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Hezbollah-Israël

Le poids des mots, les photos du déshonneur [Scoop photos d'Ilan Tsadik]
14/02/2010


Communiqué ISRANET

Volume XIV, Numéro 424
Vendredi, 12 février 2010

Courriel: cijr-french@isranet.org
Internet: www.isranet.org



Le poids des mots, les photos du déshonneur [Scoop photos]
Ilan Tsadik
Metula News Agency, 29 décembre 2009

Un poste permanent des "Soldats de la Paix" de l'ONU au Liban-Sud

Jusque là, rien que de très normal

(Photo d'Ilan Tsadik © Metula News Agency)

Mais dans la partie gauche (Sud) de cette base de la FINUL, la Force Internationale des Nations Unies au Liban, c'est beaucoup, beaucoup moins normal : l'effigie de Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, trône sur la cabane des Casques bleus

(Photo d'Ilan Tsadik © Metula News Agency)

En lieu et place du drapeau de l'ONU, celui des Fous de Dieu flotte sur la base.

Rappel : les forces de l'ONU agissent selon les provisions de la Résolution 1701 du Conseil de Sécurité, qui prévoit le démantèlement de toutes les milices armées dans la totalité du pays du Cèdre, principalement le Hezbollah, répertorié par l'ONU comme une organisation terroriste

(Photo d'Ilan Tsadik © Metula News Agency)

En y regardant de plus près encore, sous le portrait géant de Nasrallah figure une photographie, invisible à l'œil nu du territoire israélien.

Il s'agit d'une prise de vue montrant les obsèques d'un Israélien, victime du terrorisme chiite.

La légende rouge dit : "Khitman ila zawal",

VOTRE EXTERMINATION EST CERTAINE !

(Photo d'Ilan Tsadik © Metula News Agency)

Questions : comment la FINUL - en principe neutre, les Soldats de la Paix ! - accepte-t-elle de monter la garde sous de pareils symboles, appelant à la destruction physique d'un Etat membre des Nations-Unies ?

Que fait la France, qui avait imposé le retrait de l'armée israélienne du Liban-Sud en 2006 contre la résolution 1701, qui, à l'en croire, garantissait la souveraineté du Liban et le démantèlement du Hezbollah ?

Qu'en est-il de la capacité de dissuasion de la FINUL, si elle accepte que ses bases et ses soldats servent de support propagandiste à ceux qu'elle a la mission de désarmer ?

Ces photos ne consacrent-elles pas, au contraire, la soumission de la communauté des nations à une organisation terroriste et l'acceptation de ses objectifs sanguinaires ?

Où est l'esprit de la paix, l'espoir, lorsque les Soldats de la Paix s'accommodent d'un appel au génocide, dans leur propre base ?

Qui menace qui ? Israël le Liban, ou le contraire ?

Notes techniques :

[1] Les photographies que nous avons prises ont dû être considérablement réduites afin d'être diffusées aux lecteurs de l'agence et de pouvoir figurer sur le site Internet de la Ména.

[2] Ces images ont été prises ce lundi 28 décembre 2009. Le poste, le poster et le drapeau du Hezbollah existent à cet emplacement depuis de nombreux mois.

Liban : l'erreur de calcul de l'Occident
Michaël Béhé
Metula News Agency, 11-12 février 2010

Le 14 février, jour anniversaire de l'assassinat de Rafic Hariri, se déroulera à Beyrouth, sur la place des Martyrs, une manifestation du courant dit du 14 mars.

Cette alliance, qui a obtenu la majorité des sièges au parlement lors des dernières élections générales en 2009, entend perpétuer le rassemblement du 14 mars 2005, connu également sous l'appellation La révolution du cèdre.

A cette occasion, 1,3 million de mes compatriotes avaient exigé (et obtenu) le retrait des forces de l'occupant syrien de notre territoire, ainsi que l'ouverture d'une enquête sur l'assassinat de l'ex-1er ministre Rafic Harari, exécuté exactement un mois plus tôt.

