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Israël (Société - mentalités)
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La juge Beinisch, Il faut cesser de parler d'Apartheid à propos d'Israël, Adi Schwartz
07/01/2010


07/01/10

 

Sur le Blog de l'auteur, 2 janvier 2010

 

Traduction française : Menahem Macina pour debriefing.org

 

Dans une déclaration historique, le président de la Cour suprême d'Israël, Mme Dorit Beinisch, a rejeté sans équivoque toute comparaison entre la politique israélienne et l'Apartheid d'Afrique du Sud. Une telle comparaison est "inadéquate [?] extrême et radicale [?] [et] il n'existe aucun fondement permettant de l'invoquer ».

 


La juge Dorit Beinisch


Beinisch a fait cette déclaration officielle dans sa sentence, rendue cette semaine, contre la décision de l'armée israélienne de fermer une route aux véhicules palestiniens, pour des raisons de sécurité. La Cour suprême israélienne, qui jouit d'une excellente réputation parmi ses homologues dans le monde démocratique, a maintes fois statué contre l'armée et d'autres organes d'Etat. Mais il semble que ce soit la première fois que Beinisch fait entendre sa voix dans le "débat sur l'Apartheid", et ce d'une manière aussi claire.

L'interdiction faite aux véhicules palestiniens d'emprunter certaines routes de Cisjordanie est l'un des principaux arguments invoqués par ceux qui traitent Israël d'"Etat d'Apartheid". Pour eux, un tel acte est de la ségrégation, et la ségrégation, c'est de l'Apartheid.

Dans sa sentence, Beinisch a condamné catégoriquement la comparaison entre l'ancien régime sud-africain et l'Etat d'Israël. Elle a rappelé à ceux qui avaient fait appel [de la décision de l'armée] que des terroristes palestiniens avaient attaqué, à de nombreuses reprises, des véhicules qui circulaient sur les routes concernées, et que de nombreux civils avaient perdu la vie dans ces circonstances. En tout état de cause, a-t-elle affirmé, la décision de l'armée était motivée par un souci de sécurité et non par un sentiment de supériorité raciale.

Une synthèse du jugement est disponible en anglais, mais l'intégralité n'est disponible qu'en hébreu. Voici ma traduction du paragraphe que Beinisch a consacré à la ségrégation:

« Même si nous prenons en compte le fait qu'une séparation complète entre les populations qui utilisent les routes est une mesure extrême et indésirable, nous devrions être prudents et user de retenue lorsque nous utilisons des définitions afférentes aux mesures de sécurité mises en oeuvre pour protéger les personnes voyageant sur les routes, telle celle de ségrégation, qui se base sur une mauvaise raison de race et origine ethnique. nous devrions faire attention et faire preuve de retenue quand en utilisant des définitions qui se rapportent à des mesures de sécurité - adoptées afin de protéger des personnes voyageant sur les routes - comme ségrégation, basée sur des raisons inexactes de race et d'appartenance ethnique.

La comparaison, faite par les appelants, entre l'utilisation de routes différentes pour des raisons des raisons de sécurité, et la politique de ségrégation de l'Afrique du Sud, est inadéquate.

La politique d'Apartheid est un crime très grave. Elle contredit les principes fondamentaux de la loi israélienne, ainsi que la loi internationale des droits de l'homme et le droit pénal international. C'est une politique de ségrégation et de discrimination raciales, qui consiste en une gamme de pratiques discriminatoires, visant à établir la suprématie d'une race et à asservir d'autres races.

« Le fort contraste entre les mesures de sécurité prises par l'Etat d'Israël pour se protéger d'attentats terroristes, et les pratiques inacceptables de la politique d'Apartheid, exigent qu'on évite toute comparaison ou utilisation de cette expression sévère (la mise en gras est le fait du traducteur [Adi Schwartz]).

Toute distinction entre personnes, en toutes circonstances, ne constitue pas nécessairement une discrimination inadéquate, et toute discrimination inadéquate n'est pas nécessairement de l'Apartheid. L'utilisation du mot Apartheid atténue le poids de ce crime, contre lequel la communauté internationale entière a lutté et que nous condamnons tous.

Par conséquent, la comparaison faite par les appelants entre le fait d'empêcher la circulation des habitants palestiniens sur la route 443, et le crime de ségrégation était si extrême et radicale, qu'il n'y avait absolument aucun fondement à l'invoquer. »

 

© Blog de Adi Schwartz

 

Mis en ligne le 7 janvier 2010, par Menahem Macina, sur le site debriefing.org

 

 

[Texte anglais aimablement signalé par R.R., Bruxelles.]

 Mis en ligne le 7 janvier 2010, par Menahem Macina, sur le site debriefing.org