Debriefing.org
Google
Administration
Accueil
Tous les articles
Imprimer
Envoyer
S’inscrire
Nous contacter

Informations, documents, analysesDebriefing.org
Israël (Société - mentalités)
Appeasement

Milquet : «Il faut arrêter de stigmatiser les jeunes qui choisissent de porter le foulard»
14/02/2010


14/02/10

Sur le site Parlemento - L'Agence de presse des minorités

Séance plénière du jeudi (11/02/2010) à la Chambre des Représentants de Belgique :


Questions jointes de- M. Francis Van den Eynde à la vice-première ministre et ministre de l'Emploi et de l'Égalité des chances, chargée de la Politique de migration et d'asile, sur « la désignation d'une personne portant le voile au sein du conseil d'administration du Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme » (n° P1681)

- M. Jean-Jacques Flahaux à la vice-première ministre et ministre de l'Emploi et de l'Égalité des chances, chargée de la Politique de migration et d'asile, sur « la désignation d'une administratrice portant le voile au sein du conseil d'administration du Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme » (n° P1682)

Francis Van den Eynde (VB):  Désormais, une personne portant le voile siège au sein du conseil d'administration du Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme. Elle a été nommée par Ecolo. Nous apprenons ainsi que ce parti se prête également au jeu des nominations politiques. Un institut créé pour contrôler le caractère politiquement correct des faits et gestes de chacun ne devrait pas compter en son sein une dame portant un symbole religieux tel qu'un voile. L'on serait en droit d'attendre de cet institut qu'il tente de faire montre d'une neutralité maximale. Or, cette personne s'affiche comme une militante religieuse; en effet, toute femme qui détient deux diplômes académiques et porte le foulard ne peut être qu'une militante islamique. De plus, un journaliste de gauche proche des milieux PS écrit, quant à cette dame, qu'elle est en contact avec des groupes islamiques et radicaux. Comment se fait-il qu'une mission aussi délicate soit confiée à une telle personne? L'objectif consiste-t-il à ne plus utiliser ce centre qu'aux fins de propagande islamique?

Jean-Jacques Flahaux (MR): Un parti démocratique a désigné mardi une représentante comme membre suppléant du conseil d'administration du Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme. Si les compétences, l'intelligence et la foi musulmane de la candidate ne sont pas mises en cause, nous nous interrogeons sur la symbolique véhiculée par cette désignation. En effet, cette personne a choisi d'être voilée. C'est son droit dans la vie privée. En revanche, il me semble que les personnes qui siègent au conseil d'administration d'une telle institution se doivent de correspondre à l'objectif même de cet organisme, à savoir l'égalité des chances. Si un couple homosexuel veut porter plainte devant le Centre, il regardera qui en fait partie et pourrait se sentir peu rassuré par sa composition. Ne pensez-vous pas qu'il aurait fallu organiser un screening de cette candidature, ce qui devrait se faire pour toute personne qui soumettrait sa candidature à une fonction au Centre ?

Joëlle Milquet, ministre (en néerlandais): Je ne me prononcerai pas sur cette affaire qui est insignifiante selon moi. Le gouvernement fédéral a effectivement nommé Mme Fatima Zibouh en qualité de membre suppléant du conseil d'administration du Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme; il l'a fait sur la base de ses compétences. Aucune loi ni aucun règlement n'empêche une personne portant un foulard de siéger dans un conseil d'administration. Ni les statuts ni le règlement d'ordre intérieur du Centre ne comprennent de telles dispositions. (En français) Il n'y a aucune législation qui prévoit des conditions pour pouvoir être membre d'un conseil d'administration. Je ne vais pas vous énumérer les diplômes universitaires, maîtrises et publications en matière de diversité, que Mme Zibouh a à son actif. La société belge est multiculturelle et la liberté religieuse est reconnue par la Constitution. Il faut arrêter de stigmatiser les jeunes qui choisissent de porter le foulard.

Francis Van den Eynde (VB): Les déclarations de la ministre du type ‘Taisez-vous à propos de ce foulard ou il y aura des affrontements‘, sont purement et simplement du chantage. Il n'est d'ailleurs pas exact qu'aucune disposition ne figure dans les statuts à ce sujet. L'arrêté royal du 28 février 1993 stipule que les membres du conseil d'administration du Centre sont notamment élus en raison de leur indépendance. L'indépendance est en contradiction avec le symbole fort que porte cette femme. Par ailleurs, cette héroïne de la liberté de parole a déclaré en 2005 qu'elle préfère une citoyenneté intégrant l'idée de Dieu: « En définitive, seule la réelle reconnaissance d'une citoyenneté plurielle où l'idée de Dieu n'est pas évacuée. » En d'autres termes, elle opte pour la théocratie!

Jean-Jacques Flahaux (MR): La ministre n'a pas répondu par rapport aux futurs candidats au Centre pour l'égalité des chances. Plutôt qu'à des propos tels que ceux tenus par cette candidate lors de sa conférence, à ceux de Tariq Ramadan ou de Dieudonné, je rêve d'un islam conciliant avec notre civilisation, à l'image de celui d'Averroès. Des accommodements raisonnables, on risque de passer aux renoncements déraisonnables.

L'incident est clos

© Parlemento

 

Mis en ligne le 14 février 2010, par Menahem Macina, sur le site debriefing.org