Les formations politiques qui composent aujourd'hui le "14 mars" sont celles qui s'opposent à la mainmise du Hezbollah chiite, et de ses commanditaires syriens et iraniens sur les prérogatives de l'Etat. Les sunnites du président du Conseil Saad Hariri et la plupart des chrétiens forment l'épine dorsale du 14 mars.

Dans les faits, cependant, malgré leur succès électoral - 56,2 % des suffrages exprimés - et l'évidence qu'ils représentent toujours une solide majorité des habitants de ce pays, les anti-syriens sont contraints de "faire preuve d'une résistance pacifique de tous les jours".

C'est le terme employé cette semaine par le Dr Samir Geagea, à l'occasion de la Saint-Maron, la fête du patron de la communauté maronite. Geagea est le chef du Parti des Forces Libanaises. Il a parfaitement démontré, lors de son intervention, le rationnel selon lequel "les armes du Hezbollah ne sont pas une source de force", établissant qu'elles sont, au contraire, un élément "de faiblesse pour le Liban".

Le leader des FL a soutenu sa thèse, prophétisant que le Hezbollah participera à la confrontation en vue entre l'Iran et Israël, "sans prendre l'avis de quiconque parmi les Libanais et au détriment de l'indépendance et de la souveraineté du Liban, qui passent très loin derrière dans ses priorités".

Or, pour Samir Geagea, une confrontation avec Israël constituerait une calamité pour le Liban : "nous voulons à tout prix éviter la guerre, et, pour cela, la décision de guerre ne doit pas être entre les mains du Hezbollah, mais du gouvernement libanais, dans l'intérêt de tout le monde".

Même son de cloche au parti Kataëb, autre membre de la coalition du 14 mars et de la majorité gouvernementale, où l'ancien président de la République, Amine Gemayel, a expliqué hier sur une chaîne télévisée que "la souveraineté veut dire qu'un groupe donné n'a pas le droit de détenir entre ses mains la décision de guerre et de paix, hors du cadre légal".

Ce, avant de poser une question rhétorique face aux téléspectateurs : "Sommes-nous tous d'accord là-dessus ? Le Hezbollah ne cache pas son allégeance au wilayet el-fakih [1] et à la révolution khomeyniste. Or celle-ci a sa propre stratégie qui peut être contraire à l'intérêt du Liban".

Pour les partis chrétiens non-aounistes, la participation massive des Libanais au rassemblement de dimanche - qui a lieu dans "le danger d'une guerre explosive" (Geagea) - marquera l'attachement du peuple à la souveraineté et à l'indépendance nationale, et soulignera la nécessité selon laquelle la décision de paix ou de guerre doit demeurer le privilège exclusif de l'Etat.

Ceci étant, il importe d'expliquer au lecteur que la très nette victoire du 14 mars aux législatives de 2009, la majorité au parlement et dans le gouvernement, la position de 1er ministre qu'occupe Saad Hariri, ne lui accordent aucun privilège pratique en matière de gouvernance.

C'est ce qui explique la situation cocasse, dans laquelle un chef de la majorité doit appeler les supporters de son camp à "une résistance pacifique de tous les jours". Car deux événements majeurs ont réduit le 14 mars et "son" gouvernement à un rôle de simple observateur craintif, sans cesse soumis à la menace d'une nouvelle guerre civile.

D'abord le mini-coup d'Etat du 7 mai 2008, lors duquel, s'opposant à deux décisions du gouvernement libanais, celle d'ouvrir une enquête sur le réseau de communication parallèle Hezbollah-Iran et celle de limoger Wafic Choukair, le chef de la sécurité de l'aéroport de Beyrouth, le Parti de Dieu envahit les zones sunnites de la capitale et s'attaqua au bastion druze dans la montagne.

Depuis cet épisode récent de notre guerre civile, qui a coûté la vie à plus d'une centaine de personnes, la majorité politique fait constamment face aux menaces directes du Hezbollah d'utiliser à nouveau ses armes contres ses contempteurs libanais et néanmoins compatriotes.

