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Millière Guy

La différence entre Obama et un train qui déraille (info # 012101/10), Guy Millière
25/01/2010

Texte en accès libre sur le site de Metula News Agency, 21 janvier 2010




Une vieille plaisanterie explique la différence entre un technocrate et un train qui déraille : lorsqu'il déraille, le train, lui, s'arrête. La plaisanterie peut s'appliquer à Barack Obama. Les signes de déraillement d'une présidence commencée il y a un an tout juste se multiplient, mais Obama ne s'arrête pas.

Sur le plan domestique, le chômage se maintient au-dessus de la barre des dix pourcent et les entrepreneurs, montrent les sondages, n'entendent pas embaucher, tant leurs incertitudes sont grandes face à une administration qu'ils estiment, à juste titre, hostile aux entreprises privées.

Les déficits se creusent, l'endettement du pays atteint des hauteurs qu'on pensait inimaginables.

Le plan démocrate concernant le secteur de la santé, que tant de gens en Europe voient comme une avancée sociale extraordinaire, est perçu par une majorité très nette d'Américains pour ce qu'il est : un monstre bureaucratique, mêlant spectre de rationnement des soins, taxes supplémentaires et pots-de-vin divers.

Mais Obama persévère : l'un des seuls secteurs à renouer avec les profits, la finance, constitue sa nouvelle cible. Il vient en effet de promettre d'exiger des banques et des banquiers de « rendre l'argent » des contribuables, semblant oublier que les banques qui ont reçu de l'argent l'ont d'ores et déjà intégralement remboursé, en s'acquittant des intérêts.

Sur le plan extérieur - je l'ai déjà écrit dans ces colonnes -, il est difficile de trouver une zone du monde où l'action d'Obama n'ait pas débouché sur un fiasco.

Les dirigeants russes et chinois ont raisonné comme tous les dirigeants de régimes autoritaires et auraient pu reprendre à leur compte la phrase de Joseph Staline, « ce qui est à moi est à moi, ce qui est à vous est négociable ».

Ils ont empoché toutes les concessions d'Obama sans infléchir en quoi que ce soit leur ligne directrice.

Ce qui vaut pour eux vaut pour Hugo Chavez, pour le dictateur soudanais, et, bien sûr, pour les dirigeants iraniens, qui continuent leur course folle et inquiétante vers l'arme nucléaire, comme grisés par le sang des gens qu'ils ont fait tuer dans les rues de Téhéran. Et par ce qu'ils prennent (à juste titre) pour des manifestations d'imbécillité pusillanime occidentale.

Mais, là encore, Obama entend continuer, et il vient de retarder, une fois de plus, la date-limite avant laquelle, si l'Iran n'obtempère pas, il se fâchera en lisant un discours viril, qui fera trembler un peu son téléprompteur.


Cliché communiqué par Guy Millière et ajouté par Debriefing [*]

 

Confiné sur les mêmes rails, il pourrait bien reprendre son refrain favori, qui consiste à incriminer Israël.

Les récentes déclarations de George Mitchell, avant et pendant son nouveau voyage au Proche-Orient, vont dans ce sens, puisque, après avoir proféré des menaces à peine voilées de sanctions à l'encontre d'Israël, celui-ci a réaffirmé que l'administration qu'il sert entendait prendre pour base d'accord l'intégralité du plan de paix saoudien. A l'exception, pour le moment, de la question du retour des « réfugiés », et obtenir un accord, de gré ou de force dans un délai d'un an.

La question qui se pose - comment arrêter les dégâts ? - est une question qui préoccupe de plus en plus sérieusement le peuple américain lui-même, si l'on observe les sondages, les manifestations d'une opposition de plus en plus déterminée, et les résultats électoraux.

Lors d'une élection sénatoriale anticipée faisant suite au décès de Ted Kennedy, la La population du Massachusetts vient, en donnant la victoire au candidat Républicain, Scott Brown, de montrer ce que pourrait être la réponse à la question.

Obama dira que la candidate Démocrate était une mauvaise candidate : il a déjà commencé à le faire.

On constate toutefois qu'il est venu, trois jours avant l'élection, expliquer, dans un discours calamiteux - au cours duquel le téléprompteur a donné des signes de fatigue -, que c'était, au contraire, une excellente candidate.

