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Contentieux palestino-israélien

Le rapport Goldstone en procès, Alan Dershowitz
31/01/2010

Libre opinion parue sur le site du Jerusalem Post, 28 janvier 2010

 

Texte anglais original : " The case against the Goldstone Report"

 

Traduction française : Menahem Macina, pour rivtsion.org

Note à l'attention des responsables de sites et blogs : Cet article peut être librement reproduit, sous réserve de la mention - explicite et obligatoire – de son lien (http://www.rivtsion.org/f/index.php?sujet_id=2041) et de celle du site rivtsion.org  

 

Les rédacteurs de ce rapport ont appliqué des règles totalement différentes dans l'évaluation des intentions des parties au conflit.

 

Le rapport Goldstone est beaucoup plus ignoble que ne le croient la plupart de ses détracteurs (et partisans). Selon ce rapport, les quelque 8.000 attaques à la roquette sur sa population civile ont tout simplement servi de prétexte, d'excuse et de couverture pour masquer le véritable objectif de l'Opération Coulée de Plomb, qui était de prendre pour cible et tuer des civils palestiniens innocents - enfants, femmes, vieillards. Cet objectif criminel aurait été lucidement décidé aux plus haut échelon du gouvernement israélien et de l'armée et constitue un crime de guerre délibéré et volontaire. Le rapport a estimé que ces graves accusations « étaient solidement étayées par des faits » et que leur véracité ne faisait « aucun doute ».

 

En revanche, la Mission [d'établissement des faits] a statué que le Hamas n'était pas coupable d'avoir utilisé délibérément et volontairement la population civile comme bouclier humain. Elle n'a trouvé « aucune preuve » que des combattants du Hamas « avaient pris part au combat en vêtements civils », « ni de preuve » que « des combattants palestiniens se soient mêlés à la population civile pour se protéger des attaques [israéliennes », ni rien qui  corrobore le fait que les mosquées étaient utilisées pour stocker des armes.

 

Ce rapport est manifestement faux dans ces deux conclusions cruciales. Les preuves flagrantes démontrent de manière irréfutable que c'est exactement l'inverse. Premièrement, Israël n'a pas eu pour stratégie de prendre pour cibles des civils innocents dans le but de les tuer ; en effet, l'Armée de Défense d'Israël a mené ses opérations avec une lenteur précautionneuse – qui est sans précédent -, dans le but de réduire au minimum le nombre de victimes civiles. Deuxièmement, le Hamas a bien appliqué une stratégie délibérée consistant à faire endosser des vêtements civils à ses combattants, à tirer ses roquettes du milieu de zones densément peuplées, à utiliser des civils comme boucliers humains, et à stocker des armes dans des mosquées.

 

Toutefois, ce qui est encore plus éloquent que ses conclusions erronées, c'est sa méthodologie délibérément biaisée, particulièrement la manière dont il a utilisé et évalué des preuves similaires, de manière très différente, selon qu'elles favorisaient le Hamas ou la partie israélienne.

 

J'ai fait une analyse détaillée de la Méthodologie Goldstone, que l'on peut maintenant consulter en ligne ( http://www.alandershowitz.com/goldstone.htm ) Elle est en cours de transmission au Secrétaire Général des Nations Unies pour être incluse dans les critiques du Rapport Goldstone reçues par l”ONU. Cette analyse documente les distorsions, les mauvais usages des preuves et le parti pris du Rapport et de ceux qui l'ont rédigé. Elle démontre que les preuves sur lesquelles se fonde le Rapport, ainsi que les preuves de notoriété publique qu'il a choisies d'ignorer délibérément, discréditent ses conclusions.