Ce rapport de force militaire a obligé le 14 mars à des concessions considérables. Notamment le renoncement à réinstaurer la souveraineté de l'Etat dans les espaces de non-droit soumis à la loi des milices chiites et des Pasdaran perses. Et à l'impossibilité d'imposer l'application de la résolution 1701 exigeant le désarmement desdites milices et la cessation de la contrebande d'armes et de munitions à son profit, en provenance de Syrie.

L'autre événement qui a amené le 14 mars à prendre conscience de son impuissance fut le rapprochement de l'Arabie Saoudite avec la dictature syrienne : en janvier 2009, le roi d'Arabie saoudite Abdallah bin 'Abd Al-Aziz, décida d'interrompre sa brouille de deux ans avec la dynastie Al Assad.

Le monarque espérait ainsi éloigner les Syriens de l'influence iranienne et permettre la mise sur pied d'un gouvernement stable à Beyrouth, tout en connaissant l'infériorité militaire de ses alliés du 14 mars.

Le prix de ce retournement d'alliance se paya chèrement par les Libanais, qui durent admettre le retour de leur pays dans le giron damascène. C'est au cours du sommet des 7 et 8 octobre 2009, entre le président syrien Bechar Al-Assad et le roi Abdallah, que ce dernier exprima le souhait que la Syrie reprenne son ancien rôle au Liban.

Immédiatement après ce sommet, Al Assad ordonna au Hezbollah et à Aoun de cesser de s'opposer à la création d'un gouvernement au Liban - ce qu'ils avaient fait, systématiquement, quatre mois durant - et même d'y participer. Mais il ne s'agit plus que d'un gouvernement de façade, sans pouvoir effectif.

Dans cette situation étrange, le président de l'Etat, Michel Suleiman, à l'écoute de Riad et Damas, a tendance à se rapprocher des points de vue du Hezbollah contre ceux de la majorité démocratiquement élue ; ce qui déchaîne le mécontentement des patriotes libanais.

Même le président du Conseil, le sunnite Saad Hariri, comprenant le peu de marge de manoeuvre qui lui reste, n'appelle plus, pour la manifestation de dimanche, qu'à exiger la poursuite de la procédure juridique internationale destinée à confondre les assassins de son père.

Hariri junior a abandonné les slogans de l'indépendance nationale et de la souveraineté unique du gouvernement libanais. Il a même accusé, au micro de la BBC, Israël de pousser à la guerre, et annoncé "qu'en cas d'attaque israélienne son pays sera aux côtés du Hezbollah". Ce faisant, il a bien sûr déclenché la colère du ministre israélien des Affaires Etrangères, Avigdor Lieberman, qui a très fermement réagi à ces propos.

Au Liban également, nombreux en sont à considérer que Saad Hariri fait partager à tous les Libanais un risque de guerre qu'ils ne souhaitent nullement et qui ne serait pas la conséquence de sa décision (d'Hariri), mais de celle du wilayet el-fakih. La plupart des observateurs jugent aussi que la Révolution du cèdre est terminée et qu'elle s'est soldée par une défaite et l'abandon du rêve de renaissance de notre pays qu'elle avait suscité.

Nul n'est besoin d'être un grand devin pour prévoir que même la requête d'Hariri concernant la poursuite des travaux du tribunal international ne sera pas suivie d'effet. Pourrait-il en être autrement, quand la milice qui le tient en joue, de même que la Syrie qui lui impose sa loi à distance sont précisément les complices coupables de l'assassinat de son père ?

Après le lâchage des thèmes de la Révolution du cèdre - souveraineté, liberté, indépendance, désarmement des milices, menée d'une politique uniquement dictée par les intérêts du Liban - par le général Michel Aoun, patriote mythique devenu le meilleur ami de l'occupant syrien, puis par le cheikh druze, Walid Joumblatt, après le coup de mai 2008, le mouvement de 14 mars s'est désintégré de facto.

Le 27 juillet 2006, en pleine guerre entre le Hezbollah et l'Etat hébreu, le gouvernement libanais décrétait sa volonté que "seul l'État libanais soit autorisé à détenir des armes et à exercer son autorité au Liban".

Cette décision fait partie intégrante de la résolution 1701, adoptée par le Conseil de Sécurité de l'ONU le 11 août 2006. Elle apparaît au paragraphe 8 dudit document.

