Debriefing.org
Google
Administration
Accueil
Tous les articles
Imprimer
Envoyer
S’inscrire
Nous contacter

Informations, documents, analysesDebriefing.org
Non attribué

'LETTRES D'ISRAËL' A LA FOIRE DU LIVRE DE BRUXELLES
18/02/2010


Newsletter culturelle n° 7 

"LETTRES D'ISRAËL" A LA FOIRE DU LIVRE DE BRUXELLES

Du 4 au 8 mars 2010, la quarantième édition de la Foire du Livre de Bruxelles se tiendra sur le site de Tour & Taxis. Nous vous donnons rendez-vous sur le stand de la littérature israélienne : « LETTRES D'ISRAËL » (stand 223 – Hal 2) pour découvrir les plus récentes parutions en langue française des grands auteurs israéliens.
 
Pour vous donner un avant-goût des belles pages de lecture à vous mettre sous les yeux nous vous proposons quelques extraits d'interviews publiées dans l'excellente revue Transfuge  consacrées à Yoram Kaniuk, Amos Oz et Aharon Appelfeld.

 www.transfuge.fr
 
Transfuge n° 37- février 2010. Interview de Yoram Kaniuk par Kerenn Elkaïm à propos de la parution chez Fayard de son roman « Le Dernier Juif » :

La littérature israélienne est souvent associée au trio Amos Oz, A.B. Yehoshua et David Grossman. Mais à près de 80 ans, Yoram Kaniuk savoure enfin la reconnaissance d'une œuvre dense, dont il ne parle quasiment jamais. L'éternel battant a bravé la guerre, la souffrance, l'incompréhension et la maladie. « Point détenteur d'un savoir particulier, je reste moi-même. Dans ce monde machiavélique, où il faut se battre pour survivre, je ne fais que raconter des histoires ». (…)
Publié en Israël il y a trente ans, Le dernier Juif est perçu comme un chef d'œuvre, extrêmement complexe. La construction labyrinthique est digne des passages bibliques car elle offre une multiplicité d'interprétations.  La prose de Yoram Kaniuk fouille, sculpte et questionne les strates de l'histoire juive. Archéologue de la mémoire, Evenezer Schneorsohn voit le jour en Palestine, mais sa destinée le mène à Auschwitz. Cette torche traverse les ténèbres en étant persuadé d'être le dernier juif sur terre. Aussi se transforme-t-il en bibliothèque vivante mais à quel prix ? Les fragments de son récit de famille et de survie sont récoltés par le professeur Henkine et un écrivain allemand. Tous deux ont perdu leurs enfants. L'un est tombé au front, l'autre a été incapable d'affronter les démons des siens. Le roman sonde la psyché d'Israël et les ombres de l'âme. Tôt ou tard, tous les personnages sont confrontés aux abîmes du deuil, de la culpabilité, de la mémoire et de l'amour. La plus redoutable des guerres n'est-elle pas celle qu'on mène contre soi-même ?
 
Transfuge n° 36 – janvier 2010. Interview d'Amos Oz par Kerenn Elkaïm pour « Scènes de la vie villageoise », recueil de nouvelles paru chez Gallimard :
 

