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Christianisme

La fondation «Pave the way» cherche la vérité sur Pie XII
17/02/2010

17/02/10

Article repris du site du Comité diocésain pour l'œcuménisme de Lyon, 18 septembre 2008.  

Réflexions du président de « Pave the Way », M. Krupp

ROME, Jeudi 18 septembre 2008 (ZENIT.org) - La fondation « Pave the way » vient d'organiser un symposium pour rétablir la vérité historique sur l'engagement de Pie XII en faveur des juifs : son président, juif, M. Gary Krupp, a confié à ZENIT ses impressions à l'issue de l'audience accordée par Benoît XVI aux participants au congrès. Il a souligné que les préjugés contre Pie XII ont la vie dure et qu'il sera difficile de dissiper la « légende noire » (née notamment après la pièce de l'Allemand de l'Est, Rolf Hochhuth : « Le Vicaire » en 1963) :

« Notre symposium, a expliqué M. Krupp à ZENIT ce jeudi matin, a été très significatif puisque la fondation ‘Pave the way' croit que ce problème ne disparaîtra jamais, même avec l'ouverture des archives du Vatican sur la période de la guerre ».

Il explique que les travaux de la fondation ont montré que

« de nombreux messages et ordres ont été donnés oralement et cryptés ».

Or, déplore M. Krupp,

« les chercheurs qui examinent les archives semblent croire que du moment que cela n'a pas été écrit, ce n'est pas arrivé, et le fait que l'on ne découvre pas de documents n'a pour résultat que des accusations de destruction volontaire de documents ».

Face à ces résistances, la fondation a recueilli des dépositions de témoins, d'acteurs ou d'historiens.

« Ces témoignages vidéo et notre livre de documents sont disponibles sur notre site Internet, pour examen dans le monde entier », a souligné M. Krupp.

On y trouve notamment l'intervention de Mgr Giovanni Ferrofino sur les directives reçues [concernant l'action] de Pie XII en faveur des juifs sauvés à travers le Portugal et l'Espagne, de Sir Martin Gilbert, historien de la Seconde Guerre mondiale, du jésuite Peter Gumpel, historien du Vatican spécialiste de Pie XII, de Mgr Sergio Pagano, préfet des Archives secrètes du Vatican, ou de survivants juifs, au micro de Radio Vatican.

Enfin, M. Krupp a confié à ZENIT :

« L'audience papale a été très gratifiante du fait que le pape a été tellement aimable à l'égard de la fondation ‘Pave the way' et de nos efforts en vue de commencer à mettre au premier plan des preuves concrètes ».


Les efforts de Pie XII pour sauver le plus possible de juifs

 

Première prise de position publique de Benoît XVI


ROME, Jeudi 18 septembre 2008 (ZENIT.org) - Pie XII n'a pas épargné ses efforts pour sauver courageusement le plus grand nombre possible de juifs pendant la seconde guerre mondiale, affirme le pape Benoît XVI. C'est la première fois que Benoît XVI prend publiquement position sur l'action du pape Pacelli en faveur des juifs persécutés. Le pape s'est prononcé, ce matin, à l'occasion de l'audience accordée aux membres de la fondation juive, « Pave the Way », qui a pour vocation de favoriser le dialogue entre les religions et qui a organisé un symposium pour réhabiliter Pie XII : il s'est achevé hier à Rome.

Le pape les a reçus à Castel Gandolfo. Son fondateur, le juif américain Gary Krupp, a ensuite évoqué la fondation pour les lecteurs de ZENIT. Dans son allocution en anglais, Benoît XVI a évoqué le « haut profil humain et spirituel » de Pie XII.

« On reste conquis par le caractère exemplaire de sa vie et de l'extraordinaire richesse de son enseignement » a déclaré le pape à propos de son prédécesseur aujourd'hui déclaré « Serviteur de Dieu » étant donné l'héroïcité de ses vertus humaines et chrétiennes.

Il a souligné que Pie XII a vécu

« la période difficile du siècle dernier tournant autour de la seconde guerre mondiale ».

Or, la fondation a voulu

« présenter une documentation inédite fondée sur les déclarations de témoins oculaires qui démentent les accusations lancées contre Pie XII d'indifférence, d'antisémitisme et de connivence avec les régimes totalitaires », a fait observer le pape. Il a, au contraire rappelé « l'infatigable action pastorale et humanitaire » de son prédécesseur.

Toujours à propos de ce symposium, Benoît XVI a souligné l'esprit du travail de la fondation en disant :

« Vous avez analysé, sans idées préconçues, les événements de l'histoire, avec pour seule préoccupation de chercher la vérité ».

Rappelons que le 9 octobre prochain sera fêté le 50e anniversaire de la mort de Pie XII : à cette occasion, Benoît XVI célébrera une messe en sa mémoire. Cet anniversaire constitue, a remarqué Benoît XVI,

« une occasion importante pour en approfondir la connaissance, pour méditer son riche enseignement, et pour analyser son action de façon complète ».

« On a dit et écrit tellement de choses sur lui au cours de ces cinq décennies, et l'on n'a pas toujours mis les aspects de son action pastorale multiforme sous la juste lumière », a regretté le pape.

Au contraire, Benoît XVI salue sa « sagesse humaine » et la « tension pastorale » qui l'ont guidé au cours de son « long ministère » et spécialement « pour l'organisation de l'aide au peuple juif ».

Et, grâce à « la vaste documentation » réunie par la fondation « Pave the way », le symposium a offert à l'attention de l'opinion publique

« la possibilité de mieux connaître, et de façon plus complète, ce que Pie XII a promu et accompli en faveur des juifs persécutés par les régimes nazi et fasciste », a fait remarquer le pape.