Au paragraphe 14, le Conseil de Sécurité "prie la FINUL, comme elle y est autorisée au paragraphe 11, de prêter assistance au Gouvernement libanais sur sa demande".

Elle n'en a rien fait.

Tout comme elle n'a pas soutenu notre gouvernement, le 7 mai 2008, lorsqu'il donna l'ordre à son armée d'intervenir, en application de la 1701, afin d'imposer sa loi sur son territoire.

Le 1er ministre d'alors, Fouad Siniora, se tourna, en cette occasion, également vers les "amis" de notre pays, à commencer par la France, qui n'a de cesse de clamer son attachement à notre liberté.

Mais la France et les autres pays libres, alors que 15 000 hommes de la FINUL se trouvaient à moins de cent kilomètres de Beyrouth et qu'ils avaient l'obligation d'intervenir aux côtés des autorités légales du Liban, choisirent de permettre à l'Iran d'imposer, par la force brutale, sa domination de fait sur notre patrie et son peuple.

A dater de mai 2008, par la faute de nos "amis", le Liban souverain et indépendant a cessé d'exister.

Ca n'est certes pas la première fois que le Conseil de Sécurité manque de respecter une résolution qu'il a lui-même promulguée. En Bosnie et au Rwanda, cela s'est soldé par des massacres industriels.

Pas la première fois que les Occidentaux - la France en particulier, qui devient coutumière du fait - détournent le regard lorsque des amis à eux sont jetés en pâture aux fauves.

En termes de realpolitik, on peut comprendre que les démocraties n'aient pas eu envie de se lancer au chevet, sabre au clair, d'un peuple de quatre millions d'habitants uniquement ; parce que, peut-être, à l'issue d'un calcul immédiat à court terme, le jeu n'en valait pas la chandelle.

Au Liban, nous sommes des victimes accoutumées des conséquences de la realpolitik, et nous avons plusieurs fois payé ses effets au prix maximum. Aussi, me garderai-je soigneusement, dans cette brève analyse, de faire appel à la compassion de mon lecteur.

Ainsi, j'entends rester dans une stricte analyse et en écarter les composants émotionnels, après avoir mentionné qu'ils existent.

En mai 2008, la FINUL aurait dû intervenir aux côtés du gouvernement légal libanais. Ce n'était pas seulement son obligation, pour respecter la lettre et l'esprit de son mandat. C'était l'opportunité de réaliser l'intention maintes fois exprimée par les membres du Conseil de Sécurité et les "amis" du Liban : rendre ses prérogatives au gouvernement central, démocratique et légitime, l'aider à rétablir son autorité sur toutes les régions du Liban et à désarmer les groupes armés qui l'empêchent de réaliser cet objectif.

Dans les quelques lignes du paragraphe précédent se trouvent résumés tous les buts énoncés dans la résolution 1701.

L'adéquation entre le texte de la résolution et les décisions de notre gouvernement ayant généré l'agression perpétrée par le Hezbollah est impressionnante : au paragraphe 6, le Conseil de Sécurité appelle spécifiquement à porter assistance au gouvernement afin qu'il puisse rouvrir les aéroports et les ports sous son autorité.

Or le gouvernement venait de décider de déplacer l'officier en charge de notre unique aéroport international parce qu'il œuvrait dans l'intérêt de l'organisation terroriste chiite et des Iraniens, à la place de s'occuper de ceux de son pays.

A ce propos, les passagers empruntant ledit aéroport doivent avoir conscience, qu'aujourd'hui plus qu'en 2008, ce sont ces deux entités, avec l'aide pratique des agents syriens, qui contrôlent leurs allées et venues. Les coordonnées de chaque arrivant sont immédiatement transmises aux services de Damas et de Téhéran, leur donnant le loisir de traquer les activités de nos hôtes.

Le second objet du décret gouvernemental consistait en un ordre donné aux services de sécurité de l'Etat d'enquêter sur le réseau de communication militaire parallèle, implanté par le Parti de Dieu et les Pasdaran iraniens sur notre territoire.

