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Ahmadinejad

Ahmadinejad doit être arrêté, Guy Millière
20/02/2010


20/02/10

Sur le site Les 4 Vérités, 17 fvrier 2010

Le mélange de myopie et de légèreté avec lequel on traite en Europe le danger iranien ne me surprend pas. Il y avait ce type de mélange dans l'atmosphère en Europe en 1938 quand Adolf Hitler enclencha la conquête de l'espace vital de la « grande Allemagne » et annexa l'Autri­che, puis les Sudètes.

La nuit de cristal, les diatribes antisémites prononcées de tous côtés dans le Reich avaient provoqué peu d'émotions en France et ailleurs. La rencontre de Münich avait valu à Daladier et Chamberlain les acclamations de leurs peuples respectifs.

L'état d'esprit européen aujourd'hui est quasiment le même. Lorsqu'on s'inquiète un peu, on parle de sanctions, et on prétend s'appuyer sur des décisions prises au Conseil de sécurité de l'ONU. On semble oublier que la Chine et la Russie y disposent d'un droit de veto. On semble penser que des sanctions seraient susceptibles, si elles étaient votées, de faire peur à un homme tel qu'Ahma­dinejad. On veut faire croire que des sanctions pourraient être « efficaces ». Pour la galerie, des dignitaires européens sont prêts à taper avec leurs petits poings sur de petites tables.

La vérité est que le seul dirigeant susceptible de faire peur à Ahmadinejad ne fait peur à personne et se donne pour tâche principale la destruction de son propre pays. Ce dirigeant veut tellement tendre la main à Ahmadinejad qu'il continuera à garder la main tendue, même si cela lui donne l'apparence d'un clown ridicule et inquiétant. Et le clown en question n'est pas seul à adopter cette posture inepte ; toute l'administration placée sous ses ordres, de Robert Gates à Hillary Clinton, en fait autant.

Daniel Pipes écrivait récemment que, si Obama voulait sauver sa présidence, il devrait agir et il lui conseillait de bombarder l'Iran. Je connais trop bien Daniel Pipes pour ne pas savoir qu'il sait parfaitement qu'Obama n'en fera rien et qu'il ira jusqu'au naufrage, quitte à perdre les élections de novembre 2010 et, ensuite, à ne pas être réélu.

Obama va occuper les neuf ou dix mois qui lui restent pour se rendre aussi nuisible qu'il le peut. Il n'est pas, comme certains le disent, un « pragmatique », mais un homme imprégné d'un dogme, qui pense qu'il a une mission à accomplir. Il a, en cela, des points communs avec Ahmadinejad qui, lui aussi, est imprégné d'un dogme et pense avoir une mission. Il ne peut affronter de manière directe et brutale un homme qui a des points communs avec lui. Il ne pourrait s'y résoudre que si on l'obligeait et je doute qu'on puisse l'obliger. Il s'appuie sur une garde rapprochée très restreinte, qui sert d'écran entre lui et la réalité, et la garde rapprochée sait quels discours placer dans les téléprompteurs.

Cela laissera la décision finale à Israël. Binyamin Netanyahu discerne parfaitement que, le moment venu, il sera confronté à un choix majeur, celui que peuvent faire les hommes d'État, et pas les dignitaires à petits poings et petites tables ou les clowns sinistres.

Ne­tanyahu fera tout pour faire comprendre à la Maison blanche ce qu'on ne veut pas y comprendre. Il expliquera, si ce n'est déjà fait, qu'Israël n'agira qu'en dernière extrémité mais que, le cas échéant, il y aura des répercussions très vastes qui toucheront tout le Proche-Orient et qui concerneront aussi les États-Unis. Il expliquera que, si Israël n'agit pas et si les États-Unis n'agissent pas non plus, émergera une situation de péril mortel pour tous les hommes aspirant encore à vivre libres sur cette terre.

On commémorait voici peu la chute du camp d'extermination d'Auschwitz et le souvenir de la shoah. En Europe, où le Crime a eu lieu, je n'ai pas pu ne pas sentir une indifférence qui m'a semblé nauséabonde. La différence, soixante-cinq ans après, est que le peuple juif dispose d'un État, que cet État n'est pas désarmé, et que, lorsque ses dirigeants entendent des propos génocidaires, ils les prennent au sérieux. Si Israël doit frapper, il est vraisemblable que le Hezbollah, et sans doute le Hamas, seront actionnés par celui qui les téléguide. Il est vraisemblable que l'Iran tentera de bloquer le détroit d'Ormuz. Les États-Unis, à ce moment, ne pourront pas rester inertes. Des condamnations internationales suivront.
Peu importera alors. Il n'y aura pas de seconde Shoah. Et le disciple d'Hitler qu'on laisse délirer et broyer son propre peuple à Téhéran doit être arrêté.

Guy Millière

© Les 4 Vérités 

 

[Article aimablement signalé par G. Lumbroso.]

 

Mis en ligne le 20 février 2010, par Menahem Macina, sur le site debriefing.org