 

La question centrale qui caractérise les conclusions auxquelles le Rapport Goldstone est parvenu concernant Israël, d'une part, et le Hamas, de l'autre, est l'intentionnalité. Le rapport estime que l'accusation la plus grave à l'encontre Israël, à savoir le meurtre de civils, était intentionnel (et délibérément planifié aux échelons de décision les plus élevés). Le rapport estime également que les accusations les plus graves contre le Hamas, à savoir le fait que ses combattants étaient en civil pour se protéger des attaques (israéliennes), qu'ils se fondaient dans les populations civiles, et utilisaient des civils comme boucliers humains, n'était pas intentionnel.

 

Ces questions sont, bien sûr, étroitement liées.

 

S'il s'avérait qu'il n'y a pas de preuve que le Hamas ait opéré à partir de zones civiles, et que l'Armée de Défense d'Israël le savait, cela conforterait l'allégation selon laquelle, en tirant sur des zones civiles, l'Armée de Défense d'Israël voulait   délibérément tuer des civils palestiniens. Mais s'il s'avérait que l'Armée de Défense d'Israël était fondée à croire que les combattants du Hamas utilisaient délibérément des civils comme boucliers, alors, ce fait affaiblirait la position selon laquelle l'Armée de Défense d'Israël n'avait pas d'objectif militaire en tirant sur des zones civiles. De plus, si le Hamas utilisait vraiment des boucliers humains, alors, il serait plus juste d'imputer la mort de civils palestiniens au Hamas plutôt qu'à Israël.

 

Puisque l'intentionnalité (ou son inexistence), était si importante pour les conclusions du rapport, il semblerait essentiel que le Rapport appliquât les mêmes standards de preuves, règles et critères pour évaluer l'intention d'Israël, que ceux qu'il a appliqués pour déterminer l'intention du Hamas.

 

Or, un examen attentif du Rapport rend clair comme le jour le fait que ses rédacteurs ont appliqué des standards, règles et critères différents pour évaluer l'intention des parties au conflit. Le rapport a dissipé les doutes, dans un sens défavorable à Israël, en concluant que ses dirigeants avaient l'intention de tuer des civils, tout en dissipant les doutes dans un sens favorable au Hamas, en concluant qu'il n'avait pas l'intention d'utiliser des civils palestiniens comme boucliers humains.

 

De plus, quand il avait exactement le même type de preuve concernant les deux parties - par exemple, les déclarations des dirigeants avant le début de l'opération -, le rapport a accordé un poids considérable aux déclarations israéliennes, tout en ne tenant absolument pas compte des déclarations comparables du Hamas. Ce type de parti pris en matière de preuve, bien que subtil, imprègne tout le rapport.

 

En plus de ce traitement si différent des déclarations des dirigeants, le rapport adopte une vue totalement différente en matière de déduction de l'intention à partir de l'action. S'agissant d'Israël, le rapport observe, à maintes reprises, les résultats, et déduit, à partir de ces résultats, qu'ils devaient avoir été délibérés. Mais quand il s'agit du Hamas, il refuse de tirer des conclusions, à partir des résultats, sur ce que devait avoir été l'intention.

 

Par exemple, il reconnaît que certains combattants portaient des vêtements civils, et il ne fournit aucune explication raisonnable susceptible d'établir qu'ils pouvaient avoir une autre raison de se fondre, de manière indistincte, parmi des civils. Pourtant, il refuse d'induire une intention à partir de ces actions. Il est hautement significatif, pour la conclusion du rapport – selon laquelle les militants n'ont pas eu l'intention, par leurs actions, de se protéger de contre-attaques - que la Mission

 

  • ait été « incapable de rendre un avis décisif sur l'allégation courante, selon laquelle des groupes armés palestiniens utilisaient des mosquées dans un but militaire » ;
  • qu'elle « n'ait trouvé aucune preuve pour soutenir les allégations courantes d'utilisation d'hôpitaux par les autorités de Gaza, ou par des groupes armés palestiniens, pour abriter des activités militaires » ;
  • qu'elle n'ait pas trouvé de preuve « que des ambulances étaient utilisées pour transporter des combattants ou pour d'autres buts militaires » ;
  • et qu'elle n'ait rien trouvé qui étaye que « des groupes armés palestiniens engagés dans des combats actifs utilisaient des installations des Nations Unies comme abris durant les opérations militaires ».
 