Ce, en vue, non pas d'échapper aux écoutes de l'ennemi providentiel israélien, mais au contrôle du gouvernement légal sur des activités militaires parallèles se déroulant sur son territoire. A ce titre également, cela participait exactement à ce que l'ONU nous demandait de réaliser dans la résolution qui mettait un terme à l'affrontement entre le Hezb et l'Etat hébreu.

Il importe de saisir correctement que la non-assistance à l'Etat libanais en cette occurrence n'a pas constitué un manquement accessoire ultérieurement rattrapable. La perte de crédibilité de notre autorité centrale s'est jouée en cette occasion, et, depuis, elle n'a jamais plus été en mesure de la faire valoir.

L'armée nationale a attendu de savoir si la communauté des nations la soutiendrait si elle entreprenait la réalisation des instructions que le pouvoir civil lui avait communiquées.

Face à la réponse négative de nos "amis", la force armée, jugeant qu'elle n'avait pas les moyens de s'opposer efficacement à la milice et à ses alliés, et que son engagement, seule, risquait de dégénérer rapidement en guerre civile, décida ne pas intervenir dans les combats.

L'armé assista ainsi en observatrice à l'invasion du cœur de Beyrouth par les miliciens chiites ainsi qu'au meurtre de plus de cent compatriotes, qu'elle avait pour mission suprême de protéger.

Depuis cet épisode, l'armée est devenue une composante indépendante de l'échiquier libanais. Elle décide de sa conduite en considération de son unique intérêt. Elle ne répond plus aux injonctions du gouvernement élu, qui, quant à lui, a cessé de lui dire ce qu'elle avait à faire.

Dans ces conditions, celles du gouvernement d'un Etat situé au Moyen-Orient, défié en permanence par une milice mieux armée que lui, et convoité par deux dictatures parmi les plus sanguinaires de la planète - l'Iran et la Syrie - l'autorité élue se retrouve confinée au rôle qui était celui de Vichy après l'invasion de la zone Sud par les hitlériens.

Le Conseil de Sécurité a ainsi œuvré dans le sens opposé des résolutions qu'il avait prises. Il s'était engagé à aider le Liban. L'aider à désarmer les groupes armés qui contestent son autorité et à interdire la contrebande d'armes à leur profit.

Faute de l'avoir fait, le Hezbollah, qui comptait dans ses arsenaux 2 000 roquettes à la fin de sa guerre avec Israël, en dispose désormais de 50 000.

Avant l'été 2006, l'organisation chiite contrôlait certaines zones de notre territoire, aujourd'hui, après son coup de 2008, c'est chaque centimètre du Liban qui se trouve à sa merci.

Mais le constat global que nous sommes bien obligés d'établir - qui s'en chargerait à notre place ? - montre qu'en stoppant la campagne menée par Israël, la communauté internationale a sauvé la peau des tourmenteurs de ce pays et fait le jeu de la politique d'hégémonie de l'Iran et de la Syrie.

En redéployant la FINUL sur la frontière avec Israël et en redéfinissant son rôle, passant du statut d'observateur à celui de force de maintien de la paix, l'ONU, et surtout les membres permanents du Conseil de Sécurité, donnent l'impression que la situation est normalisée et que la Résolution 1701 est appliquée.

En réalité, c'est tout le contraire qui est vrai. L'ONU a fourni à l'Iran la légitimité qui lui manquait pour s'approprier notre territoire, sans jamais réagir aux infractions commises contre son mandat et pratiquement sous son nez.

Elle n'a pas amené à la pacification de la région - quatre ans sans conflit majeur n'ayant aucune signification stratégique dans la région - mais, au contraire, à sa militarisation.

Comme l'a justement annoncé le général de Tsahal Yossef Peled, empêché ensuite de s'exprimer, pour des raisons de conjoncture politique par Binyamin Netanyahou, une nouvelle guerre, qui sera menée sur le territoire du Liban mais sans l'aval de la population qui l'habite, est désormais inéluctable.

