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Parti pris pro-palestinien

Palestine : Ras-le-bol ! La Palestine est-elle l'alpha et l'oméga des problèmes du monde ? Une mise au point d'André Duf
06/02/2010

[Au risque de passer pour un islamophobe (comme je l'ai été récemment) et, en tout état de cause, pour un palestinophobe, je relaie ici un article magistral de André Dufour. Je dis "magistral", parce que ce texte constitue une synthèse vulgarisée, fort claire et fort juste, de dizaines d'articles et analyses techniques, voire de livres traitant du même sujet. Ayant moi-même lu et écrit abondamment sur ce thème inépuisable - qu'est le deux poids deux mesures compassionnel, outrageusement philopalestinien, au mépris des nombreux cas au moins aussi dramatiques, qu'évoque André Dufour, avec beaucoup d'à-propos -, je ne peux que lui donner raison sur toute la ligne et recommander une très large diffusion de sa synthèse instructive. Qu'il en soit remercié. (Menahem Macina).]

05/02/10
 
Sur le site LibertyVox
 
Depuis 60 ans, le mot Palestine fait saliver les pavloviens d'Eurabia et alimente l'antisémitisme dissimulé sous une burqa antisioniste. Depuis 60 ans le théâtre proche-oriental, peuplé d'à peine 10 millions d'individus, juifs ou arabes confondus, sur une superficie comparable à celle de la Belgique, est le centre de gravité d'un monde  gorgé de 7 à 8 milliards d'individus ; depuis 60 ans, la suppression d'Israël est présentée ouvertement ou sournoisement comme préalable à la solution de tous les problèmes qui nous préoccupent : pauvreté, malnutrition, chômage, crises financières, guerres, crise logement, incivisme, maladie, analphabétisme, terrorisme, tremblements de terre et j'en oublie certainement, le réchauffement climatique par exemple ou le péril OGM.

Car, mettons-nous ça dans la tête, les bonnes âmes qui parlent au nom du genre humain (auquel les Juifs,semble-t-il, n'appartiennent pas) ne supportent pas l'injustice faite aux «réfugiés» prolifiques et à leur descendance, chassés de leurs maisons et de leurs terres par les «Sionistes» venus d'une autre planète, qui, du jour au lendemain, ont fait irruption sur des terres qui étaient arabes et musulmanes depuis la création du monde. Elles ne supportent pas non plus les violations systématiques du «droit international» perpétrées par l'Etat hébreu et, tout en se défendant de tout préjugé antisémite, elles s'arrogent donc le droit de condamner systématiquement l'Etat juif. N'ont-ils pas pour caution de non-antisémitisme le soutien d'une poignée de gauchistes juifs, éternels idiots utiles des causes les plus abjectes, dont la signature automatique de toutes les pétitions anti-israéliennes leur est assurée ? Ne sont-ce pas ces mêmes Juifs, bourgeois de gauche, habitant les beaux quartiers de Paris, qui servaient naguère de caution de non-antisémitisme aux procès staliniens de Prague et de Moscou ? Rien de nouveau sous le soleil. Et de justifier ainsi la légitimité de la «résistance» du peuple palestinien face à «l'oppresseur sioniste». Et de justifier aussi la solidarité envers le peuple palestinien, qui se manifeste dans le monde, par des actes de terrorisme, détournements d'avions, attaques contre les édifices communautaires juifs, ou appels au boycott des produits israéliens.

Moi, je veux bien prendre en compte ce soutien à la «juste cause» palestinienne, dans la mesure où le soutien par les adversaires du Sionisme aux règles de la morale et du «droit international» est universel et systématique.