Il existe cependant des preuves flagrantes que le Hamas opérait à partir de mosquées et, à tout le moins, près des hôpitaux. Une preuve indirecte (l'armement de précision) a été utilisée pour prouver l'intention israélienne. S'agissant du Hamas, la preuve indirecte, encore plus forte, pour établir l'intention est que des militants ne tirent pas des roquettes à proximité de mosquées ou d'hôpitaux parce qu'il est plus facile de lancer des roquettes près d'institutions communautaires. En réalité, ils ne le font qu'en raison de la protection spéciale dont jouissent les hôpitaux et les centres religieux en temps de guerre.

 

Ce rapport – mandaté par une organisation ayant un long passé d'intolérance anti-israélienne, rédigé par des "experts" partiaux, à l'expérience limitée, et auquel un résultat était assigné d'avance – est unilatéral et faux dans ses conclusions fondamentales. Cela ne doit pas nous surprendre puisque les conclusions ne peuvent être meilleures que la méthodologie employée, et que la méthodologie employée dans ce rapport est fondamentalement viciée.

 

Aussi, à présent, c'est à Richard Goldstone d'expliquer le parti pris en matière de preuves, que ce rapport traduit de manière aussi évidente et que je documente dans mon analyse plus ample, disponible en ligne. Il lui incombe de justifier les méthodologies très différentes utilisées dans le rapport pour parvenir à ses conclusions concernant les intentions d'Israël et celles du Hamas. Son incapacité à y parvenir constituera une reconnaissance implicite de ce que les conclusions auxquelles est parvenu le Rapport Goldstone ne sont pas dignes de considération par des gens aux intentions droites.

 


Alan Dershowitz

 

© The Jerusalem Post 

 

Mis en ligne le 31 janvier 2010, par Menahem Macina, sur le site rivtsion.org

 

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The case against the Goldstone Report, By ALAN DERSHOWITZ


28/01/2010

Its writers applied totally different standards in evaluating intent.

The Goldstone Report is much more scurrilous than most of its detractors (and supporters) believe. According to the report, Israel used the more than 8,000 rocket attacks on its civilians merely as a pretext, an excuse, a cover for the real purpose of Operation Cast Lead, which was to target innocent Palestinian civilians - children, women, the elderly - for death. This criminal objective was explicitly decided upon by the highest levels of the Israeli government and military and constitutes a deliberate and willful war crime. The report found these serious charges "to be firmly based in fact" and had "no doubt" of their truth.

In contrast, the Mission decided that Hamas was not guilty of deliberately and willfully using the civilian population as human shields. It found "no evidence" that Hamas fighters "engaged in combat in civilian dress," "no evidence" that "Palestinian combatants mingled with the civilian population with the intention of shielding themselves from attack," and no support for the claim that mosques were used to store weapons.

The report is demonstrably wrong about both of these critical conclusions. The hard evidence conclusively proves that the exact opposite is true, namely that: 1. Israel did not have a policy of targeting innocent civilians for death. Indeed the IDF went to unprecedented lengths to minimize civilian casualties; and 2. That Hamas did have a deliberate policy of having its combatants dress in civilian clothing, fire their rockets from densely populated areas, use civilians as human shields, and store weapons in mosques.

What is even more telling than its erroneous conclusions, however, is its deliberately skewed methodology, particularly the manner in which it used and evaluated similar evidence very differently, depending on whether it favored the Hamas or Israeli side.

I have written a detailed analysis of the Goldstone Methodology, which is now available online. (http://www.alandershowitz.com/goldstone.htm) It is being sent to the Secretary General of the United Nations for inclusion in critiques of the Goldstone Report received by the United Nations. This analysis documents the distortions, misuses of evidence and bias of the report and those who wrote it. It demonstrates that the evidence relied on by the report, as well as the publicly available evidence it deliberately chose to ignore, disproves its own conclusions.

