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Israël-Etats-Unis – Un embargo américain sur les armes à destination d'Israël ? Maxime Perez
12/02/2010


12/02/10

Sur le site Israel Valley, 11 février 2010

 

Selon un rapport publié cette semaine par l'Institut Juif pour les Affaires de Sécurité Nationale (JINSA), l'administration Obama aurait mis en place un véritable embargo virtuel sur les armes à destination de l'Etat hébreu.

Le JINSA, qui soutient ouvertement la coopération militaire entre Israël et les Etats-Unis, stigmatise l'attitude du gouvernement de Benyamin Netanyahou dans cette affaire. Il estime que ce dernier n'aurait pas suffisamment protesté contre les récentes ventes d'armes américaines aux pays du Golfe, alors qu'elles sont susceptibles d'entamer la supériorité militaire d'Israël sur ses voisins.

Au cours de l'année 2009, « l'administration de Barack Obama n'a approuvé aucune demande israélienne majeure d'armements », souligne le rapport. De source officielle, la Maison Blanche aurait conditionné la livraison d'armes vers Israël à des progrès dans l'établissement d'un Etat palestinien en Cisjordanie.

Dans le même temps, le Pentagone a signé une impressionnante série de contrats militaires avec des pays membres de la Ligue arabe ; au total, 10 milliards de dollars répartis entre l'Egypte, l'Arabie Saoudite, la Jordanie, le Koweït, le Maroc et les Emirats arabes unis.

Principale bénéficiaire de ces accords, l'Egypte a obtenu la livraison prochaine de 24 chasseurs F-16 de type C et D, d'hélicoptères de combat, de missiles air-sol Hellfire et de quatre batteries de missiles de croisière Harpoon II.

Dans le cadre d'un autre contrat, les États-Unis, ont fourni 2.742 missiles anti-chars “Tao 2” à l'Arabie saoudite. Ce type de missiles, qui fait partie de l'arsenal israélien, est capable de perforer le blindage de la plupart des chars qui existent aujourd'hui, y compris le Merkava IV s'il n'est pas équipé du bouclier magnétique « Trophy ».

Pour illustrer ce déséquilibre et accentuer l'idée d'un embargo virtuel mené contre Israël, le JINSA cite l'exemple de six hélicoptères d'attaque AH-64D (Apache Longbow), commandés par l'aviation de Tsahal et que les Etats-Unis ont bloqué sur leur sol en juin 2009.

Dans le contexte de tensions latentes avec la Syrie, le Hezbollah et l'Iran, ces difficultés ne sont pas de bon augure pour l'Etat hébreu, qui peine déjà à conclure l'achat d'avions furtifs F-35 et de bombes anti-bunkers.

Début janvier, Israël est monté aux créneaux contre cette politique américaine [de deux poids deux mesures]. Plusieurs responsables de l'establishment sécuritaire ont exprimé leur inquiétude devant le renforcement des forces armées arabes de la région. Réponse immédiate de Washington : « renforcer l'axe modéré du monde arabe sert à dissuader l'Iran ».

Le JINSA ne l'entend pas de [cette] oreille. Il considère que le paradigme du « Qualitative Military Edge », qui garantissait jusqu'ici à Israël une supériorité technologique sur les autres puissances militaires du Moyen-Orient, est désormais menacé.

Situé à Washington, le JINSA est un groupe formé de militaires, d'intellectuels et d'hommes politiques américains visant à soutenir l'État d'Israël. On trouve, parmi ses membres et proches les plus éminents, l'ancien administrateur américain de l'Irak Jay Garner et les proches de l'ancien président Bush, comme Richard Perle et Dick Cheney.


Maxime Perez (Tel-Aviv)

 

© Israel Valley


[Texte aimablement signalé par R. Lewin.]

 

Mis en ligne le 12 février 2010, par Menahem Macina, sur le site debriefing.org