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Israël (cause juste)

Israël : haï hier, admiré aujourd'hui, David Horovitz
13/01/2010

13/10/09

Sur le site du Jerusalem Post en français, 12 décembre 2010

Texte revu et corrigé par Menahem Macina pour debriefing.org

Il doit y avoir erreur. Vérifiez à nouveau. Etes-vous sûr qu'Israël n'est pas mentionné ? La donne a changé après l'attentat déjoué du jour de Noël sur le vol 253 de la Northwest Airlines entre Amsterdam et Detroit. L'Angleterre, les Etats-Unis et de nombreux autres pays ont reconnu l'escalade de la menace terroriste dans les airs et redoublé d'efforts pour empêcher d'éventuels attentats-suicide sur les vols internationaux.

Le Premier ministre britannique, Gordon Brown, milite pour l'installation de scanners corporels intégraux dans les aéroports de l'île. Les Pays-Bas et le Canada suivent la même voie. Et les Etats-Unis ont introduit des procédures d'examen renforcées pour toutes les personnes en provenance ou à destination d'un Etat qui soutient le terrorisme ou est considéré comme dangereux. Parmi eux, l'Afghanistan, l'Algérie, Cuba, l'Iran, l'Irak, le Liban, la Libye, le Nigéria, le Pakistan, l'Arabie Saoudite, la Somalie, le Soudan, la Syrie et le Yémen - qui fait ces derniers temps les titres des journaux. Pour une fois, Israël n'est pas montré du doigt. Tout le monde le sait mais personne n'ose vraiment le dire à haute voix : ce ne sont pas les Israéliens qui parcourent le monde dans l'intention de se faire exploser. L'Etat hébreu lutte sans relâche pour contrer le terrorisme et non le diffuser.

Un peuple responsable auquel on peut faire confiance, même s'agissant de son arsenal nucléaire. Un peuple qui défend la vie et essaie de préserver les civils. Vraiment ? Ce n'est pas ce que nous entendons, d'habitude, de la part des dirigeants mondiaux, des diplomates, des journalistes et des activistes humanitaires. L'Union européenne n'a-t-elle pas publié une étude, il y a six ans, montrant qu'Israël représente une plus grande menace pour la paix mondiale que l'Iran ou la Corée du Nord ? Ne sommes-nous pas les méchants qui perturbent l'harmonie mondiale ? Une délégation de Tsahal ne vient-elle pas d'annuler une visite au sein de l'armée britannique parce que sa présence sur le sol anglais aurait pu entraîner des poursuites judiciaires pour crimes de guerre ?

Le méchant d'hier devient le modèle d'aujourd'hui

Mais la situation devient encore plus ironique. Non seulement les Israéliens ne sont pas mis de côté dans les files de passagers comme le sont les Iraniens, les Saoudiens, les Pakistanais, ou les Syriens, mais, de plus, les pays qui nous font si souvent la leçon se tournent dorénavant vers nous pour recevoir nos précieux conseils. Comment cela est-il possible ? L'Occident menacé demande à l'Etat-paria, Israël, celui qui a été sali dans le rapport Goldstone, son aide pour mettre fin à la terreur dans les airs. Une nation qui est allée jusqu'à construire une barrière contre le terrorisme en Judée-Samarie. Une nation dont les méthodes aériennes sont habituellement mises au pilori à cause de ses pratiques de profilages, considérées comme racistes.

Virage à 180° : elles sont perçues aujourd'hui comme la dernière barrière contre les actes de terreur. Sur les chaînes de télévision, sur les ondes de la radio ou dans les colonnes des journaux, Israël est maintenant célébré pour son régime sécuritaire inégalé dans les aéroports. Nos méthodes sont citées en exemples. Et nous entendons aujourd'hui des consultants dans le domaine de la sécurité expliquer avec fermeté que le style israélien n'est pas discriminatoire, mais simplement réaliste.

