Debriefing.org
Google
Administration
Accueil
Tous les articles
Imprimer
Envoyer
S’inscrire
Nous contacter

Informations, documents, analysesDebriefing.org
Islam
Intimidation islamiste

La leçon de résistance de Robert Redeker, Ivan Rioufol
12/01/2010

 

Ivan Rioufol nous rappelle qu'à l'instant où il écrit ces lignes et où nous les lisons, des citoyens, l'un français, l'autre danois, se cachent comme des malfaiteurs pour ne pas être tués par des fondamentalistes musulmans. Leur crime : avoir exprimé à haute voix leur détestation du fanatisme religieux, ou s'en être gaussé. Je sais qu'il est difficile de revisiter le passé à la lumière du présent, mais je ne puis m'empêcher de faire un parallèle entre « l'indifférence générale » à leur égard, qu'épingle Rioufol, et celle qui fut monnaie courante dans les années de plomb de l'Occupation de la France, à l'égard des Juifs qu'on raflait, des résistants qu'on torturait à mort, des otages qu'on fusillait... C'est banal, l'indifférence. Certains diront que c'est humain, en pensant très fort que c'est excusable. "Et d'ailleurs, qu'est-ce qu'on y peut ?", lancent les plus arrogants. C'est vrai, ils n'y peuvent rien, mais, au moins, cela les tourmente-t-il ? Non, ils ont muselé leur empathie et continuent à s'adonner à la course aux profits, aux plaisirs, à jouir de la vie, comme ils disent, sans état d'âme. A en croire l'apôtre Pierre - un Juif, qui tenait ce témoignage de sa tradition, "Lot [...] s'affligeait de la conduite débauchée des criminels [de Sodome], et ce juste, qui habitait au milieu d'eux, torturait jour après jour son âme de juste à cause des actes iniques qu'il voyait et entendait..." (2 Pi 2, 7-8)... Et nous, combien sommes-nous à nous torturer l'âme pour les proscrits des fatwas islamiques, les pendus, les torturés, les tués par balles, les égorgés de tous les fanatismes religieux qui déshonorent l'humanité ? (Menahem Macina).


12/01/10


Sur le Blog de l'auteur, 11 janvier 2009


La France doit-elle craindre des attentats si le parlement vote l'interdiction de la burqa ?

« Je suis sûr, dans ce cas,  que nous aurons droit à un discours d'al-Zawahiri, le numéro deux d'al-Qaida, sur la chaîne de télévision al-Jezira comme il l'avait fait sur le voile »,

estime le juge antiterroriste Marc Trévidic, dans Le Journal du Dimanche. Pour lui,

« on assiste à une vraie poussée du fondamentalisme. La menace est éclatée et peut venir de partout ».

Y compris d'un agent de la CIA : l'un deux travaillait en réalité pour al-Qaida et s'est fait exploser récemment en Afghanistan, tuant  sept membres du renseignement américain. Samedi,  la vidéo-testament de cet agent double jordanien, Human Khalil Abu-Mulal al-Balawi,  a été diffusée par al-Jezira. Or, c'est ce même homme qui avait lancé en 2006 une fatwa contre Robert Redeker, après un article paru dans Le Figaro, dans lequel le philosophe français, se réclamant de Voltaire et de l'esprit des Lumières, s'en prenait à l'islam et à Mahomet. Depuis, Redeker vit sous haute protection policière dans l'indifférence générale.

C'est de lui que je voudrais parler ce lundi, après avoir brièvement évoqué son cas vendredi soir sur RTL, peu avant "On refait le monde". Car il est tout simplement scandaleux qu'un intellectuel français, oublié par l'opinion et lâché par une partie de l'intelligentsia, soit obligé de se cacher depuis plus de trois ans pour échapper à une sentence de mort lancée par des néo-fondamentalistes désireux de châtier un blasphème. Voilà ce qu'il m'écrivait vendredi, dans un des échanges de mails que nous avons régulièrement depuis qu'il doit subir son exil intérieur :

« Il n'est pas question d'avoir des habitudes fixes, de revenir habituellement aux mêmes endroits. Je ne connais pas le nom de mes voisins. Je me cache d'eux. Mon domicile n'est pas mon adresse postale. Je ne vais jamais faire les courses au même endroit [...] Généralement, les clandestins se cachent des autorités. Mon cas est l'inverse : avec l'aide des autorités, je me cache de mes concitoyens. Je me cache de la société civile. »

Mercredi dernier, le journal danois Jyllands-Posten lui a accordé une page entière, pour un entretien dans lequel il dit toute sa solidarité avec Kurt Westergaart, un des douze caricaturistes de Mahomet, dont les dessins publiés par ce même quotidien avaient été à l'origine de la flambée de violences dans le monde musulman, en septembre 2005. Westergaart a récemment échappé à une tentative de meurtre en se réfugiant, avec sa petite-fille, dans sa salle de bain. Curieusement, une fois de plus, cet attentat n'a eu que peu d'écho en France.

« Cet homme est un héros de la liberté de penser, Voltaire l'aurait admiré »,

estime Redeker dans cette interview.

« Mais, au delà de Westergaard et moi-même, ce sont tous les hommes et femmes libres qui, dans les pays démocratiques, doivent se sentir troublés et en danger après  cet attentat [...] Le but de ces menaces est de conduire à paralyser l'intelligence, à terroriser la pensée. Penser, c'est dire non à la terreur ».

Est-ce la peur qui fera reculer la France sur la burqa ?


Ivan Rioufol

[Article aimablement signalé par Giora Hod, Israël.]


Mis en ligne le 12 janvier 2010, par Menahem Macina, sur le site debriefing.org