Debriefing.org
Google
Administration
Accueil
Tous les articles
Imprimer
Envoyer
S’inscrire
Nous contacter

Informations, documents, analysesDebriefing.org
Israël (Société - mentalités)
Israël (diabolisation d')

La peau de l'ennemi [Les accusations de prélèvements d'organes palestiniens reviennent en force]
11/01/2010

11/01/10

L'article ci-après constitue une contribution de qualité et s'avèrera être une référence indispensable dans les controverses futures concernant cette calomnie, qui s'appuie sur des faits réels en les déformant et surtout en en faisant l'apanage du seul Etat d'Israël, et en y ajoutant la dimension fausse de meurtre de Palestiniens pour leur voler leurs organes. En réalité, explique l'auteur, le manque cruel, à l'échelon mondial, de donateurs d'organes nécessaires à la chirurgie réparatrice et qui sauvent souvent des vies humaines, est cause de certains abus, voire d'un commerce qui, dans certains cas, enrichit des intermédiaires (y compris des médecins) peu scrupuleux, mus par l'appât du. C'est, hélas une pratique générale dans le monde et certainement pas une spécialité israélienne, explique l'auteur, qui passe en revue des articles émanant de spécialistes dont la lecture orientée de faits réels, confère désormais à cet affaire, lancée l'été dernier, de manière tapageuse et diffamatoire par un journaliste du tabloïde suédois Aftonbladet *, une crédibilité inespérée. C'est pour faire barrage à cette manipulation subtile et redoutable, que l'auteur du présent article examine scrupuleusement les faits et leur interprétation tendancieuse. Je regrette de reproduire ce texte avec quelques coupures (pour respecter l'interdiction, par l'auteur, de reproduire son texte dans son intégralité). Je ne peux que conseiller à celles et ceux qui veulent être au courant de tous les détails fournis dans cet article, de se reporter au blog où il figure. (Menahem Macina).

* J'ai documenté cette affaire sur le site de l'UPJF. Voir : "Donald Boström récidive: «Le vol d'organes par l'armée israélienne dépasse les 1000»"; "Un tabloïd suédois accuse Tsahal de vols d'organes et exige une enquête internationale" ; Donald Boström, "«On vole nos fils pour prendre leurs organes»" ; M. Macina, "L' «aftonbladette» comme Boström, recette pour criminaliser, à l'ancienne, les Israéliens".

Sur le Blog "Le nid de l'albatros" (sous titré : « Billets d'humeur d'un néo-Canadien »), 30 décembre 2009.


Le petit tsunami provoqué par les "révélations" de Donald Boström (voir cet autre billet) n'en finit pas de faire des vagues.

Étant donné que personne n'a la moindre preuve - et pour cause - que des Israéliens ont enlevé et tué de jeunes Arabes palestiniens afin de voler leurs organes, les amateurs de la "critique" permanente d'Israël se rabattent sur ce qu'ils trouvent. Dans ce cas précis, ils raclent les fonds de tiroirs pour ressortir triomphalement tout ce qui concerne un prélèvement ou trafic d'organes impliquant au moins un Israélien.

Nouvelles (?) révélations


Nancy Scheper-Hughes, professeur d'anthropologie à l'Université de California-Berkeley a récemment dévoilé une interview, datant de l'an 2000, d'un certain Yehuda Hiss, ancien directeur de l'Institut médico-légal d'Abu Kabir, près de Tel-Aviv.
Qu'a donc dit M. Hiss ?
Que dans les années 90, des spécialistes d'Abu Kabir avaient prélevé de la peau, des cornées, des valves cardiaques et des os sur des corps qui passaient par l'Institut (1). Ces prélèvements se faisaient sans la moindre considération pour l'origine des personnes, les défunts étaient Israéliens (civils ou militaires), Palestiniens, voire même des étrangers qui travaillaient et vivaient en Israël. M. Hiss ajoutait que l'accord des familles n'était ni nécessaire ni demandé et que les spécialistes agissaient avec discrétion. Cela n'a pas empêché que des familles (juives ou arabes) protestent.

[Précisons que la loi israélienne, qui était floue dans le passé, a récemment été mise à jour. Une autorisation est désormais requise. Il est même possible de trouver un formulaire en ligne, le remplir, le signer, puis le retourner par fax à l'organisme public qui centralise ces données.]

