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Israël (cause juste)

Times Online: L'affaire du phosphore blanc a prouvé qu'Israël était une nation brillante et capable de s'obliger à rendre des comptes
03/02/2010

 
[Un satisfecit d'autant plus remarquable qu'il est le fait d'un des journaux britanniques les moins suspects de complaisance envers l'Etat d'Israël. (Menahem Macina).]

 

03/02/10


Sur le site du TimesOnline, 2 février 2010


Texte anglais original: "White Phosphorus: Israel is a nation both keen and able to hold itself to account".

 

Traduction française: Menahem Macina, pour debriefing.org

 

« Israël est en train de devenir un pays moyen-oriental », prédisait l'écrivain Amos Oz en 1979. « J'espère qu'il ne se comportera pas plus mal que d'autres pays moyen-orientaux, mais je doute qu'il se comporte mieux. »

Oz se trompait. Aujourd'hui, Israël se comporte considérablement mieux que les autres pays du Moyen-Orient, même quand il se conduit mal.

C'est le Times qui, le premier, a fait état de ce qu'Israël utilisait des obus au phosphore blanc lors de son opération "Coulée de Plomb", à Gaza, au début de l'année passée. Après avoir d'abord nié du tout au tout une telle utilisation, puis insisté sur le fait qu'elle n'avait pour but que de servir d'écran dissimulateur [des mouvements de ses troupes], les Forces israéliennes de défense viennent de sanctionner deux officiers de haut rang pour avoir

« abusé de leur autorité au point de mettre en danger la vie d'autrui ».

Ce désaveu est directement lié au pilonnage du Quartier Général des Nations Unies à Gaza, où s'étaient réfugiés plus de 700 Palestiniens.


Pour ceux qui s'intéressent aux relations d'Israël avec le reste du monde, cette affaire comporte deux enseignements. Le premier, c'est que, contrairement à ses voisins, Israël tient beaucoup à s'examiner lui-même au plan intérieur. La seconde, c'est que, dans cette région qui est l'une des plus tendues et des plus complexes, la diplomatie de la condamnation bruyante ne marche pas.

A titre d'exemple de l'inefficacité de cette diplomatie bruyante, il n'est que d'examiner le rapport du Juge Richard Goldstone sur le conflit de Gaza, rédigé à la demande de l'ONU et publié en septembre dernier. De manière aussi dangereuse que déraisonnable, le Juge Goldstone a laissé entendre qu'il y avait une équivalence entre les tirs aveugles de roquettes sur Israël, effectués par le Hamas, et les mesures prises ensuite par Israël pour se défendre. Tout en alléguant que les deux parties avaient commis des crimes de guerre, le Juge Goldstone a réservé l'essentiel de son ire à Israël pour avoir fait un usage « disproportionné » de la force et avoir « délibérément pris pour cibles » des civils palestiniens.

On pouvait s'attendre à ce qu'un pays confronté à un parti pris aussi provocant tire le rideau et s'éloigne. Au lieu de cela, la seule démocratie fonctionnelle du Moyen-Orient a tranquillement poursuivi sa propre investigation du conflit, dont il vient de soumettre les résultats à l'ONU. La condamnation du Général de Brigade, Eyal Eisenberg, et du Colonel commandant de Brigade, Ilan Malka – premiers officiers de haut-rang désignés nommément comme étant en faute – constitue une indication qu'il ne s'agit pas d'une simple opération de disculpation. Certes, l'action d'Israël est loin d'avoir été impeccable. L'utilisation d'obus au phosphore blanc dans une région aussi densément peuplée est un acte terrible. Quand de tels obus explosent, ils déversent une pluie de matériaux gluants et incandescents qui pénètrent et brûlent les vêtements et la peau. Une « tape sur les doigts » (pour reprendre le propos d'un officiel israélien) est une punition indéniablement superficielle pour les responsables de tels actes. Mais, même si c'est le cas, il faut voir cette sanction pour ce qu'elle est : une reconnaissance claire par Israël de ce que, durant le conflit, il s'est conduit de manière indue.

Pour des raisons évidentes, Israël est un pays qui éprouve un malaise à critiquer son armée. Mais ceux qui crient au « crime de guerre » et cherchent à dépeindre Israël comme un paria, rendent un mauvais service à la diplomatie elle-même. Non seulement ils n'aident pas ce pays à se comporter comme il le devrait, mais ils lui rendent la chose difficile. Contrairement à l'impression que certains voudraient donner, Israël n'est pas un Etat voyou doué pour les relations publiques et qui se contente, comme le Claudius de Shakespeare, de sourire à tout va alors qu'il est un scélérat. C'est une nation responsable, démocratique et transparente, qui lutte pour rester unique, au milieu de défis auxquels peu d'autres nations sont confrontées.

 

© The Times Online

 

Mis en ligne le 3 février 2010, par Menahem Macina, sur le site debriefing.org