Or, trois ans à peine avant la proclamation de l'Etat d'Israël, conformément au dit droit international issu des résolutions de l'ONU, l'Etat soviétique chassait les Allemands de la région de Koenigsberg, devenue Kaliningrad, pour y installer des colons russes, tandis que les Polonais chassaient les Allemands du restant de la Prusse Orientale, de la Poméranie et de la Silésie pour y installer des colons polonais pur jus. Qui s'en émeut ? Qui réclame le droit au retour et à l'indemnisation de ces expulsés spoliés et réfugiés ? Qui appelle au boycott du gaz russe et des marchandises polonaises ? «Ce n'est pas comparable», me rétorque-t-on, l'Allemagne a déclenché une guerre dévastatrice, elle l'a perdue, et la perte de territoires n'est qu'une juste réparation des immenses pertes humaines et matérielles subies par la Pologne et par l'Union Soviétique, (auparavant alliée de l'Allemagne nazie contre la Pologne, ne l'oublions jamais). Mais les Palestiniens (qui n'ont pas jugé utile de fonder un Etat palestinien comme ils en avaient le droit et les moyens) et les Etats Arabes n'ont-ils pas, au mépris du «droit international», déclenché une guerre contre l'Etat Juif qui venait tout juste d'être proclamé conformément à un vote de l'ONU ? Ne l'ont-ils pas, contre toute attente de leur part, perdue ? Pourquoi, dès lors, ce qui est juste et entériné pour la Russie ou la Pologne, au détriment des Allemands, ne le serait-il pas pour Israël au détriment des Arabes palestiniens, responsables d'une guerre qu'ils ont voulue et perdue en dépit d'un soutien militaire et politique des pays arabes ?

Et plus près de nous, l'Union Européenne ne s'est-elle pas inclinée devant le refus tchèque d'entendre ne serait-ce que parler de la réintégration ou de l'indemnisation des trois millions de Sudètes allemands expulsés de leurs terres ancestrales par la Tchécoslovaquie à peine libérée ? Eux aussi avaient servi les desseins d'Hitler, ils ont joué la mauvaise carte et ont été entranés dans la débâcle finale de l'Allemagne nazie. C'est la règle du «jeu». La «cause sudète» vaut-elle donc moins que la «cause palestinienne» ? Mais que vaut donc la «juste cause» des Sudètes, pas tous nazis, quand on la met en balance avec l'intérêt de l'UE pour la ratification du traité de Lisbonne ? Et pourtant, à l'aune des diktats «moraux» de la «cause» palestinienne, on ne devrait voir aucune voiture Skoda circuler dans nos rues et sur nos routes. On ne devrait pas se chauffer au gaz russe, on ne devrait pas manger des pommes de terre de Pologne. Vous avez dit «boycott» ? Or, je suis certain, pour en connaître quelques-uns, que nombre de militants du boycott des produits d'Israël apprécient de conduire une Skoda. Et ce n'est pas moi qui en blâmerais ces imposteurs.

Alors que, 60 ans après la défaite arabe, les «réfugiés» palestiniens, battant les records mondiaux de la fécondité, se sont multipliés par quatre ou cinq et sont toujours subventionnés par l'ONU en leur qualité de «réfugiés», notons que l'Allemagne a intégré tous les réfugiés expulsés par la Russie, la Pologne et la Tchécoslovaquie, de même que la Finlande, agressée par la Russie communiste, juste après que l'URSS eut aidé l'Allemagne à dépecer la Pologne en 1939, contrainte de céder à son insatiable voisin des pans entiers de son territoire national, accueillait et intégrait ses réfugiés.

Mais puisque aucun média, aucun comité de soutien ne prend leur défense, je me fais ici l'avocat des Tamouls du Sri Lanka. Leur cas est très semblable à celui des Palestiniens. Ils veulent un Etat Tamoul «aux côtés, et non à la place», de l'Etat cinghalais. Leur désir d'indépendance, contrairement aux prétentions palestiniennes, est fondé sur l'histoire, puisqu'il y eut jadis, du XIVe au XVIIe siècle un royaume tamoul dans la partie nord de l'île de Ceylan, alors qu'il n'y a jamais eu de nation palestinienne ni d'Etat palestinien. Pour atteindre leur objectif, les Tamouls ont employé tous les moyens et toutes les méthodes par lesquelles la «juste cause» palestinienne s'est illustrée ; ils les ont même précédés dans le recours aux bombes humaines pour provoquer le plus de morts possible parmi les Cinghalais. A juste titre, mais contrairement à ce qui s'est passé pour les Palestiniens, la communauté internationale les a catalogués comme «terroristes» et jamais «résistants», ou «activistes». De sorte qu'on n'a jamais connu ni manifestation dans nos rues en faveur de la «juste cause tamoule», ni comité de soutien, ni appel au boycott. Cela n'empêche pas nos tartuffes pro-palestiniens de siroter, avec la meilleure conscience du monde, leur thé de Ceylan. La terrible répression finale exercée par les troupes cinghalaises, le nombre incalculable de victimes civiles (dont aucune ONG n'a la curiosité de connaître le nombre ni de secourir les survivants), et le sort tragique des populations tamoules chassées de leur terre par la soldatesque et parquées dans de véritables camps de concentration, tout cela n'intéresse personne. Et nul ne propose une «paix juste et durable» sur la base d'une partition de l'île, garantissant à chaque ethnie des frontières sûres et reconnues, avec un partage de Colombo, où chacun des deux Etats installerait sa capitale. Comptons donc sur notre Quai d'Orsay et sur la diplomatie de l'UE pour proposer, voire imposer cette solution aux deux camps. Pourquoi ce qui paraît une solution «normale» et «juste» pour Jérusalem ne le serait-il pas pour Colombo ?  Mais comment expliquer ça aux tenants d'une discrimination positive ?