Dans les médias (pas uniquement anti-"sionistes") cette interview, qui date de neuf ans mais a été dévoilée tout récemment, est devenue: Israël: des organes ont été prélevés sur des Palestiniens (NouvelObs). Dans le corps de l'article, le site NouvelObs est très évasif sur la nationalité des défunts: "des corps, notamment palestiniens". La présentation des "faits" par NouvelObs est très intéressante:

"Le Dr Hiss a fait ces déclarations en 2000 à un universitaire américain. Ce dernier a décidé de ne le rendre public que maintenant en raison d'une controverse qui a éclaté l'été dernier. Un article d'un journal suédois avait laissé entendre que des soldats israéliens tuaient des Palestiniens pour faire commerce de leurs organes. Des allégations qu'Israël a vivement démenties.

Des extraits de l'entretien ont été diffusés, ce week-end, sur la 2e chaîne de télévision israélienne. Le Dr Jehuda Hiss précise que des cornées ont été prélevées sur des cadavres "de manière extrêmement informelle. Aucune autorisation n'était demandée à la famille".

En réponse à ce reportage, l'armée israélienne a reconnu que les faits avait [sic] eu lieu. L'activité a cessé il y a dix ans et cela n'arrive plus, d'après un communiqué de Tsahal repris par la télévision."

Le découpage des paragraphes et le flou de la formulation pourraient laisser penser que la phrase : "l'armée israélienne a reconnu que les faits avai[en]t eu lieu" fait référence à "Un article d'un journal suédois avait laissé entendre que des soldats israéliens tuaient des Palestiniens pour faire commerce de leurs organes" et non pas à "des cornées ont été prélevées sur des cadavres de manière extrêmement informelle".

The Guardian
, journal britannique de gauche, a publié, lui aussi, un article reprenant la nouvelle, avec un titre identique à celui de NouvelObs: Israel admits harvesting Palestinian organs (The Guardian, 21 décembre). Mais le titre de l'édition Internet a été modifié et est devenu: Doctor admits Israeli pathologists harvested organs without consent (The Guardian).

La différence est de taille. Le Guardian a expliqué la raison de cette modification:

"We should not have put the headline « Israel admits harvesting Palestinian organs » on a story about an admission, by the former head of the Abu Kabir forensic institute near Tel Aviv, that during the 1990s specialists at the institute harvested organs from the bodies of Israeli soldiers, Israeli citizens, Palestinians and foreign workers without getting permission from the families of the deceased (21 December, page 15). That headline did not match the article, which made clear that the organs were not taken only from Palestinians. This was a serious editing error and the headline has been changed online to reflect the text of the story written by the reporter."

["Nous n'aurions pas dû intituler l'article « Israël admet avoir prélevé des organes de Palestiniens », en parlant de la reconnaissance, par l'ancien responsable de l'institut de pathologie d'Abu Kabir, près de Tel Aviv, du fait que, durant les années 1990, des spécialistes de l'institut prélevaient des organes des corps des soldats israéliens, de citoyens israéliens, de Palestiniens et de travailleurs étrangers, sans y avoir été autorisés par les familles des défunts (21 décembre, page 15). Ce titre ne correspondait pas au contenu de l'article, qui établissait clairement que les organes n'étaient pas prélevés des corps des seuls Palestiniens. C'était une grave erreur éditoriale et le titre a été modifié dans l'édition en ligne de manière à ce qu'il résume correctement le récit du journaliste." [Traduction française de debriefing.org.]

Le titre ne reflétait pas le contenu de l'article. Il était suffisamment inexact et trompeur pour que le Guardian, journal pourtant connu pour ses vives "critiques" d'Israël, le modifie radicalement.

Examinons un peu le contenu de la "nouvelle". La dépêche reprise par tous les médias fait systématiquement référence à l'article initial de Boström. Le rapport entre Boström et Hiss est pourtant fortement tiré par les cheveux, mais, comme d'habitude, lorsqu'il s'agit d'Israël il suffit que des mots se ressemblent pour qu'on établisse un lien. Les mots magiques, dans ce cas, sont "prélèvements d'organes", "trafic d'organes" et "sans autorisation de la famille" (ou du défunt).