Le mirage des dollars

En parallèle, Barack Obama, Gordon Brown et leurs homologues se retrouvent sous le feu des critiques pour n'avoir pas fait face à la menace terroriste avec la clairvoyance israélienne. Ils sont attaqués pour cacher le problème sous la masse des dollars au lieu de le combattre à la source. Pendant ce temps, les aéroports occidentaux continuent de gaspiller leur temps et leur énergie, au lieu de se concentrer sur les passagers qui représentent une réelle menace. Même le scanner soi-disant révolutionnaire commandé par Gordon Brown n'aurait sans doute pas détecté les explosifs qu'Oumar Farouk Abdulmutallab avait cachés dans ses sous-vêtements. L'engin de 150 000 dollars est surtout efficace pour détecter les métaux et non les matières plastiques et chimiques.

Les experts en sécurité aux Etats-Unis tirent la sonnette d'alarme : l'attention accrue aux passagers originaires de 14 Etats suspects, des enfants libyens aux grands-mères cubaines, est-elle efficace alors qu'Al-Qaïda peut facilement recruter - et l'a d'ailleurs fait dans le passé - ses soldats de la mort dans des Etats dits non-dangereux, même européens. Les experts l'avouent du bout des lèvres : il faut adopter la méthode israélienne.

Vous ne pouvez pas inspecter une fois, deux fois, trois fois chaque passager. Le trafic aérien devient un cauchemar avec des files d'attente gigantesques. Avec cette méthode, les terroristes ne peuvent, certes, monter à bord. Mais qu'est-ce qui les empêche de déclencher une fusillade meurtrière à l'aéroport ? Il faut miser sur le profilage, le recoupement d'informations sur des dangers potentiels. Dans un monde sens dessus dessous, nous devenons, par un coup de baguette magique, l'exemple à suivre. Avec un nouveau credo : regardez les Israéliens. Leur aéroport a été attaqué par l'Armée rouge japonaise ; leurs avions ont été détournés par des terroristes palestiniens. Mais ils se sont adaptés. Et les conseils fusent : protégez vos aéroports avec plusieurs filets, comme le fait Israël. Faites voyager des policiers en civil sur les vols ; comme l'Etat hébreu. Profilez vos passagers avec les méthodes israéliennes. Et non, ce n'est pas du racisme, mais simplement du pragmatisme.

La preuve par l'exemple

D'ailleurs, l'examen des origines ethniques n'est qu'un versant de l'appareil sécuritaire israélien. Le cas d'Anne Murphy en est un exemple. Cette Irlandaise enceinte a été interceptée en 1986 à l'aéroport d'Heathrow. Les services israéliens ont décelé avec habileté des éléments suspects. L'Irlandaise ne pouvait décemment imaginer que son fiancé jordanien pouvait l'envoyer, elle et leur bébé, à une mort certaine en cachant dans ses bagages une bouteille remplie d'explosifs. Jusqu'à ce jour de 1986, les services d'El Al non plus. Mais certains éléments semblaient suspects : Murphy voyageait seule et son billet avait été acheté peu de temps avant le vol. Cet élément a immédiatement éveillé la vigilance. L'interrogatoire basique a prouvé que son petit ami arabe avait prévu de voyager sur un vol séparé avant de la retrouver plus tard en Israël.

Il doit y avoir erreur. Vérifiez à nouveau. Etes-vous sûr qu'Israël n'est pas mentionné ? La donne a changé après l'attentat déjoué le jour de Noël sur le vol 253 de la Northwest Airlines entre Amsterdam et Detroit. L'Angleterre, les Etats-Unis et de nombreux autres pays ont reconnu l'escalade de la menace terroriste dans les airs et redoublé d'efforts pour empêcher d'éventuels attentats-suicide sur les vols internationaux.

Quelques jours avant 2010, les nations occidentales ont pris conscience que les mesures prises au lendemain du 11-Septembre sont aujourd'hui dépassées. Elles ont réalisé, malgré un miroir déformant, qu'elles doivent désormais marcher sur les traces d'Israël.

David Horovitz

Jerusalem Post en français

Mis en ligne le 13 janvier 2010, par Menahem Macina, sur le site debriefing.org