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Israël (Société - mentalités)
Israël-Palestine (conflit)

Le président Mahmoud Abbas en visite à Paris, Agnès Rotivel
19/02/2010


19/02/10

Sur le site du La Croix, 18 février 2010

Français, Européens et Américains sont convaincus de la nécessité de redémarrer les négociations entre Israéliens et Palestiniens.

Mahmoud Abbas vient-il chercher un peu de réconfort à Paris ? Le président palestinien en a grand besoin et deux jours de visite en France, dimanche 20 et lundi 21 février, au cours de laquelle il doit rencontrer Nicolas Sarkozy, ne seront pas de trop pour lui changer les idées.

Mahmoud Abbas est un homme seul. Les Palestiniens, pour la plupart, jugent son bilan politique proche du néant. Depuis qu'il est arrivé au pouvoir en janvier 2005, le dossier israélo-palestinien est bloqué, la colonisation se poursuit et l'unité palestinienne est rompue. Et le voilà éclaboussé par le comportement de son directeur de cabinet, épinglé pour un scandale sexuel mêlé de corruption.

À Paris, il sera surtout question de la façon de relancer le processus de paix. Barack Obama avait promis de s'y atteler. Or, Washington a échoué dans sa stratégie pour obtenir une reprise des négociations en exigeant un gel total des implantations israéliennes en Cisjordanie.


Hillary Clinton a reconnu l'échec

Résultat :

« Le président Obama a perdu de sa crédibilité auprès du président Abbas, du monde arabe et des Israéliens », résume Robert Malley du centre d'études International Crisis Group (ICG), en visite à Paris à l'Académie diplomatique. Selon lui, « l'administration américaine n'a pas une bonne compréhension des changements et de la dynamique dans la région. Elle fonctionne sur des paramètres largement dépassés. »

La secrétaire d'État américaine Hillary Clinton a reconnu l'échec :

« Je sais que les gens sont déçus que nous n'ayons pas réalisé de percée. Le président (Barack Obama), (l'émissaire américain pour le Proche-Orient George) Mitchell et moi-même sommes aussi déçus »,

a-t-elle déclaré lors d'une intervention au forum mondial Islam/États-Unis réuni à Doha.

En panne d'inspiration, Hillary Clinton a tenté de réveiller l'Initiative de paix arabe de 2002, qui visait à la reconnaissance de l'État hébreu par tous les pays arabes en échange d'un retour aux frontières de 1967. Elle avait été rejetée par l'administration Bush et le gouvernement d'Ariel Sharon.


"Les Israéliens ont le sentiment qu'il n'y a pas de partenaire fiable"

Reste la dernière proposition de George Mitchell : des « discussions indirectes » durant trois mois entre Israéliens et Palestiniens, au cours desquelles l'État hébreu effectuerait des gestes de bonne volonté à destination des Palestiniens. Ces discussions sont censées démarrer à la fin du mois.

« Nous n'avons ni réponse militaire, ni réponse politique à la question palestinienne »,

constate, de son côté, l'Israélien Yossi Alpher, directeur adjoint de Bitterlemons, une publication sur Internet.

Cet ancien membre des services de renseignement dresse une liste des obstacles :

« Benyamin Netanyahou a accepté le principe de deux États, mais il n'a pas de vision de ce qu'il doit faire pour cela. Les Israéliens ont le sentiment qu'il n'y a pas de partenaire fiable. Ils constatent que, chez eux, les Arabes israéliens se sont de plus en plus radicalisés dans leur rejet de l'État juif. Et nous savons tous qu'il est difficile pour un quelconque gouvernement, de droite comme de gauche, de revenir en arrière sur la colonisation. D'ailleurs, l'opinion publique a très mal réagi à ce qui s'est passé après notre retrait de Gaza et pense que si l'on se retire de la Cisjordanie, on sera remplacé par le Hamas. »


Les Français n'ont pas de solution miracle

« Côté palestinien, il y a un problème de leadership. Les Palestiniens ont besoin d'un mouvement et d'un gouvernement national cohérent »,

ajoute Robert Malley.

Et les Français ? Comme les autres européens, ils n'ont pas de solution miracle.

« Ce dont on est sûr, constate un diplomate du Quai d'Orsay, c'est que chaque jour qui passe sans processus de paix, sans soutien aux modérés, c'est le Hamas qui en tire profit. »

« Tout le monde est d'accord pour reprendre les négociations, mais personne ne sait comment. »

Mais Français et autres Européens sont décidés à se faire entendre. Ils menacent de stopper leur financement à l'Autorité palestinienne après 2010, ce qui mettrait les Israéliens face à leurs responsabilités et [les contraindrait], en tant qu'occupants, à prendre le relais.

L'UE finance les Palestiniens à hauteur d'un milliard d'euros par an, et ne se sent pas récompensée de ses efforts. Autrement dit, il est question désormais de lier « le très haut niveau d'aide à l'Autorité palestinienne en 2010 à des progrès dans le processus de paix ».

 

Agnès Rotivel

 

© La Croix 

Mis en ligne le 19 février 2010, par Menahem Macina, sur le site debriefing.org