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Israël (Société - mentalités)
Israël (défense - apologie d')

La « Hasbara » israélienne en question, Shraga Blum
04/01/2010

Sur Actu.co.il, 3 janvier 2010

Les injonctions du ministre des Affaires étrangères aux ambassadeurs ont fait mouche et les médias relatent en détail l'ordre donné par Avigdor Lieberman aux représentants officiels israéliens à l'étranger: « Assez de rester indifférents face aux insultes contre Israël, il faut désormais répondre et défendre l'honneur d'Israël! »

Mais cette injonction pourrait tout aussi bien être adressée aux fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères ou aux Services d'Information de Tsahal. N'oublions pas qu'il existe un lien direct de cause à effet entre les calomnies répandues avec art par la propagande palestinienne en aval, et les positions politiques adoptées par les acteurs internationaux, Etats comme organisations internationales, en amont.

Un exemple actuel permettra de se rendre compte à quel point Israël laisse passer des occasions précieuses de défendre son nom et de démolir le mécanisme machiavélique de la propagande arabe.

Le Centre Palestinien pour les Droits de l'Homme (PCHR) – définition antinomique s'il en est – a publié, en fin de semaine dernière, un rapport sur l'intervention de Tsahal près de la Clôture de Sécurité entre Israël et la bande de Gaza, le 26 décembre, durant laquelle ont été abattus trois terroristes qui s'approchaient de la Clôture en rampant. Selon ce « rapport » palestinien, « les trois hommes étaient de simples citoyens, désarmés de surcroit, qui voulaient tout simplement chercher du travail en Israël ». Le document ajoute un argument qui fait généralement son effet: « C'est la situation économique catastrophique à Gaza, due au blocus israélien, qui pousse ces pauvres gens à s'introduire en Israël pour y trouver du travail ». Peu importe l'inconséquence de la situation, dans laquelle ces « pauvres palestiniens » courent vers leur ennemi juré pour obtenir un emploi ! Des récits de ce genre se répètent dans les « rapports » fournis aux ONG internationales par les organisations palestiniennes, mais aussi, hélas, par leurs consoeurs israéliennes telles que « Betselem » ou « Shalom Akhshav ».

La réponse du porte–parole de Tsahal, le 29 décembre, fut la suivante:

« Dans la nuit de vendredi à samedi, une patrouille de Tsahal a aperçu quatre hommes rampant vers la Clôture de Sécurité, probablement pour aller perpétrer un attentat en Israël (…) Tsahal a ouvert le feu vers ces quatre cibles et a abattu trois d'entre elles. Les fouilles réalisées sur place ont permis de découvrir une échelle et trois engins piégés, dont l'un d'une forte puissance ».

Ce qui change un peu de la version donnée par le PCHR!

Cette utilisation cynique par le Hamas de « civils » non affiliés à une quelconque organisation terroriste, en dit long sur la manière qu'ont les ONG – israéliennes comme arabes – de faire leur macabre décompte de « civils » palestiniens tués par Tsahal.

Mais, entre temps, le PCHR a diffusé son rapport tous azimuts et fait accréditer sa version dans le monde entier, notamment à l'ONU, qui ne pourra alors que confirmer la véracité des assertions du Rapport Goldstone sur « l'assassinat de civils ». C'est également cette organisation qui est derrière les plaintes pénales déposées contre des responsables israéliens concernant l'Opération « plomb Durci ». Et ce cas isolé n'est qu'un parmi des dizaines d'autres qui ont réussi à alimenter un grand réquisitoire, aussi calomnieux qu'efficace, contre Israël.

Jusqu'à présent, les Services israéliens de l'Information n'ont pas daigné monter aux créneaux pour défendre l'honneur de Tsahal, ou tout simplement la stricte vérité. Concernant ce cas précis qui s'est déroulé près de la Clôture de Sécurité, Tsahal dispose de toutes les preuves filmées et photographiées quant aux réelles intentions de ces quatre « civils innocents ». Mais rien n'est fait.

Alors pourquoi ce silence de la part d'Israël? Grande puissance du Renseignement, Israël dispose de tous les documents susceptibles de compromettre non seulement le PCHR, dans ce cas précis, mais tant d'autres ONG palestiniennes, israéliennes ou occidentales, en les mettant face à leurs mensonges et à leur mauvaise foi. Il apparaît hélas qu'il n'existe aucune stratégie israélienne de l'Information, mais uniquement des petits traitements « au cas par cas », souvent freinés d'ailleurs par des impératifs de « haute politique », notamment celui de ne pas porter atteinte à l'Autorité Palestinienne et à Abou Mazen. Mais avec, au bout du compte, un prix exorbitant: la délégitimation et le bannissement d'Israël de la scène internationale, et des pressions de plus en plus lourdes exercées sur Israël uniquement.

Le plus grave, dans tout cela, c'est que, selon des études réalisées à l'étranger, ces accusations incessantes proférées à l'encontre d'Israël, et non contrées de manière énergique, commencent à fissurer la traditionnelle solidarité des communautés juives envers Israël, partagées entre leur volonté de soutien à l'Etat juif et leur place dans la société environnante qui voit Israël comme un Etat de plus en plus démoniaque.

La vision d'Avigdor Lieberman est à cet égard très juste, mais il y a un travail énorme à faire et surtout une volonté à faire surgir, pour que les responsables israéliens comprennent que « l'image d'Israël » n'est pas uniquement le problème des « non-juifs », mais aussi une question de survie.


Mis en ligne par M. Macina, sur le site Debriefing.org, le 04/01/10