Benoît XVI a également fait observer :

« On apprend qu'il n'a pas épargné ses efforts, partout où cela était possible, pour intervenir directement ou à travers des instructions données à des personnes ou à des institutions de l'Eglise catholique en leur faveur ».

Le symposium - s'est en outre félicité Benoît XVI - a mis en évidence

« les nombreuses interventions qu'il a faites de façon secrète et silencieuse justement parce qu'en tenant compte des situations concrètes de ce moment historique complexe, c'était l'unique moyen possible d'éviter le pire et de sauver le plus grand nombre de juifs ».

En outre, le pape a rappelé que ce dévouement a été reconnu et apprécié par des communautés et des personnalités juives, durant et après ce terrible conflit : ils n'ont pas manqué de manifester leur gratitude.

Benoît XVI a cité, à ce propos, la rencontre du 29 novembre 1945 avec 80 délégués des camps de concentration allemands, lors d'une audience spéciale au Vatican :

« Ils voulaient remercier personnellement Pie XII pour la générosité manifestée envers eux, alors qu'ils étaient persécutés, au cours de cette terrible période du nazisme et du fascisme ».

Benoît XVI a adressé un remerciement spécial à M. Gary Krupp, président fondateur de « Pave the way ».


Le P. Gumpel salue les recherches historiques de Gary Krupp


ROME, Vendredi 19 septembre 2008 (ZENIT.org) - Le P. Gumpel salue les recherches historiques de Gary Krupp, un juif américain, président de la fondation « Pave the Way » pour le rapprochement entre les peuples et les religions, qui vient d'organiser à Rome un symposium sur Pie XII, auquel il a participé.

Jésuite et historien allemand, le P. Peter Gumpel, est aussi le rapporteur de la cause de béatification de Pie XII. Il a accordé un entretien à Radio Vatican, après l'audience du pape à la fondation « Pave the Way », jeudi 18 septembre (cf. Zenit du 18 septembre).

« Les faits, a rappelé le P. Gumpel, ont été publiés. Moi-même, j'ai donné, non une centaine, mais de très nombreuses interviews. De nombreuses choses ont été publiées sur le pontificat de Pie XII. Il a été rapporté pour qui voulait lire tout ce qu'il a fait pour sauver des centaines de milliers de juifs. On a toute la documentation. Je suis donc très heureux qu'une organisation non catholique, non sectaire, fasse beaucoup pour la paix entre les peuples, entre les différentes factions qui sont en lutte et aussi entre les différentes religions, et qu'elle le fasse de sa propre initiative et non à celle de l'Eglise catholique, dans ce projet visant à donner plus de visibilité à ce que Pie XII a vraiment fait ».

L'historien fait observer :

« Les faits rapportés ne sont pas nouveaux, mais il ne sont pas connus ou ils sont ignorés ». Il s'agit donc, pour le P. Gumpel « d'une très bonne initiative que je soutiens de tout cœur, justement parce que j'ai été postulateur et rapporteur, nommé par le pape Jean-Paul II, pour la cause de béatification du pape Pie XII ».

Le P. Gumpel rappelle que même le mémorial de Yad Vashem ne reconnaît pas l'œuvre de Pie XII en faveur des juifs persécutés.

« J'ai étudié ces choses-là pendant de nombreuses années, confie le P. Gumpel, je les connais, et j'ai toujours été étonné que l'on ne veuille pas prendre acte de certaines choses. Cela vaut en particulier pour le fameux musée de Yad Vashem, à Jérusalem, où l'on a exposé une photo de Pie XII, [accompagnée d'une légende présentant ce pape] non en tant que criminel, mais en tant que personne qui n'a rien fait, et contenant des phrases vraiment offensantes pour nous, catholiques ».

Le P. Gumpel prend à témoin l'une des autorités en la matière, un historien juif, dont la fondation « Pave the Way » a publié une interview sur son site Internet, Sir Gilbert.

« Ces inscriptions, précise l'historien, donnent l'impression que Pie XII n'a rien fait, qu'il a été ‘politique', qu'il n'a pas voulu de heurts avec les nazis. Toutes ces choses, chacune de ces phrases, sont erronées. Il ne s'agit pas seulement de mon opinion : l'historien juif le plus fameux, un Britannique, sir Martin Gilbert, qui est considéré par les juifs eux-mêmes comme l'historien de la Shoah le plus compétent, en a été indigné. Hier, pendant ce symposium, nous avons écouté une de ses interviews, dans laquelle il dit que chaque phrase [de cette inscription à Yad Vashem, ndlr] est une falsification de l'histoire ».

La documentation examinée lors du symposium sera communiquée par la fondation « Pave the Way » au mémorial de Yad Vashem, mais le P. Gumpel se dit « sceptique » sur le résultat :

« Je me demande, dit-il, naturellement [?], si cela aura quelque effet. Je le souhaite de tout cœur, mais je suis sceptique. Et je dis que Yad Vashem manque de logique. D'un côté, ils disent : ‘Tant que nous et nos chercheurs n'avons pas examiné tous les documents qui se trouvent dans les Archives secrètes du Vatican, nous ne pouvons pas juger'. C'est une chose. Mais malgré cela, ils ont déjà jugé et ils ont déjà condamné, ce qui est dépourvu de logique et tout à fait inacceptable du point de vue historique ».


© Zenit

 

Mis en ligne le 17 février 2010, par Menahem Macina, sur le site debriefing.org