Un dernier mot : la propagande anti-israélienne soutient que la création de l'Etat d'Israël est le produit de la Shoah et de la mauvaise conscience des Etats européens et des Etats-Unis pour leur passivité devant les persécutions dont les Juifs furent victimes, ou pour le rôle actif de l'Allemagne et des pays vassaux dans l'extermination des Juifs, alors que les Palestiniens, qui n'y ont joué aucun rôle, en paient le prix. Remettons les choses à leur place.

Le Sionisme est né vers la fin du XIXe siècle, c'est-à-dire bien avant la Shoah, devant le constat que même là où les Juifs étaient déjà émancipés, comme ce fut le cas de la France, leur appartenance à l'identité nationale du pays pouvait être remise en cause et même révoquée. Et ne parlons pas des masses juives rejetées et poussées à émigrer par des pays tels que la Russie impériale ou l'empire austro-hongrois, où ils avaient, au mieux, le statut discriminatoire de minorité nationale.

Certes, l'assimilation avait ses avocats et maints Juifs se sont engagés dans cette voie allant jusqu'à se convertir (ils ne furent pas pour autant épargnés par les nazis), d'autres, tels que les socialistes du Bund, voyaient la solution dans la victoire du socialisme qui accorderait aux Juifs une pleine autonomie culturelle au sein de la nation environnante. Mais devant la croissance de l'antisémitisme, certains Juifs, parmi les moins religieux, voyaient la solution dans un Etat juif dans lequel leurs droits seraient acquis d'office, et non pas octroyés et révocables. L'immigration juive vers leur Etat projeté où vivaient déjà des communautés juives, plus particulièrement à Jérusalem où ils étaient probablement majoritaires, a donc commencé alors que l'antique Israël était devenu une province lointaine et faiblement peuplée de l'Empire Ottoman. Rappelons par exemple que David Ben Gourion se fit naturaliser Turc pour se fixer en Terre d'Israël.

Ceci étant dit, là où leurs droits de citoyens étaient garantis, rares furent les Juifs qui étaient attirés par le Sionisme. Les Juifs de France, par exemple, se sentaient d'abord Français de confession israélite et n'avaient aucun sentiment d'identité avec les Juifs de Pologne, par exemple. Un nationalisme juif paraissait donc inconcevable à ces patriotes français. De même, les Juifs allemands, de langue et de culture allemandes, se sentaient Allemands. On imagine leur désarroi lorsque les nazis entreprirent leur persécution. Mais l'Allemagne nazie ne fut pas la seule à éliminer les Juifs de sa société. La Pologne, où la population juive était la plus importante d'Europe, ainsi que la Roumanie et la Hongrie, participèrent, elles aussi, à la marginalisation et à la discrimination des Juifs avant de les livrer aux nazis. C'est à ce moment, le plus tragique de leur histoire, que les Juifs virent les portes de la Palestine fermées par les Anglais, alors que la SDN leur avait confié le mandat sur la Palestine, justement pour y créer un foyer national juif. Mais voilà, les intérêts anglais étaient plutôt chez les Arabes, et l'Empire britannique n'était pas à une trahison près. Et, à la même époque, l'Amérique - comme la France et pratiquement tous les pays - était peu désireuse d'accueillir les réfugiés juifs d'Europe, «par crainte des réactions antisémites».