Il ne s'agit d'ailleurs pas de menaces israéliennes - les menaces étant ce que l'on peut lire sur les posters du Hezbollah photographiés par Ilan Tsadik, alors que Hezbollah, selon la 1701, ne devrait plus se trouver au Liban-Sud et être désarmé sur l'ensemble de notre territoire.

On est en présence d'une constatation évidente, qui crève les yeux aussi bien d'un Samir Geagea que du général Peled, de ce que la communauté des nations a permis à l'Iran d'instrumentaliser le Hezb, de le phagocyter et de l'intégrer dans son dispositif impérialiste et agressif.

L'Iran et la Syrie ne surarmant pas la milice afin d'instaurer la paix dans la région !

Le titre de cet article est Liban : l'erreur de calcul de l'Occident. En quoi la lâcheté des nations civilisées et le lâchage de mes compatriotes constituent-ils une erreur de calcul ?

En cela qu'il va falloir incessamment déloger notre occupant par procuration, pour la raison suffisante, que l'Europe ne saurait tolérer, d'un strict point de vue stratégique, que le Liban passe sous le contrôle absolu de Téhéran.

Nous, nous sommes des civils qui courons dans tous les sens sur le pont d'un porte-avions en mission opérationnelle.

L'urgence se fait de plus en plus chaude au fur et à mesure que l'Iran conçoit sa bombe atomique et les missiles nécessaires à son transport. Certaines zones de mon pays, échappant déjà à tout droit de regard des Libanais, sont physiquement gérées par des généraux pasdaran établis à demeure.

Dans peu de temps, ils y installeront des missiles balistiques intercontinentaux. Des fusées déjà opérationnelles, capables, depuis notre sol, d'atteindre n'importe quelle capitale du vieux continent.

C'est la raison pour laquelle les ayatollahs s'intéressent à notre minuscule Etat. Non pour ses richesses naturelles, nous n'en disposons pas. Ils sont en train de faire de notre territoire la tête de pont avancée de leur armée.

Pour l'utiliser, à court terme, contre Israël en cas d'embrasement au sujet de leur Bombe, car les Perses n'ont pas la capacité de répondre à une attaque de nos voisins du Sud à partir de chez eux.

Puis, simultanément, afin d'approcher leur menace de l'Europe, et de servir ainsi leur ambition expansionniste. Celle, dans un premier temps, de devenir un interlocuteur incontournable dans le dialogue global. A Téhéran, on considère qu'on a droit à un siège de membre permanent au Conseil de Sécurité, et on s'apprête à l'exiger.

L'erreur de calcul, demandez-vous ?

Si en mai 2008, les nations civilisée avaient envoyé cinq mille soldats servant dans la FINUL afin d'épauler l'armée libanaise dans la reconquête de Beyrouth et de l'Aéroport Rafic Hariri, toutes les conditions prévues dans la 1701 auraient été remplies, et la Révolution du cèdre aurait réussi.

En risquant la vie d'une poignée de soldats, le monde se serait épargné la situation inextricable dans laquelle il est aujourd'hui plongé dans mon pays.

Et je ne parle même pas, puisque cela n'intéresse pas le monde, de l'économie de la vie de milliers de Libanais, qui vont probablement tomber dans la prochaine guerre, qu'ils ne veulent pas faire.

Mais la France s'est souvenue de l'attentat du Drakkar, de 1983, perpétré par l'embryon du Hezbollah, et l'Amérique, de l'Attentat de l'Aéroport, qui, simultanément, faucha 241 Marines, assassinés par les mêmes mains criminelles.

Des agressions qui s'inscrivaient dans le même conflit, et qui véhiculaient le message suivant : retournez chez vous et souvenez-vous de vos morts.

C'est ce qui s'est passé. Les pays se sont souvenus de leurs morts, qui composaient alors, avec des contingents britannique et italien, la Force multinationale de sécurité, et qui agissaient également dans le cadre des Nations Unies.

Les Etats terroristes avaient prévu, 27 ans à l'avance, les hésitations qui font désormais douter l'Occident face à la menace iranienne. Ils avaient planifié les réactions futures des états-majors, à l'idée de renvoyer des hommes au Liban.