THE CENTRAL issue that distinguishes the conclusions the Goldstone Report reached regarding Israel, on the one hand, and Hamas, on the other, is intentionality. The report finds that the most serious accusation against Israel, namely the killing of civilians, was intentional (and deliberately planned at the highest levels). The report also finds that the most serious accusations made against Hamas, namely that their combatants wore civilian clothing to shield themselves from attack, mingled among the civilian populations and used civilians as human shields, was unintentional. These issues are, of course, closely related.

If it were to turn out that there was no evidence that Hamas ever operated from civilians areas, and that the IDF knew this, then the allegation that the IDF, by firing into civilian areas, deliberately intended to kill Palestinian civilians, would be strengthened. But if it were to turn out that the IDF reasonably believed that Hamas fighters were deliberately using civilians as shields, then this fact would weaken the claim that the IDF had no military purpose in firing into civilian areas. Moreover, if Hamas did use human shields then the deaths of Palestinian civilians would be more justly attributable to Hamas then to Israel.

Since intentionality, or lack thereof, was so important to the report's conclusions, it would seem essential that the report would apply the same evidentiary standards, rules and criteria in determining the intent of Israel and in determining the intent of Hamas.

Yet a careful review of the report makes it crystal clear that its writers applied totally different standards, rules and criteria in evaluating the intent of the parties to the conflict. The report resolved doubts against Israel in concluding that its leaders intended to kill civilians, while resolving doubts in favor of Hamas in concluding that it did not intend to use Palestinian civilians as human shields.

Moreover, when it had precisely the same sort of evidence in relation to both sides - for example, statements by leaders prior to the commencement of the operation - it attributed significant weight to the Israeli statements, while entirely discounting comparable Hamas statements. This sort of evidentiary bias, though subtle, permeates the entire report.

IN ADDITION to the statements of leaders, which are treated so differently, the report takes a completely different view regarding the inferring of intent from action. When it comes to Israel, the report repeatedly looks to results and infers from the results that they must have been intended. But when it comes to Hamas, it refuses to draw inferences regarding intent from results.

For example, it acknowledges that some combatants wore civilian clothes, and it offers no reasonable explanation for why this would be so other than to mingle indistinguishably from civilians. Yet it refuses to infer intent from these actions. Highly relevant to the report's conclusion that militants did not intend for their actions to shield themselves from counterattack is that the Mission was "unable to make any determination on the general allegation that Palestinian armed groups used mosques for military purpose," "did not find any evidence to support the allegations that hospital facilities were used by the Gaza authorities or by Palestinian armed groups to shield military activities," did not find evidence "that ambulances were used to transport combatants or for other military purposes," and did not find "that Palestinian armed groups engaged in combat actives from United Nations facilities that were used as shelters during the military operations."

There is, however, hard evidence that Hamas did operate in mosques and, at the very least, near hospitals. Circumstantial evidence (precise weaponry) was used to prove Israeli intent. Regarding Hamas, the circumstantial evidence even stronger in inferring intent. It is beyond obvious that militants do not fire rockets in the vicinity of mosques or hospitals because it is easier to launch rockets near community institutions. Rather, they do so only because of the special protections afforded to hospitals and religious centers in war.

The report - commissioned by an organization with a long history of anti-Israel bigotry, and written by biased "experts," with limited experience and a pre-ordained result - is one-sided and wrong in its fundamental conclusions. This should not be surprising since conclusions can be no better than the methodology employed, and the methodology employed in this report is fundamentally flawed.

So now it is up to Richard Goldstone to explain the evidentiary bias that is so obviously reflected in the report, and that is documented in my lengthier analysis available online. The burden is on him to justify the very different methodologies used in the report to arrive at its conclusions regarding the intentions of Israel and the intentions of Hamas. Failure to assume that burden will constitute an implicit admission that the conclusions reached in the Goldstone Report are not worthy of consideration by people of good will.