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Antisionisme chrétien

Les chrétiens palestiniens abrogent le sixième Commandement, Brian Henry
23/02/2010

[Rappelons que l'injonction du Sixième Commandement est la suivante : "Tu ne tueras pas". J'ai reproduit sur debriefing l'intégralité du Rapport publié par Kairos Palestine (http://www.debriefing.org/30011.html), (Menahem Macina).]

 

Sur le Blog Philosémitisme


« Il est évident que la manière dont les chrétiens palestiniens attaquent Israël est un progrès par rapport à l'approche islamiste. Les chrétiens ne disent pas que les Juifs sont les descendants des singes et des porcs. Par contre, ce qu'ils nous disent, c'est que l'occupation "défigure l'image de Dieu dans les Israéliens", et le document est émaillé d'allusions au "mal" et au "péché" en évoquant les Israéliens. »


"Il [le document Kairos Palestine] est anti-israélien et antisioniste et délégitime totalement l'Etat juif. Il mérite une analyse critique, voire une réfutation." (Menahem Macina)


Source: article de Brian Henry [*] Palestinian Christians revoke 6th commandment, repris du site SPME (Scholars for Peace in the Middle East) via Harry's Place.

Juste avant Noël, un rassemblement oecuménique de chrétiens palestiniens s'est tenu à Bethléem pour le lancement du document Kairos Palestine, qui prône le boycott d'Israël.

Le document approuve la "résistance armée" telle qu'elle est menée par "certains partis politiques", ce qui désigne clairement le Hamas et d'autres groupes terroristes. ["D'autres partis politiques ont eu recours à la résistance armée. Israël s'en est servi comme prétexte pour accuser les Palestiniens d'être des terroristes, ce qui lui a permis d'altérer la véritable nature du conflit, le présentant comme une guerre israélienne contre le terrorisme et non comme une résistance palestinienne légitime à l'occupation israélienne"]. Toutefois, le document rejette l'accusation de terrorisme, qualifiant les attaques armées contre des Israéliens comme de "la résistance légitime".

Cette "résistance" se traduisait en fait par une pluie quotidienne de roquettes sur des hommes, des femmes et des enfants de Sderot. Par des attentats-suicide à bord d'autobus et par la désintégration à l'explosif d'adolescents dans une discothèque. Elle incluait l'assassinat de parents et d'enfants dans une pizzeria, et le meurtre de Juifs âgés lors d'un Seder pascal.

Le rassemblement de Bethléem s'est tenu sous les auspices du Conseil œcuménique des Eglises, et a pu compter sur la présence de représentants des églises anglicanes et protestantes libérales, venus des quatre coins du monde. L'Église Unie du Canada était là également, représentée par Bruce Gregerson.

Des activistes anti-israéliens prétendent que le document de Kairos Palestine constitue un appel unifié des dirigeants des églises palestiniennes au boycott. Mais il s'agit de fausses allégations comme celles que le mouvement des boycotteurs a l'habitude de répandre. (Voir aussi ici,  ici, ici, etc.) Les dirigeants des églises de Jérusalem ont rédigé une réponse évasive au document Kairos Palestine, en précisant : "Nous avons entendu le cri de nos enfants". Bien que leur refus de condamner le document démontre leur faillite morale, les dirigeants de l'église ne sont pas allés jusqu'à cautionner vigoureusement le meurtre de masse.

Parmi les signataires se trouvent deux noms importants: ceux de Michel Sabbah, l'ancien Patriarche de l'Eglise catholique de Jérusalem, et d'Atallah Hanna Theodosios, archevêque du Patriarcat grec-orthodoxe de Jérusalem. Ce sont deux électrons libres qui ne représentent qu'eux-mêmes.

J'ai demandé au Révérend Gregerson pourquoi l'Église unie du Canada avait participé à ce rassemblement. Il a souligné avec empressement qu'en fait l'Église Unie du Canada n'avait pas signé le document de Kairos. Il m'a assuré que l'Eglise ne soutient pas le terrorisme et qu'il y était allé pour témoigner de sa solidarité avec les Palestiniens.

Quand je l'ai interrogé sur la caution que le document apporte au terrorisme en l'assimilant à de la "résistance légitime", il est apparu que Gregerson ne s'en était pas rendu compte et il a déclaré qu'il n'était pas en mesure de s'exprimer sur le sujet. Il a ajouté que, selon lui, les Palestiniens étaient clairement acquis à l'idée de la nécessité de la non-violence et que "son intime conviction était que le document avait été rédigé sur la base des principes d'amour chrétien".

Il est évident que la manière dont les chrétiens palestiniens attaquent Israël est un progrès par rapport à l'approche islamiste. Les chrétiens ne disent pas que les Juifs sont les descendants des singes et des porcs. Par contre, ce qu'ils nous disent c'est que l'occupation "défigure l'image de Dieu dans les Israéliens", et le document est émaillé d'allusions au "mal" et au "péché" en évoquant les Israéliens.

