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Éditorialistes

L'antisionisme va bon train, Victor Perez
15/01/2010

Il ne s'agit pas ici de répondre à Stéphane Hessel, mais de tenter de comprendre comment un ancien ambassadeur en arrive à considérer une situation conflictuelle de manière aussi biaisée dans une chronique intitulée « Gaza : Mr Kouchner, qu'attendez vous ?  » (1) et publiée, il va de soi, dans le quotidien Libération.

 

On commencera, pour ce faire, à s'interroger sur son affirmation concernant le « gouvernement israélien le plus xénophobe de son histoire ». Sur quelles preuves s'appuie cet ancien diplomate, au fait du poids de chaque terme, pour qualifier ainsi le gouvernement israélien ? Aurait il des informations que le commun des mortels - notamment les opposants israéliens à ce gouvernement - ne détiendraient pas ? Y aurait-il des procès en cours et non publics ? Quelque officiel  aurait-il fait des déclarations malséantes ?

 

Le lecteur de cette diatribe n'en saura rien.

 

La suite du texte est de la même veine. « Il serait lâche de ne pas dénoncer vivement l'enfermement arbitraire de 1, 5 million de Palestiniens, qui sont entassés dans la bande de Gaza ». Cette bande de terre possédant une frontière internationale avec l'Egypte, qu'attend cet ex-ambassadeur pour s'en prendre à ce pays ? Israël est-il responsable de l'ouverture et de la fermeture du port frontalier de Rafah ?

 

Qui pourrait prétendre que oui sans se déconsidérer aux yeux de tous ?

 

Si ce retraité de la diplomatie ne dénonce point les manquements de l'Egypte, il n'hésite pas cependant à condamner « les crimes de guerre dénoncés par le rapport Goldstone ». Bien que le juge lui-même, dans une interview à la revue Forward, ait reconnu que « s'il s'agissait d'un tribunal, rien ne serait considéré comme prouvé » !

 

La « judaïsation de Jérusalem-est » est aussi une préoccupation pour Hessel. Il est vrai que, vu son âge avancé, on ne peut lui reprocher l'oubli (systématique toutefois) de la déjudaïsation de cette partie de Jérusalem entre les années 1948 à 1967, ni celui du fait que nul texte de loi internationale, ni négociation n'ont encore arbitré sur le devenir de cette partie de cette ville.

 

Le reste est à l'avenant. S'ensuivent toute une série d'accusations générales assises sur l'air ambiant anti-israélien, et une conclusion qui serait des plus comiques si la situation s'y prêtait. Pour ce prêcheur anti-israélien, la sécurité d'Israël « ne sera assurée que lorsqu'il occupera au sein du Proche-Orient, la place que lui assignent les résolutions des Nations unies et (celle) que sont prêts à lui reconnaître les Etats arabes ».

 

Monsieur l'ex-ambassadeur est trop bon !

 

Par l'analyse brève de cette petite satire, seul l'antisionisme primaire explique cette prise de position. La conscience, la rationalité et le droit de l'homme juif ont définitivement déserté la pensée de ce retraité de la diplomatie française, depuis longtemps au service d'une politique pro-arabe qui donne la nausée. Une défection qui lui permet, en conclusion de son pamphlet haineux, de lancer un appel à l'usage de la force militaire européenne contre l'Etat juif.

 

L'armée européenne, combien de divisions ? [*]

 

 

© Victor Perez

 

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[*] Allusion à la boutade méprisante de Staline, lors d'un entretien avec Laval en 1935. Comme Staline s'enquérait du nombre de divisions dont pourrait disposer l'armée française sur le front occidental en cas de guerre, Laval lui conseilla de faire quelque chose pour encourager la religion catholique en Russie et faciliter ainsi les relations entre la France et le Vatican. Réponse de Staline : "Le Pape ? Combien de divisions a-t-il ?". ( Note de Menahem Macina).

 

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Mis en ligne le 15 janvier 2010, par Menahem Macina, sur le site debriefing.org