Le Dr Hiss n'a jamais dit - et pour cause (bis) - que l'armée israélienne abattait de jeunes Arabes pour les transporter ensuite à Abu Kabir à des fins de prélèvements, ni que ces prélèvements servaient à alimenter le marché noir. Mais qu'importe ! Il suffit qu'au moins un prélèvement ait été fait sur au moins un Arabe palestinien, sans autorisation de sa famille, pour alimenter la machine à ragots (re)lancée cet été par Aftonbladet.

Scientifique et militant, c'est possible

Comme le précisent les médias, l'interview du Dr Hiss, dévoilée par Nancy Scheper-Hughes date de... 2000. Mme Scheper-Hughes se définit comme une "anthropologue militante". Elle a fait un voyage en URSS (vers 1959, 1960) mais ne s'étend pas trop sur le sujet, et, de retour aux Etats-Unis, elle a milité pour les droits civiques des Noirs (là, je lève mon chapeau) et au sein de Peace Corps.

Question: si cette interview est aussi choquante que certains veulent le croire, pourquoi la fondatrice d'Organs Watch (2) a-t-elle attendu neuf ans pour la faire connaître?

Comme on peut le lire, par exemple, sur le site NouvelObs, Scheper-Hughes a "sorti" l'info à cause, précisément, des réactions à l'article de Boström: "[Nancy Scheper-Hughes] a décidé de ne le rendre public [que] maintenant, en raison d'une controverse qui a éclaté l'été dernier".

Pour en savoir un peu plus il n'est pas inutile de lire un article d'Alison Weir, intitulé "Special Report. Israeli Organ Trafficking and Theft: From Moldova to Palestine", publié par le Washington Report on Middle East Affairs (WRMEA) de novembre 2009, pp. 15-17. L'article est disponible sur le site Internet du magazine. Le WRMEA est un média américain qui semble particulièrement "critique" envers Israël, c'est le moins qu'on puisse en dire.

Une chouette bande de bons copains

Alison Weir contribue au WRMEA dont le responsable (publisher) est Andrew Killgore. Weir et Killgore sont aussi deux dirigeants de l'organisation If Americans Knew(Si les Américains savaient... sous-entendu, si les Américains savaient la vérité sur Israël, ils deviendraient anti-Israéliens).

Weir part du principe que l'article de Boström présentait de terribles éléments de preuve [suggérant qu'Israël avait pris des organes internes de Palestiniens]  (grisly evidence suggesting that Israel had been taking Palestinian internal organs), mais que les Israéliens ont, comme d'habitude, hurlé à "l'antisémitisme" (les guillemets sont d'elle).
Elle affirme ensuite que les prélèvements d'organes en Israël sont documentés depuis de nombreuses années (3). C'est exact, mais ça n'a pas grand-chose à voir avec le pamphlet d'Aftonbladet.

Weir s'appuie largement sur les travaux de Scheper-Hughes, qu'elle cite à plusieurs reprises (mais rien n'indique qu'elles se connaissent ou s'apprécient).

À propos du commerce des organes, Scheper-Hughes aurait déclaré:
"Israël est en tête. Il a des tentacules partout dans le monde" (Israel is at the top. It has tentacles reaching out worldwide.)

S'il est exact que des Israéliens trempent dans le commerce des organes, il est intéressant de voir une anthropologue parler de "tentacules" israéliens. L'image est pour le moins malheureuse (le thème de la pieuvre est un classique de la littérature judéophobe. (Voir, par exemple, l'ouvrage de Joël et Dan Kotek, Au nom de l'antisionisme, Éd. Complexe.)

Quant à voir Israël "en tête" en matière de commerce d'organes, je suis perplexe. Le communiqué de l'université de Berkeley, annonçant, en 1999, la création d'Organs Watch ne mentionne même pas Israël (il y est, par contre, question de l'Afrique du Sud, du Brésil, de l'Inde, de la Chine, et des Etats-Unis). Dans une longue interview de 2004, accordée à Three Monkeys Online (4) sur la question du trafic mondial d'organes, Scheper-Hughes mentionne - parmi d'autres cas - un intermédiaire israélien impliqué dans un "échange" de reins entre des donneurs brésiliens (vivants) et des receveurs israéliens: Dispelling the myth. The realities of organ trafficking. Professor Nancy Scheper-Hughes in interview (novembre 2004) [Dissiper le mythe. Les réalités du trafic d'organes. Une interview du professeur Nancy Scheper-Hugues. Traduction debriefing.org.]

