem se trouve en la cathédrale Saint-Georges-le-Martyr, entretenue par l’Eglise d’Angleterre, qui en nomme le doyen. En 1886, lors de la dissolution de l’entreprise commune anglo-prussienne, l’Eglise luthérienne allemande s’établit de manière indépendante à Jérusalem et en Terre sainte. Cette communauté attira de nombreux membres arabophones, pour la plupart des anciens élèves des écoles et autres établissements tenus par les églises et associations luthériennes allemandes. Les fidèles arabophones ont, depuis 1979, leur propre archevêque, indépendamment de la petite communauté germanophone et de l’Eglise luthérienne d’Allemagne, représentée par un propst (doyen). Ces deux ecclésiastiques occupent les locaux du Propstei, rue des Mouristans, dans la Vieille Ville de Jérusalem.

Des petites communautés luthériennes danoises, suédoises et anglophones existent également. Leur clergé, issu des Eglises mères, est au service des membres en visite en Israël ou y habitant. La Mission norvégienne en Israël a transféré aux communautés locales, en 1982, l’autorité et l’administration de ses deux Eglises de Haïfa et de Jaffa.

Les activités de l’Eglise baptiste en Terre sainte débutèrent en 1911, avec la formation d’une communauté à Nazareth. Aujourd’hui, l’Association des Eglises baptistes a dix églises et centres à Akko, Cana, Haïfa, Yaffo, Jérusalem, Kfar-Yassif, Nazareth, Petah Tikva, Rama, Turan etc. Les fidèles sont arabophones pour la plupart.

En 1840, l’Eglise presbytérienne d’Ecosse envoya sa première mission en Galilée. Au cours du siècle suivant, elle fut active dans les domaines de l’éducation et de la médecine. A l’heure actuelle, l’Eglise d’Ecosse est aujourd’hui une petite communauté, d’expatriés pour la plupart, au service des pèlerins et des touristes. Elle possède une église et un hospice à Jérusalem ainsi qu’à Tibériade. La Société médicale missionnaire d’Edimbourg, association indépendante, gère un centre de formation hospitalière d’infirmières à Nazareth.

L’Eglise de Jésus-Christ des Saints du dernier jour (Mormons) a établi en 1886 une petite communauté à Haïfa, et en 1972 à Jérusalem. Parmi les membres de cette Eglise, on compte aujourd’hui les étudiants du Centre d’études hiérosolomytain du Proche-Orient, une branche de l’université Brigham Young de Provo, Utah, USA.

Outre les Eglises déjà citées, il en existe quelques autres en Israël, confessionnelles protestantes, et peu importantes numériquement.

Trois implantations agricoles communautaires protestantes ont été créées ces dernières années dans différentes parties d’Israël. Kfar Habaptistim, au nord de Petah Tikva, a été établi en 1955. Ce lieu propose des conférences et des colonies de vacances pour les baptistes et autres communautés protestantes du pays. Nes Ammim, près de Nahariya, a été fondé en 1963 par des protestants néerlandais et allemands. Il s’agit d’un centre international destiné à promouvoir une meilleure compréhension d’Israël par les chrétiens. A l’ouest de Jérusalem, Yad Hashemonah, ouvert en 1971, propose une pension de famille aux visiteurs et pèlerins chrétiens venus de Finlande.

* * *

L’Ambassade chrétienne internationale de Jérusalem fut fondée en 1980 pour exprimer le soutien apporté à Israël et à Jérusalem, sa capitale éternelle, par des chrétiens du monde entier. Il s’agit d’un centre où les chrétiens de tous pays peuvent acquérir une approche du pays aux temps bibliques mais aussi d’Israël, nation moderne. Le réseau international de cette Ambassade comprend des bureaux et des représentants dans plus d’une cinquantaine de pays.

La liberté de culte

L’attitude fondamentale de l’Etat à l’égard du pluralisme religieux s’exprime dans la Déclaration d’indépendance de 1948 :

« L’Etat d’Israël ... sera fondé sur la liberté, la justice et la paix, conformément aux prophètes d’Israël ; il assurera l’égalité totale des droits politiques et sociaux de tous ses habitants, sans distinction de religion, de race ou de sexe ; il garantira la liberté de religion, de conscience, de langue, d’éducation et de culture. »

Ce document exprime la conception et le credo de la nation ; le respect de ces principes est garanti par la loi. Chaque communauté religieuse est libre de pratiquer sa foi, d’observer ses fêtes et un jour de repos hebdomadaire, et de gérer ses propres affaires intérieures.

Lieux saints

Israël possède de nombreux sites qui sont considérés comme saints par les trois religions monothéistes (judaïsme, christianisme et islam). La liberté d’accès et de culte est assurée à tous.

« Les lieux saints seront protégés de profanation et autre violence, ainsi que de tout ce qui serait susceptible d’entraver la liberté d’accès des membres des diverses religions aux lieux qui leur sont saints, ou d’offenser leurs sentiments envers ces lieux. » (Loi sur la protection des lieux saints, 1967).

Parmi les lieux saints d’Israël importants pour la chrétienté, on peut entre autre autres citer : la Via Dolorosa, le Cénacle et la basilique du Saint-Sépulcre à Jérusalem ; la basilique de l’Annonciation à Nazareth ; le mont des Béatitudes, Tabgha et Capharnaüm près du lac de Tibériade (mer de Galilée).

 

Le département des communautés chrétiennes

Le gouvernement israélien n’interfère pas dans la vie religieuse des communautés chrétiennes. Le département du ministère de l’Intérieur en charge des communautés chrétiennes sert de bureau de liaison gouvernemental, auxquels les communautés chrétiennes peuvent présenter tout problème ou requête résultant de leur statut de minorités en Israël. Le département sert également d’arbitre neutre visant à assurer la préservation du status quo prévalant dans ceux des lieux saints où plusieurs communautés chrétiennes se partagent des droits et des privilèges.

Communautes "reconnues"

Certaines confessions chrétiennes jouissent du statut de communauté religieuse ’reconnue’. Pour des raisons historiques qui remontent à l’époque ottomane, les questions de statut personnel, comme les mariages et les divorces, relèvent de la juridiction des tribunaux ecclésiastiques de ces communautés.

Les communautés chrétiennes ’reconnues’ sont : les orthodoxes grecs, les orthodoxes arméniens, les orthodoxes syriens, les catholiques romains (latins), les maronites, les catholiques grecs (melkites), les catholiques syriens, les catholiques arméniens, les catholiques chaldéens et, depuis 1970, l’Eglise anglicane (épiscopale).

Yishaï Eldar

© Israel Ministry of Foreign Affairs

* Yishaï Eldar est l’ancien rédacteur en chef de Vie chrétienne en Israël.

[Texte diffusé antérieurement par le blog Lessakele. Aimablement signalé par R. Lewin.]

Mis en ligne le 26 décembre 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org