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Israël (Société - mentalités)
Antisionisme
Antisionisme juif et/ou israélien

Tenir tête aux Juifs qui diffament les Juifs, Isi Leibler
11/02/2010


11/02/10


The Jerusalem Post
, 9 février 2010


Il est temps de tracer une ligne à ne pas franchir entre la critique légitime et les initiatives visant à diaboliser Israël.


Texte anglais : "Confronting Jews who defame Jews

Traduction française : Menahem Macina, sur base d'une première traduction de R. Lewin (que je remercie ici chaudement.)


Le rôle infâme de Richard Goldstone, en tant que responsable symbolique du rapport de l'UNHRC (Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés) accusant l'Armée de Défense d'Israël de crimes de guerre, est un exemple, parmi d'autres, de l'exploitation de leurs origines par des Juifs pour «légitimer' la diffamation de leurs semblables. En fait, il y a peu, Goldstone était considéré comme un juif respectable, et même comme un sioniste. Il a été aveuglé par ses prétentions et son ego démesuré, et il s'est laissé séduire par les ennemis les plus féroces de son peuple, en légitimant une calomnie meurtrière à l'encontre de l'Etat juif.

À la différence de Goldstone, la plupart des renégats juifs étaient mus par le désespoir de se débarrasser du poids de ce qu'ils considéraient comme le caractère répressif de leurs racines ethniques et culturelles.

L'historien Jacob Talmon décrit ce comportement déviant comme « une névrose juive », consécutive à des siècles d'oppression et de statut de paria.

Le prétendu engagement de ces juifs en faveur des valeurs universelles et humanitaires a été le plus souvent démenti par des attaques extrêmes contre leur propre "peuple", et par leur association avec des commanditaires qui étaient carrément antisémites.

Des courants juifs de ce genre ont émergé au XIXe siècle à la suite de l'Emancipation. L'exemple classique est celui de Karl Marx, dont les diatribes antisémites se traduisaient par des expressions telles que « l'argent est le dieu jaloux d'Israël, auprès duquel aucun autre dieu ne peut exister […] L'émancipation sociale du juif [a lieu quand] la société s'émancipe du judaïsme ».

En Russie tsariste, quelques révolutionnaires sociaux juifs ont même approuvé des pogroms contre ceux de leur race, dans l'espoir qu'en déversant leurs frustrations sur les Juifs, les masses finiraient par s'en prendre au tsar.

Leurs successeurs, membres de la Yevsektsiya, la célèbre section juive du parti communiste soviétique, sont devenus les plus cruels persécuteurs de leur peuple, supprimant frénétiquement toutes les manifestations de la vie culturelle et religieuse juive. Finalement, eux aussi ont été liquidés au cours des campagnes antisémites de Staline.

Beaucoup de juifs vivant en dehors de l'Union Soviétique ont rejoint le parti communiste, en raison de leur conviction (erronée) qu'il représentait une manière efficace de combattre le nazisme. Mais une fois embrigadés, ils ont été soumis à un lavage de cerveau et ont applaudi à l'exécution des membres de leur race par le funeste régime soviétique, ainsi qu'à l'institutionnalisation de l'antisémitisme soutenu par l'Etat.

Après l'Holocauste et au cours de la lutte pour la création de l'Etat d'Israël, la plupart des antisémites juifs ont "hiverné". Quand la situation difficile des Juifs d'Union soviétique, devint une cause qui ralliant et unissant les Juifs du monde entier, les Juifs communistes qui restaient furent marginalisés.

Le Premier ministre d'Israël, David Ben-Gourion, en véritable social-démocrate, sut évaluer les dangers que représentaient les nihilistes de gauche.
Il s'efforça, avec énergie, de neutraliser les extrémistes et les post-sionistes, qui ne devinrent influents qu'après sa retraite et la fin de l'hégémonie du parti travailliste Mapaï.

Aujourd'hui, en dépit du fait qu'ils ne représentent qu'une petite frange, l'influence disproportionnée des extrémistes juifs antisionistes dans les campagnes de diabolisation d'Israël a atteint des niveaux historiques.

Comble d'ironie, les pires éléments émanent d'Israël.

C'est le cas de l'agitation frénétique d'universitaires israéliens qui abusent de la liberté académique en utilisant leurs universités comme base arrière de leurs attaques en vue de délégitimer leur propre pays. Neve Gordon, maître de conférence en sciences politiques de l'université Ben-Gourion et diffamateur juif de Sion tout à fait caractéristique, a publié l'an dernier dans le Los Angeles Times une libre opinion appelant la communauté internationale à boycotter Israël. Lui et d'autres du même bord, financés par le gouvernement israélien et des philanthropes sionistes de la Diaspora, exploitent leur position académique pour soutenir ceux qui ne cherchent qu'à nous détruire.