En 2004 pourtant, Scheper-Hughes avait déjà dans son tiroir, depuis 4 ans, les déclarations du Dr Yehuda Hiss. Israël aurait-il été "en tête" entre 2004 et 2009 ?

La faute à la Shoah ?

Scheper-Hughes (toujours citée par Alison Weir) va un peu plus loin. Dans un exposé, l'anthropologue aurait déclaré percevoir deux motivations chez les trafiquants israéliens: l'appât du gain, bien sûr, mais aussi "une vengeance, une restitution - en réparation de l'Holocauste" (Revenge, restitution ? reparation for the Holocaust).

Des intermédiaires - et même des médecins - israéliens (qu'elle ne nomme pas) auraient même dit à Scheper-Hughes:

"c'est une sorte d'?il pour ?il, dent pour dent. Nous prendrons tous les reins, foies et coeurs que nous pourrons. Le monde nous le doit." (it's kind of ?an eye for an eye and a tooth for a tooth. We're going to get every single kidney and liver and heart that we can. The world owes it to us).

Toujours dans le cadre de cette analyse psychologique de pacotille, l'anthropologue voit, dans de simples prélèvements de peau (nécessaires pour le traitement des grands brûlés) un lourd symbole: il s'agirait de

"prendre la peau de la population perçue comme ennemie" (5).

Et la clinique de greffe de cheveux de l'oncle Shlomo, c'est pour scalper l'ennemi ?

Comme le dit Alison Weir dans son article, Israël est unique de bien des manières [importantes] (Israel is unique in several significant ways). Unique de par l'hystérie qu'il suscite, sans aucun doute.


Propagande et vieilles rengaines

L'article de Weir ne se base pas que sur Scheper-Hughes. C'est en fait un résumé très complet de toutes les rumeurs circulant sur les Israéliens "voleurs d'organes". Elle va même jusqu'à insinuer que, dans au moins un cas (celui d'Abraham Sadegat en 1968), il est possible, peut-être même probable, que le c?ur ait été prélevé alors qu'il battait encore (Sadegat's medical condition before his heart was removed has not been made public. It is possible ? perhaps probable ? that up until his heart was removed it was still beating).

Elle cite également l'agence de presse de la République islamique d'Iran (A 2002 news story from IRNA) et Yasser Arafat interviewé par Al-Jazeera. La citation du vieux chef est claire et correspond bien au personnage:

"Ils assassinent nos enfants et utilisent leurs organes comme pièces de rechange" (They murder our kids and use their organs as spare parts).

Pour faire bonne mesure, Weir ajoute un petit rappel sur le "racisme" et le "chauvinisme" du judaïsme. C'est ainsi qu'elle affirme que la Loi juive permet "probablement" que l'on prenne l'organe d'un non-Juif innocent qui passe par là afin de sauver la vie d'un Juif. Elle dit baser son délire sur deux rabbins. Honnête journaliste, Alison Weir écrit :

"Bien qu'il soit impossible de savoir si des Israéliens ont déjà agi en fonction de ces autorisations religieuses de tuer un non-juif afin de fournir des organes à des Juifs, certains observateurs considèrent que c'est une possibilité" (While it is impossible to know whether any Israelis have ever acted on such religious permission to kill a non-Jew in order to provide body parts to Jews, some observers have considered this a possibility).

À ce stade, on n'est plus très surpris de voir le nom d'Israel Shahak apparaître à l'appui de telles élucubrations (Weir mentionne son ouvrage Jewish History, Jewish Religion. (Note brève : Shahak est un chimiste israélien. Il a développé une obsession maladive envers la religion juive. Ses "travaux" servent de source à nombre de "critiques" d'Israël ; voir, par exemple, Werner Cohn).

Des pétitionnaires pour la Vérité

En conclusion de son article délirant, qui mélange habilement informations et ragots, WRMEA invite le lecteur indigné (comment ne pas l'être?) à ajouter son nom à une pétition. Le but de la pétition est d'obtenir une enquête sur les "possibles" crimes de guerre israéliens (en l'occurrence, les "vols d'organes").