Revenons aux nouvelles, précisément dans leurs constructions. Ce sont des nouvelles, mais on peut les lire comme un roman.
Comme vous le soulignez, ces nouvelles peuvent être lues comme un roman car les personnages passent d'une histoire à l'autre. Puis, ils disparaissent, les pénètrent à nouveau avant d'en ressortir. Cette impression de roman est renforcée par l'unité de lieu et de temps. Tel-Ilan réunit toutes ces histoires qui se ressemblent. Je ne suis pas sûr qu'elles soient le miroir l'une de l'autre… Cette répétition représente plutôt un collier d'histoires.  
Comment avez-vous construit ces nouvelles ?
Ce livre est né d'un rêve que j'ai fait il y a quelques années. Dans mon songe, je me trouvais dans l'un des plus anciens villages d'Israël (ex. Rosh Pina). A la recherche de quelqu'un, j'errais de cour en cour, mais il n'y avait personne. Toutes les fenêtres et tous les volets étaient clos. Il n'y avait même pas le moindre oiseau… A la fin du rêve, la situation était inversée puisque quelqu'un me cherchait. J'ai su au réveil que quelque chose émanerait de ce songe symbolique. C'est alors que je me suis mis à écrire ces nouvelles pendant deux ans.
Vous changez souvent de forme. Soudain dans la forêt profonde, vous écriviez un conte. Seule la mer était un récit constitué de poèmes… Ce renouvellement est-il dû à une volonté de prendre des risques ?
Je refuse d'écrire deux fois le même livre, alors j'essaye constamment d'être dans le renouvellement. Cela fait déjà 50 ans que j'écris. Contrairement aux écrivains qui imaginent des variations du même livre, je préfère jongler avec différentes formes. Il en va aussi ainsi de mes lectures et des musiques que j'apprécie. Mon écoute varie en fonction de mon humeur du matin. Tantôt j'opte pour de la musique baroque, tantôt pour du jazz ou des chansons folkloriques. L'écriture me "mord" de la même façon. Ecrire est la seule chose que je sache faire. C'est ma vie ! J'ignore comment elle m'enrichit, tout ce que je sais c'est que je ne pourrais pas vivre sans elle. J'écris quotidiennement. Parfois j'efface tout… Je ne sais jamais s'il en sortira quelque chose un jour.
Ces nouvelles finissent toujours par un mystère. Elles ne sont pas résolues. Pourquoi ne les concluez-vous pas ?
Parce que j'estime que la vie est un mystère qui s'achève par un mystère : la mort. Nous vivons donc entre deux mystères. Lorsque je suis en chemin pour acheter du pain, le matin, tout me semble empli de mystère. C'est riche, même si cela peut parfois se révéler comique ou angoissant. Il est impossible d'avoir réponse à tout, c'est pourquoi je ne conclus aucune nouvelle. Et puis, j'avoue que je ne veux pas que mon lecteur aille dormir en paix. C'est à la fin de sa lecture que son travail commence. 
La dernière nouvelle est en décrochage. On quitte le village pour un centre apocalyptique et décadent. On est très dérouté. Que voulez-vous nous dire avec cette fin ? Est-ce une parabole des temps futurs ?
La nouvelle qui clôt ce livre-ci est issue d'un cauchemar que j'ai eu. Cela m'importait de l'inclure à la fin de ces histoires car tous les personnages vivent quelque chose de cauchemardesque. On s'attend à tout instant à ce qu'ils implosent ou explosent. En apparence, il s'agit d'un livre très calme, mais chaque histoire renferme un danger imminent. La nouvelle, à laquelle vous faites référence, est la seule qui se déroule à l'extérieur du village de Tel-Ilan, parce qu'elle nous permet d'entrevoir un monde possible. Le XXe siècle a été épouvantable, or, il ne dépend que de nous de faire en sorte que le prochain soit un enfer ou un paradis. Cette fin se veut effrayante car il est très sain de tirer la sonnette d'alarme. Lorsqu'on est confronté à un gigantesque incendie, il y a trois solutions possibles : s'enfuir – au risque de voir d'autres périr – s'énerver en cherchant un coupable à punir, ou déverser un seau d'eau pour éteindre les flammes. Si on ne dispose pas d'un seau, on peut toujours trouver un verre d'eau et si ce n'est pas le cas, on peut avoir recours à une cuillère. Nous avons tous la possibilité d'atténuer l'incendie. J'espère que mes livres sont de petites cuillères qui calment l'embrasement. Un être solitaire, qui lit un roman sur la perte et la solitude, apaisera quelque peu sa peine. Cela me réchauffe le cœur quand mes lecteurs m'écrivent pour me dire que je parle d'eux. Certains ne connaissent ni Tel-Ilan ni Israël et pourtant, ils se reconnaissent dans mes livres. (…)
 

Transfuge n° 33 – octobre 2010. Interview d'Aharon Appelfeld par Vincent Jaury à l'occasion de la parution de son roman « Et la fureur ne s'est pas encore tue ». L'Olivier

J'ai eu une illumination. Depuis des années, je lis Aharon Appelfeld, et comme tout le monde, je vois en lui un grand romancier de la mémoire, de cette mémoire involontaire héritée de Marcel Proust ; j'y vois, évidemment un romancier de la Shoah, quoique l'auteur lui-même ait toujours récusé cette appellation ; j'y vois, enfin, un romancier de la terre perdue, sa Bucovine natale (au nord de l'actuelle Roumanie) qu'il n'oublie jamais, de là où il est depuis 1946, en Israël, à Mevatseret Sion, banlieue de Jérusalem.
Son dernier roman et la fureur ne s'est pas encore tue, révèle de manière criante un autre aspect de l'auteur : son rapport complexe et très fort à la spiritualité.(…).
Appelfeld ne s'en cache pas : il concède qu'il est un écrivain de la Bible. Il la lit tous les jours. La question religieuse est au centre de ses réflexions. Il y a d'ailleurs peut-être eu un tournant dans son rapport à l'abstraction – donc à la religion et à la métaphysique, comme il a pu le dire dans son ouvrage L'héritage nu : « Philip (Roth) m'a redonné un peu de confiance en l'expression conceptuelle. Il m'a fallu me répéter à moi-même que l'expression conceptuelle, elle aussi, appartenait au vocabulaire des expressions humaines et que nous n'avons d'autre choix que de l'humaniser et de la perfectionner.
 
Bien d'autres nouveautés vous seront présentées durant les cinq jours de la Foire du Livre....   
 
Toutes les informations sur la Foire : 

Mis en ligne le 18 février 2010, par Menahem Macina, sur le site debriefing.org