Une étude récente, menée par "Im Tirtzu" [1] affirme que plus de 90% des fausses allégations de crimes de guerre israéliens, citées dans le rapport de Goldstone,  proviennent de 16 ONG qui ont reçu près de 8 millions de dollars du "New Israel Fund" [2], une organisation dirigée par une ancienne députée du Meretz, Noémie Chazan, dont le but affiché est de favoriser l'intégration et l'aide sociale en Israël.  Le NIF sponsorise également des groupes israélo-arabes favorables à un Etat binational, ainsi que des tournées de conférences données aux Etats-Unis par des Arabes israéliens, le jour de la célébration du Jour de l'Indépendance, pour promouvoir le souvenir de la "Nakba".

L'année dernière, Haaretz a mis en relief des rapports accusant Tsahal de crimes de guerre, lesquels se sont ensuite avérés faux. Ces accusations ont bénéficié d'une couverture médiatique massive, et ont grandement contribué au climat d'hostilité anti-israélien qui a précédé le rapport Goldstone.

Cette pourriture se propage en Diaspora, où, comme il fallait s'y attendre, des groupes anti-israéliens utilisent maintenant des porte-parole juifs pour dissimuler leurs préjugés et leur partialité. Aux Etats-Unis, les diabolisateurs de Sion exploitent la dégradation des liens entre l'administration Obama et Israël. L'ancien directeur du Congrès Juif Américain, Henry Siegman, décrit Israël comme le « seul régime de ségrégation du monde occidental ». Dans les campus universitaires, des étudiants juifs sont de plus en plus "bombardés" de diatribes anti-israéliennes par des universitaires juifs, tel Norman Finkelstein, qui soutient les Iraniens et les terroristes, et va jusqu'à exploiter la souffrance de ses parents durant l'Holocauste pour délégitimer l'Etat d'Israël.

En Grande-Bretagne, le parlementaire juif, Gérald Kaufman, compare le Hamas aux combattants juifs du ghetto de Varsovie, faisant abstraction de la charte de ce mouvement terroriste, qui affirme que "le jour du jugement ne viendra pas avant que tous les juifs ne soient tués".

En Belgique, un auteur dramatique juif a écrit une pièce dans laquelle les Israéliens sont les Philistins, tandis que Samson incarne un Palestinien héroïque qui fait sauter ses oppresseurs à l'aide d'un gilet bourré de dynamite.

Shlomo Sand, maître de conférence en sciences politiques à l'Université de Tel Aviv, est devenu une célébrité en Europe en publiant un livre intitulé « L'Invention du Peuple juif » [3], un salmigondis d'absurdités totales, mis au service de la thèse selon laquelle, en tant que descendants des Khazars de la région de la Mer Noire, convertis au judaïsme au VIIIe siècle, les Juifs n'ont aucune affinité historique avec la terre d'Israël.

Cette thèse a reçu, via un récent article du Financial Times, l'approbation de Tony Judt, un historien américain qui considère la création d'Israël comme une erreur et milite pour un état binational. Sous le titre "Israel must unpick its ethnic mix" [Israël doit se défaire de sa composante ethnique] [4], Judt exprime l'espoir que les Juifs américains se désolidariseront d'Israël, comme les Irlandais d'origine américaine se sont détournés de l'Irlande.

Le temps d'agir est venu - non pour supprimer la liberté d'expression - mais pour tracer les lignes à ne pas dépasser entre la critique légitime des politiques gouvernementales et les initiatives qui cherchent à diaboliser et à délégitimer l'Etat juif. La première mesure doit consister à refuser un poste dans les universités et les institutions d'éducation financées par le gouvernement, à des universitaires qui collaborent effrontément avec nos ennemis.

Il est réconfortant de constater que des députés de l'opposition Kadima appellent maintenant à ce qui deviendra - il faut l'espérer - une enquête unanime sur les activités et les ressources du New Israel Fund et d'autres ONG.

A chaque fois qu'ils ont été critiqués, ceux qui prônent le boycott de leur propre pays et participent à sa diabolisation par des accusations de crimes de guerre, ont le toupet [houtspah, dans le texte] d'essayer de diffamer leurs critiques en les traitant de maccarthystes et de fascistes, et en les menaçant de procès en diffamation. C'est leur comportement qui est moralement répréhensible, et nous ne devons pas nous laisser intimider par ces manoeuvres hypocrites.

Les Israéliens et la communauté juive mondiale ne doivent se faire aucune illusion. Les dommages causés par des Juifs qui collaborent avec les ennemis d'Israël pour diaboliser ou délégitimer leur pays sont immenses. La seule manière de neutraliser l'impact de ces groupes de traîtres est de les débusquer et de leur tenir tête.


Isi Leibler


© The Jerusalem Post

 

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Notes du traducteur


[1] Im Tirtzu, The Second Zionist Revolution.

[2] Sur cette organisation et le tort qu'elle cause à l'Etat d'Israël, voir, entre autres : "La Knesset va discuter de la tempête que cause le New Israel Fund".

[3] A propos de ce livre dissolvant, voir la recension très critique qu'en fait Pierre Lurçat : "Déconstruire le peuple juif: le négationnisme 'soft' du 'nouvel historien' Shlomo Sand".

[4] Pour comprendre ce qu'entend par là cet auteur, il faut lire (en se bouchant le nez !) son article d'octobre 2003, "Israël : L'alternative".

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Mis en ligne le 11 février 2010, par Menahem Macina, sur le site debriefing.org