De sorte, qu'à la veille de la guerre, près de dix millions de Juifs, dont la majorité ne demandaient pas mieux que de quitter l'Europe, se trouvaient pris dans la nasse. L'envahisseur allemand n'avait plus qu'à les y cueillir. Mais, m'objectent les partisans de la cause palestinienne, "les Palestiniens n'y sont pour rien". Ils y sont certes pour moins que les Allemands, et guère plus que les Polonais, les Roumains, les Lettons, ou les Ukrainiens, mais ils ont leur part de responsabilité si l'on veut bien se souvenir que le grand Mufti de Jérusalem, chef de la cause palestinienne, était à la tête du combat contre les Juifs, organisait dès les années 20 des pogroms contre les communautés juives isolées et sans défense, et se retrouvait, à partir de 1939 ou 1940, en Allemagne nazie, chargé de créer une légion SS constituée de musulmans de Bosnie, où ils commirent des atrocités dans la population serbe et juive ainsi qu'à l'encontre des Résistants. Les Serbes de Bosnie, tant stigmatisés par la «communauté internationale», ne peuvent, pour leur part, l'oublier. Et quand on sait que des gouvernements, tel celui de Pétain, firent preuve de zèle en arrêtant et en livrant aux nazis les Juifs «étrangers» (parmi lesquels, des citoyens français originaires d'Algérie, déchus de leur nationalité par le Statut des Juifs mis au point par des juristes naguère «de gauche»), on peut dire que pratiquement tous les pays (hormis ceux d'Asie orientale et l'Inde) portent, en raison de leur hostilité ou de leur passivité, une part de culpabilité dans l'extermination des Juifs.

Les Allemands on assumé leur part. Mais en dehors d'un louable discours de Jacques Chirac reconnaissant le rôle de l'Etat Français dans la persécution et la déportation des Juifs (tout en se hâtant de se «racheter» aux yeux des pays arabes en manifestant une hostilité ostentatoire envers Israël), notre pays, de plus en plus inféodé à l'Eurabia, préfère battre sa coulpe pour son passé colonial et pour le tort fait aux «jeunes» issus de l'immigration. Ce qui explique le zèle de notre diplomatie en faveur des pays arabes et de la cause palestinienne au sein de l'ONU et du Conseil de Sécurité. Tout cela ne peut que plaider pour l'existence et le renforcement de l'unique Etat spécifiquement juif. Cela paraît incongru, surtout aux yeux de ses détracteurs, de ceux-là mêmes qui trouvent «normal» qu'il y ait une vingtaine d'Etats nationaux arabes et davantage d'Etats s'affirmant musulmans jusque sur leurs drapeaux nationaux, qui pèsent lourd sur les options politiques de la France et dans les instances onusiennes.

Alors, peu me chaut la création d'un énième Etat arabo-musulman, la Palestine, en l'occurrence, Etat sans racines historiques ni même ethniques et dont le seul rôle politique est d'entraver la vie de l'Etat d'Israël et l'affaiblir. Et ce serait même une folie, dans le contexte de l'irrédentisme islamiste qui se manifeste sur tous les points du globe. Il est des moments où l'équilibre et la sécurité du monde passent avant les intérêts claniques, tribaux, ou locaux. Qui donc, par exemple, ose demander à la Turquie de laisser les Kurdes créer leur propre Etat ? La création d'une Palestine, sur le territoire de ce que les Nations Unies désignaient naguère sous le nom de «Cisjordanie», province du royaume hachémite, affaiblirait l'Etat d'Israël au seul bénéfice du djihad islamique. C'est suicidaire pour l'Occident, mais aussi pour ceux que, faute d'autre appellation connue, l'on désigne par «musulmans», mais qui tentent de s'affranchir du système totalitaire élaboré par cette culture pseudo religieuse et de devenir des Français comme les autres au sein d'une identité nationale française. Car je suis, moi aussi, pour une France laïque et «plurielle», mais dans sa pluralité d'individus et de personnalités singulières, et surtout pas, au grand jamais, dans sa pluralité de communautés ethniques ou religieuses qui phagocytent toute individualité, compartimentent les citoyens, et transformeraient la France, «au mieux», en une sorte de Bosnie ou de Liban. Des lendemains qui chantent, en somme. Les totalitaires staliniens nous l'avaient déjà promis naguère. Alors merci, on a déjà donné.

© André Dufour pour LibertyVox


Mis en ligne le 5 février 2010, par Menahem Macina, sur le site debriefing.org