Il dira, il a aussi commencé à le faire, que cela ne changera strictement rien à sa détermination et à sa volonté de continuer, et continuer encore sur la voie sans issue qu'il a choisie.

Si l'élection de Scott Brown constituait un signe isolé, on pourrait la traiter comme un événement mineur, mais elle vient après deux autres élections anticipées : celles du gouverneur de Virginie et celle du gouverneur du New Jersey.

L'inversion moyenne des scores électoraux pour ces trois élections est de quinze points. Ce qui signifie, qu'en moyenne, le candidat Démocrate se situe à quinze pour cent en dessous du résultat obtenu par Barack Obama lors de l'élection présidentielle.

Le New Jersey était un Etat solidement ancré dans le camp Démocrate. La circonscription remportée par Scott Brown était celle de la famille Kennedy avant même l'élection de Ted, et il paraissait impensable qu'un Républicain puisse la conquérir.

Si Obama ne change pas de trajectoire - et rien, pour le moment, ne semble indiquer qu'il va le faire -, les élections de novembre 2010 seront très intéressantes à observer. Le comportement du parti Démocrate au cours des mois à venir sera très intéressant à observer aussi.

Après Jimmy Carter, il aura fallu douze ans pour que le parti Démocrate redevienne présentable, et il a été nécessaire, pour cela, que Bill Clinton se présente comme un « nouveau démocrate », autrement dit, un démocrate moins abruti par le dogme.

On n'est pas encore dans l'après-Obama, mais l'après-Obama se prépare déjà.

Lorsqu'il a été élu, des commentateurs disaient que, même si Obama lisait l'annuaire du téléphone, on aurait l'impression qu'il lit un poème lyrique : le problème d'Obama est que de moins en moins de gens aux Etats-Unis confondent la poésie lyrique avec l'annuaire du téléphone, et qu'une majorité pense désormais que, accents lyriques ou pas, il lit effectivement l'annuaire du téléphone.

J'ai écrit, lors d'interventions précédentes, que Netanyahu gagnait du temps et jouait aux échecs en attendant qu'Obama soit échec et mat. Si j'avais un conseil à lui donner, ce serait de continuer à jouer aux échecs de la même manière, avec autant de patience. La fin de partie approche.

Pour ne pas fâcher le président américain, il sera possible de faire semblant d'écouter George Mitchell et de lui laisser croire qu'il sert à quelque chose : cela lui fera des souvenirs pour ses vieux jours, au moindre coût pour l'Etat hébreu.

Le dossier important restera celui de l'Iran. Netanyahu devra peut-être prendre une décision difficile : celle que tout homme d'Etat est amené à prendre s'il estime que la survie de son pays est en jeu.

Pour peu que la décision doive être prise, Obama devra l'assumer. Il est des circonstances où même un président des Etats-Unis incompétent et borné doit faire comme s'il n'était ni incompétent ni borné. Et si Obama entend continuer à dérailler et ne s'arrête pas, je suis certain qu'il se trouvera des gens, à Washington, pour débrancher le téléprompteur [**], ou y faire défiler un autre discours.

 

Guy Millière

 

© Metula News Agency

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Notes de Debriefing.org

 

[*] [**] Comme je lui avouais, il y a peu que, bien qu'Obama ne soit pas ma tasse de thé, force m'était de reconnaître que c'était un remarquable orateur. Je croyais encore, dur comme fer, que le nouveau Président des Etats-Unis ne lisait pas ses discours. Guy Millière m'a détrompé, m'assurant - et je ne vois pas de raison de mettre en doute sa parole - qu'Obama n'était pas un orateur de génie, mais un acteur remarquable, car il réussit à donner l'impression à son public qu'il lui parle en le regardant dans les yeux, alors qu'il lit sur un, voire deux prompteurs, comme l'illustre cette photo prise lors d'un discours du "génie" face à des élèves d'une école primaire. (Menahem Macina).

 
 

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Mis en ligne le 25 janvier 2010, par Menahem Macina, sur le site debriefing.org




Cliché communiqué par Guy Millière et ajouté par Debriefing

De moins en moins de gens aux Etats-Unis confondent la poésie lyrique avec l'annuaire du téléphone