Les organisateurs font bien évidemment référence à l'article de Boström et aux propos de Scheper-Hughes, parmi d'autres sources. Le soutien aux thèses de Boström est explicite:

"En tant que personnes profondément concernées par les droits humains (...) nous soutenons Donald Boström et Aftonbladet dans leur décision de publier l'article 'On pille les organes de nos fils'. Nous saluons le refus du gouvernement suédois de se soumettre aux pressions israéliennes à l'encontre de la liberté de la presse. Nous appuyons les appels à une enquête et exhortons le Comité International de la Croix Rouge et autres tribunaux compétents à entreprendre une enquête fouillée et impartiale des allégations selon lesquelles les Israéliens ont illégalement pris des organes à des Palestiniens" (6).

???????????????.

[Pour respecter l'interdiction de l'auteur de procéder à des copier-coller intégraux, j'ai omis les réactions de lecteurs, intéressantes et instructives à plus d'un titre. Debriefing.org.]
???????????????.

Conclusion (temporaire ?)

Comme souvent, on constate que des gens intelligents, des gens qui s'engagent pour soulager les souffrances d'autrui, ne sont pas immunisés contre la bêtise; plusieurs mettent leur esprit critique en berne et adoptent une vision proprement paranoïaque dès qu'il est question d'Israël.

Des agitateurs judéophobes profitent de cette hystérie ambiante.

Le problème du prélèvement "sauvage" d'organes (qui n'implique pas nécessairement un trafic) n'est pourtant pas propre à Israël ; voir, par exemple, cette enquête actuelle en Grande-Bretagne (The Telegraph, merci à G.).

Comme tout commerce, légal ou pas, le trafic d'organes est fondé sur l'offre et la demande. Tant qu'il y aura des pauvres et tant qu'il y aura des malades en attente d'une greffe, le commerce continuera. Autant dire qu'on n'est pas sortis de l'auberge.

Vous ne trouverez pas cette info chez les anti-"sionistes", mais des Israéliens (y compris juifs, eh oui) s'efforcent de lutter contre les trafics et l'exploitation de la misère humaine. Lire, par exemple, ce texte de Yaakov Lavi (orthographe alternative Jacob Lavee) sur le site de Haaretz. L'auteur est directeur de l'unité de transplantation cardiaque au Centre médical Sheba de Tel-Hashomer, en Israël (autant dire qu'Alison Weir ne signera jamais de pétition en sa faveur...)

Y. Lavi constate qu'Israël est mal placé en matière de dons d'organes. Un adulte sur dix seulement aurait une carte d'autorisation de prélèvement. Il a même rencontré des malades en attente de greffe, qui lui ont confié qu'eux-mêmes refuseraient de donner les organes d'un proche, s'il venait à mourir! [Nancy Scheper-Hughes, qui peut très bien faire des observations pertinentes, pense que les pays musulmans ainsi qu'Israël ont des difficultés dans ce domaine car leurs habitants auraient souvent l'impression que le don d'organes contrevient à des préceptes religieux.]

Lavi suggère une solution originale: introduire un nouveau critère afin d'établir la liste d'attente des malades. Parallèlement aux critères médicaux habituels (qui resteraient prépondérants), il propose de prendre en considération l'attitude du patient envers le don d'organes. Toutes choses égales par ailleurs, un patient qui aurait signé -un an ou deux auparavant- une autorisation de don grimperait un peu plus haut dans la liste d'attente.

Augmenter le nombre des dons est sans doute le meilleur moyen de tarir le trafic.

Dans cette conclusion nous nous sommes bien éloignés d'Aftonbladet et de If Americans Knew. C'est normal: Jacob Lavee n'a pas encore fait don de son cerveau. Et lui, il s'en sert.

Vous êtes dégoûté par le commerce des organes ? Signez une autorisation de prélèvement ! Ce sera cent fois plus efficace que de signer une pétition débile. Au fait, combien de personnes parmi les 500 et quelques signataires de la pétition de Weir & Cie sont des donneurs d'organes ? On se le demande...

Petit rappel [de l'auteur du Blog]: les copier-coller intégraux ne sont pas autorisés.

----------------

NOTES

[Pour respecter l'interdiction de l'auteur de procéder à des copier-coller intégraux, j'ai omis les notes, peu nombreuses mais indispensables. Debriefing.org.]

????????

© Le nid de l'albatros

Mis en ligne le 11 janvier 2010, par Menahem Macina, sur le site debriefing.org