Il contient également quelques citations bibliques adroitement choisies. Les Palestiniens sont comparés aux premiers chrétiens martyrisés pour leur foi: "A cause de toi, l'on nous met à mort tout le long du jour", suggérant ainsi que, comme les Romains, Israël persécute et assassine des chrétiens.

Contrairement aux islamistes qui proclament leur amour de la mort, les églises parlent d'une "culture de la vie". Ils parlent même "d'amour et de respect mutuel." Mais dans un document qui cautionne le meurtre de masse, de tels mots suintent d'hypocrisie.

Sinon, le document suit les règles classiques de la propagande palestinienne. Il dénonce "la guerre cruelle déclenchée par Israël", mais ne mentionne pas les huit années de bombardements de civils israéliens, qui ont mené à l'opération militaire.

Le document dénonce le "mur de séparation" sans mentionner qu'il permet de tenir à distance les auteurs d'attentats-suicide. Il déplore les milliers de prisonniers qui "croupissent dans les prisons israéliennes", sans aucune évocation de leurs crimes qui justifient leur incarcération. Il appelle l'occupation un "péché", tout en omettant de préciser qu'Israël a occupé la Cisjordanie à la suite d'une guerre défensive contre une coalition arabe déterminée à jeter les Juifs à la mer.

Et, bien sûr, le document ne tient pas compte du fait qu'Israël a maintes fois proposé des accords de paix et de rendre la Cisjordanie, Gaza et Jérusalem-est aux Palestiniens, mais que le Président Abbas et Arafat avant lui n'ont jamais dit "oui" à ces propositions.

J'aurais voulu écrire qu'à Bethléem, le Révérend Gregerson avait rappelé à ses frères chrétiens qu'ils ne doivent pas tuer, même si les victimes sont des Juifs. Mais en réalité il a parlé du prétendu risque que les églises pourraient être accusées d'antisémitisme alors qu'elles se bornent tout simplement à "critiquer la politique d'Israël".

Toutefois, au cours de notre entretien, Gregerson a reconnu que l'activisme anti-Israël est parfois antisémite. Il a précisé que la ligne de démarcation est franchie lorsque qu'il s'agit de tentatives de saper le droit à l'existence d'Israël. En outre, Gregerson a reconnu que l'antisémitisme reste un problème au sein de l'Église Unie. Il a spécifiquement mentionné les dossiers "très préoccupants" préconisant le boycott d'Israël et les motions présentées (et rejetés) à la conférence nationale de l'Eglise en 2009. [...]

J'ai demandé à Gregerson si les boycotts anti-israéliens sont antisémites. "Je ne suis pas en mesure de me prononcer sur ce sujet, a-t-il répondu. "Je suis un représentant de l'Eglise, et celle-ci n'a pas encore répondu à cette question". Il a ajouté cependant qu'une des considérations qui ont mené au rejet de la motion de boycott, c'est que l'Église "ne voulait pas compromettre l'existence d'Israël".

C'est bon à savoir. Entre temps, en ce qui concerne le terrorisme, l'Église Unie du Canada veut avoir le beurre et l'argent du beurre - elle rejette le terrorisme mais est solidaire des Palestiniens qui le cautionnent.

Brian Henry *

© Scholars for Peace in the Middle East (SPME)

[*] Brian Henry est écrivain et rédacteur de presse, et transfuge du NDP – Canada's social Democratic Party. Cet article est d'abord paru le 16 février dans Faculty Forum, Lettre d'Information électronique réalisée par Scholars for Peace in the Middle East.

Extraits du document de Kairos Palestine :

"1.5 La riposte palestinienne face à cette réalité a revêtu de nombreuses formes. Certains ont choisi la voie des négociations : c'est là la position officielle de l'Autorité palestinienne. Mais cela n'a pas fait avancer le processus de paix. D'autres partis politiques ont eu recours à la résistance armée. Israël s'en est servi comme prétexte pour accuser les Palestiniens d'être des terroristes, ce qui lui a permis d'altérer la véritable nature du conflit, le présentant comme une guerre israélienne contre le terrorisme et non comme une résistance palestinienne légitime à l'occupation israélienne."

"4.3 [...] Nous invitons les Israéliens à renoncer à leur injustice à notre égard, à ne pas déformer la vérité de l'occupation en prétendant lutter contre le terrorisme. Les racines du 'terrorisme' sont l'oppression de la personne humaine et le mal de l'occupation. Il faut que cela disparaisse si vraiment il y a une volonté sincère de mettre fin au 'terrorisme'. Nous invitons les Israéliens à être des partenaires de paix et non des partenaires dans un cycle de violence sans fin. Ensemble, nous résistons au mal, celui de l'occupation, et celui du cycle infernal de la violence."

 

© Philosémitisme avec SPME et Harry's Place


Mis en ligne le 23 février 2010, par Menahem Macina, sur le site debriefing.org